Arabie Saoudite : non il n’y aura pas de coupe de production !

Publié Par Aymeric de Villaret, le dans Énergie et matières premières

Par Aymeric de Villaret.

JD Hancock(CC BY 2.0)

Derrick in Texas-JD Hancock(CC BY 2.0)

 

Certains pensaient que l’Arabie Saoudite allait infléchir sa stratégie. La déclaration du ministre du pétrole Ali Al-Naïmi le 23 février est claire : il n’y aura pas de coupures de production ! Des coupures aideraient en effet à la reprise des cours et du coup permettraient aux producteurs américains d’huile de schiste de redevenir rentables. Ali Al-Naïmi vient de confirmer que c’était le royaume saoudien qui décidait de l’avenir du pétrole.

On ne change pas une stratégie en pleine bataille

Tel pourrait être le message, selon le Financial Times, délivré par Ali Al-Naïmi à la conférence CERA à Houston. L’Arabie Saoudite aura une politique de gel de production plutôt que de baisse, car le royaume ne croit pas aux promesses des principaux producteurs de pétrole.

Difficile de croire aux promesses

En effet, comme dit le proverbe : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent
Ainsi le ministre du pétrole saoudien a déclaré :

« Il y a moins de confiance que d’habitude… Peu de pays tiendront leurs promesses. Même s’ils disent qu’ils couperont leur production, ils ne le feront pas … »

Il y a eu une rencontre entre l’Arabie Saoudite, le Qatar et le Venezuela (membres de l’OPEP) et la Russie (deuxième plus grand producteur mondial de pétrole) le 16 février avec gel de leur production aux niveaux actuels, mais comment croire aux effets d’un tel accord ?

Le passé explique les doutes d’Ali Al-Naïmi. Comme nous l’écrivions à propos de la Russie, passager clandestin de l’OPEP :

« Alors que l’Arabie a régulièrement coupé sa production lorsque la demande ralentissait, ainsi que le demandait l’OPEP, force est de constater que cela n’a pas été le cas de la part de la Russie. Et pourtant au niveau des exportations de brut, la Russie est après l’Arabie le plus grand exportateur de pétrole. L’Arabie Saoudite a déjà essayé par le passé à ce que la Russie participe à l’effort de coupures. D’ailleurs en 2002, cette dernière s’était engagée à couper ses exportations de 150 kb/j pendant que l’OPEP coupait sa production de 1,5 Mb/j. De fait ni l’État ni les entreprises privées russes ne coupèrent leurs exportations … »

Pas en guerre avec l’huile de schiste américaine mais…

… même si Ali Al-Naïmi a indiqué que son pays n’était pas en guerre contre les États-Unis, il n’en demeure pas moins vrai qu’il ne désirait pas faire remonter les prix dans le but de permettre aux producteurs d’huile de schiste américains de devenir profitables. « C’est à eux de s’adapter au marché : ils produisent moins cher ou ils meurent … »

Où sont les prix ?

  • Les plus bas de 2008 ont été enfoncés
Evolution des cours du Brent (en $/b) depuis janvier 2008 -Source : EIA

Evolution des cours du Brent (en $/b) depuis janvier 2008 -Source : EIA

 

Au 20 janvier 2016, à 26,01 $/b, après une chute des cours du Brent depuis le début d’année de plus de 28%, les cours étaient à un niveau largement inférieur au plus bas atteint lors de la dernière chute du baril, consécutive à la crise financière de 2008 (33,76$ le 26 décembre 2008).

À ce jour, 23 février (à 33,27$), malgré le rebond de ces derniers jours, il est encore inférieur aux plus bas de la dernière crise

  • Le retour aux années 2000, avant le boom des prix, conséquence de l’essor de la demande chinoise
Evolution des cours du Brent (en $/b) depuis janvier 2008-Source IEA

Evolution des cours du Brent (en $/b) depuis janvier 2008-Source EIA

 

Ainsi à 28-33$, le Brent est revenu en ce début d’année 2016, à un niveau qui était le sien dans les années 2000-2005. À cette époque, même si la hausse de la demande chinoise était forte, la demande en elle-même ne représentait « que » 5 à 6 % de la demande mondiale, contre 25 % pour les États-Unis.

