Balance commerciale et abstractions comptables

Publié Par Guillaume Nicoulaud, le dans Économie internationale

La balance commerciale n’est qu’abstraction comptable. La croyance selon laquelle « un pays qui importe plus qu’il n’exporte s’appauvrit » est une idée reçue. Explications.

Par Georges Kaplan

La balance commerciale est une abstraction comptable. Pour un pays donné lors d’une période donnée, les chiffres que vous obtiendrez – ceux là mêmes que journalistes, politiques et intellectuels appellent les « faits » – peuvent considérablement varier en fonction de ce que vous appelez une « exportation », une « importation », un « bien » ou un « service ». Prenons l’exemple de la balance commerciale française [1] en 2010 : selon les douanes, si l’on prend en compte le prix de nos exportations à nos frontières [2] nous avons exporté pour 388,1 milliards d’euros. Selon la même source, en comptabilisant nos importations à leurs prix à nos frontières [3] c’est-à-dire en incluant le coût des assurances et du fret, nous aurions importé pour 456 milliards d’euros. Ce qui nous donne un déficit de la balance commerciale CAF-FAB de 67,9 milliards d’euros pour 2010.

En revanche, si on ne tient pas compte des assurances et des coûts de transport, si on mesure le prix des biens à la frontière du pays exportateur – c’est-à-dire nos frontières pour nos exportations et la frontière du pays exportateur pour nos importations – le déficit FAB-FAB de la balance commerciale française n’était plus que de 51,1 milliards d’euros. Enfin, après quelques corrections apportées par la Banque de France, les chiffres officiels nous disent que nous avons exporté pour 390,1 milliards (FAB) et importé pour 443,7 milliards (FAB) – soit un déficit (FAB-FAB) de 53,7 milliards d’euros. Nous avons donc deux estimations : celle de la Banque de France qui sera répercutée dans notre balance des paiements et qui fait état d’un déficit FAB-FAB de 53,7 milliards et les données douanières qui mesurent un déficit CAF-FAB de 67,9 milliards.

L’écrasante majorité de notre déficit commercial, c’est notre facture énergétique. Si l’on se base sur les données de douanes, notre balance commerciale hors énergie ne présentait en 2010 qu’un déficit de 20,2 milliards d’euros au lieu de 67,9 milliards. Le reste du déficit s’explique principalement par des biens de consommation et des biens dits « intermédiaires », c’est-à-dire des composants importés par nos entreprises industrielles dans le cadre de leurs processus de production. Par ailleurs, près de la moitié de nos échanges extérieurs se font à l’intérieur de la zone Euro [4] ; rajoutez à cela le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon et vous saurez où vont 62,7% de nos exportations et d’où viennent plus 60,5% de nos importations.

La Chine me demanderez-vous ? Eh bien la Chine (y compris Hong Kong) c’est 8,2% de nos importations de biens c’est-à-dire à peu près autant que l’Italie et moins de la moitié de ce que nous importons d’Allemagne. Évidemment, nos échanges avec l’empire du milieu se traduisent par un déficit important (22,4 milliards en 2010) mais, même si nous devions cesser toutes relations commerciales avec les chinois, il nous resterait un déficit de 45,5 milliards. D’autant plus que, comme nous l’avons vu plus haut, beaucoup de nos importations sont des produits intermédiaires qui permettent à nos entreprises exportatrices de réduire leurs coûts, de vendre moins cher et donc, de maintenir leurs parts de marché à l’international.

Reste que nous avons importé pour 37,6 milliards de produits « made in China ». Pour la plupart des gens, un produit « made in China », c’est un produit fabriqué en Chine ; fin de l’histoire. Seulement voilà, la réalité est un peu plus compliquée que ça. L’exemple classique c’est l’iPhone d’Apple qui est, comme vous le savez certainement, assemblé par Foxconn à Shenzhen. Voilà les faits [5] : pour faire produire un iPhone, vous avez besoin de $172,46 de composants produits principalement par Toshiba (Japon), Samsung (Corée du sud), Infineon (Allemagne) et quelques entreprises américaines comme Broadcom, Numonyx et Cirrus Logic. Ces composants sont importés par l’empire du milieu puis assemblés par Foxconn pour un coût par appareil de $6,5. Quand le produit est fini, il est directement livré près de chez vous et passe la douane à $178,96 FAB. En termes de comptabilité nationale, nous avons donc bien importé un iPhone « made in China » pour une valeur de $178,96 mais ce que cet exemple démontre, c’est que ce qui est effectivement « made in China », ce sont les $6,5 d’assemblage – soit 3,6% du prix d’importation.

