Donald Trump = Hitler ?

Publié Par Daniel Girard, le dans Amérique du Nord

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis.

Donald Trump in Reno, Nevada crédits Darron Birgenheier (CC BY-SA 2.0)

Donald Trump in Reno, Nevada crédits Darron Birgenheier (CC BY-SA 2.0)

Les temps sont durs pour les Démocrates. L’establishment démocrate vit non seulement avec l’incertitude de la victoire de Hillary Clinton, mais elle doit aussi composer avec la menace, de plus en plus réelle de voir le milliardaire Donald Trump remporter l’investiture républicaine. Sa victoire à la primaire du Nevada, avec 46.9% du vote montre un momentum qui fait craindre le pire aux Démocrates.

Rien n’illustre mieux ce désarroi que la chronique récente de Danielle Allen, de l’Université Harvard, dans le Washington Post intitulée « Le moment de vérité, nous devons stopper Donald Trump ». Danielle Allen, professeur de théorie politique, écrit que le succès du milliardaire lui rappelle l’ascension d’Adolf Hitler en Allemagne. C’est pour cette raison, écrit-elle, qu’il faut le stopper maintenant, à tout prix.

Danielle Allen considère qu’il est déjà improbable que l’establishment républicain réussisse à empêcher Donald Trump d’obtenir l’investiture du Parti. Mais elle avertit les Républicains qu’ils ne pourront pas compter sur Hillary Clinton pour battre le magnat de l’immobilier. Hillary a trop de faiblesses, souligne-t-elle. Pour elle, une lutte pour la présidence avec Donald Trump serait imprévisible… et risquée.

Danielle Allen estime qu’il est du devoir des Républicains de mettre tout en œuvre pour infliger la défaite au milliardaire. Elle demande à John Kasich et Ben Carson de se retirer de la course pour appuyer Marco Rubio. Elle n’aime pas Ted Cruz, mais elle estime que sa présence nuit à Donald Trump et que c’est pour cela qu’il doit rester dans la course.

Ensuite, dans un scénario qui semble tiré d’une page du site Le Gorafi, la professeure de Harvard demande aux Démocrates de s’inscrire au Parti républicain pour voter pour Marco Rubio. Même si, tout comme moi, vous n’aimez pas son opposition au mariage homosexuel, sa candidature est meilleure que celle de Donald Trump, écrit-elle.

Danielle Allen invite tous les candidats à l’investiture républicaine qui se sont retirés de la course à tenir une conférence de presse conjointe pour déclarer leur appui à Marco Rubio et promettre de ne pas supporter Donald Trump s’il l’emporte. Donald Trump, comme un grand nombre de politiciens incluant Barack Obama, a été ciblé par la pratique du Reductio ad Hitlerum. Dans le cas du milliardaire, c’est d’avoir prôné l’interdiction d’entrée en Amérique des Musulmans qui lui a d’abord valu l’étiquette du nazisme.

Il est compréhensible que les déclarations à l’emporte-pièce de Donald Trump sur des sujets sensibles comme l’immigration ou les Musulmans fassent sursauter. Mais, Hitler ? Il est quand même singulier de lire, sous la plume d’un professeur de Harvard, ce genre de comparaison. Et à l’heure où un grand nombre d’Américains en colère ne veulent rien savoir de l’establishment, voilà le genre de tribune qui ne fait qu’alimenter le ressentiment que l’auteur aimerait voir s’estomper.

Lire sur Contrepoints tous les articles de Daniel Girard, journaliste à Boston (États-Unis)

  1. pratique classique de la gauche de faire passer la concurrence pour des fascistes
    .
    Même Jacques Chirac, à une époque, a été ainsi traité, lui qui finalement se positionnait à la gauche de Hollande..

  2. Je vois que le débat politique aux EU est du même acabit qu’en france ! Niveau zéro quoi !!

    1. Ouais libellule, on est en fait SOUS zéro. le réchauffement climatique tarde dans le débat politique !

  3. La référence à Hitler est, comme presque toujours, ridicule, pourquoi :
    – Trump ne veut génocider personne, renvoyer les Mexicains chez eux, ce n’est pas pareil que les tuer même si c’est c***.
    – Les institutions américaines sont plus solides que celles de l’Allemagne en 1933. Que Trump fasse par exemple brûler le Congrès et il repartira de la Maison Blanche avec du goudron et des plumes.

    Bref, tout ce qui est excessif est insignifiant.