À partir de 2004, c’est le poids de plus en plus important pris par la Chine, qui fut la véritable source de la hausse du baril.

Evolution de la demande chinoise de pétrole (en Mb/j) et ce que représente cette demande (en %) par rapport à la demande mondiale

Evolution de la demande chinoise de pétrole (en Mb/j) et ce que représente cette demande (en %) par rapport à la demande mondiale-Source : BP Statistical Review et pour 2015 et 2016 e croissance AIE sur chiffres BP

 

Que se passe-t-il du côté américain ?

  • Les forages aux États-Unis baissent de plus en plus

Et l’évolution des forages aux États-Unis, qui en début d’année avait montré une forte chute, indique de nouveau un recul marqué alors que sa stabilité avait semblé indiquer que l’huile de schiste avait trouvé son point d’équilibre :

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Evolution du nombre de rigs de forage aux Etats-Unis de 1987 au 19/02 et depuis janvier 2015 juste de ceux de pétrole-Source : Baker Hughes

 

Le graphe ci-après montre bien que la baisse du nombre de rigs s’est arrêtée mi-juin avant une petite progression et de nouveau un fort déclin :

Evolution du nombre de rigs de forage de pétrole aux Etats-Unis depuis le 24/04/2015

Evolution du nombre de rigs de forage de pétrole aux Etats-Unis depuis le 24/04/2015-Source : Baker Hughes

 

À 413 forages au 19 février, le chiffre est au plus bas.

Cela incite à penser qu’aux niveaux de baril actuels, seuls sont mis en forage, des puits « profitables » et que la formidable hausse de production américaine relève dorénavant du passé.

  • Une production 2016 (vs 2015) déjà en recul de 150 kb/j à mi-février
Evolution de la production de pétrole américaine depuis 2010 jusqu’au 12 février 2016 et variation annuelle (en kb/j)

Evolution de la production de pétrole américaine depuis 2010 jusqu’au 12 février 2016 et variation annuelle (en kb/j)-Source : EIA

 

La baisse des forages aux États-Unis a entraîné depuis le milieu de l’été 2015 une baisse très nette de la production américaine et on constate de plus en plus une accélération de cette chute.

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Détaillée dans le tableau ci-dessus, on voit que la production recule maintenant de 150 kb/j (les derniers chiffres disponibles sont ceux du 12 février).

  • Et des projections d’accentuation du recul en 2016 et 2017 avant un rebond en 2018 car les prix auront remonté

Ainsi l’AIE attend maintenant un recul de 600 kb/j en 2016 et une nouvelle baisse de 200 kb/j en 2017.

Evolution de la production de l’huile de schiste américaine de 2010 à 2020e (en kb/j)

Evolution de la production de l’huile de schiste américaine de 2010 à 2020e (en kb/j)-Source : AIE Medium Term Market Report 22 02 2016

 

Si l’AIE prévoit un nouveau rebond à partir de 2018, la raison en incombe à ce que, les marchés s’étant équilibrés, les cours du brut auront rebondi permettant de nouveau la rentabilité de l’huile de schiste et donc son redémarrage.

Cela démontre une nouvelle fois la recherche du prix d’équilibre chère à Ali Al-Naïmi, qui ne veut pas faire remonter les prix pour le plaisir des producteurs d’huile de schiste américains : « Soit ils produisent moins cher, soit ils disparaissent »

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Conclusion

Depuis l’automne 2014, l’Arabie est entrée en guerre avec l’huile de schiste américaine et les conséquences que nous connaissons :

1) Effondrement des prix du brut
2) Asphyxie de nombreux pays pétroliers
3) Arrêt de la croissance de la production de brut américain et début d’un déclin
4) Baisse des investissements pétroliers :

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Source : AIE Medium Term Market Report 22 02 2016

 

Et ce n’est pas parce que la production américaine commence à fléchir que l’Arabie va arrêter cette politique car :
1) L’Iran doit revenir sur le marché et avoir des prix bas (et surtout des perspectives de maintien à des prix bas) limitera l’ampleur de ce retour et en repoussera la date
2) Forte des leçons du passé, l’Arabie ne veut plus de passagers clandestins de l’OPEP

Avant de penser à une forte remontée des cours, l’Arabie se doit de « casser » l’huile de schiste américaine et limiter la croissance iranienne.

