Droit et morale : la confusion des libéraux

Publié Par Aurelien Biteau, le dans Droit et justice, Philosophie

En se substituant au droit naturel classique, les « droits naturels » modernes ont détruit intégralement l’institution garantissant à la société la liberté.

Par Aurélien Biteau.

Le « droit » est une notion relativement complexe dont le sens n’a pas cessé de se brouiller depuis le droit romain jusqu’à aujourd’hui. Plusieurs courants philosophiques ont participé à la perte de sens du terme, et le libéralisme n’en a pas été étranger, bien au contraire. Aujourd’hui, de nombreux libéraux ont tendance à confondre le droit et la morale sous l’appellation de « droits naturels ». Or il n’y a pas de plus funeste erreur.

En 1982, Murray Rothbard publiait L’Éthique de la Liberté (The Ethics of Liberty). Ce livre phare de l’auteur, admiré par de nombreux libertariens et anarcho-capitalistes, entend traiter de la liberté et des droits naturels. Rothbard prétend y découler de la propriété de soi l’ensemble des droits naturels de l’Homme, de la propriété sur les choses au droit parental. Il y établit même le principe des punitions et dédommagements. Si l’ouvrage est intellectuellement stimulant, il commet pourtant dès le titre une grave erreur révélatrice de la confusion chez les libéraux entre le droit et la morale, confusion qui a pu avoir de lourdes conséquences sur l’état actuel de l’Occident, comme on le verra par la suite.

Le titre de l’ouvrage de Rothbard indique qu’il s’agit d’un traité d’éthique. Et pourtant le livre veut traiter de droit. Il y a contradiction. L’éthique n’est pas, et n’a jamais été, la science juridique. L’éthique est la philosophie de la morale. L’éthique étudie les principes moraux, pas le droit. Elle recherche les lois morales et les fins justes de l’action humaine. Elle étudie les actions tenant du bien, et celles tenant du mal, les bonnes actions et les mauvaises. Rothbard prétend établir des principes d’éthique sociale, mais le droit n’est pas une éthique, il est autre chose, une chose indépendante de la morale comme peuvent l’être l’économie ou la physique.

En vérité, L’Éthique de la Liberté de Rothbard n’est pas un ouvrage de droit. Il se trouve dans la droite ligne d’écrits libéraux, tels que ceux de Locke, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 ou encore les ouvrages d’Ayn Rand, qui ont dénaturé le droit naturel pour en faire un objet de la morale.

Ce mouvement a été très bien compris, analysé et vivement critiqué par Michel Villey dans son classique Le Droit et les Droits de l’Homme, dont la lecture est recommandée. Le droit originel, défini d’abord par Aristote dans l’Éthique à Nicomaque où il le distingue de la morale, et institutionnalisé ensuite par la Rome antique sous la forme historiquement connue du droit romain, a fini par muter parce qu’il a été intellectuellement perdu lorsque la théologie, la première, s’y est intéressée.

Alors que le droit n’existe que dans les relations entre les hommes, on a commencé à prétendre que les droits étaient dans les hommes eux-mêmes. On a oublié le droit pour faire l’éloge des droits dits de l’Homme. L’aberration de ces « droits » saute aux yeux lorsqu’elle implique que la notion de droit a encore un sens pour Robinson seul sur son île déserte. On peut dire, puisqu’il est absolument seul, qu’il a tous les droits comme il n’en a aucun, la belle affaire que les « droits naturels de l’Homme ». Certains libéraux partisans de cette version moderne et dénaturé du droit naturel l’admettent et le reconnaissent, et disent que les « droits naturels de l’Homme » n’ont de sens qu’en société. Mais la logique n’est pas de leur côté : si les « droits naturels » émanent de l’Homme, alors l’homme sur son île déserte est concerné par le droit, émanant de lui. À moins que coupé du monde, il cesse d’exister.

Dans sa version moderne, le droit naturel corrompu en « droits naturels » jette aux oubliettes le droit véritable : celui-ci est ignoré, complètement. Mais ce n’est pas parce que les libéraux – ils ne sont pas les seuls par ailleurs – deviennent aveugles qu’il n’y a plus rien à voir. Le droit s’appréhende dans la fonction du juge, dont le but est de dire le droit dans les cas conflictuels qui lui sont exposés : il dit la juste répartition des biens et des prérogatives de chacun, révélée par la dialectique entre les parties en conflit. S’il n’y a plus de juges au sens véritable du terme aujourd’hui parce que la fonction a été dénaturée avec le droit (le juge ne fait plus qu’exécuter les volontés du législateur), le droit véritable étant dans les relations entre les hommes ne cesse pas cependant d’exister, parce que les hommes vivent toujours en société.

Que sont en vérité les « droits naturels » modernes ? Ils sont des lois morales qui s’imposent d’elles-mêmes à l’individu, émanant de sa nature de sujet. Parce que je suis un être doué de raison, disent-ils, j’ai le devoir de respecter autrui : les « droits naturels » ne définissent pas tant le cadre des actions moralement justes et bonnes que je peux faire, moi, que celui des actions justes d’autrui que je dois respecter. Les « droits naturels » définissent ainsi les devoirs moraux de l’individu vis-à-vis d’autrui. Ce sont des commandements.

On peut se demander s’ils sont fondés. Ont-ils un point d’appui satisfaisant la raison ? Et qui a raison : Rothbard et sa propriété de soi, Rand et son critère de la vie, Kant et son impératif catégorique, ou bien Kropotkine et sa morale anarchiste, les révélations des religions, ou d’autres encore ? Là n’est pas le sujet de cet article. L’épistémologie de l’éthique est un vaste champ où nombreux sont ceux qui s’y sont perdus. Ce qu’il faut retenir, c’est que le droit n’est pas l’éthique et que l’éthique n’est pas le droit.

Ceci implique de reconnaître que certains combats défendus par des libéraux n’ont aucune raison d’être. C’est le cas de « l’égalité en droit », parfois dite « égalité en droits » au pluriel. Littéralement, « l’égalité en droit » signifie que les biens et prérogatives de deux parties en conflit sont les mêmes. Que l’assassin a les mêmes prérogatives que sa victime. Que le voleur a les mêmes biens que le volé. C’est une absurdité. L’égalité que les libéraux doivent défendre pour ce qui est du droit, c’est l’égalité devant la justice – l’institution, c’est que chaque partie soit traitée et écoutée également, avec honnêteté.

Les  conséquences de la confusion entre le droit et la morale sont désastreuses, notamment en ce qui concerne l’institution de la justice dans la plupart des pays occidentaux, France en premier.

En confondant le droit et la morale, on a fait du droit un ensemble de commandements qui, émanant de l’Homme, devaient être connus de chacun : au lieu de dire le droit, on a écrit les droits, on en a fait des listes et on a dit aux hommes : « voilà vos droits, voilà ce qui vous est autorisé, prenez en acte ».

Or ce faisant, le droit cesse de résoudre les conflits qui se posent spontanément et réellement entre les hommes dans une société. Il devient une abstraction décrétant ce qui tient du conflit et ce qui n’en tient pas. Il ne dure donc que si les hommes lui accordent leur foi. Et de fait, plus rien n’empêche d’élargir la liste des « droits de l’Homme ». Puisque les droits sont des commandements, on peut bien en rajouter. En un sens, des textes tels que la DDHC de 1789 ont ouvert grand la porte au positivisme juridique et son « imperator ».

L’individu n’est plus son propre « imperator », l’impératif catégorique ne s’est plus imposé de lui-même : l’État et le législateur s’en sont chargés, et à ce jeu, les libéraux ont eu tout à perdre et ont tout perdu. Hegel l’a emporté sur Kant.