    1. Et, François, la professeure enseigne… LA THÉORIE POLITIQUE !!! Je peux te dire que je suis content de ne pas avoir pris de cours avec celle-là !

  4. La constitution US prévoit des contre-pouvoirs pour justement éviter qu’un Hitler ou un Staline puisse prendre le pouvoir absolu à la tête des Etats-Unis. Danielle Allen oublie que c’est son camps ( les démocrates ) qui sans cesse essaient de démolir la constitution pour en vider l’essentielle. Certains devraient avant de débiter de telles conn….. balayer devant sa porte.

    D.J

    1. Cette professeure de THÉORIE POLITIQUE (sic) a-t-elle lu la Constitution américaine ?

  5. est ce que trump est hitler: non
    est ce que trump a des points communs avec hiltler, bien sûr! qui n’en a pas!?

    1. peut être un micropénis? c’est la dernière info à la mode

    2. Ptête que lui aussi il est végétarien et ne supporte pas les pets, qui sait, le monde est petit et Dieu est un sacré farceur… Au point où on en est niveau godwin…

    3. Pas de bec de lièvre moi…

      1. Ni de trompe.

  6. Assimiler Trump a Hitler c’est vraiment du n’importe quoi.

    1. Déjà, junior (doubleyou) en son temps était soupçonné de vouloir instaurer une dictature, comme Sarko ici.
      Maintenant ça me fait une pierre de touche, un candidat accusé d’être Hitler, un dictateur ou le diable ne peut pas être foncièrement mauvais.
      Note : Hitler n’avait pas de trompe en effet.

      1. Comme le disait D.J, la constitution américaine est conçue avec des poids et contrepoinds (checks and balances) car les concepteurs de la constitution craignaient l’émergence de la tyrannie.

        1. Je n’en doute pas. Ca n’empêche pas certains de dire tout et n’importe quoi et après un certain nombre de répétitions, ça finit par être assimilé.
          Cela dit la constitution a prévu de se défendre contre un tyran sous forme d’une personne unique, mais la tyrannie actuelle, ici comme là-bas, est celle d’une caste qui détient beaucoup de leviers et n’entend plus personne, qui n’a plus ni éthique, ni morale et profite de L’état plus qu’il ne le sert.

          1. Absolument. Les partisans de Trump sont essentiellement des gens qui se sentent ignorés par l’élite du pouvoir, qu’elle soit de gauche ou de droite, qui gravite autour de l’appareil d’État.

  7. L’article ne sert à rien. Quitte à faire un article prenant en considération la comparaison faite par un professeur de Harvard entre Trump et Hitler, autant que l’article serve à quelque chose en expliquant pourquoi cette comparaison est fausse. Si l’article ne prend pas la peine d’expliquer pourquoi elle est fausse il aurait mieux valu qu’il ne prenne pas la peine de l’évoquer, c’est-à-dire qu’il l’ignore.

    Pour ma part, voilà mon humble avis sur cette comparaison (si je dis des conneries n’hésitez pas à me corriger) :

    Hitler était antisémite. Trump est-il antisémite ? Non.
    Hitler était raciste. Trump est-il raciste ? Non.
    Hitler était xénophobe. Trump est-il xénophobe ? OUI.

    Ainsi donc, c’est effectivement faux d’affirmer : « Trump = Hitler »
    En revanche ce n’est pas entièrement vrai d’affirmer : « Trump =/= Hilter »

    Certes, c’est chiant d’avoir à faire à un « point Godwin », c’est chiant d’avoir à faire au politiquement correct, mais c’est tout aussi chiant de pas pouvoir comparer quelqu’un à Hitler au seul prétexte que c’est chiant d’avoir à faire à un point Godwin.

    Précisons une autre chose :
    Bien qu’Hitler ait écrit noir sur blanc depuis l’époque de Mein Kampf à quel point il haïssait les juifs, c’est surtout l’aggravation de la guerre qui a conduit à la solution finale. Avant cette aggravation les nazis ne pensaient pas qu’ils iraient jusqu’à exterminer les juifs de façon industriel, les nazis croyaient qu’ils se contenteraient de déporter les juifs à Madagascar ou en Sibérie. Bref, tout ça pour dire qu’Hitler et les nazis ont été quelque peu dépassés par les évènements, ils se sont retrouvés (par leur faute) dans un cercle vicieux les conduisant à toujours plus de monstruosités.

