Nouveaux clivages politiques

Les clivages politiques ne sont plus tant à chercher dans la vision de l'économie que dans la vision de la nature humaine.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Lutte finale, graffiti en Tunisie en 2012 (Crédits : Denis Bocquet/Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Nouveaux clivages politiques

Publié le 22 février 2013
- A +

Les clivages politiques ne sont plus tant à chercher dans la vision de l’économie que dans la vision de la nature humaine.

Par Jean-Baptiste Noé.

Le XIXe siècle fut essentiellement le siècle des luttes politiques. Luttes pour la forme du régime (monarchie, république …) ou pour le mode de scrutin (censitaire, universel …). Le XXe siècle fut principalement celui de la lutte économique. Celle-ci a porté sur les modes de production, sur les améliorations des conditions de vie, avec des choix parfois hasardeux et des postures souvent clivantes. Le XXIe siècle sera celui de la lutte pour l’écologie humaine, question déjà existante dans les siècles précédents mais qui se pare désormais d’une plus forte intensité. L’écologie humaine concerne tous les domaines de l’homme, toutes ses dimensions, aussi bien sociales qu’intimes, privées que publiques.

L’écologie humaine, c’est la défense du cadre de vie, c’est-à-dire l’environnement dans lequel l’homme évolue : la nature, l’architecture des bâtiments, l’aménagement des espaces naturels. C’est aussi la défense des conditions de travail : créer du travail pour chaque personne, soigner les rapports et les conditions de vie, améliorer la productivité et le bien être matériel. C’est également la défense de l’histoire et du patrimoine. Défense des cultures, des bâtiments historiques ou chargés d’histoire, défense des racines culturelles et des traditions, le tout dans une vision dynamique de la culture et de l’histoire. C’est enfin la défense de la vie. Cela nécessite de ne pas modifier l’anthropologie et de respecter la spécificité humaine.

Dans les luttes politiques ou sociales des siècles précédents, la question de l’écologie humaine était déjà présente. Mais l’essor technique considérable du XXe siècle permettant aujourd’hui de détruire l’homme, il devient plus urgent de veiller à le protéger et à le défendre. De même qu’une vision fixiste de la nature peut aboutir à vouloir en chasser l’homme, ou à le percevoir comme un ennemi du cadre naturel.

Cette défense de l’écologie humaine est toujours une lutte entre le mensonge et la vérité, et l’on sait à quel point les idéologies sont lourdes de mensonge, c’est-à-dire de vision erronée de l’homme, de vérités détournées, ou d’idées érigées en principes ou en réalités. Rien n’est pire qu’une idée qui cherche à s’incarner dans le paysage politique des hommes.

La différence entre la gauche et la droite, qui a pu porter autrefois sur des questions politiques et économiques, a aujourd’hui son point d’achoppement sur le thème fondateur de l’écologie humaine. C’est autour de la perception de la saine anthropologie que se fait le clivage politique, une vision qui inclue la pensée économique et sociale. La séparation se fait désormais entre ceux qui ont une vision consumériste et utilitaire de l’homme, et ceux qui en ont une vision intégrale et authentique. Ceux qui cherchent à modeler son anthropologie pour la contraindre aux idées immanentes, et ceux qui restent attentifs à l’expression d’une nature humaine préservée, dans ses dimensions spirituelles et matérielles. La fracture entre socialistes et libéraux n’a plus lieu d’être ; c’est un schéma hérité de la Guerre Froide et qui a disparu avec la fin de celle-ci. La distinction est désormais nette autour de la place que l’on accorde à l’homme véritable.

Sur le web

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • « Le fait est que le XIXe siècle était le siècle du socialisme, du libéralisme, de la démocratie, ceci ne signifie pas que le XXe siècle doit aussi être le siècle du socialisme, du libéralisme, de la démocratie. Les doctrines politiques passent ; les nations restent. Nous sommes libres de croire que ceci est le siècle de l’autorité, un siècle tendant vers la « droite », un siècle fasciste. Si le XIXe siècle était le siècle de l’individualisme (le libéralisme implique l’individualisme), nous sommes libres de croire que ceci est le siècle « collectif », et ainsi le siècle de l’État. »

    Cet article est une mauvaise blague.

  • Tout cela m’a l’air bien théorique ! S’il y a dichotomisation, c’est entre les pragmatiques, qui évaluent les avantages réels et les coûts sociétaux des systêmes avant de les adopter, et les hurluberlus militants ivres de despotisme, qui imposent des solutions aussi fausses que ruineuses, juste pour « faire vert ».
    Le photovoltaïques subventionnés, les éoliennes, les ampoules « éco » et les voitures électriques grèvent nos budgets de milliards parfaitement inutiles et nuisibles.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

En France, la séparation marquée entre les arts dit « libéraux » et « mécaniques » remonte à l’Antiquité. Elle est restée présente dans les esprits de nos « élites » qui vouent à la pensée un culte disproportionné aux dépens du simple bon sens. Ils perdent ainsi pied avec la réalité du monde physique pour le malheur des hommes en favorisant une idéologie déconnectée du terrain dont le fondement s’enracine dans l’Histoire.

Des origines antiques

Depuis l’Antiquité, les « arts » ont été classés selon une échelle de valeurs, mais les Grecs... Poursuivre la lecture

Par Pierre-Guy Veer.

Ce n’est un secret pour quiconque connait l’histoire des États-Unis : la division de sa Guerre de Sécession entre le Nord et le Sud est encore visible.

Et ce n’est pas une simple question de religion bien que les anciens États confédérés sont souvent désignés par l'expression Bible Belt traduisant leur forte proportion de croyants.

Avortement

Si les débats sur l’avortement étaient une source d’énergie, les États-Unis auraient l’électricité la plus propre de la planète.

Mais contrairement à la p... Poursuivre la lecture

Par Arnaud Benedetti.

À tout juste un peu plus d’un an de l’échéance présidentielle, les sondages qui se succèdent révèlent un soutien certes minoritaire au président de la République mais néanmoins bien plus confortable, à ce stade du mandat, que celui de ses deux prédécesseurs immédiats, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Une toute dernière étude, publiée voici 48 heures par Kantar pour Le Figaro place Emmanuel Macron à 39 % d’opinions favorables, ce quelques jours à peine après sa décision de ne pas procéder à un nouveau c... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles