Quelle imprimante 3D choisir en 2015 ?

Publié Par Yoan de Hautcastel, le dans Technologies

Par Yoan de Hautcastel.

Selon l’analyse Wohlers, le marché de l’impression 3D semble marquer le pas après trois ans de croissance exponentielle. 2014 confirme cette tendance mais nous éclaire sur une évolution surprenante : contrairement à l’attente des analystes, c’est l’entrée de gamme, qui subit cette désaffection.

Or l’industrie, américaine et chinoise essentiellement, a investi massivement dans le lowcost en 2014 afin de proposer du makerbot mais moins cher. Des machines carrossées et plus simples à utiliser. Ainsi, A4 technologie, gros revendeur français mise beaucoup sur sa 3D UP BOX, vendue tout de même presque 1800€ (prix de lancement).

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Les freins à l’adoption massive de l’impression 3D dans les foyers sont la complexité et le prix. C’est ce que toutes les études successives martelaient. Alors que l’industrie semble répondre aux attentes des consommateurs, quelles sont les raisons de ce repli ? Pourquoi ce marché potentiellement énorme marque-t-il le pas ?

Selon Henri Queuille, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. L’impression 3D promet beaucoup et quiconque s’y intéresse se rend compte de l’énorme potentiel de cette technologie. Cependant il faut se rendre à l’évidence : malgré d’indéniables progrès, les machines d’entrée de gammes restent onéreuses et totalement inefficaces. Tout au plus, le particulier qui cède à la tentation pourra reproduire sans trop de peine, la crotte que le geek têtu aura eu tant de mal à imprimer avec son modèle d’imprimante Open Source.

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Et la gagnante est…nan je déconne

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Avec de l’entrée de gamme, il faut s’accrocher pour imprimer un objet…

Avec un brin de mauvaise volonté, un journaliste du Temps, quotidien Suisse, témoigne des difficultés pour un débutant, d’imprimer en 3D avec une imprimante 3D vendue en grande surface. L’article relate une bonne partie des difficultés que rencontre tout débutant. Il n’y a rien de faux hormis la concentration des problèmes réunis au sein d’une seule expérience. Un brin exagéré certes mais pas délirant. Que d’effort, de temps et d’argent pour un buste de Yoda ou, en l’occurrence d’une figurine d’hippopotame…

Les différentes études omettent toutes d’interroger les primo acheteurs ; pas les curieux qui suivent les tendances mais ceux qui ont pris conscience du potentiel et des contraintes techniques nécessaires pour le réaliser. En d’autres termes pour réaliser des impressions 3D satisfaisantes et utiles, il faut démultiplier son budget. L’impression 3D n’est pas prête à partir à l’assaut des particuliers mais elle débarque en force dans l’entreprise.

Une fois de plus, l’innovation de vient pas des leaders mais de startups et aujourd’hui, les deux machines qui sortent largement du lot sont l’ECV-One de chez E-Crew Vis, jeune entreprise française dont les ventes explosent et la 3NTR A2 de chez 3NTR dont le site pourri ne reflète en aucune façon la qualité de leurs produits…

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L’imprimante 3D 3NTR A2 de chez 3NTR

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l’ECV One dispose de deux extrudeurs et la 3NTR A2 en aligne trois. Indépendamment de celle qui a la plus grosse, notre choix se positionne en faveur de la machine de chez E-Crew Vis pour la passion et la compétence des jeunes français mais aussi pour certains détails qui font la différence comme le filtre à particules, bien utile quand on extrude de l’ABS, la facilité d’intervention et l’écran tactile, très intuitif. Cela dit, les deux imprimantes vous donneront entière satisfaction. Difficile, sinon impossible de rater une impression avec ces modèles.

Bien entendu, le ticket d’entrée, bien que très raisonnable pour cette gamme de matériel, commence à 4500 euros hors taxe. Le prix, le poids et la taille rendent rédhibitoire leur accès au salon du particulier ou même dans un bureau. Cependant, si vous comptez créer votre entreprise ou étendre vos activités professionnelles à l’impression 3D, ces deux modèles sont incontournables.

Cependant, n’existe-t’il pas malgré tout, une imprimante 3D de salon ou de bureau que je puisse m’offrir à Noël sans regretter mon achat ? Vais-je pouvoir imprimer autre chose qu’une crotte ayant vaguement l’aspect d’un buste de Yoda ?

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Nous avions testé l’imprimante 3D Creatr de chez LeapFrog. Cette imprimante présente la caractéristique d’être très robuste et est présentée comme une imprimante 3D semi-professionnelle. Son tarif très raisonnable, surtout compte tenu de la qualité des matériaux et de sa finition irréprochable en font une championne potentielle. Néanmoins, la technologie de son lit d’impression est dépassée et l’adhérence du filament au plateau, fut-il du PLA, laisse à désirer.

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Comme en 2014, la reine de l’entrée de gamme, reste l’Ultimaker 2, outre une bonne précision, cette imprimante offre tout ce que l’on est en droit d’attendre d’une telle machine :

  • consommable (filament) ouvert. Bannir toute technologie propriétaire
  • logiciel ouvert
  • connecteur réseau et/ou wifi
  • précision
  • fonctionnement silencieux
  • robustesse
  • vaste plateau d’impression
  • réglages par défaut

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Si la précision est votre priorité, alors la championne est la spiderbot dont l’originalité réside dans la liaison des bras articulés soutenant l’extrudeur: les rotules sont magnétiques. Elle évite ainsi les courroies ou les vis sans fin qui nécessitent parfois quelques réglages. C’est également cette particularité qui lui permet d’atteindre une précision hors du commun pour une machine de cette gamme.

rocou9Si, malgré toutes mes mises en garde, vous persistez dans votre désir d’apprendre et que votre choix se porte sur de l’Open Source, alors je ne saurais trop vous conseiller d’investir tant dans la machine que dans le service après vente. Tobeca, dont j’avais interviewé le dirigeant il y a quelque temps, s’impose : bonne machine couplé à un SAV qui ne vous laissera pas tomber.

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Sur le web

 

  1. et dans la vie de tous les jours , elle sert a quoi ? a rien.
    elle ne remplacera pas la main du sculpteur ou du potier comme le jet d’encre n’a pas remplacé le peintre.

    1. Marrant ça, je disais justement l’autre jour que la terre cuite c’était « l’impression 3D version zéro ».

      Il n’empêche que pour fabriquer de petits objets du quotidien (gobelets/soucoupes, poignées, supports de toutes sortes, décorations à thème, etc), c’est prometteur. C’est aussi sympa de pouvoir suivre l’avancement de la technologie et les marques à retenir.

      1. combien de bricoleurs ont du temps a perdre a ce genre de bêtises ?
        surtout qu’avant de passer a l’étape imprimante il faut passer quelque heures a créer le fichier , laissons donc ce boulot aux artistes , ils ont le temps …mais pour fabriquer les jouets de bébé , pourquoi pas 😉

        1. > il faut passer quelque heures a créer le fichier

          Justement non, il existe plein de designs en libre accès. C’est tout l’intérêt.

        2. « combien de bricoleurs ont du temps a perdre a ce genre de bêtises ? »

          reaction degoulinante de betise.

        3. Quand vous utilisez un marteau, il faut combien d’heure pour créer les clous?

    2. C’est du même ordre que ce que nous a apporté les imprimantes 2D couplées aux APN : impression de ses clichés soi-même. Gain de temps, autonomie, personnalisations à l’infini… sans passer par un tiers qui prend cher et/ou qui fait la police.

      Bref, à terme on pourra imprimer ce que l’on veut sans que d’autres s’en mêlent. C’est l’avenir !

      1. Ben justement, qui imprime encore ses photos ?

        1. J’en connais… 😉

          Et puis l’avantage de l’imprimante 3D par rapport à la 2D, c’est que si la 2D permet d’imprimer des jolies photos, la 3D, elle, permet d’imprimer des objets utiles qui serviront dans la vie quotidienne.

          Pas besoin de faire un dessin, l’imagination suffit 😉

          1. Oui, des oeuvres d’art contemporaines…

              1. Vu l’image qui vous identifie, ça vous va bien !

    3. C’est un outil. De la même façon, une défonceuse ou une scie pendulaire ne sert à rien au quotidien pour la plupart d’entre nous. Cependant la visseuse sans fil est entrée dans notre quotidien et c’est probablement ce qui arrivera à l’impression 3D, une fois les difficultés d’accès levées.

    4. Et alors?

      Le jet d’encre n’a pas remplacé le peintre, il a ouvert tout un tas de nouvelles possibilités. C’est ce qui se passera avec l’impression 3D. On n’a pas besoin de remplacer l’existant pour innover. Juste de nouveaux usages.

      Rappelez-vous de Kodak, qui a eu la même réaction de vous avec la photo numérique.

  2. Article intéressant, je ne m’étais pas encore penché sur le sujet!

  3. Détrompez vous, dans la vie de tout les jours c’est très utile. On refait les rails du frigo cassés et introuvables. Les pinces clip du harnais du chien. Les supports d’étagères cassés.

    C’est très utile et ça évite de remplacer du vieux matériel. Et surtout pour les bricoleurs, c’est idéal pour fabriquer le fameux machin qui sert à fixer le truc.

    1. J’ai même lu qu’une entreprise proposait une imprimante 3D pour imprimer du maquillage.
      Cela permet de proposer des couleurs sur-mesure aux clientes à moindre coût !
      http://www.3dnatives.com/mink-revolutionner-maquillage/

      1. Fleur Pellerin veut même taxer les cartouches de fond de teint…

        1. Oui, ils pourraient même taxer à 50 % les produits de beauté …

      2. Des cosmétiques sans tests cliniques ? Ca va pas la tête ?

  4. Cet article très complet oublie un point important. Si on veut reproduire un objet personnel, ce que j’ai fait dans une boutique près de chez moi, il faut impérativement un scanner laser 3D. C’est un appareil assez sophistiqué qui est piloté par un ordinateur devant disposer d’une bonne capacité RAM (16 giga) et un logiciel loin d’être gratuit tournant sous Windows. Coût total de cet équipement passé sous silence dans l’article environ 7000 euros pour du bas de gamme. Un scanner laser correct coûte plus de 10000 euros tout compris. Maintenant si on veut atteindre des résolutions supérieures, c’est du matériel professionnel, comme l’imprimante sous vide partiel par exemple, qui est nécessaire, prix 15000 euros. Toutes les imprimantes présentées ici font du travail bas de gamme de merde …

    1. Pas necessaire de le scanner quand on a de quoi modeler direct dans l’ordi.
      Le scan donne une reproduction rigoureusement exacte, mais la plupart des objets a imprimer en 3d sont de la production, donc des objets modeles.

    2. Cet article n’oublie rien, il traite d’imprimantes 3D, pas de scanners 3D.

  5. Excellent article (comme toujours)
    Je fais partis de ces industriels qui croient énormément a l impression 3d.
    Du reste j’ai une a2 et j’attends la nouvelle leapfrog. J’ai aussi2 autres machines professionnels (stratasys)
    A l’heure actuelle, je ne vous pas pourquoi un particulier (a part un geek ou un bricoleur) s’equiperait.
    C’est trop complexe a utiliser (surtout a paramétrer) et aussi super coûteux.
    De plus la conception est un sacré frein. (Même si des logiciels gratuits existent)
    Mes petites machines je les vends 5€ de l’heure matière incluse, pourquoi s’embêter a acheter une machine?

  6. excellent article, destine a un lectorat francais: je ne suis pas surpris que 50% de l’espace commentaire soit rempli de commentaire cretins jetes la par des morons comme on pose une crotte, je pense a reactitude et michelO

    1. Bonjour Paf,

      Je suis heureux que vous ayez retrouve votre dentier.

      Vous ne vous rappellez pas ?

      Vous l’aviez semble t-il perdu au beau milieu des commentaires sur l’article « Sylviane Bulteau nous repond ». Mais la, je vois que vous mordez de nouveau a pleines dents.

      Me voila rassure.

  7. Je m’étais intéressé à la question en début d’année et avais même failli sauter le pas et acheter une imprimante 3D.

    Néanmoins ce qui m’avait fait changé d’avis c’est le temps : avec les imprimantes que j’avais regardées, le moindre objet de taille correcte prenait des HEURES a s’imprimer. Impossible d’expérimenter dans ces conditions là.

    Et c’est plutôt mieux que ça m’ait refroidi, puisqu’outre quelques cas particuliers (réparations d’objets), je pense pas que je m’en serais servi pour grand chose d’utile.

  8. Hum on est loin du mr et madame Michu, c’est carrement un art d’imprimer, il faut utiliser les bonnes recettes et tout ça varie en fonction de la machine et du matériel et de l’objet. J’ai réussis au mieux 20% de mes impressions (bien sûr quand ca part en couille je ne le laisse pas terminer).

    Problème d’adhésion, même avec plateau chauffant, ma seule solution potable etant acetone+abs. Les pièces cassent a l’impression a cause du choc thermique (va falloir lui faire un abris). Le PLA bloque systematiquement l’extrudeur, l’abs fonctionne bien sauf un rouleau d’une marque différente qui bouche apres 15 minutes.

    Si la piece a un remplissage insuffisant elle n’est pas solide, si le remplissage est exagéré la déformation qui va avec le refroidissement la fait casser de partout. Si la vitesse est trop élevé c’est pire. J’ai du aller jusqu’à modifier le firmware pour que ca fonctionne.

    Vitesse de retractage, sinon la piece semble avoir ete concu par spiderman en personne.

    Bon j’acheté ca pour bricoler je savais a quoi m’attendre (en partie…) mais pour quelqu’un qui crois pouvoir etre autosuffisant il va tomber de haut ^^

  9. Voilà « The Reason », nouvelle arme de poing en métal produite par une imprimante 3D. Cette technologie incroyable avance à grands pas et risque de redéfinir drastiquement la pertinence des législations sur les armes à feu et bien d’autres produits. Plus d’infos sur The Reason dans cet article : http://reason.com/blog/2014/10/27/meet-the-reason-a-new-metal-3d-printed-g

    1. En voilà un qui a bien compris à quoi je pensais quand je disais plus haut qu’on pourrait imprimer ce que l’on veut 🙂

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