    Par conséquent, refuser toute comparaison entre Trump à Hitler sous prétexte que Hitler c’est le mal absolu, c’est oublier qu’Hitler n’est pas subitement devenu le mal absolu. Cela s’est fait progressivement.

    1.  » Hitler était antisémite. Trump est-il antisémite ? Non.
      Hitler était raciste. Trump est-il raciste ? Non.
      Hitler était xénophobe. Trump est-il xénophobe ? OUI.  »

      Et si Trump était aussi raciste et antisémite? ça ne prouverait pas que Trump = à Hitler. Comme si le racisme, la xénophobie ou l’antisémitisme étaient inventé par les nazis et qu’ils en auraient le monopole.

      Si Trump est Hitler aussi à cause de ses positions sur les musulmans cela voudrait dire aussi que les croisades au temps de Saladin étaient du national-socialisme?

      D.J

    2. Une autre différence fondamentale entre Adolf et Donald : le premier, traumatisé par l’humiliation ayant suivi la WW1, a une immense soif de revanche. Il est belliqueux. Trump est un deal maker, il marche à la négociation. Et en plus il n’est pas inféodé au lobby militaro industriel, ce qui, en termes de politique extérieure, en fait un candidat non interventionniste, donc modéré. Qui d’autre peut en dire autant ? Personne depuis le retrait de Rand Paul.

  8. Trump est un troll. Le comparer à Hitler est stupide.

  9. Vous avez aussi Philippe Fabry pour qui…
    – Poutine est le « nouveau Hitler »
    – Turquie = Pologne
    – USA = Rome
    – UE = Grèce
    – Russie = Macédoine

    Et M. Fabry de recommander la collaboration avec les Etats-Unis sous peine de se faire massacrer par ceux-ci lorsqu’ils anéantiront la Russie actuelle. De la même façon que Rome avait châtié les Grecs pro-macédoniens.

    Son site: http://www.historionomie.com/ (il devrait être content, il n’y a pas de mauvaise pub!).

  10. Comme quoi tout le monde peut faire du Trump.

    Je ne suis pas un connaisseur des élections américaines et des candidats et par conséquent je n’ai aucune préférence. Néanmoins au sujet de Trump je dirais qu’il est libre, il se finance lui-même à moins de frais que les autres grâce à son habilité médiatique de showman, il change de crèmerie démocrate ou républicaine selon que ça l’arrange, il n’a de compte à rendre qu’à lui même ce qui l’autorise à dire ce qu’il pense et son discours n’est pas seulement populiste me semble t-il. On en fait un idiot mais l’est-il réellement ? Son parcours me fait penser à un type certes ambitieux mais aussi pragmatique. Bon ou pas pour les USA je n’en sais rien mais au moins il secoue le cocotier…

    1. Bien dit. Ce n’est pas un candidat  »manufacturé » par les experts et les focus groups. On dit de lui qu’il n’est pas intéressé par l’expertise des  »spécialistes de la communication efficace. » Il suit son instinct, pour le meilleur et pour le pire.

  11. Donald Trump me fait penser à un de ces Seigneurs de la Nuit (Mexique) qui apparaît comme un Ogre immense qui se masturbe devant une foule en délire et qui lui ressemble, toute aussi ogresse (agresse). Jouisseur, arrogant, sans limites, bordélique, il est un authentique miroir d’une classe américaine qui n’attendait qu’un homme comme lui. Elle se nourrie de sa « sève », qu’elle recueille comme une grâce. Les Seigneurs de la Nuit sont sans fautes, ils ont une mission, ils la réalise. Et à ce que je sache, Il n’a jamais envoyé une bombe nulle part, aucune troupe, aucune imposture, aucune duplicité politique. Mme Clinton est bien plus infecte dans son parcours politique que Trump. Quand à cette prof de Harvard qui compare Trump à HItler, on voit bien la panique, ce n’est plus rationnel : « Cachez moi ça ! » Les américains vont devoir regarder leurs propres bombes plutôt que de les lancer sur d’autres pays. Quel coquin ce Trump.

  12. Ca y est, le point Godwin. Dès qu’on n’est pas socialiste, on est comparé à Hitler par les socialistes.

    Ces gens-là ont de sérieux problèmes avec les opinions différentes.