Les libéraux partisans des « droits naturels » modernes disent qu’il existe une différence radicale entre ceux-ci et les droits positifs issus du positivisme. Ce qui les sépare des droits positifs actuels, disent-ils, c’est que les « droits naturels » sont des « droits de » faire quelque chose tandis que la loi a institué les « droits à » quelque chose nécessitant l’exercice de la coercition sur autrui pour être réalisés. Mais cette distinction est totalement factice. Le « droit de tuer » s’exerce bien au dépens d’un tiers, et ces mêmes libéraux défendant les « droits naturels » modernes n’hésitent pas à faire appel au « droit à la vie ». Un exemple percutant de cette contradiction se trouve dans cet article sur la conception randienne du « droit à la vie » : Droit à la vie, fondement des droits de l’homme.

On peut dire que les commandements du législateur sont contradictoires alors que les « droits naturels » modernes forment un ensemble cohérent et pur, et interdisent à l’homme d’user de la force contre autrui. Certes, mais c’est passer à côté du problème : si l’on peut approuver le fond, du point de vue moral, c’est la forme, introduite en droit, qui est mauvaise et dangereuse.

La vérité, c’est que les « droits naturels » modernes, de même que les droits positifs, n’interdisent rien du tout et ne sont pas le droit. C’est le législateur qui véritablement interdit et autorise dès lors qu’on lui a demandé d’écrire le droit, ou qu’on lui a donné ce pouvoir. On peut bien croire que son impératif catégorique l’empêchera de faire le mal, ou bien qu’une barrière de papiers, même dotée du nom de constitution, l’arrêtera à temps. Mais l’histoire a prouvé que ça ne fonctionne pas : la Révolution française a fini dans le sang et rien n’empêche aujourd’hui la République d’étendre sans cesse la loi. On constate la même chose aux États-Unis, et partout où les « droits de l’Homme », même sous leur forme libérale, ont été promus.

En se substituant au droit naturel classique, les « droits naturels » modernes ont donc détruit intégralement l’institution garantissant à la société la liberté. Nous leur devons la parodie de justice du positivisme et la terrible inflation législative qui aujourd’hui assurent au législateur le pouvoir de l’insécurité légale.

La reconnaissance du droit véritable est donc une nécessité pour restaurer la justice et son institution [1]. L’utopie des « droits naturels » comme table des lois dans le tribunal doit être abandonnée. Ces commandements moraux peuvent être discutés dans le cadre de l’éthique où ils ont toute leur place, mais pas défendus comme étant du droit, ce qu’ils ne sauraient être.


Note :

  1. Voir Bruno Leoni, La Liberté et le Droit.

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  1. Il manque le développement sur les conséquences logiques de ce raisonnement.

    Tout droit, toute éthique, toute justice dictée par les hommes est contestable et systématiquement contesté. En matière morale, la vérité ne peut venir des hommes. Cela fait quand même plusieurs siècles que ce sujet a été traité, débattu et conclu. L’auteur n’a-t-il pas le vague sentiment de tourner en rond alors que la seule réponse logique à ses légitimes interrogations a déjà été donnée ?

    1. Il me semble que vous passez à côté du sujet. Je ne recherche pas l’éthique vraie ou le vrai droit dans leur fond. Je dis qu’il y a confusion entre ces deux disciplines.

      Si j’avais fait un article sur la confusion entre la théologie et la science, il n’aurait, de même, pas été question de la vérité absolue théologique et de la vérité absolue scientifique, il n’aurait pas été question de nier que des théologiens et des scientifiques puissent se tromper et être contestés, il aurait été question de montrer que ces disciplines sont distinctes et qu’il y aurait danger à fondre la théologie et la science.

      Comprenez-vous mieux ?

      1. Je suis globalement d’accord avec le fait qu’il y ait un certain nombre de confusions entre droit et morale chez les libéraux. Et je trouve également que le titre du maître-ouvrage de Rothbard est propice à mécompréhension. Mais je ne pense pas qu’on puisse dire que ces confusions sont intégrales ou permanentes. Pas plus qu’elles n’invalident l’ensemble du raisonnement. C’est dans le détail des exemples qu’on aurait pu mieux cerner ton propos. J’attends avec impatience la suite.

      2. Aurélien :

        Force est de constater que le droit évolue, et que celui-ci vient souvent entériner ce que la morale avait plus ou moins consacré…

        Par exemple, les différences de traitements dans le Code civil entre l’enfant légitime et l’enfant naturel.

        Ou encore, une jurisprudence des années 2000 ayant considéré qu’une libéralité accordée par un mari à sa maitresse ne pouvait pas être annulée pour cause immorale (alors qu’antérieurement, la position inverse était retenue).

        On constate que le droit positif est certes en retard, mais qu’il essaye tant bien que mal de rattraper la morale sans pour autant créer de confusion ou serait-ce selon vous une des sources de cette confusion ?

      3. Je trouve que Cavaignac a raison, il faut développer.

        Selon moi morale et droit sont distincts mais hiérarchisés: la morale précède le droit, qui ne peut pas la contredire.

        La morale commune est donc la condition première de l’existence d’une société, ce qui fait dire à Malraux que sans religion notre société se décomposera.

        Le droit et les institutions sont bâtis sur le socle de la morale – même si, dans le cas occidental, il y a une immense marge pour les établir sur la morale judéo-chrétienne.

        Selon moi il est crucial que morale et droit relèvent de deux autorités disjointes: La confusion des deux mène à la fusion des deux autorités; et la fusion des deux autorités mène à la confusion des deux.

  2. Si cela fait plus de dix ans que j’ai lu L’éthique de la liberté, de Rothbard, dans mon souvenir, il ne confond pas droit et morale. Pour être plus précis, Droit et Morale sont intimement liés, mais la Morale a un champ bien plus large et consiste dans les règles de conduite pour mener la vie bonne (ou autre fin de l’Homme), tandis que le Droit comprend uniquement les règles qui peuvent être imposées par la force, et qui sont indispensables dès lors qu’il y a des relations interpersonnelles. Et c’est cette partie que Rothbard nomme Ethique, comme il s’en explique, la science du droit naturel dont le respect peut être imposé.

    Lon Fuller dans son livre sur les deux moralités adopte une démarche similaire, avec ce qu’il appelle la « moralité d’aspiration » (qu’on peut visualiser par une flèche pointant vers le haut) et la morale de devoir, à la base, (flèche horizontale en bas et pointant dans les deux sens) qui elle seule comprend les règles de coexistence dont la force peut imposer le respect. Frank Van Dun aussi fonde le droit naturel sur la convivialité, au sens du vivre ensemble.

    Adolphe Franck, au 19è, dans son livre « la morale pour tous » adopte l’image de deux cercles avec le même centre mais dont le premier, au rayon réduit, donne la limite du droit, le second au rayon bien plus grand indique les règles de morale qui ne s’imposent qu’à la conscience et qui ne peuvent, pour la partie dépassant le premier cercle, être imposées par la force.

    Pour le reste, si les auteurs ont d’abord dérivé les droits naturels du droit naturel (droit de ne pas être tué dérive de « tu ne tueras point » qui est la règle issue de la nature de l’homme), il est vrai que la perte de la notion de loi naturelle a conduit à l’inflation des « droits de l’homme » des 2, 3 et maintenant 4è génération (je retarde peut-être) qui sont contraire au droit naturel (et violent donc les droits g1) et ne sont que des conquêtes des plus forts aux élections.

  3. Il me semble que cet article souffre d’un grave défaut de logique :

    « À moins que coupé du monde, il cesse d’exister. » C’est bien le cas. Un homme parfaitement seul, sans aucun lien humain, ni géographique ni temporel, n’a plus ni droit ni morale. Et donc, cet argument n’a plus de sens pour démontrer une différence entre droit et morale.

    De la même façon, le « droit de tuer » vient nier le droit de faire de l’autre? Un mort n’a plus de droit. Et le « droit à la vie » n’est pas un droit positif, il n’est que la condition initiale.

    Sans vie, pas de droit ni de morale. Sans société, pas de droit ni de morale.