  1. C’est un combat perdu d’avance pour l’OPEC : Ils perdent de l’argent avec les prix actuels et leurs réservez ne sont pas infinies, lez prix remonteront et dès que ça sera le cas les producteurs de schiste seront là pour en profiter, aucun retour en arrière n’est possible et les Saoudiens feraient lieu de le reconnaitre.

  2. L’AS et la Russie étaient d’accord pour geler la production mais ce plan ne marchera pas car l’Iran l’a qualifié de « blague »:

    http://www.wsj.com/articles/freezing-production-a-joke-says-irans-oil-minister-1456244533

    Vu que la Russie ne peut pas faire pression sur l’Iran car elle s’est inutilement fâché avec son seul autre ami dans la région, la Turquie, rien ne se passera.

    A moins que la trêve curieusement respecté par la Russie en Syrie soit un signe qu’elle cherche à retrouver de la marge de manœuvre par rapport à l’Iran… Wait and see…

    1. Elle est fâchée avec Erdogan… qui n’est plus l’ami de personne dans la région.

      1. En même temps Poutine et Erdogan c’est bonnet blanc et blanc bonnet…Qui voudrait être ami avec des engins pareils ? A moins d’être dérangé…

      2. « qui n’est plus l’ami de personne dans la région. »

        Les pays arabes, les kurdes, Israël… la plupart des acteurs parlent encore avec la Turquie avec qui ils ont des relations normales (ce qui ne veut pas dire bonnes). L’Iran a même fait un appel du pied à Erdogan pour qu’il les rejoignent dans leur guéguerre contre l’AS.

  3. Il y a un point qui me pose question au sujet de la stratégie supposée de l’Arabie Saoudite. Si réellement elle cherche à « tuer » les pétroles de schiste US il faudra que le prix reste ad vitam vers 30$. Certes les sociétés actuelles seront « tuée » mais :

    – Le pétrole sera toujours là
    – Les compétences techniques seront encore là pour quelques temps et même risque de s’améliorer.
    – Les financements aux USA ne vont pas disparaitre non plus, si l’affaire redevient rentable, il se trouvera du monde pour financer.

    Or nous savons qu’une reprise du forage peut se faire rapidement. Donc si ce que je suggère s’avère, si le prix du pétrole devait remonter le pétrole risque de recouler à flots aux US et l’Arabie Saoudite se retrouvera au même point avec des réserves ayant drastiquement maigrie…

    Je ne parierai pas un kopeck sur leur stratégie et en attendant ils font bien plus de mal à la Russie ou à l’Algérie.

    1. « C’est à eux de s’adapter au marché : ils produisent moins cher ou ils meurent … »

      On peut se demander si les Saoudiens sont dans la stratégie ou dans le déni de réalité. Refuser de s’adapter en pariant sur l’incapacité des autres à le faire est un pari risqué. Et on n’est pas dans une simple guerre commerciale entre petits fabricants de punaises et de trombones.

    2. L’Arabie a une stratégie perdante..Certains gisements (une minorité) sont même rentables à $25, si les progrès techniques continuent d’autres pourraient devenir rentable à $40 ou moins.
      Lutter contre le capitalisme américain finit mal en général.

      1. à mon échelle personnelle, je me dis que je vais rester avec ma chaudière au mazout et que je n’investirai pas dans des panneaux photovoltaïques à mettre sur mon toit.

        1. Rien de mal à cela, après il faut comprendre que les énergies renouvelables sont l’avenir, sans aucun doute possible. ça pourrait ne pas être si avantageux aujourd’hui mais à l’avenir ça le sera.