    1. C’est une pratique sans frontières, il semble !

    2. Et pourtant le fascisme dont Hitler s’est inspiré vient bien du socialisme (Mussolini était un membre influent du parti socialiste italien)

      1. fasanan on vous aura mal renseigné : Mussolini était un membre influent du parti socialiste italien (il était à la fois membre du Comité directeur et rédacteur du quotidien du Parti, l’Avanti!)… jusqu’au moment où il ne le fut plus, c’est-à-dire en octobre 1914. Il quitta le Parti après que le Quai d’Orsay d’une part, et le patronat italien d’autre part, lui aient offert, clés en mains, un quotidien (‘Il Popolo d’Italia’) qui au départ se voulait « seulement » opposé au Parti mais dans les faits devint très vite un journal anti-socialiste de combat. Et tout cela : plusieurs… années, avant qu’en mars 1919 ne soient créés ses fasci.
        Si le sujet vous intéresse je vous indique avoir affiché sur le site academia.edu la traduction de l’article que j’ai publié en 1998 en Italie : « Une histoire de billets doux: la France et le ‘Popolo d’Italia’, 1914-1917 ».

        1. Est-ce que vous voulez nous vendre l’idée que Mussolini n’etait pas socialiste ?

  13. L’ascension de Trump est due aux échecs répétés de l’alternance démocrates républicains au pouvoir depuis toujours; mais évidemment, quand on n’a pas d’arguments concrets pour expliquer ses échecs, lutter contre un nouveau concurrent, et qu’on a aucune intention de se remettre en question, il reste les insultes et les comparaisons dégradantes. On aurait pu comparer Bush Jr. à Hitler aussi, lui qui est allé massacrer des Irakiens sous de faux prétextes pour essayer de s’approprier leur pétrole.

    1.  » On aurait pu comparer Bush Jr. à Hitler aussi, lui qui est allé massacrer des Irakiens sous de faux prétextes pour essayer de s’approprier leur pétrole.  »

      La comparaison est aussi absurde. Hitler s’en est pris essentiellement à des démocraties alors que Bush s’en est pris à des dictatures en comptant aussi l’Afghanistan des talibans. Et que les irakiens n’ont pas été massacré par Bush comme le faisait Hitler contre les populations en terrain conquis. Les projets politiques de Bush en Irak et ceux d’HiItler en pays conquis étaient complètement à l’opposé ou carrément incomparable comme pour la shoah.

      Quand au pétrole irakien que les américains auraient mis la main dessus est une fable qui semble encore avoir de beau jour devant lui. Les principales Cie qui exploitent le pétrole irakien sont surtout chinoises. Et puis aussi russes ( Lukoïl ) ou malaisien ( Pétronas ) ou encore l’anglo-néerlandais ( Shell ). Seul gros contrat US c’est pour Exxon mobil dans le kurdistan qui plus est sans l’accord du gouvernement irakien.

      D.J

  14. » Hitler était antisémite. Trump est-il antisémite ? Non.
    Hitler était raciste. Trump est-il raciste ? Non.
    Hitler était xénophobe. Trump est-il xénophobe ? OUI. »

    Et si Trump était aussi raciste et antisémite? ça ne prouverait pas que Trump = à Hitler. Comme si le racisme, la xénophobie ou l’antisémitisme étaient inventé par les nazis et qu’ils en auraient le monopole.

    Si Trump est Hitler aussi à cause de ses positions sur les musulmans cela voudrait dire aussi que les croisades au temps de Saladin étaient du national-socialisme?

    D.J

    1. @D.J : Le propos de mon message était le suivant : c’est certes faux d’affirmer que Trump c’est Hitler, mais admettre ceci ne doit pas conduire à refuser toute comparaison entre Trump et Hitler, qui sont tous les deux des nationalistes.

      Illustrons mon propos avec un exemple :
      Si Staline mange une pomme, et qu’ensuite Obama mange une pomme, c’est complètement absurde de traiter Obama de stalinien.

      Mais si Staline réduit la liberté de produire, la liberté d’échanger, la liberté de s’exprimer, la liberté de porter des armes, et qu’ensuite Obama réduit lui aussi exactement les mêmes libertés, alors dans ce cas traiter Obama de stalinien n’est plus aussi absurde.

      La comparaison entre Staline et Obama ne peut pas être invalidée avec un simple : « Bla bla bla, tu nous fatigues avec ton reductio ad Stalinum! »

      Pour invalider la comparaison entre Staline et Obama il est nécessaire de démontrer en quoi les lois d’Obama ne sont pas liberticides. Et si l’on n’y parvient pas cela signifie que la comparaison est justifiée.