    A vouloir utiliser des exemples extrêmes, la démonstration perd tout son sens. Et comme cet article est basé sur ceux-ci …

    Je ne dit pas que droit et morale sont différents ou identiques. Je relève simplement que la démonstration a échouée.

      1. La morale concernant les règles ou principes de conduite, vis-à-vis de qui peut se conduire ce solitaire absolu ? Seul un lien avec d’autres présent, passé ou futur, nécessite des règles de conduite.

  4. J’ai peur que l’auteur s’engage sur la pente glissante du droit positif.

    Il confond l’égalité des droits naturels avec l’égalitarisme habituel. Les droits de l’homme sont les droits naturels, il n’y en a que 4 dans la liste, et pour les libertariens, 3 découlent d’un seul, la Liberté.

    Dire que la DDHC permet l’ouverture de « nouveaux droits » est un non sens, cette déclaration (du moins celle de 1789, pas de 1948) est l’inverse du positivisme, elle consacre les droits naturels.

    1. Et non, Sréphane, c’est juste l’inverse …

      Quand l’art 1 déclame « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune », on ne peut s’empêcher de penser que la référence part sur un concept déjà artificiel.

      L’égalité n’est pas ainsi envisagée comme la constatation d’un fait, mais comme la réparation d’une situation antérieure. La révolution a fondé son existence sur les résolutions de trois ordres. Etaient-ils spontanés, naturels ? La révolution tente d’en balayer la nature, institue l’égalité, non pas comme un principe spontanée, mais comme un fondement de droit positif.

      L’égalité est ici considérée sur un plan utilitariste (l’utilité commune) … C’est ce qui, à mon sens, permet d’affirmer que ces droits dits naturels, posés comme fondateurs, sont à la source de nouveaux droits.

      Il y a enfin dans la DDH de 89 un art. 2 ou l’on apprend que « le but de tout association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme ». Les droits naturels ne s’imposeraient donc pas d’eux même qu’il soit besoin de structures de droit positifs pour les sauvegarder. C’est ici que débute le mélange. Nul part n’est alors pesé la substance « du » droit naturel dont la teneur ne fait qu’observer les invariants.

      Bref, la révolution a bien vite oublié les préceptes de la philosophie des lumières, mené au constructivisme à l’appui d’une construction de droits, qui pour être réputés naturels, n’en reste pas moins des constructions catégorielles.

      1. @ Olivier G :

        Ce bout de phrase de l’article 1 veut simplement dire que si l’état doit accorder des distinctions sociales, c’est simplement si cela profite à la communauté.

        On remarque d’ailleurs, en tant que libertarien, que la DDHC de 1789 est encore très marquée par l’étatisme, mais passons.

        L’égalité n’est absolument pas envisagée comme la réparation d’une situation antérieure, vous n’avez pas compris le concept des droits naturels (relisez Locke).

        Ce n’est pas par rapport à la situation sociale de l’ancien régime que les droits naturels sont édictés, mais suite à la constatation par les philosophes des lumières que la nature humaine porte en elle-même des droits inaliénables liées à sa nature, les droits naturels.

        La preuve de vos erreurs de raisonnement ? les droits naturels énoncés par la DDHC sont l’inverse du droit positif.

        Et l’utilitarisme n’est pas compatible avec la liberté (relisez Rawls, sa théorie de la justice, qui ne vaut que pour sa critique de l’utilitarisme).

        Comme les droits naturels sont liés à la nature humaine, ils ne sont pas extensibles à des intérêts catégoriels, et non rien à voir avec l’utilitarisme qui peut les bafouer sur le principe d’un bien supérieur.

        Vous n’avez pas compris l’article 2 : il dit que tout but premier de toute association ou état est le respect des droits naturels. S’ils ne respectent pas les droits naturels, ces associations n’ont aucune légitimité et doivent être dissoutes.

        Rien à voir avec un quelconque droit positif ???

        Les droits naturels s’imposent d’eux-même car liés à la nature humaine …

        Rien à voir avec le constructivisme, qui nie le droit naturel au profit du droit positif ????

        « constructions catégorielles » ne veut absolument rien dire.

        1. Je n’ai pas à reconsidérer la définition « des droits naturels » pas plus qu’à déifier Locke ou quiconque.

          Je ne crois pas AUX droitS naturelS …

          Je crois par contre au droit naturel (avec un bon gros singulier), tel que défini par Max Weber par exemple, dont les composantes sont celles que vous exposez. Ce qui veux dire, que ce droit naturel se trouve invariablement impacté des marques du temps et de l’acceptation qui est faite de l’ensemble de règle qu’ils propose.

          Si vous prenez ce qui est ressenti comme des droits marqués d’individualité … liberté, sécurité, propriété et résistance à l’oppression, vous devez accepter que chacun d’eux puisse suivre son cheminement particulier … C’est l’acception qui permet à un Mélenchon de vous expliquer qu’il faut défendre la propriété … collective. C’est ce qui permet aux dictatures de considérer que l’oppression peut venir de l’intérieur, que la liberté est une notion relative limitée par l’utilité de ceux qui la vivent, et que la sécurité peut être imposée au lieu d’être seulement protégée.

          Au contraire, UN Droit naturel, « ensemble des normes indépendantes de tout droit positif et supérieures à ce dernier », trouve a garantir les uns et les autres en interaction. C’est l’objet ultime de la Minarchie. C’est la recherche du libéralisme régalien … Il y a dans le Droit naturel de quoi occuper les gouvernements et les empêcher de s’occuper d’autre chose. Le droit positif ne vient ainsi qu’après, limité par le socle du Droit naturel.

          C’est là, dans cette séparation du droit et de la législation que la société fonctionne … le « vivre ensemble » étant assis sur le socle du Droit naturel, la législation ne réglant que des exécutions particulières.

          Mais vous m’aller dire que cette vue n’est pas Lockéenne … ni reprise par Bastiat puis Hayek.

          Ce qui est étrange, c’est que vous vous fondez sur Locke, en omettant par exemple le thème thomiste de la commune destination des biens, et passant, vous réfutez la « construction catégorielle », comme si les besoins, le vécu des uns et des autres devait présenter toujours le même aspect monolithique.

          Quant aux « constructions catégorielles » à mon tour de vous conseiller de relire Rawls (comment articuler rationnellement liberté individuelle et solidarité sociale par ex …), dont les réponses confinent toutes à la marginalisation du politique au profit du socle d’un Droit Naturel,(conçu sous la désignation de « l’ordre public » comme antécédent du, ou antérieur au droit positif).

          1. Le Droit naturel permet de determiner les droits naturels.

            Les deux ne s’opposent pas.

            C’est comme si vous disiez que vous croyez au Droit du patrimoine mais pas au droit de propriété.

            Le Droit du patrimoine permet de déterminer l’exercice du droit de propriété.

      2. @ olivier G

        Vous avez oublié le préambule de la DDHC de 1789 :
        « En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen. »

        Dont le mot important est reconnaît. Il s’agit bien d’une constatation d’un état de fait initial, et non l’octroie de qualité.

        Et ce seul mot change tellement tout que la DDHC de 1948 l’a remplacé par :
        « L’Assemblée Générale proclame la présente Déclaration Universelle des Droits de l’Homme comme l’idéal commun à atteindre ».

        De Droits naturels antérieurs à l’état, c’est à présent l’état qui définis ces Droits. C’est bien le passage de droits négatifs à des droits positifs, et donc le retour de la tyrannie.

        1. Le préambule pris isolément … Mais est-ce bien ainsi que la DDH est entreprise ?

          Ensuite, on lit bien l’Assemblée Nationale, la représentation nationale, bref le groupe … Qu’est ce alors qui semble revêtir le plus d’importance ? Le fait de reconnaitre des droits ? Le fait que cette reconnaissance émane du groupe pour le bien du groupe ? C’est alors un cours de philosophie ou une révolution, d’où naissent des institutions ?