          1. Aux échelles de temps où le photovoltaïque sera l’avenir, le pétrole et le gaz sont des énergies renouvelables. Je rappelle à ce sujet que l’origine des hydrocarbures que nous consommons aujourd’hui remonte aux périodes de réchauffement climatique intense, comme le jurassique et le crétacé…

            1. Certes mais votre commentaire semble avoir pour sens que si effectivement il y a actuellement un phénomène de réchauffement global alors c’est une bonne nouvelle car elle induira pour les ères futures une production de pétrole. Ai-je mal compris ?

              1. Oui, aux échelles géologiques, le réchauffement serait bon pour la planète et pour les êtres vivants énergivores qui la peupleront quand nous serons des « dinosaures ».

            2. Nope, on parle d’un futur très proche, on estime que d’ici 2020 le solaire et l’éolien n’auront plus besoin de subventions pour être compétitifs avec le gaz ou le charbon, sans oublier les gros progrès en termes de stockage.
              Préparez-vous, l’avenir est là 😉

              Je n’ai rien contre les énergies fossiles, je vois juste les tendances économiques et technologiques. Je sais bien qu’il y a une étrange obsession sur Contrepoints visant à rejeter catégoriquement ces énergies, en se disant peut-être que le déni empêchera ce futur dominé par les renouvelables d’arriver, mais c’est inévitable.
              Les énergies renouvelables sont l’avenir (proche), ce n’est pas un avis personnel, c’est la réalité et ce n’est pas débattable tellement c’est évident. Les libéraux doivent aller de l’avant et pas juste se contenter de penser au jour le jour, avoir une vision du futur et commencer à envisager un futur renouvelable.

              1. « on estime »
                Personne n’est capable de dire combien coûtera le brut ou le gaz dans 1 an, alors prétendre que le PV sera moins cher, à moins de pouvoir influencer les voteurs de taxes…
                Le seul facteur en faveur du renouvelable serait un saut quantique dans les techniques de stockage de l’énergie.

                1. Le coût du renouvelable baisse de manière constante depuis plus de 15 ans, pas besoin de s’appeler Einstein pour prédire ça !
                  La baisse du coût se fait en fonction de l’adoption qui croit irrémédiablement

                  1. Pas besoin d’être Einstein non plus pour montrer que l’asymptote est largement au dessus de zéro. Par exemple, la pose ajoute actuellement environ 3c du kWh, pour une installation qui ne stocke pas et qui s’amortit sur 20 ans. Rien qu’avec les coûts fixes de ce genre, en supposant les panneaux gratuits, vous dépassez sans peine le coût du kWh fossile hors taxes d’incitation comportementale.
                    Mais puisque « ça baisse de manière constante », tous ceux qui n’attendent pas l’an prochain sont des imbéciles, CQFD.

                    1. ‘Mais puisque « ça baisse de manière constante », tous ceux qui n’attendent pas l’an prochain sont des imbéciles, CQFD.’

                      Oui et non, les dispositifs publics rendent ces investissements très avantageux et comme il n’est pas sûr que cela va demeurer (aux USA cela s’arrêtera en 2020) il n’est pas idiot d’anticiper.

                    2. @sweepingWave : Timeo Danaos et dona ferentes

                      Et encore plus quand les Grecs sont écolos …

                    3. @MichelO

                      Oui, cette question des coûts fixes (toujours passée sous silence) est ce qui me fait le plus douter des EnR ainsi que des « économies d’énergies » obtenues à grand renfort de technologie. Si on pouvait aller chercher une batterie chargée (en échange de l’ancienne) comme on le fait avec une bombonne de gaz, je dirais banco. Mais je me vois mal acheter mon éolienne, mes 100 m2 de PV et les 2 tonnes de batteries qui vont avec chez Casto-Merlin ou les faire livrer par Walkirie et les installer et les entretenir moi-même.

                      Du fait de la faible densité des EnR, les aficionados pensent résoudre le problème par l’autarcie. Ils vont un peu vite en besogne avec leurs : « c’est la réalité et ce n’est pas débattable tellement c’est évident ». Pourtant personne n’avait prévu l’écroulement des prix du pétrole à cause des pétroles de schistes. Bien que convaincus d’une prépondérance de réalités économiques parfois complexes, certains jeunots demeurent imperturbablement optimistes sur la technologie. Savent-ils combien on a inventé de choses dont on n’a jamais trouvé l’usage ?