De la même manière, je ne crois pas trahir un secret industriel en vous disant que certaines marques célèbres d’horlogerie helvètes font assembler leurs montres en Chine et les réimportent en Suisse pour une modeste finition mais surtout pour pouvoir y apposer le label « made in Switzerland ». Quand vous achetez une de ces montres, la comptabilité nationale voit un déficit commercial avec la Suisse mais c’est en réalité en Chine qu’elle a été assemblée avec des composants qui viennent certainement d’ailleurs dans le monde (y compris la France). La balance commerciale n’est qu’abstraction comptable.

Imaginez un instant que nous vivions dans un monde de troc – nous échangeons des produits contre d’autres produits – comment la balance commerciale pourrait-elle être déficitaire ? Impossible n’est-ce pas ? Le fait est que quand nous importons pour 100 euros de marchandises, nous exportons aussi pour 100 euros d’euros. Revenons sur les données de la Banque de France – un déficit pour 2010 de 53,7 milliards (FAB-FAB). Dans la pratique, nos exportations ce sont pour 390,1 milliards d’euros de marchandises que nous avons échangé contre des euros ; à l’inverse, nos importations représentent les 443,7 milliards d’euros de produits que nous avons échangés à des producteurs non-résidents [6] contre des devises. Pour pouvoir régler ces achats, nous avons donc dû échanger nos euros contre les devises que réclament nos fournisseurs ; c’est-à-dire que quelqu’un dans le monde se retrouve avec des euros dont il n’a, a priori, rien à faire chez lui. En d’autres termes, ces euros, tôt ou tard, vont revenir chez nous – fatalement.

Évidemment, nos euros reviennent lorsque nous exportons, en valeur, plus de services que nous n’en importons – c’était typiquement le cas en France en 2010 puisque nous affichions un excédent de 10 milliards d’euros sur les services. Mais ils peuvent aussi revenir sous forme de dépenses des touristes en France, de revenus de français salariés à l’étranger comme les travailleurs frontaliers (solde de 36,5 milliards en 2010), de rémunérations versées par des entreprises étrangères à leurs salariées en France (solde de 9,9 milliards en 2010), d’investissement étrangers en France, de revenus de nos investissements à l’étranger (solde de 26,6 milliards en 2010) ou de prêts (principalement à l’État)… Bref, tout un inventaire de comptes dans lesquels la Banque de France classe ces mouvements de capitaux. Et au total, ces comptes s’équilibrent toujours – les euros qui sont sortis par une porte reviennent par l’autre.

Imaginez que quelques entrepreneurs, musiciens célèbres, ingénieurs de haut niveau et écrivains à succès décident un jour de s’expatrier sur une petite île et d’y former un État. Trop petite, cette île ne produirait absolument rien ; ce qui signifie que non seulement elle n’exporterait pas le moindre produit mais qu’en plus, elle devrait importer tout ceux que ses très riches habitants consomment – c’est-à-dire beaucoup. La balance commerciale de l’île serait déficitaire en permanence mais elle serait intégralement financée par les revenus de ses habitants – dividendes de leurs sociétés, droits d’auteurs et salaires versés à l’étranger. Aucun problème.

Un déficit de la balance commerciale ne veut strictement rien dire en soi. L’idée selon laquelle « un pays qui importe plus qu’il n’exporte s’appauvrit » est une pure imbécilité et ça ne fait jamais que 166 ans qu’on le répète [8].

—-
Sur le web

Notes :
[1] En France, la balance commerciale ne couvre que les biens ; contrairement à ce qui se fait dans beaucoup de pays, les services sont pris en compte séparément.
[2] Prix FAB (franco à bord).
[3] Prix CAF (coût, assurance, fret).
[4] La zone euro à 16 ; 48,7% de nos exportations et 48,4% de nos importations en 2010.
[5] Chiffres d’une étude de l’ADB Institute pour 2009.
[6] Qui peuvent d’ailleurs être français.
[7] Valeur comptable.
[8] Frédéric Bastiat, Sophismes Économiques, chapitre VI « Balance du commerce ».

