Nouveaux clivages politiques

Publié Par Jean-Baptiste Noé, le dans Histoire, Philosophie, Société

Les clivages politiques ne sont plus tant à chercher dans la vision de l’économie que dans la vision de la nature humaine.

Par Jean-Baptiste Noé.

Le XIXe siècle fut essentiellement le siècle des luttes politiques. Luttes pour la forme du régime (monarchie, république …) ou pour le mode de scrutin (censitaire, universel …). Le XXe siècle fut principalement celui de la lutte économique. Celle-ci a porté sur les modes de production, sur les améliorations des conditions de vie, avec des choix parfois hasardeux et des postures souvent clivantes. Le XXIe siècle sera celui de la lutte pour l’écologie humaine, question déjà existante dans les siècles précédents mais qui se pare désormais d’une plus forte intensité. L’écologie humaine concerne tous les domaines de l’homme, toutes ses dimensions, aussi bien sociales qu’intimes, privées que publiques.

L’écologie humaine, c’est la défense du cadre de vie, c’est-à-dire l’environnement dans lequel l’homme évolue : la nature, l’architecture des bâtiments, l’aménagement des espaces naturels. C’est aussi la défense des conditions de travail : créer du travail pour chaque personne, soigner les rapports et les conditions de vie, améliorer la productivité et le bien être matériel. C’est également la défense de l’histoire et du patrimoine. Défense des cultures, des bâtiments historiques ou chargés d’histoire, défense des racines culturelles et des traditions, le tout dans une vision dynamique de la culture et de l’histoire. C’est enfin la défense de la vie. Cela nécessite de ne pas modifier l’anthropologie et de respecter la spécificité humaine.

Dans les luttes politiques ou sociales des siècles précédents, la question de l’écologie humaine était déjà présente. Mais l’essor technique considérable du XXe siècle permettant aujourd’hui de détruire l’homme, il devient plus urgent de veiller à le protéger et à le défendre. De même qu’une vision fixiste de la nature peut aboutir à vouloir en chasser l’homme, ou à le percevoir comme un ennemi du cadre naturel.

Cette défense de l’écologie humaine est toujours une lutte entre le mensonge et la vérité, et l’on sait à quel point les idéologies sont lourdes de mensonge, c’est-à-dire de vision erronée de l’homme, de vérités détournées, ou d’idées érigées en principes ou en réalités. Rien n’est pire qu’une idée qui cherche à s’incarner dans le paysage politique des hommes.

La différence entre la gauche et la droite, qui a pu porter autrefois sur des questions politiques et économiques, a aujourd’hui son point d’achoppement sur le thème fondateur de l’écologie humaine. C’est autour de la perception de la saine anthropologie que se fait le clivage politique, une vision qui inclue la pensée économique et sociale. La séparation se fait désormais entre ceux qui ont une vision consumériste et utilitaire de l’homme, et ceux qui en ont une vision intégrale et authentique. Ceux qui cherchent à modeler son anthropologie pour la contraindre aux idées immanentes, et ceux qui restent attentifs à l’expression d’une nature humaine préservée, dans ses dimensions spirituelles et matérielles. La fracture entre socialistes et libéraux n’a plus lieu d’être ; c’est un schéma hérité de la Guerre Froide et qui a disparu avec la fin de celle-ci. La distinction est désormais nette autour de la place que l’on accorde à l’homme véritable.

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  1. « Le fait est que le XIXe siècle était le siècle du socialisme, du libéralisme, de la démocratie, ceci ne signifie pas que le XXe siècle doit aussi être le siècle du socialisme, du libéralisme, de la démocratie. Les doctrines politiques passent ; les nations restent. Nous sommes libres de croire que ceci est le siècle de l’autorité, un siècle tendant vers la « droite », un siècle fasciste. Si le XIXe siècle était le siècle de l’individualisme (le libéralisme implique l’individualisme), nous sommes libres de croire que ceci est le siècle « collectif », et ainsi le siècle de l’État. »

    Cet article est une mauvaise blague.

  2. Tout cela m’a l’air bien théorique ! S’il y a dichotomisation, c’est entre les pragmatiques, qui évaluent les avantages réels et les coûts sociétaux des systêmes avant de les adopter, et les hurluberlus militants ivres de despotisme, qui imposent des solutions aussi fausses que ruineuses, juste pour « faire vert ».
    Le photovoltaïques subventionnés, les éoliennes, les ampoules « éco » et les voitures électriques grèvent nos budgets de milliards parfaitement inutiles et nuisibles.