              2. Si les énergies fossiles sont détrônés par quelque-chose, ce sera la fusion nucléaire.

                1. Trop coûteux et long à mettre en place, chaque grand pays en aura mais ce ne sera qu’un élément marginal du bouquet énergétique. Trop d’investissements ont eu lieu dans les renouvelables pour abandonner et passer à autre, surtout que les renouvelables passent bien électoralement.

                  1. C’est car vous pensez à ITER qui, je le pense aussi, a peu de chances d’aboutir. Il y a une liste de startups intéressantes dans le domaine. Je ne dit pas qu’elles vont toutes réussir, mais il suffit qu’une seule atteigne le break-even pour que cela attire des milliards dans le secteur. Le break-even serait un événement si important que ça changerait tout les pronostiques sur le marché de l’énergie:

                    http://www.helionenergy.com/
                    http://lppfusion.com/
                    http://www.generalfusion.com/
                    http://www.trialphaenergy.com/company
                    http://www.lockheedmartin.com/us/products/compact-fusion.html (Lockheed est difficilement une startup)

                    Je pense aussi que si une entreprise atteint le break-even, la vitesse d’amélioration de la technologie sera exponentielle. Au début ce sera des installations relativement grosses (centaines de MW) mais à terme la fusion deviendra aneutronique, avec des réacteurs bien plus compacts. Les premières années le cout sera marginalement inférieur à celui du charbon, mais à terme cela baissera et nous pourrons repenser toute notre civilisation comme nous l’avons fait après la découverte du charbon.

                    1. C’est certes très intéressant et prometteur mais les renouvelables resteront très importants, impossible que ça soit abandonné. Et puis le soleil a tellement d’énergie qu’il serait bête de ne pas en profiter.

                    2. « impossible que ça soit abandonné »

                      Ben on ne va pas démonter tout du jour au lendemain mais je pense qu’au final les ENR n’auraient rapidement plus leur place. La fusion sera bien plus modulable que les ENR et produira une énergie peu chère et non intermittente. Il serait bien plus facile de convertir toute la production électrique en fusion qu’en quoique ce soit d’autre le jour ou ça marchera.

                      Fini la nécessité de faire des centrales de plusieurs gigawatts ou de rapatrier l’énergie d’où le vent veut bien souffler ou le soleil apparaitre, on pourra avoir une constellation de centrales de quelques centaines de mégawatts dans les postes électriques actuels.

                      « Et puis le soleil a tellement d’énergie qu’il serait bête de ne pas en profiter. »

                      Mais on en profite déjà de la chaleur qu’il nous envoie… Je ne vois par contre pas l’utilité de récupérer l’énergie qu’il balance dans tout les sens pour produire de l’électricité alors que l’on peu reproduire le procédé de fusion de manière contrôlée.

                      La densité énergétique et la puissance sont la clé. Avec le soleil on produit très peu d’énergie pour une surface donné, c’est trop diffus. Le nucléaire contient énormément d’énergie par kilogramme, mais leacompacité des installations permettant de l’extraire a une limite, on ne verra jamais de voiture à fission. Les fossiles ont une densité bien moins grande que celle du nucléaire, mais on peu extraire cette énergie facilement avec de petites installations (les plus petits moteurs à explosion font 3 cm cube).

                      Avec la fusion, au début les installations seront conséquentes, mais si on arrivera rapidement à la taille de quelques containers, ce qui fait que les seuls secteurs qui y résisteraient un moment seraient le transport routier, aérien, et le spatial.

                    3. « Et puis le soleil a tellement d’énergie qu’il serait bête de ne pas en profiter. »

                      Et l’énergie qu’il nous dispense (en infime proportion du fait de l’angle solide qui éclaire la terre) est la même que celle contenue dans l’hydrogène de l’océan dont il serait tout aussi bête de ne pas profiter.

