Déficit commercial : pourquoi l’Euro n’est pas coupable

Publié Par Acrithene, le dans Économie internationale

La responsabilité de l’euro dans le déficit commercial de la France ne résiste pas à l’analyse des échanges français avec ses partenaires de l’Union Monétaire : 60% du déficit commercial de la France provient de l’intérieur de la zone euro !

Par Acrithène.

La politique et les faits, cela fait deux. Pour montrer le rôle de l’euro dans la piètre performance commerciale de la France, une bonne chose est de regarder les échanges commerciaux à l’intérieur même de l’Union Monétaire. A priori, ces échanges sont immaculés de tout effet négatif attribuable aux taux de change.

Voici quelques chiffres qui font réfléchir sur les 67 milliards de notre déficit commercial :

  • En 2012, la Zone Euro dans son ensemble a enregistré un solde positif de sa balance commerciale, pour plus de 80 milliards d’Euros.
  • Parmi les 16 autres pays membres de la zone euro, la France n’est parvenu à établir un solde positif de son commerce extérieur uniquement avec la Grèce, le Luxembourg, Chypre, Malte et l’Estonie. Voir la carte qui suit et les données dans le tableau ci-contre.
  • Sur l’ensemble de son commerce à l’intérieur de la zone euro, la France a enregistré un solde négatif de 41 milliards d’euros, ce qui représente plus de 60% du total de son déficit.
  • Et n’oublions pas qu’une grande part du reste du déficit étant attribuable aux importations énergétiques, elle est réduite par un euro fort.

 

À lire également sur la question du déficit de la balance commerciale :

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  1. Vous devriez modifier le titre en ‘pourquoi l’Euro fort n’est pas coupable’.

    Car là il laisse à penser que la disparition des taux de changes entre pays de la zone euro n’a aucune incidence.
    Avez vous les chiffres des échanges avant euro / après euro entre la France et ces pays pour voir si la tendance ?

    1. Tout, à commencer par le volume des échanges et l’intensité de la concurrence, montre que la disparition du taux de change entre les pays de la zone a une incidence positive.

      Dans le cas spécifiquement français, il serait plus pertinent de faire la césure temporelle avant/après les 35h. L’euro n’a rien à voir dans le fait que la France a augmenté de manière disproportionnée son coût du travail au cours de la décennie (35h, smic, charges sociales, taxes nouvelles…).

      L’autolyse fiscale de la France n’a connu aucun répit sur la période. On peut juste dire merci à l’euro qui nous a sauvé la mise, pour l’instant. Sans l’euro, l’économie de la France se serait effondrée.

      1. Vous dites que l’euro nous a sauvé la mise, au sens ou le Franc aurait été fui par les investisseurs, ce qui aurait nuit à l’économie française. Cependant, on peut prolonger l’argument en constatant que l’euro a donc permis de masquer la destruction structurelle de l’économie française et donc de faire croire à beaucoup que ces mesures étaient bonnes ou au moins pas mauvaises. Une chute du franc aurait peut-être permis de faire prendre conscience à plus de gens plus tôt de la catastrophe à laquelle nous courrons, ce qui aurait alors permis (avec beaucoup d’optimisme, certes) de redresser la barre.

  2. Si on suit votre logique, l’euro est bien coupable : avant la zone euro, le taux de change s’ajustait entre les pays européens (sans forcement avoir de la dévaluation) ce qui réduisait les déficits commerciaux. Maintenant qu’il y a la monnaie unique, il n’y a plus cette équilibrage des taux de change.

    1. La théorie des ajustements des balances commerciales date de David Hume (Of the balance of trade) et donc d’une période d’étalon or (monnaie unique donc).

      Les mécanismes d’ajustement fonctionnent avec une monnaie unique. Le pays qui a un excédent voit des devises s’accumuler sur son territoire, provoquant la hausse des prix et la perte de compétitivité.