      1.  » ceci ne doit pas conduire à refuser toute comparaison entre Trump et Hitler, qui sont tous les deux des nationalistes.  »

        Les nazis sont nationalistes mais tout les nationalistes ne sont pas forcement des nazis. Il en faudra beaucoup vraiment beaucoup pour que Trump soit comparable à Hitler. C’est vraiment comparer des choux avec des pneus neiges.

         » Mais si Staline réduit la liberté de produire, la liberté d’échanger, la liberté de s’exprimer, la liberté de porter des armes, et qu’ensuite Obama réduit lui aussi exactement les mêmes libertés, alors dans ce cas traiter Obama de stalinien n’est plus aussi absurde.  »

        Il serait plus juste de le taxer de dictateur autoritaire. Mais cela resterait toujours absurde de le comparer à Staline. Il faudrait qu’Obama évoque en plus des lois liberticides que vous avez évoqué une politique de grande terreur comme par des famines organisées pour éliminer les propriétaires terriens et de mener des quotas d’extermination contre divers nationalités et ethnique comme l’a fait Staline contre les polonais, les ukrainiens, les baltes, les tatars de crimées etc…

        D.J

        1. D.J ,

          « Les nazis sont nationalistes » Mais non , les Nazis n’étaient surtout pas nationalistes , à l’instar des allemands de 1914 ou des français …Ils voulaient faire sauter le cadre national allemand et créer un super état germanique et c’est pour cela qu’ils ont fait la guerre …

      2. à quoi on peut ajouter que les critères de comparaison ne sont pas les mêmes que les nôtres aux Etats-Unis : ainsi au début des années 1930, et parce qu’il préconisait des mesures qui pouvaient sembler dirigistes, Roosevelt se vit qualifier de… fasciste par les plus excités des Républicains. Or c’est bien eux qui en fonction de nos critères seraient considérés, sinon comme des « fascistes », du moins comme quelque chose qui ne valait pas beaucoup mieux.

        1. Angle intéressant.

        2. « Roosevelt se vit qualifier de… fasciste par les plus excités des Républicains » A juste titre. Roosevelt était bien fasciste. Il était autoritaire et a pris des mesures anti démocratiques.
          Roosevelt a fait l’éloge de Mussolini qu’il admirait.
          Le New deal est inspiré du fascisme italien.
          Le New York Times présentait Benito Mussolini comme le génie de la centralisation planificatrice
          Je vous conseille de lire: « As we go marching » de John Thomas Flynn

          La différence entre Mussolini et Roosevelt c’est que Roosevelt était limité par les institutions, il ne pouvait pas faire ce qu’il voulait.

          N’oublions pas qu’à l’époque, le parti démocrate était profondément raciste. Le Sud raciste était un bastion démocrate à l’époque.
          D’ailleurs, c’est la politique du New deal qui a créé les ghettos noirs. C’est la politique explicitement raciste du gouvernement via l’Administration des travaux publics du New Deal (fait par le Parti démocrate) et de la Federal Housing Administration.
          L’Administration des travaux publics avait une politique de ségrégation explicite que logement public pourrait seulement être créé pour abriter les personnes de la même race que le quartier dans lequel il est situé. Mais les logements sociaux ont été créé dans les quartiers en grande partie mixtes, qui ont été détruits et remplacés par des logements sociaux distincts. Cela a créé une ségrégation raciale où rien n’avait existé, et cette intégration avant l’intervention du gouvernement était dans les années trente lorsque le racisme est plus socialement acceptable.
          Il y a peut-être encore plus de succès pour la ségrégation des régions métropolitaines de la Federal Housing Administration. La FHA a financé la production de masse de logements sur les subdivisions (comme Levittown) dans la trentaine, la quarantaine et la cinquantaine. La FHA a donné des prêts concessionnels avec des taux d’intérêt inférieurs aux constructeurs comme Abraham Levitt à condition qu’aucune des maisons de ces quartiers seraient vendues aux noirs.
          George Romney que le Secrétaire de l’HUD sous Nixon a tenté de remédier à la situation lorsqu’il a proposé de retenir des fonds fédéraux pour toute communauté suburbaine qui n’a pas de ségrégation appelées communautés ouvertes. Les démocrates se sont opposé à lui. Au milieu d’un tel tollé sur ces politiques Nixon a été contraint de freiner lui.
          http://prospect.org/article/public-housing-government-sponsored-segregation