                      Après, on fait ce qu’on pneu comme on dit chez Michelin. Mais pourquoi donc ne fait-on pas des porte-avions à voile ?

    3. Aymeric de Villaret, comme tout le monde, veut à tout prix voir une guerre commerciale entre les différents gros producteurs. Je pense personnellement qu’il y a eu un développement aux USA que personne n’avait prévu,et que l’AS ou la Russie sont de toutes façons bloqués.

      Ils ne peuvent pas réduire leur production, car sans même parler du pétrole US les autres pays prendraient leur part de marché, on peut par exemple citer l’Iran qui a annoncé que quoi qu’il arrive il augmenterait la production. Devant l’impossibilité d’arrivé à un consensus entre les différents producteurs, la seule solution c’est de défendre ses parts de marché.

      La seule stratégie valable pour les pays producteurs de pétrole est de subir la baisse des prix sans faire faillite. Et à ce jeu la les USA, la Russie et l’AS sont biens mieux placés que tout un tas de petits pays comme le Venezuela, l’Algérie ou la Canada.

      L’AS va (re)privatiser une partie d’Aramco, la Russie va vendre une partie de Rosneft aux chinois. Il y aura surement quelques réformes économiques de faites et une baisse du niveau de l’état providence Bref, ça peut durer longtemps.

      1. « on peut par exemple citer l’Iran qui a annoncé que quoi qu’il arrive il augmenterait la production. »

        D’ailleurs j’avais cru comprendre (ou ai-je mal lu ?) que le pétrole iranien était trop cher à produire au prix actuel !?!

        1. Le pétrole iranien est plus lourd que les autres pétroles de la région mais le principale problème c’est que l’Iran fait face à des contraintes budgétaires plus dures que la Russie ou l’AS. Si l’économie iranienne est moins dépendante du pétrole que l’AS, l’AS a plus de marge de manœuvre pour retrouver une situation budgétaire acceptable.

  4. Ce qui est produit et non consommé doit être stocké, il y a une limite physique à ce petit jeu à partir de laquelle ils seront bien obligé de diminuer la production

    1. Pour le classique, no problem, on a une très grande souplesse : « produit » signifie qu’on a mis le robinet au réservoir, on peut l’ouvrir au débit qu’on veut et attendre des années si les clients ne se pressent pas. Pour le gaz de schiste, c’est plus compliqué, d’une part parce que les investissements sont beaucoup plus élevés que pour la simple pose d’un arbre de noël, d’autre part parce que si j’ai bien compris, la fracturation perd de son effet avec le temps qu’on pompe ou pas. Cette différence a sûrement paru un avantage stratégique aux yeux des Saoudiens, mais il semble que les choses n’aient pas tourné en fin de compte comme ils l’avaient prévu et qu’ils soient plus ou moins forcés de continuer pour ne pas tout perdre.

      1. Je me répète, mais celui qui réduit la production perd ses parts de marché et rend service aux autres, aucun pays n’a d’autre choix que de continuer de produire et de tenter de réduire ses couts pour tenir.

        1. L’autre choix existe, c’est de réduire la production des plus gros concurrents simultanément à la sienne, par la faillite, le boycott ou la violence.

          1. C’est à mon sens ce qui va arriver, à la différence que c’est pleins de petits concurrents qui vont sauter mais que l’AS, la Russie et les USA s’en tireront plutôt bien.

  5. La Russie est-elle vraiment pénalisée ? Les USA sont-ils vraiment sereins ? Je répondrais 2fois non.

    La Russie ne fait pas que vendre son pétrole. Elle a aussi un avantage mais qui peut s’avérer aussi une faiblesse que les Américains tentent d’exploiter : C’est un fournisseur stable et sûr (Un simple pipeline par la baltique ou en Asie, et les 2 plus gros marchés seraient approvisionnés), mais trop sûr pour qu’il ne puisse susciter la crainte d’une dépendance au producteur…. La balance entre inter-dépendance et sureté d’approvisionnement rend la Russie incontournable… Le prix seul ne suffit pas.