      Ce mécanisme provoque l’évolution des changes que vous décrivez, mais cette évolution n’en est ni la cause ni la conséquence essentielle. Il fonctionne aussi dans un mécanisme sans changes et à l’intérieur même d’un pays. L’évolution des changes est le symptôme d’un mécanisme qui porte sur les prix des biens et services et non son instrument direct.

      1. Avez vous les chiffres des soldes commerciaux entre la France et les pays de la zone euro sur la période 15-20 ans avant l’euro jusqu’à ajd ?
        Si l’inflexion de la tendance commence avec l’euro, on pourrait en rire non ?

        1. Les données sont accessibles sur le site de l’INSEE. Oui le déficit se creuse depuis les années 2000.

          Mais :

          D’abord : http://fr.wikipedia.org/wiki/Post_hoc_ergo_propter_hoc

          Et surtout : http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_mon%C3%A9taire_europ%C3%A9en

          Mais surtout il n’y a aucun argument logique allant dans votre sens. Quel mécanisme rendrait la présence de deux monnaies différentes importante dans les ajustements de la balance commerciale ? Strictement pas davantage entre la France et l’Allemagne qu’entre Paris et Marseille, ou New York et la Nouvelle Orléans.

          1. Ce n’est pas parce que vous n’avez aucun argument logique qu’il n’existe pas.
            C’est le problème de partir de la théorie, de choisir les chiffres et les périodes qui la conforte et de ne surtout pas montrer les chiffres qui la contredise ou de les rejeter en disant qu’aucun argument logique (de sa théorie) n’existe .

          2. Mais je tiens à rappeler mon premier commentaire, je suis d’accord avec votre article si le titre n’avait pas été celui que vous avez mis.
            En effet, le problème n’est pas le niveau actuel de l’euro par rapport aux autres monnaies.
            Mais votre titre laisse à penser que l’euro n’a aucune incidence sur les économies des pays de la zone euro ce qui est contraire aux observations diverses, celle que vous venez de faire, d’autres faites dans d’autres articles sur contrepoints ou ailleurs (http://institutdeslibertes.org/quand-les-technocrates-tuent-la-croissance-en-europe/)
            Mais comme vous dîtes, post hoc ergo propter hoc.

          3. Je pense que l’argument de Pareto est valable en tenant compte de la rigidité des prix et et surtout des salaires à la baisse: l’ajustement par la variation des taux de change est un mécanisme plus souple, efficient et causant bcp moins de conflits sociaux que le mécanisme d’inflation/déflation localisées à l’intérieur d’une zone monétaire donnée. Si on ajoute que la France, vu sa culture sociale, a peut-être une rigidité des salaires à la baisse plus grande que ses partenaires européens (si quelqu’un a des données là-dessus ?), ça n’arrange pas les choses. Donc ce n’est pas tant l’Euro que la rigidité entre les monnaies européennes qui est le problème, et celle-ci ne date pas de l’Euro (SME), mais celui-ci l’a malgré tout renforcé car une dévaluation concertée aurait toujours été possible avant l’Euro.

  3. Je veux bien, mais faut admettre que les patrons disent tout de même que construire en euro est pénalisant par rapport à la construction en dollar. Et qu’il ne soit pas trop pénalisant pour la France, d’accord, mais pour la Grèce par exemple ? Il me parait assez évident qu’ils auraient besoin d’une autre monnaie que celle de l’Allemagne. C’est comme si le Maghreb avait l’euro, un peu fort..

  4. Le souhait de Mimolette de manipuler le cours de l’euro est de la poudre aux yeux, une parfaite incompréhension de la situation agrémentée de la recherche d’un nouveau bouc émissaire facile pour dissimuler sa propre impéritie.

    On savait déjà que ce président était illégitime et sectaire. Maintenant, on comprend que c’est au mieux un crétin fini, au pire un truand éhonté.