          1. ?!!!
            1) s’il suffit d’être autoritaire et de prendre des mesures anti-démocratiques pour être qualifié de « fasciste » alors c’est chose certaine que Hollande-et-Valls, pour ne citer qu’eux, sont fascistes -si on se réfère à ces seuls critères.
            2) si seulement vous commenciez par consulter la collection du ‘New York Times’ vous constateriez que Mussolini y était glorifié, certes, mais… en tant que défenseur de la propriété privée !!! Et ce fut jusqu’au ‘Wall Street Journal’, pourtant peu coutumier de ce genre de prose, qui dès 1923 publia un… poème à la gloire de l’intéressé ! Tout cela est rappelé, de manière proche de la perfection, dans l’ouvrage de John P. Diggins : ‘Mussolini and Fascism. The View from America’.
            Ne vous déplaise : ce furent bien en tant que telles, que les démocraties se compromirent avec l’Italie fasciste. Ce que fut le comportement de leurs dirigeants n’en est que plus accablant -et sans que ne soit besoin de lancer contre eux, et à contresens, la ridicule accusation de… « fascistes ». On pourrait même ici ajouter et sans vouloir à tout prix personnaliser le débat que Churchill, dont l’admirable fermeté durant la seconde guerre mondiale ne doit pas faire oublier qu’il fut un des plus solides piliers des dictatures de l’entre-deux-guerres, trouvait « bon », pour les Italiens, un régime dont il n’aurait peut-être pas voulu pour ses concitoyens : pro-fasciste, est une chose, fasciste en est une autre…
            3) si, comme vous l’affirmez, le New deal devait avoir été « inspiré du fascisme italien » il y a au moins une différence : le New deal est un plan qui aura largement réussi. Quant à l’Italie fasciste, n’en déplaise à ceux qui avaient cru pouvoir troquer leur liberté contre un peu plus de pain : il s’agit du seul pays d’Europe occidentale où les salaires aient baissé durant les années Vingt. Et il fallut attendre… 1938 pour que le niveau de vie revienne à ce qu’il était en 1922.

            1. « le New deal est un plan qui aura largement réussi » faux, Le New deal a été un désastre. Ce qui a permis à l’économie américaine de redémarrer ce n’est pas la politique désastreuse de Roosevelt mais la seconde guerre mondiale. Je vous conseille de lire « Crise, Dépression, New Deal, Guerre » de Florin Aftalion . Il explique très bien les causes de la crise, la politique désastreuse de Roosevelt ,….
              La cause de la crise de 29 c’est une expansion inflationniste :
              1) le tout jeune système de réserve fédérale (banque centrale des États-Unis) qui favorise l’expansion de la masse monétaire pour accompagner la croissance économique ;
              2) les États-Unis qui accordent des prêts à bas taux d’intérêt aux pays européens (et notamment à la Grande-Bretagne qui s’efforce sans succès de maintenir la parité de sa monnaie en équivalent or) pour favoriser les exportations américaines, ce qui accroît encore l’inflation.
              Comme toujours dans la plupart des « bulles », l’inflation du crédit engendre une fausse prospérité, et se traduit par des cours de Bourse déconnectés de la réalité économique, jusqu’au retour au réel par un krach qui peut se produire lors d’un « jeudi noir » comme celui du 24 octobre 1929 (en quelques heures l’indice Dow Jones perd 22,6 %). Sans banque centrale pratiquant impunément l’argent facile et l’inflation pour complaire à une clientèle politique, la Grande Dépression n’aurait pas eu lieu – ce qui ne signifie pas non plus que sur un marché complètement libre il n’y aurait jamais de cycles d’expansion-récession, mais ces cycles naturels n’auraient pas l’amplification causée par l’interventionnisme étatique. Les efforts des politiciens de l’époque, Herbert Clark Hoover, puis Franklin Delano Roosevelt, malgré la légende du « New Deal », n’ont en rien réglé la crise, qui ne prendra fin qu’avec la Seconde Guerre mondiale.
              On ne retient de la crise de 1929 que le Glass Steagall Act. Pourquoi. Pourquoi certains faits sont-ils occultés, d’autres mis en avant? Sur ce sujet:
              http://economie-analyses-actualites-opinions.over-blog.com/article-crise-ce-qu-on-nous-dit-et-ce-qu-on-ne-nous-dit-pas-88244497.html
              Sur la crise de 29 et la politique de Roosvelt:
              http://www.institutcoppet.org/2011/07/29/lionel-robbins-la-grande-depression-1934/
              http://www.institutcoppet.org/2014/08/11/murray-rothbard-depressions-economiques-ebook/
              Plus de détails sur les politiques de Roosevelet (et hoover avant lui) :
              http://www.objectifliberte.fr/2008/10/new-deal-2.html En guise de complément, une tres bonne video de 10 min de Thomas DiLorenzo : The FRD Myth
              http://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_DiLorenzo
              video: http://www.youtube.com/watch?v=M6GOkL5oYGQ
              Une remarquable explication du New Deal: http://www.youtube.com/watch?v=v0P7ozkCE_w
              voilà encore d’autres liens: http://www.wikiberal.org/wiki/New_Deal
              http://mises.org/daily/4039/Dangerous-Lessons-of-1937
              http://www.quebecoislibre.org/07/070114-2.htm
              http://www.quebecoislibre.org/07/070121-2.htm
              http://www.contrepoints.org/2012/09/19/97655-grande-depression-new-deal
              http://www.contrepoints.org/2012/03/19/73709-la-vraie-lecon-des-annees-30-vive-la-rigueur-budgetaire
              Je rappelle qu’en 27, Keynes disait qu’il n’y allait pas avoir de crise. Là où Hayek avait prévu la crise