    Quant aux USA, l’huile de schiste ne pourrait représenter qu’une bulle de plus. Sauf qu’un jour, le reste du monde pourrait refuser de financer les beaux joujoux que l’Amérique se paie. Sans ce financement, jamais les USA n’auraient pu créer aussi vite une telle industrie. Et ce financement est venu du reste du monde. La Chine n’a pas envie de servir de bailleur de fonds perdus…

    1. ‘Quant aux USA, l’huile de schiste ne pourrait représenter qu’une bulle de plus. Sauf qu’un jour, le reste du monde pourrait refuser de financer les beaux joujoux que l’Amérique se paie. Sans ce financement, jamais les USA n’auraient pu créer aussi vite une telle industrie. Et ce financement est venu du reste du monde. La Chine n’a pas envie de servir de bailleur de fonds perdus…’

      Non, totalement faux. Bullshit!

    2. « C’est un fournisseur stable et sûr »

      C’est le grand fournisseur le moins sur que l’on puisse trouver, il suffit de voir ses agissements lors de la crise ukrainienne ou avec la Turquie. Je dirais que les fournisseurs les plus surs sont les pays du Golfe, l’embargo des années 70 a été une expérience trop traumatisante pour tout le monde pour qu’ils recommencent. Sans parler du fait que contrairement à la Russie ils ne menacent pas d’envahir leurs clients.

      « La balance entre inter-dépendance et sureté d’approvisionnement rend la Russie incontournable… »

      Cette balance pousse tout les pays de l’est à fuir la Russie comme la peste…

      « Quant aux USA, l’huile de schiste ne pourrait représenter qu’une bulle de plus. Sauf qu’un jour, le reste du monde pourrait refuser de financer les beaux joujoux que l’Amérique se paie. »

      Le schiste suit la courbe de l’innovation que l’on retrouve dans un marché libre (à peu près), après la bulle, une courte désillusion, puis une stabilisation ou le profit arrive.

      « Sans ce financement, jamais les USA n’auraient pu créer aussi vite une telle industrie. Et ce financement est venu du reste du monde. La Chine n’a pas envie de servir de bailleur de fonds perdus… »

      Les acteurs les plus faibles de la phase du « hype » vont perdre, les autres vont empocher les profits.

      1. Les pays du Golfe ne sont ni aujourd’hui ni stables, ni sûrs. Ils ont même dans la chute des prix lourdement compromis leur stabilité, puisqu’ils ont des déficits colossaux, et leur sûreté, puisque le renversement de leurs gouvernants en arrangerait beaucoup. La stabilité était assurée quand il y avait une bonne entente entre l’AS et les USA, et une autorité reconnue de l’AS au sein de l’OPEP. Ce temps est fini, donc la stabilité est devenue une pure façade.

        1. Alors que leurs populations étaient bien plus pauvres que celle des autres pays arabes, dans les années 60 tout un tas de pays socialistes/nationalistes arabes cherchaient à provoquer un renversement de leur gouvernement. Depuis 79 l’Iran cherche lui aussi maintenant à y provoquer des soulèvements des populations chiites sans plus de succès.

          Dans les années 70 on nous prédisait sans cesse la chute imminente de leurs gouvernements (ce qui avait un fond de vérité car le socialisme arabe était très fort et les princes s’étaient plusieurs fois fait choper entrain de sniffer de la cocaïne sur des prostitués).

          Ensuite sont venus les islammistes qui racontent à qui veut l’entendre que ces gens sont des imposteurs juifs qu’il faut renverser, sans plus de succès. Puis le printemps arabe que ces pays ont passés sans aucun problème.

          Bref, leurs gouvernements ont déjà vu l’enterrement de tout un tas de gens qui prédisaient leur chute imminente, de Nasser à Ben Laden en passant par Khomeini.

          Reste un renversement par la force brute, mais par qui ? La seul pays qui a l’intérêt et la force de le faire serait la Russie, si ce n’est pas déjà fait c’est surement car on ne connait pas toutes les cartes que ces pays ont entre les mains, la Russie n’étant pas un pays connu pour modérer son agressivité.

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