 

Laisser un commentaire

  1. Là, monsieur Kaplan, vous outrepassez le bon sens. D’accord il faut regarder la balance des paiements plutôt que commerciale. N’empêche, il ne faut pas arriver à penser qu’il n’est pas nécessaire d’exporter !
    Et qu’il n’est pas gênant de dépenser plus que l’on gagne puisque les euros dépensés reviennent forcément !!
    Quelqu’un, ou un pays qui dépense trop s’appauvrit, perd son argent. Il n’en revient pas autant qu’il en dépense. Et au bout d’un moment, il ne peux plus dépenser car il n’a plus d’argent !
    Il a bien atteint un équilibre. Mais celui-ci n’est pas satisfaisant.
    Et quelqu’un qui emprunte rééquilibre sa balance des paiements. Peut on faire ça indéfiniment ?
    Les libéraux ne doivent pas penser que tout équilibre est satisfaisant et donc qu’il n’y a jamais rien à corriger puisque tout système tend à revenir à un certain équilibre.

    John DEPERI
    Automaticien

    1. Vous oubliez que les échanges internationaux ne se font pas d’état à état, mais d’individus appartenant à ces différents pays.

      Ceux-ci importent et exportent parce qu’ils y voient un intérêt à le faire.

      Si un individu dépense plus qu’il ne gagne, il finira par dépenser moins ou chercher à gagner plus d’argent. De toutes façons, la richesse n’est pas la monnaie, mais ce qu’elle permet d’acheter.

      Et puis, la balance commerciale ne tient compte que des prix à la douane et pas des différences de valorisation, ce qui signifie que le principe de balance commerciale est fallacieux et trop complexe à analyser, puisque la douane ne recense pas les toutes les actions des individus ni les marchandises.

    2. Nulle part il est dit qu’il n’est pas nécessaire d’exporter. Qui dépense véritablement trop en France (environ 130 milliards en trop chaque année) ? L’Etat français ! Pas la France ! Je vous rappelle que l’Etat n’a strictement rien à voir avec la balance commerciale, agrégat comptable d’échanges individuels.

  2. John DEPERI: Georges ne finit pas l’exemple d’Apple (que Charles Gave avait egalement decrit dans un de ses livres). Il suffisait de finir la demonstration en disant qu’au final, le « pays » qui creait le plus de richesse dans la vente d’un iPod etait… Les Etats-Unis, puisqu’Apple gagne la majeure partie des bénéfices via de tres jolies marges.

    Donc regarder les importations et les exportations par la balance commerciale ne veut rien dire, puisqu’il faut voir ou en detail se cree reellement la richesse.

  3. Un commentaire long, mais nécessaire :

    Bien sur un déficit commercial n’est pas grave si vous avez des rentrés de devises par d’autres sources comme les services (tourismes notamment) ou les investissements étranger dans votre pays.

    A ce jeu, bien sur que les riches habitants de votre île fictive n’auront pas de problème tant que leurs investissements dans l’île combleront le déficit commerciale de celle ci.
    Mais si demain leurs revenus (à l’étranger) baissent, ils risquent d’avoir du mal à remplir les rayons du Leclerc du coin étant donné qu’il ne produisent rien que le reste du monde ne puisse leur acheter.
    En conséquence, et si il n’y a pas suffisamment de tourisme dans leur île, on voit que leur seul moyen de se procurer des devises sera d’accepter de s’endetter (et de mémoire de Grec, la dette n’est pas la panacée). Sinon c’est l’appauvrissement.

    Il y a là une confusion entre balance courante et balance commerciale, qui est une part de la balance courante, au coté de la balance des services, celles des transferts courant, et celle des revenus.
    Si les trois dernières balance comblent le déficit de la balance commerciale, les affaires roulent et la balance courante est à l’équilibre ou positive. Mais si la balance courante est en déficit là ça coince.

    Bien sur que « tôt ou tard » les euros reviendront dans le pays, mais sous quelle forme : ahat de produit français? Investissement en France ? Tourisme en France ? ou endettement Français vis a vis du reste du monde suite à un besoin de devise causé par un déficit de la balance courante (lui même causé par un déficit de la balance commerciale) ?
    Où l’on voit que toute rentrée d’argent n’est pas équivalente.