          Ensuite, lorsqu’il est dit dans ce préambule que l’Assemblée Nationale reconnait … ce n’est surtout pas une constatation d’un état de fait, mais une intégration de certains principes dans le droit positif. C’est un peu différent. Il y a ainsi dans l’affirmation de la DDH de quoi démontrer que ces « droits naturels » ne semblent pas à même d’être reconnus spontanément, ne croyez vous pas ? Ou sinon, quel est l’intérêt ?

          Il faut vous le prouver ?

          Préambule de la DDH de 1793, comme si la précédente ne suffisait pas. « Le peuple français, convaincu que l’oubli et le mépris des droits naturels de l’homme sont les seules causes des malheurs du monde [Oh ben zut alors ... ], a résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens, pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale, ne se laissent jamais opprimer, avilir par la tyrannie; … » Il est vrai que deux ans avant, personne n’avait bien compris.

          Puis ce qui vient juste ensuite (1793) « Le but de la société est le bonheur commun. Le gouvernement est institué pour garantir à l’homme la jouissance de ses droits naturels et imprescriptibles ». Garantir le bonheur commun … je vous laisse méditer l’objectif recherché et sa mise en abîme avec un libéralisme radical (j’ai bien écrit libéralisme radical), s’agirait-il seulement de libéralisme (tout court).

          C’est dire si l’affirmation de droits naturels allait de soit (lol) … Au lendemain de la DDH de 1793, on connaitra la terreur … mais ce doit être un détail.

          Drôle d’affirmation de droits naturels censés « parler » d’eux-même au bon peuple qui les reconnaitrait ainsi spontanément … avant de se précipiter vers la guillotine, les « appropriations nationales » et jusqu’au contrôle littéraire.

          Le genre humain francophone doit être ainsi sacrément dur d’oreille, aveugle ou je ne sais quoi pour que des « vérités » proclamées, mêmes les plus indicibles, aient besoin d’être affirmées, déclamées, écrites, réitérés, reconduites pour être enfin réaffirmées … J’emploie ici un mot pour chacune de leur évocation institutionnelle comme antérieures au droit positif …. des fois que nous n’ayons pas bien compris ce qui est censé s’imposer de lui-même.

    2. Non, vous aussi passez à côté du sujet. Je comprends que ce que je dis puisse être difficile à appréhender dans la mesure où j’ai eu exactement la même difficulté lorsque j’ai lu entre autres Michel Villey et Bruno Leoni : je n’y ai rien compris au début parce qu’il décrivait sous le terme « droit » quelque chose de totalement étranger à ce que le langage moderne appelle « droit ». C’est une réalité qui a été intellectuellement perdue.

      Vous semblez penser que la philosophie du droit se réduit à deux écoles, celles des « droits naturels » d’une part, celles des « droits positifs » d’autre part, mais il y en a une troisième, qui est historiquement la première, qui a défini le droit en Grèce et l’a pratiqué à Rome.

      C’est de cette école-là dont il est propos dans mon article, c’est ce droit-là qui défini un objet original totalement ignoré des autres écoles de droit, celle des « droits naturels » en premier.

      Quand je dis que la DDHC ouvre la porte aux nouveaux droits, je ne dis pas que l’ensemble resterait cohérent avec des droits tels que le « droit au logement » ou autre ineptie. Je dis que les « droits naturels », qui sont des principes d’éthique, et pas de droit au sens originel du terme, sont exactement de la même nature que les droits positifs.

      Ce serait long de répondre en détail, et je suis désolé de ne prendre le temps de le faire (ce sera peut-être une occasion d’écrire d’autres articles) alors je vous invite, comme la plupart des lecteurs, à lire Michel Villey, Le Droit et les Droits de l’Homme. C’est un ouvrage court, mais très instructif.

      1. A aurélien Biteau,

        vous êtes sur de ne confondre le Droit objectif et les drotis subjectifs.

        Le Droit naturel objectif et les droits naturels sujectifs.

        Le Droits positif objectif et les droits positifs subjectifs.

        Si je peux me permettre le problème que vous tutoyez sans le prendre à bras le corps est le problème de la légifération par liste.

        La DDHC 89 conduit à limiter le Droit naturel à cette liste de droits naturels.

        Le Droit naturel est un principe de raisonnement, il n’est pas une liste.

        Le problème s’est posé chez les hébreux. Le décalogue est une liste (en négatif) de droits naturels. Le décalogue présente des droits naturels subjectifs (droit de ne pas être volé, droit de ne pas être tué, …).
        Plus tard dans le pentateuque, on trouve le principe fondateur du Droit naturel : « Aime ton prochain comme toi même ».
        De ce principe de Droit objectif découle les droits sunjectifs des hébreux dont ceux du décalogue.

        Il faut donc bien comprendre, et je crois que c’est ce que vous voulez montrer, qu’une liste, ce n’est pas un Droit, c’est seulement des droits.

        1. Non. Ce n’est pas ça.

          Par contre, vous fournissez un nouvel exemple frappant de confusion entre le Droit et l’Ethique. Vous tournez en rond dans l’Ethique quand vous croyez voir du Droit. Vous cherchez les fins justes de l’Homme, et me donnez des exemples de telles fins : mais ça, c’est de l’Ethique, pas du Droit.

          Quand vous dites que le Droit naturel est un principe de raisonnement, vous vous engluez dans l’Ethique.

          J’ai le défaut du manque de temps et du manque d’approfondissement et d’érudition sur le sujet, c’est pourquoi je vous invite à lire des auteurs bien plus précis que moi, que je souhaitais introduire dans cet article, tels que Michel Villey et Bruno Leoni.

          On peut commencer par cet article de Contrepoints, trop peu lu : http://www.contrepoints.org/2010/12/06/8483-la-liberte-et-le-droit

  5. D’un mot, bravo …

    Il y a dans cet article le condensé de ce que la sensibilité libertarienne, et Rothbard le premier refusent de considérer, et qui conduit a l’erreur magistrale au titre de laquelle on entendrait revoir ou supprimer tout ce qui repose sur le consensus au nom de la primauté supposée absolue de l’individu.

    Sur la distinction entre « droit naturel » et « droits naturels », il y a ce me semble une différence fondamentale. Le droit naturel est un socle fondé sur une série de constats, sur un histoire de l’évolution, là où les droits naturels tirent leur existence (paradoxale) de revendications toujours catégorielles, nées de fonctions artificielles.

    C’est ainsi avec grand plaisir que je partagerai cet article. Continuez !

    1. @ Olivier G : affirmer que l’individu n’a pas la primauté absolue est la porte ouverte à toutes les dérives.

      La DDHC considère l’individu comme primauté absolue, pas besoin d’aller voir Rothbard.

      Il me semble que vous ne savez pas ce que c’est que les droits naturels ou le droit naturel …

      Dire que les droits naturels existent suite à des revendications catégotrielles est une absurdité.

      Bien sincèrement,

      1. Quelle dérive ? lol.

        1. Non, la DDH ne reconnait pas l’individu comme le centre de tout. La DDH reconnait le consensus, l’orientation commune comme Aristote reconnaissait de Spartes la raison d’être du sacrifice des enfants non mâles (au sens de non prédisposés au combat) comme la source et la raison d’être de la nation Spartiate. Depuis l’antiquité, rien ne part de l’individu considéré isolément.

        La DDH débute par « Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale » … Ou est l’individu, là-dedans ? On nous parle du peuple français (un ensemble d’individus), réuni en Assemblée Nationale (un sous-ensemble, un corps constitué) …

        Comment expliquer ensuite que les mêmes qui ont portés la DDH créent la Sureté Générale, les comités de salut public, une police politique … etc

        Ce que vous refusez de comprendre c’est que « le » droit naturel s’impose comme cadre protecteur de l’individu, au travers de règles issues de la constatation de la nature de l’Homme. « Les » droits naturels répondent quant à eux à la réalisation et à la réparation « d’événements »? S’il ne s’agit pas d’une construction, comment expliquer que la DDH, censé porter la prééminence de l’individu, dites vous, ne soit intégrée à la constitution qu’en … 1848 ?