    La France est engluée dans une réalité indépassable : la crise est due au poids trop élevé de l’Etat socialiste obèse. Nous sortirons de la crise à la condition nécessaire et suffisante que l’Etat soit réformé en profondeur et qu’il renonce à intervenir dans l’économie avec ses taxes meurtrières, ses emplois fictifs de millions de fonctionnaires, ses investissements idiots, sa dette aussi massive qu’inutile et ses réglementations ubuesques.

  5. Évidemment que l’euro n’est pas un problème, c’est juste un étalon de mesure. Dire qu’il est « trop fort », c’est aussi con que de dire que le mètre est « trop long », et que si il faisait 90 cm on aurait moins de problèmes. D’autre part l’idée qu’il faudrait maximiser les exportations en soi est à dénoncer (Acrithène l’ayant fait par ailleurs).
    MAIS
    Ceci étant dit, la démonstration utilisée est fausse : il ne faut pas utiliser le solde de la balance commerciale, il faut analyser séparément les importations et les exportations. Même pour la partie « commerce en euro », le solde n’est pas utilisable ! Car contrairement à ce qu’on peut croire à première vue ce solde dépend du taux de change de l’Euro. L’exemple d’Airbus illustre pourquoi.
    Airbus importe des pièces d’avion de toute l’Europe, et notamment d’Allemagne, puis exporte dans le monde entier (en dollar) des avions complets. Ce mécanisme génère automatiquement du déficit commercial français avec l’Euroland, et de l’excédent avec le reste du monde. Il est bien clair que la première partie (déficit avec l’Euroland) existera tant qu’Airbus fonctionnera, et même d’autant plus que Airbus aura plus de succès mondial. Si l’euro monte trop sans que les prix intérieur baissent pour compenser, Airbus ne pourra plus vendre dans le monde d’avions fabriqués en France, et le déficit avec l’Euroland sera … réduit. Parallèlement la contribution d’Airbus aux exportations (hors zone euro) disparaitra, pour un solde négatif.
    De même, je parie que la balance commerciale allemande est négative avec la Pologne, la Slovaquie, etc., et loin d’être un problème c’est au contraire parce que l’industrie allemande fonctionne bien, importe des pièces et des matière premières de ces pays, et les incorpore avec ajout de valeur dans des produits plus élaborés qu’elle exportera … partout.

    En langage mathématique, disons que ce qui compte ce n’est pas la part du commerce en euro qui compte dans le déficit, mais les dérivées par rapport au taux de change des contributions partielles des 4 composantes (import et export en euro, import et export en une autre monnaie) du solde commercial

  6. Il faudrait comparer avant/après euro. Car la conclusion pourrait aussi être tout autre.

    On pourrait émettre l’hypothèse que le franc plus faible que le mark permettait de gommer certaines différences en matière de compétitivité industrielle.

    mais bon cela n’a aucune important vu que l’euro fort est intéressant pour toutes importations énergitiques…

  7. « 60 % du déficit commercial vient de la zone euro »

    Ca laisse 40% du déficit sensible aux variations de change : c’est considérable.

    donc, oui, les taux de changes ont une importance capitale pour expliquer le déficit commercial.

  8. Le déficit commercial de la France est en majorité outre Rhin ?? LOL

    et on leur achète quoi aux Boschs ? des voitures ? étonnant qu’un ministre n’ait pas eu l’idée de taxer les véhicules Allemands…

    quand j’entends sur BFM dans leur auto-promo média intégré le matin, un mec citer régulièrement « si vous voulez faire des trombones en France, c’est sûr que là…. » ça me rappelle que les Allemands fabriquent des fournitures de bureaux made in Germany, agrafes, stylos, gomme…

    eux par exemple : http://www.staedtler.com/en/company/staedtler-today/company-profile/
    avec un CA à rendre jaloux ceux qui déconseillent de faire du trombone en France… 80% fait en Allemagne, 80% exporté, tout ça avec des produits fini dont la valeur marchande moyenen unitaire dépasse pas 1,5€.

    les mentalités formatées HEC, mine, polytech, X, ena….ont vraiment fait du mal chez nous.