Comptes bancaires étrangers : l’arsenal répressif se renforce

Publié Par Thibault Doidy de Kerguelen, le dans Économie générale

L’arsenal répressif se met en place à l’encontre des détenteurs de comptes bancaires « étrangers », déclarés ou non.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Certains y verront une application du totalitarisme étatique, d’autres un outil indispensable à la lutte contre la fraude fiscale. Il peut aussi s’agir d’un écran de fumée devant masquer la réalité de la situation économique ou une recherche du principe de bouc-émissaire si chère à René Girard ; en tous cas, à l’occasion d’un examen la semaine dernière des amendements au projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires (Texte n°566), la Commission des finances de l’AN a adopté un amendement du gouvernement (N°100) qui vise à favoriser l’échange automatique d’informations à des fins fiscales à l’échelon international. Cet amendement instaure une obligation déclarative à la charge des établissements bancaires et financiers français les obligeant à fournir à l’administration fiscale française les données demandées par les services fiscaux étrangers dans le cadre des conventions bilatérales.

C’est la réciprocité qui intéresse Bercy

Cette mesure profitera à la France, car, en retour, nos partenaires instaureront la même obligation dans leur législation, facilitant ainsi l’accès aux informations à l’étranger pour notre administration.

Dans son exposé des motifs le gouvernement précise qu’un accord de ce type avec les États-Unis, dit FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act), est en cours de finalisation et donnera lieu à des échanges d’informations à compter de 2015.

Toujours dans la même optique de chasse aux détenteurs de comptes, au niveau de l’Union européenne, la France promeut auprès de ses partenaires la mise en place d’une « initiative ambitieuse » en matière d’échange automatique reposant notamment sur un projet-pilote avec les États membres les plus engagés dans la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

Les Ministres passent, l’imposture demeure

Les gouvernements changent en France, mais la logique demeure la même. En matière de lutte contre la fraude fiscale, deux logiques s’affrontent.

  • La logique « anglo-saxonne », ou pragmatique, qui respecte la liberté individuelle et l’égalité des citoyens et ne s’intéresse qu’au résultat (la perception des sommes dues au fisc). C’est cette logique qui a prévalu aux accords Rubik qui taxaient les plus-values de tous les comptes détenus par des étrangers en Suisse tout en conservant l’anonymat des détenteurs.
  • La logique française, ou punitive, qui attache avant tout une importance au nom des détenteurs afin de les contraindre et de les punir.

Dans la première logique, tout détenteur, quel qu’il soit, est soumis à la taxation forfaitaire et libératoire, dans la seconde logique, seuls ceux qui font l’objet d’une enquête de la part du fisc français craignent quelque chose. Or nous savons que pour le fisc français, tous les citoyens ne sont pas traités sur un pied d’égalité. Si, comme le laisse entendre le gouvernement, la logique française l’emporte sur la logique anglo-saxonne, c’est le triomphe de l’arbitraire sur l’égalité des citoyens devant la loi.


Sur le web

  1. À partir de quel montant doit-on déclarer nos comptes?
    Est-ce ce valable aussi pour des gens qui ont eu, à un moment donné de leur vie, la résidence fiscale dans le pays en question?

    1. Formulaire 3916.

      1. Merci. Je lis:
        « les références des comptes ouverts, utilisés ou clos à l’étranger au cours de l’année de déclaration (année n). »

        Je suis pas sure que cela est en accord avec le droit européen das le cas de personnes de nationalité étrangère résidents en France.

        Si je comprend bien, dans le cas où on n’aurait pas ouvert ni utilisé un compte ou un livret dans l’année de déclaration, on n’est pas tenu a le communiquer.

        1. le simple fait que le compte existe c’est déjà une utilisation, pour le fisc.

  2. hippolyte canasson

    Compte tenu, avec ou sans jeu de mots, des services rendus par certaine grande banque nationale, j’ai pris le parti, toujours sans jeu de mots, de mettre mes sous dans une banque dématérialisée, d’origine non française, qui ne me facture rien, dont j’ai les services habituels dispensés par les guichetiers crapoteux d’agences rutilantes aux enseignes de centres villes piétonniers aux pavés artistiquement passéistes.

    1. Interressant. Quel genre de banque?

  3. hippolyte canasson

    Il y a comptes à l’étranger et compte en France dans une banque étrangère. Ce sont deux choses différentes. Trop souvent les banques considèrent leurs clients comme captifs.

  4. La seule façon d’éviter l’évasion fiscale, c’est de supprimer l’impôt…

  5. Le fachisme bancaire se met en place plus rapidement que prévu.Quelle est maintenant l’étape suivante?Suppression du liquide?Je crois malheureusement que ce parano de Jovanovic à finalement raison!Gold standard now!!!

    1. Neteller?

  6. Créer une société à l’étranger avec un compte bancaire est tout à fait l’égale et voilà le tour est joué (exemple le copain de hollande et ses sociétés aux caimans).
    Le luxembourg offre la possibilité de créer les Sociétés de patrimoine Familliaux, vous ne pouvez être taxé que sur les revenus que vous en tirez bien sûr.

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