        Qu’évoque en fin à vos yeux la notion introduite par la même DDH de « corps social » ? Ou se trouve l’individu dans cette acception, si ce n’est que d’en être réduit déjà à la qualification de « composante » ?

        Comment envisager « la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression », logées dans le « corps social » autrement que comme la réunion de revendication catégorielles ? La révolution est née de la réunion en assemblée de trois ordres. La DDH a fait l’objet de multiples projets … et vous nieriez la composante catégorielles ?

        Comme à l’habitude, part contre … ne pas partager votre avis confine à « vous ne savez pas ce qu’est x ou y » … Ca devient lassant. On sent une franche envie du débat dans ce propos là.

        1. les dérives liées à l’utilitarisme.

          la DDH reconnait le consensus ?? n’importe quoi … La DDH reconnait les droits naturels de l’être humain, donc le primat de l’individu sur la société …
          que je sache, le libéralisme prends officiellement naissance (mais cela peut se discuter) avec Locke, pas depuis l’antiquité, et Aristote défendait aussi l’esclavage …

          Les droits naturels et imprescriptibles de la Déclaration de 1789 sont antérieurs aux pouvoirs établis, ils sont considérés comme applicables en tout temps et en tout lieu.

          Le début de la DDH commence selon el principe du droit naturel : le législateur (l’asemblée constituante) conforte et révèle des droits préétablis, et ces droits sont les droits naturels de l’individu …

          Où est le rapport avec la dérive des gouvernements (dénoncée par les libertariens d’ailleurs) ?

          Vous ne comprenez pas ce que c’est que les droits naturels. en quoi le fait d’être libre, d’avoir droit à la propriété, à la sureté et à la résistance à l’oppression est-il une réparation d’évènement s? Ces droits pré-existent dès la naissance de l’être humain ?

          La DDH de 1789 est le socle de la constitution de 1791, mais il y a eu plusieurs constitution.

          Votre raisonnement est basé sur le droit positif : la DDH n’exite pas tant qu’elle n’est pas transcrite dans la loi ou la constitution.

          encore une fois, vous ne comprenez pas le principe des droits naturels et du droit naturel, qui est préexistant à toute législation.

          Mais considérer qu’une société est constituée d’individu, c’est constater une évidence, et ne présuppose pas le primat de la société sur l’individu ? votre raisonnement m’échappe ?

          Ce n’est pas parce que je reconnais le primat de l’individu sur la société que je nie l’existence de la société en corps constitué composé d’individu ?

          Comment envisager les droits naturels dans une société ? mais simplement parce qu’ils sont possible pour chaque individu sans empiéter sur ceux des autres.

          Manifestement, vous ne savez pas ce que c’est que la Justice et la Liberté …(pouvez vous m’en donner une définition ?)

          Expliquez moi la composante catégorielle ? quelle catégorie d’individu la DDH met en avant au détriment de quelle autre catégorie d’individu ? D’après la DDH, les droits naturels sont universels, alors je vois mal le catégoriel ….

          voilà, j’ai posé pas mal de question, j’ai expliqué ce que c’est que le droit naturel et les droits naturels, et j’ai réfuté vos arguments souvent à côté de la plaque d’ailleurs.

          Bien sincèrement,

          1. >> « le libéralisme prends officiellement naissance (mais cela peut se discuter) avec Locke » dites vous … ? Le libéralisme économique, oui … du moins d’après ce qu’en pense une certain … Keynes : Le grand Locke, dans sa controverse avec Petty fut le premier à défendre la théorie de la double valeur de la monnaie ».

            Mais le libéralisme se limite t-il à l’économie ? Ne débattons nous pas de droits naturels ou de droit naturel, de non confusion entre la morale et le droit ? Ou est l’économie là) dedans ?

            Quid de Montaigne ? Que penser de l’essai (retentissant à son époque -année 1950 et s.) de Harold J. Laski  » Le Libéralisme européen du moyen âge à nos jours » ? … Et de « Protagoras (Ve siècle av. J.-C) : « L’homme est la mesure de toute chose » ? … Que penser de Hobbes  » L’intention des uns et des autres est bonne, c’est pourquoi je ne veux pas condamner leur action » ? Les sources du Christianisme lui-même ne revendique t-il pas « le principe de l’égalité entre les hommes et celui du salut individuel » ?

            >> en quoi le fait d’être libre, d’avoir droit à la propriété, à la sureté et à la résistance à l’oppression est-il une réparation d’évènements? …

            Oserait-je dire « lol » … Parce que la révolution n’est en rien une réaction à l’ancien régime assis sur l’existence d’ordre (sociaux) qui font que la naissance donne (ou limite) plus de droit que la société ne permet alors d’en recouvrer ?

            Expliquez moi cela. Je suis curieux.

            Mon raisonnement n’est pas basé sur le droit positif, je constate juste que des droits dits naturels sont réputés intégrés au droit positif … Partant, je peux encore considérer qu’il s’agissait là d’une erreur, puisque par nature le droit positif est toujours « évolutif ».

            >> »considérer qu’une société est constituée d’individu, c’est constater une évidence, et ne présuppose pas le primat de la société sur l’individu ».

            Vous déviez, façon pirouette … Je dis qu’au travers de la DDH, ce ne sont pas des individus qui s’expriment, mais l’assemblée nationale, l’institution. En intégrant des droits naturels dans le droit positif, l’assemblée les prend sous son contrôle. C’est ainsi que les mêmes votants s’autoriseront les pires horreurs au nom de la liberté.

            >> »Comment envisager les droits naturels dans une société ? mais simplement parce qu’ils sont possible pour chaque individu sans empiéter sur ceux des autres ».

            Et vous me ramenez Locke ? lol. Si il y en a un qui démontre par exemple la limite du droit de propriété, c’est bien lui … non ? Mais j’oublie, j’ai bien écrit plus haut qu’au travers de voyre invitation à Locke, vous omettez la thèse thomiste …Est-il besoin d’y revenir.

            >> Je n’ai pas écrit que la DDH emportait des composantes catégorielles, mais que la litanie sur les droits naturels est à la source de revendications catégorielles, que ce soit en accompagnement ou en opposition aux droits naturels. Il y a là une légère nuance qui manifestement vous échappe. Faut-il vous rappeler la nécessité ressentie de supprimer les corporations en 1791, et les soubresauts nés de cette seule décision qui perdurent jusqu’en 1848 ? Il a fallu déjà s’y reprendre çà deux fois en 1791 (décret Allard puis Loi le Chapelier). Le 19° siècle est rempli de revendication catégorielles, dès la fin de la terreur, toutes fondées sur la DDH et des droits. … Bonaparte ira même jusqu’à interdire les coalitions pour ne faire un délit pénal en 1810. Vous semblez ignorer qu’une partie de la gauche socialiste et trois syndicats dits représentatifs sur cinq (et non des moindre) fondent la notion de « droit acquis » sur les droits énoncés dans la DDH de 1971 ? Ca manque? Pardon, mais ca manque.

            >> »vous ne savez pas ce que c’est que la Justice et la Liberté » … heu … pardon, mais vous écrivez à un juriste. Je n’ai rien de mieux à vous prouver ici en cette matière … Je serais ingénieur, je ne dis pas. Mais là … Vous voulez la conception Aristotélicienne, la conception positive de Rawls ? La Justice comme équité ? A moins que vous ne préfériez les analyses de Montesquieu ?

            Envie de jouer ? Trouve un autre jeu. :D

        2. à olivier G : « la DDH ne reconnait pas l’individu comme le centre de tout »

          Il me semble que l’article 2 parle bien des droits naturels et IMPRESCRIPTIBLES de tout être humain.

          si ce n’est pas de la primauté de l’individu dans la DDH ça …

          1. Ah ?

            Et pourquoi alors « le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ». art2 DDH 1791.