              1. Un excellent livre à lire: « New Deal or Raw Deal? How FDR’s Economic Legacy Has Damaged America » de Burton Folsom

            2. Mussolini est tout sauf un défenseur de la propriété privée. La base du fascisme s’est l’état tout puissant , l’état qui contrôle tout (économie, société,…). Pour le fascisme, l’État est un absolu en face duquel l’individu, la propriété privée et les groupes sont le relatif. Comme disait Mussolini, tout dans l’état rien hors de l’état rien contre l’état. Le fascisme s’oppose au libéralisme et à la propriété privée. Certes, le fascisme n’a pas aboli officiellement le principe de la propriété privée des biens de production mais il a sérieusement porté atteinte au droit de la propriété privée (comme d’ailleurs aux droits individuelles). Le fascisme s’identifie avec une politique économique et industrielle qui aboutit au contrôle des principales activités économiques par l’État et transfère à des bureaucraties publiques ou corporatives l’essentiel des attributs réels de la propriété. Le fascisme est absolument opposé aux doctrines du libéralisme, à la fois dans la sphère politique et dans la sphère économique.

              1. Jacques votre affirmation selon laquelle « Mussolini est tout sauf un défenseur de la propriété privée » ne tient pas debout : assurément Mussolini a bien dit « tout dans l’état rien hors de l’état rien contre l’état », et ce après avoir antérieurement professé le contraire mais cela ne change rien à la sacralisation de la propriété privée -dont il savait qu’elle constituait la « ligne jaune » à ne pas franchir s’il voulait continuer d’être porté à bout-de-bras par les prêts-géants des banques occidentales. Prêts venus renflouer une économie en difficultés pour des raisons internes, et antérieures à la crise de 1929 (cf. prêt JPMorgan de 1925, et prêt conjoint JPMorgan/Bank of England de 1927). On s’étonne d’avoir à vous rappeler que le dirigisme n’a rien d’incompatible avec la propriété privée. Et Daniel Guérin, dans son indépassé ‘Fascisme et Grand Capital’, a même fort bien rappelé que le fascisme constitue l’ultime solution de rechange pour le Capital, lorsque les autres ont échoué.
                PS. en cela Guérin se montrait beaucoup plus fin que ne le croient ou ne font mine de le croire ceux qui en parlent sur un ton d’assurance et sans même l’avoir lu : il ne disait pas que le fascisme est le produit naturel du capitalisme mais au contraire… l’ultime solution, lorsque celles dites démocratiques ont échoué

        3. Roosevelt (et le parti démocrate) a mis en place un état providence raciste. A lire: Race and the American Welfare State http://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674007116

        4. Un excellent article: http://thefederalist.com/2016/01/26/the-uncanny-parallels-between-donald-trump-and-fdr/
          On peut comparer Trump à Roosevelt qui ont énormément de points en commun

          1. on peut aussi comparer Trump à ma soeur avec laquelle il a au moins un point commun, à savoir, et sous réserve de vérification en ce qui le concerne : 46 chromosomes.

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