            Pourquoi prendre soin de placer toujours kl’individu dans le groupe. Quand ce n’est pas « le peuple », c’est la « représentation nationale », puis « l’assemblée nationale » …

            Mieux ? Descendez d’un article, un seul.

            « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ».

            Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ».

            Je me répète, mais ca me paraît clair, non ?

      1. Les idées de la Révolution vous donnent tort, Patrick.

        Vous voulez « les » droits naturels … Mais comment les voudriez-vous ? Je ne peux songer à la possibilité de nous les imposer ? …

        C’est la raison d’être « du » droit naturel. Ne le définit-on pas comme « l’ensemble des normes prenant en considération la nature de l’homme et sa finalité dans le monde » ? Ne convient pas déjà de se mettre d’accord sur la finalité de l’homme dans le monde ? A minima ?

        Consensus, vous dis-je.

        1. Que le droit naturel puisse faire un jour consensus, je l’espère de tout coeur. Mais dire que le droit naturel se fonde sur le consensus, c’est un non-sens. Sauf à considérer qu’il était légitime pour les Spartiates de massacrer leurs enfants et pour les Allemands de brûler leurs juifs au nom du consensus de l’époque.

          1. Mais non ! Le droit naturel se fonde sur l’observation de la nature de l’homme. Cette observation est par nature subjective … Spartes admet comme parmi les droits naturels, ce que décrivent historiens et philosophes antiques, le sacrifice des enfants non disposés au combat …

            Cette vision nous fait horreur aujourd’hui. La survie des individus les plus forts ne passe plus par la déstructiuon des moindres. Non, vous ne croyez pas ?

            Les droits naturel sont question de contexte … Le droit naturel, non.

          2. @ Olivier G :

            Mais non !!!!! le droit naturel, c’est le concept selon lequel le droit préexiste avant que le législateur ne le révèle en l’écrivant.

            La nature de l’homem est subjective, ça c’est du pur relativisme … et la rotondité de la Terre, c’est subjectif ?

            Ce n’est pas parce que au temps de sparte on n’avait pas encore découvert les droits naturels qu’ils n’existaient pas.

            Les droits naturels, quelque soit la période de l’humanité, sont toujours les mêmes, reconnus et révélés ou pas par l’époque considérée.

            Le relativisme ….

          1. Stéphane … Oui, et alors ? … le droit préexiste ? Mais à quoi, mon Dieu ?

            Le droit est issu, naturel ou pas, d’une observation des faits … Même le monde animal démontre cet acquis.

            Vous écartez par contre la discussion du sujet … distinction « Droit naturel » / « droits naturels » … Dommage.

            On ne connait pas ensuite le droit naturel à Spartes ? Et la physiologie de la liberté ? Et Platon (Le Banquet, Ch: le trouble d’Alcibiade, c’est pour les extra-trerrestres )? C’est à Spartes justement que les historiens trouvent la trace d’une mention première de droit(s) naturel(s).

            Joseph Morel de Rubempré et la description de Lyeurgue … (1836 – pour la Médecine et le droit naturel), Aimé de Virieu (1836), Léo Strauss (quel meilleur érudit en la matière ? ) … tous font remonter le droit naturel ) Sparte.

            Je vous dit que la mesure efficiente de l’(homme est retracée à Sparte comme un droit n,aturel et vous me répondez « Ce n’est pas parce que au temps de sparte on n’avait pas encore découvert les droits naturels qu’ils n’existaient pas ». Vous vous relisez de temps à autre ?

            Vous me taxer de relativisme ? C’est justement Strauss qui démontre le contraire de ce que vous avancez en expliquant pourquoi le libéralisme antique a été abandonné … raison acquise, selon lui, de ce que « le droit naturel ne répond aux hommes que dans la quotité de l’époque où il nait ». Et il n’y aurait aucun subjectivisme, aucune relativité du droit ?

            Tous les historiens démontrent que les systèmes politiques répondent à une époque … Tous, mais Stéphane entend nous démontrer le contraire ? Bon courage … Rame encore … :D

            Le summum ! …. « Les droits naturels, quelque soit la période de l’humanité, sont toujours les mêmes, reconnus et révélés ou pas par l’époque considérée » selon Stéphane ? Parce que la constitution première des USA entend la liberté (avec l’esclavage admis, mais c’est une paille) comme nous le faisons aujourd’hui ? Bizarrement la DDH est écrite à une époque ou on connait aussi l’esclavage (qui n’est oublié, et encore …. qu’au travers du Décret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848).

            Vous êtes sûr que « liberté » a le même sens en 1776/1789 et 1848 ?

            Aller …je vais aller clamer mon rire … J’ai aussi du travail.
            Et l’autre …

          2. Pardon à ph11, dont j’oublie la question …

            Le droit est culturel par essence … Lorsque les citoyens de Rome interdisent la circulation sur l’Etna (Sicile), il répondent à une nécessité culturelle, née de vécus particuliers. Il ne procèdent pas de même manière ailleurs. Pourquoi ? … De nos jours regardons le Tollé du « mariage pour tous », une liberté pour les uns, mais une aberration pour les autres. Les uns se réclament de contre culture progressiste, les autres de conservatisme … C’est Culturel. Non ?

            Patrick Smets … Non, j’entends par consensus l’accord consenti par le plus grand nombre possible sur une quotité moyenne … le consensus est le fruit de l’expérience et/ou d’une négociation entre antagonistes, si vous préférez.

  6. On a un peu de peine à voir où veut en venir l’article. On savait déjà que la droit et la morale diffèrent en principe. Je suis frustré qu’on me dise simplement de lire Villey et Leoni.

    1. Ne soyez pas frustré ! Quoiqu’un peu radical-libéral pour mon gout, Leoni puis Carlo Lottieri font une description exemplaire de la « Common law » anglo-saxonne ou « le droit était hors du contrôle des hommes politiques et [...] était constamment élaboré et remanié par une processus social très vaste » …

      Mais comme le radicalisme libéral de nos jours ne reconnait pas le « bien commun » ou la « loi commune » … on peut évidemment discuter encore longtemps … :D

    2. Pardonnez moi, j’aimerai répondre plus en longueur mais je ne peux me le permettre. J’aurai sans doute l’occasion d’écrire d’autres articles sur le sujet en reprenant les critiques laissées ici.

      L’invitation à lire Villey est très sérieuse.

      Je constate que peu de commentateurs ont saisi le sens de l’article, j’en prends note pour la prochaine fois et essayerai d’être beaucoup plus pédagogique.

      Par contre, non, les « droits naturels » cherchant les fins justes de l’Homme sont bien de l’éthique que leurs partisans prennent pour du droit. La confusion est là, et elle est pratiquement dans tous les textes libéraux traitant des « droits naturels ».

  7. La vision des conservateurs, on la connaît. La question, c’est qu’est-ce que ceux d’entre eux qui prétendent poursuivre les mêmes buts que nous proposent à la place.

    1. Habile manière de renverser le problème … Il y a dans un ordre historique d’abord des libéraux-conservateurs (19°), puis … au milieur de 20° des libéraux plus radicaux.

      Le minarchisme, à l’extrême des courants de l’humanisme « péri-commuanutaire » (oui, c’est un néologisme … a prendre dans le sens de poursuite du bien commun) donne des solutions … Mais un certain liberalisme radical (libertariens et AC) semble balayer le tout d’un revers de main … sans autre forme d’explication, d’ailleurs.

      1. Historiquement, des libéraux conservateurs d’abord ? Ah, oui, ceux qui ont fait tomber la tête d’un roi légitime (anglais), chassé un autre roi tout aussi légitime, dépouillé un troisième roi anglais de ses droits sur ses colonies, fait tomber la tête d’un roi légitime (français), écrit la dernière constitution d’un despote impérial, fait partie de l’opposition de gauche aux rois français restaurés, etc.
        Historiquement d’autres voient plutôt un libéralisme qui s’assagit avec le temps et devient conservateur progressivement (ainsi Guizot qui évolue de l’extrême gauche de 1820 à la droite de 1847).
        En fait il y a toujours eu un radicalisme dans le libéralisme moderne.

  8. Trois remarques :

    1- Stéphane a dit : « que je sache, le libéralisme prends officiellement naissance (mais cela peut se discuter) avec Locke, pas depuis l’antiquité, et Aristote défendait aussi l’esclavage … »

    Certes chez les grecs l’objet de raisonnement était la cité. Il faudra atteindre le concept romain de « personne » pour qu’il en soit différemment.

    Mais le libéralisme se trouve déjà dans le décalogue. « Tu ne tueras pas » « tu ne volera pas » etc
    Le décalogue est un mélange de droit naturels et de droits surnaturels « Tu n’auras d’autre Dieu que moi ». Et les seconds légitiment les premiers.

    2- Traditionnellement, on écrit le Droit naturel (avec une majuscule bien que cela soit quelque peu perdu) et les droits naturels.

    Il n’y a pas d’opposition entre l’un et les autres. Les droits naturels sont des droits subjectifs ( des droits exercés par les individus). Le Droit naturel est le Droit objectif au sein duquel les sujets de droits exercent leurs droits subjectifs.

    EX : le Droit objectif naturel détermine que les sujets ont le droit subjectif naturel à l’autodéfense.

    3- Je pense que l’auteur de l’article veut dire que les déclarations des droits (subjectifs naturels) réduisent le Droit objectif naturel à la somme de ces droits ainsi déclarés.
    Alors que le champ d’application du Droit naturel dépasse largement les listes de droits des diverses déclaration.

    En réalité le problème posé par l’article n’est pas un problème de Droit naturel mais un problème de légalisation par liste.

    Lorsqu’on fait une liste, en réalité on limite. Or le Droit naturel est par principe illimité, il ne peut se limiter à un liste exhaustive.

    1. J’ai pour ma part employé plus haut le terme de « socle » pour Droit Naturel, et tenté d’expliquer que les droits naturels sont teintés de subjectivité. Il semblerait que nous nous rejoignions là dessus … ainsi que sur les actes fondateurs du libéralisme … J’ai employé l’expression « sources du christianisme lui-même » …

  9. 1) Les médecins qui pratiquaient des ivg étaient envoyés en prison – ils sont maintenant remboursés par la sécu… La loi cette salope…
    2) Les US ont instauré la prohibition – résultat la maffia s’est développée en corps constitué historiquement défenseure de la Liberté… La loi quelle salope décidément !!!
    3) L’urss a interdit la propriété, résultat fin de l’urss – encore des lois de MERDE !!!

    Donc oui la Loi doit tenir compte de notre Liberté et de nos Droits à avoir ces Libertés AVANT TOUTE AUTRE CHOSE !!! Celles – des Lois – qui émanent d’une majorité sont inconstitutionnelles avec nos Droits individuels – point barre…

    Je m’esbigne… :-)

  10. Et gardez vos commentaires « retourne fumez ton joint » et autre truc qu’on a pu me servir, j’ai connu les gardes à vue pour 2g de hash et ni je conduisais – j’ai mes 12 points – et ni je spoliais qui que ce soit… La Liberté a un cout que vous ne connaissez pas je constate avec vos citations de truc et machin… Je vous parle ici et maintenant de la France toujours un peu robespierriste – vite engeolons le il n’est pas du parti ! Super ce pays de curés !!!

    1. Hu ?

      Oui, pour votre énumérations … Les lois ne sont jamais que le reflet de l’époque où elles sont votées, elles ne contentent jamais que qui il s’agit de contenter à un moment donné. Les droits naturels paraissent plus « constants », véhiculés indifféremment selon l’époque. C’est par contre l’appréciation qu’on en fait qui diffère dans le temps.

      Pour le reste, je n’ai aucun grief à apporter à vos choix personnels … Cela vous regarde … Retenez par contre que le libéralisme est bien le seul positionnement « acceptant » le plus large panel de sensibilités, d’idées, de courants … Il se peut ensuite que ses « prophètes » n’usent et n’abusent effectivement de citations et du propos d’autres qu’eux mêmes … Mais c’est aussi que le libéralisme tel que le décrivent ces citations n’a pas encore trouvé une application stricte qui le rende reconnaissable dans les faits … Voilà tout.

      1. Olivier

        Rien contre vous… Juste on est au XXIeme siècle et vivre comme on l’entend dans le respect de l’autre n’est pas encore conquis… Just my 2 cents…

        Et je récidiverai…

  11. Article très curieux. On sent que l’auteur essaie de faire passer un concept très profond, mais il n’y parvient pas.

    Merci d’avoir donné le lien vers l’excellent article consacré à Leoni. http://www.contrepoints.org/2010/12/06/8483-la-liberte-et-le-droit

    il est objectivement beaucoup plus clair et complet. Pour résumer (fortement) et reformuler tel que je l’ai compris, Leoni étend le domaine d’application de la main invisible.

    Selon lui, de même que l’harmonie économique vient de l’action spontanée de citoyens libres et souffre presque toujours de l’intervention de l’Etat, l’harmonie juridique naît de l’action spontanée de citoyens libres et souffre presque toujours de l’intervention de l’Etat.

    La mise en perspective historique de ce concept et la critique corolaire du système démocratique sont franchement très stimulants intellectuellement. Je recommande vivement la lecture de l’article sur Leoni.

  12. avis similaire à celui de « Lib » juste plus haut : l’article est stimulant mais je ne suis pas sûr d’avoir vraiment compris de quoi on cause.
    Il me semble qu’il reproche à certains, dont des libéraux & libertariens, d’avoir confondu éthique et droit, alors qu’il me semble assez clair qu’ils cherchaient au contraire à bien les séparer en limitant le champ du droit pour le cantonner dans un domaine compatible avec l’éthique (mais bien sûr différent de l’éthique !) : la DDHC n’ouvre pas des droits, ni des « droit à » ni des « droit de », elle proclame un cadre éthique comparable à celui du Décalogue, qui sera ensuite traduit en droit positif comme le fait le Deutéronome (cet exemple Décalogue+Deutéronome illustrant que cette question est vieille).

    1. Différent de l’éthique ? Mais où est la différence ? Rothbard, à titre d’exemple, dit lui-même faire de l’éthique sociale lorsqu’il recherche les « droits naturels » dans l’Ethique de la Liberté (rien que le nom!). Et c’est bel et bien ce qu’il fait puisqu’il recherche les fins justes de l’Homme, dans les relations entre les individus (respect d’autrui, des choses qu’il produit par son travail, etc.).

      A aucun moment il ne compte observer la réalité sociale, les conflits réels impliqués par les relations entre les hommes, comprendre le produit de la dialectique des parties, afin de déterminer la juste part de chacune. A aucun moment, il ne fait du droit.

      On retrouve les mêmes travers chez Locke, Kant, Rand, etc.

      Quant à la DDHC, il me semble bien qu’elle déclare des droits (c’est son nom, « Déclaration des Droits ») :

      « Art.2 : Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. »

      J’ai prévu de revenir sur les critiques qui ont été faites ici dans une petite série d’articles sur le sujet. Auparavant je compte bien approfondir la question.

      1. Il est bien clair que déclarer que la DDHC ne constitue pas un système juridique, même le commencement du début d’un système juridique : elle ne contient ni procédure, ni désignation de juge, ni définition de ce qui constitue une nuisance, ni sanction, ni pouvoir exécutoire. C’est juste un cadre permettant de dire, à propos d’un élément juridique: ceci est bon, cela est mauvais, et cette chose est bonne sous telle réserve.
        C’est une morale (plutôt qu’une éthique). En logique on pourrait appeler ça du méta-droit, qui spécifie à quoi sert le droit (article 2), ce que le droit doit faire et ce qu’il ne doit pas faire (art. 4, art. 5, art.7, etc.), comment le droit doit être construit (art. 6, art. 8 etc.), etc.
        C’est une des raisons d’ailleurs qui justifie que le conseil constitutionnel a mis très longtemps avant de se saisir de la DDHC pour juger les lois : la DDHC, comme son titre l’indique, c’est une … déclaration ! Pas une loi, pas une loi organique, pas une constitution. Un discours. Lui attribuer une valeur juridique normative n’avait rien d’évident. Ça a été fait, et c’est un progrès, pas l’expression d’une confusion entre éthique et droit, mais l’expression du fait que d’une part le droit n’est pas déconnecté de la morale, d’autre part que la DDHC est un des éléments de la morale publique. Bien sûr, tout ce qui est moral ne doit pas devenir légal, tout ce qui est immoral ne doit pas devenir illégal, mais par contre rien de ce qui est immoral ne doit devenir légal ; c’est en ce sens, et en ce sens seulement, qu’on peut parler de Droits de l’Homme.

        1. Les articles que vous indiquez (4 à 8) ne font absolument aucune allusion au droit, qui est totalement ignoré et dont l’existence n’est pas reconnue. Ils ne disent pas en quoi le DROIT est utile, ce qu’il doit faire et ne pas faire et comment il doit faire, ils disent en quoi la LOI est utile, ce qu’elle doit faire et ne pas faire, et comment elle doit faire.

          La confusion entre le droit et la loi est un produit de la confusion entre le droit et l’éthique. Le droit, réalité objective, juste part de chacun attribuée par le juge dans la résolution d’un conflit impliqué par des relations sociales bien réelles et présentes, objet de connaissance pour le juge, n’a rien à voir avec la loi, décret du législateur, fondé sur quelconque philosophie éthique dans l’idéal, ravage des batailles d’intérêts politiques dans les faits.

          Il y a une ignorance manifeste de ce qu’est le droit dans ce texte, de même que dans de nombreux classiques du libéralisme. Et c’est un grave problème parce que lorsqu’on entend remplacer le droit par la loi, dans l’indifférence qui plus est, on ne peut pas s’étonner de la naissance du positivisme juridique et de l’inflation législative, tel l’a montré Bruno Leoni, encore une fois.

  13. Aurélien, vous êtes bien gentils avec vos articles mais quid de l’impasse démocratique où nous sommes englués – gauche pseudo-progressiste, en gros je cajole mon électorat lgbt, et droite colbertiste, en gros l’état c’est moi et pour la Liberté on vous écrira, ou encore moi nkm qui vise la mairie de paris je m’abstiens sur le vote du mariage homo… Pfff je me régale… Quant au Centre libéral où la Liberté dans la société se résume à venir jouer de l’accordéon à la télé… J’en dis pas plus… Bref encore quelques années et je me casse d’ici où tout le monde me regarde comme un salaud, un criminel, un danger, un décadent, un immoral, etc…

    Et moi tout ce que je voudrais c’est qu’on me foute la paix…

    Autant me barrer que participer à VOTRE guerre…

  14. Lisez cet article c’est l’alibi classique d’un droit sans éthique, sans morale ni son référent qu’est le droit naturel. Bref il encense le droit idéologique et étatique de l’école de la magistrature, de l’Etat qui broie par délice et nécessité les individus car le seul droit qu’il assène et ordonne peut exister.

    1. Quelle vaste plaisanterie, quel procès ridicule à mon encontre.

      Si vous aviez réellement lu mon article, et les auteurs sur lesquels je me fonde, vous auriez vu que je dénonce fortement, comme eux, le positivisme juridique, le « droit idéologique et étatique de l’école de la magistrature ».

      Si vous aviez lu mon article, vous auriez vu que je définis le droit bien autrement que les positivistes, que je défends le droit naturel, réel, objet, dans les choses, et qui de fait, ne se décrète pas, ne se décide pas, n’émane d’aucune autorité et ne s’ordonne pas.

      Pour votre gouverne, je suis anarchiste.

      Vous ignorez ce qu’est le droit, restez enfermé dans la définition moderne de ce terme, traitez indifféremment la loi et le droit comme des choses identiques, êtes incapables de voir que depuis qu’on promeut les « droits de l’homme », les Etats n’ont jamais été aussi gros, la morale aussi niée, et les individus aussi écrasés.

      Quel sera votre prochain anathème ? Leoni et Hayek bolchéviques ?

  15. Merci pour les références Aurelien.

    En passant : sur amazon.fr le livre « La liberté et le droit » a reçu un fort joli commentaire écrit par… Drieu Godefridi :)

  16. Bon,autant remettre en question la notion de Droit elle-même.
    Elle ne reposerait que sur celle d’égalité spirituelle(en dignité,selon la formule),que vous rejetez,quelque que soit les conditions sociales.
    Mais,bien sûr,cela ne peut reposer que sur des ou une convention(s),un contrat général.Encore faut-il s’entendre sur le contenu, mais une fois pour toutes ou au moins durablement.
    La volonté générale de JJR qui change à chaque élection,c’est pas sérieux! ça ne veut plus rien dire.
    Mais si,d’après vous il n’ y a aucun moyen de s’entendre sur une perception intelligente(et la conception qui la suit,qui va avec,autant revenir à l’àge des cavernes.
    Et votre Ethique,moi,je veux bien,mais sans consensus,ça sert à quoi:
    car chacun la sienne !

    1. Si aucun moyen de s’entendre,on peut supprimer même le langage !
      Les hommes,depuis toujours(en passant par Platon),ont toujours eu l’idée que le sens du dialogue est d’arriver à des solutions satisfaisantes pour les parties en présence,en acquérant donc une valeur morale,puisque c’est en fait la définition la définition première de la morale,après quoi la loi s’essouffle à courrir.

      1. s’il y a des confusions,c’est qu’il y a aussi des rapprochements dans la pratique même.
        Antigone obéit à sa morale,qui est celle de la loi non-écrite.
        Quant à la morale sociale elle consiste d’abord à respecter les lois édictées par la société.Si celle-ci sont immorales,à chacun d’avoir sa morale,c’est le principe de la mystique comme pis-aller.

        1. D’ailleurs,s’il n’y avait aucun rapport entre les deux,ni l’un ni l’autre n’aurait le moindre sens.
          Alors,la poule ou l’oeuf ?
          vrai qu’faut pas confondre,surtout ne pas tuer la poule aux oeufs d’or !

          V’nez vite,msieur l’agent,y sont en train d’bat’ mon papa !
          Ah,je vois!Et c’est lequel ton papa,ptit gars?
          ch’sais pas,c’est,just’por ça qu’y s’battent !

    2. Hmm, distinguer droit et morale ne revient pas à remettre en cause la notion de Droit, mais seulement une certaine philosophie moderne du Droit qui a, précisément, repris le vocabulaire classique du Droit en transformant son sens. Notion classique du Droit qui, par ailleurs, ne repose aucunement sur le consensus, mais sur la découverte du juste. Et cette démarche n’a strictement rien à voir avec la recherche de lois morales ou d’une « éthique sociale ».

      Il me semble que vous n’avez pas une idée tout à fait précise de ces notions. Je n’ai par exemple jamais vu de sociétés édicter des lois. Je vous invite à voir mes deux autres articles sur le sujet :

      http://www.contrepoints.org/2013/06/05/126700-du-droit-naturel-au-positivisme-juridique
      http://www.contrepoints.org/2013/06/19/128435-le-droit-naturel-analogie-avec-le-langage

  17. Le droit étant une notion « relativement » complexe…
    Et, par dessus le marché, le sens n’a cessé de se brouiller ..!
    Mais, moi, Aurélien Biteau, heureusement, j’arrive pour tout vous expliquer, cer sans moi, vous finirez par vous noyer !
    Avec un début pareil, on est sûr et certain que d’une chose, c’est q’on ne s’en sortira pas et qu’on va continuer à s’embrouiller !
    Ce qui ne manque pas d’arriver, dans la confusion des distingos dont il nous abreuve !