    Enfin, par définition la balance des paiements (qui synthétise les balances pré-cités) est forcément à l’équilibre puisque elle est enregistrée en partie double, où tout échange ne peut avoir lieu sans avoir été financé.
    Tout tourne autour du moyen de financer cet échange et quand la balance commerciale nous plombe au point de ne pouvoir recourir qu’à l’endettement ou d’accepter l’appauvrissement, là la « pure imbécillité » du déficit de la balance commerciale prend soudainement tout son sens…

    Sur les conséquences d’une crise dans un pays endetté en devise voir :
    http://champdespossibles.blogspot.com/2011/04/le-mecanisme-de-crise-de-change-dans.html

    1. Si les prestations de certains habitants de l’île ne trouvent plus à se vendre à l’étranger, c’est qu’ils travaillent moins en quantité ou en qualité. Il est donc juste qu’ils s’appauvrissent. La dette publique, possibilité injuste de maintenir un niveau de vie qui n’est plus mérité pour certains, ne servira que temporairement de cache misère puisqu’elle appauvrira finalement l’ensemble des individus qui y sont assujettis.

      Les monnaies doivent être privées et c’est à chacun de se procurer les « devises » nécessaires à ses échanges, non à l’Etat qui, hors de ses prérogatives régaliennes minimales, ne doit pas se mêler des échanges privés. La mesure du déficit commercial d’un pays est une comptabilité parfaitement inutile, à condition de bien vouloir rétablir les individus dans leurs droits naturels et cesser de les considérer comme membres obligés de monopoles géographiques artificiels.

      1. Bien sur, si la baisse des ventes des produits de l’île à l’étranger est dû à une baisse qualitative et/ou quantitative, je trouve tout à fait juste qu’il y est appauvrissement et corrélativement baisse des importations.
        La dette publique étant la dette de l’état et des collectivités locale, elle n’a rien à faire dans cette affaire, si les habitants de l’île continue de consommer au même rythme (c’est à dire refusent l’appauvrissement), c’est la dette de l’île dans son ensemble qui augmente car il faut alors se procurer les devises que la banque centrale ne détient pas/plus (déficit oblige).

        La monnaie est déjà privatisé, chaque banque privé agrémentée ayant le droit d’émettre sa propre monnaie. Les euros-bnp, euros-société générale, euros-lcl circulant librement dans l’économie et ayant cours légal.
        Chacun se procure déjà les devises, puisque quand j’importe du japon, la banque dont je suis client se charge en mon nom d’acheter les Yen nécessaire à la transaction, soit par débit de son compte à la banque centrale si celle-ci possède les réserves de change suffisante (ce qui n’et pas le cas sur l’île) soit en l’achetant sur le marché des changes.
        Problème étant que qu’en cas de déficit commerciale ces opérations répétées de vente de monnaie locale contre devise entraînent la dépréciation de la monnaie locale, ce qui est une autre forme d’appauvrissement.

        On objectera surement que cette monnaie locale partie à l’étranger reviendra tôt ou tard sur l’île sauf qu’entre temps la monnaie locale s’est quand même dépréciée, les importations se sont renchéri et ont contribuées à générer de l’inflation.
        Quand cet argent reviendra, une partie de celui ci sera investit en créance sur l’économie de l’île, obligation d’état ou autre qui devront être payé avec intérêt. Pas folichon quand on pense que dés le départ on aurait pu prendre une série de mesure pour que l’argent s’investisse directement dans l’économie de l’île plutôt que de faire pareil boucle…

        Enfin je me demandais, c’est quoi un monopole géographique artificiel ?

        1. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

          « si les habitants de l’île continue de consommer au même rythme »

          Cependant, l’offre de crédit est limitée et finit par plafonner, aboutissant à des taux décourageant le crédit. Et s’il n’y a pas de politique de banque centrale, la limite ne permettra pas une dette trop élevée, poussant les gens à revoir leur consommation.

          «La monnaie est déjà privatisé, chaque banque privé agrémentée ayant le droit d’émettre sa propre monnaie.»

          La monnaie est créée par la banque centrale. Les banques « privées » ont simplement le faux-droit de jouer sur leur comptabilité, aboutissant à prêter de l’argent qu’elles n’ont pas.
          Cependant, ça n’en fait pas une monnaie privée. Si les banques centrales étaient privées, alors, on pourrait parler de monnaie privée.
          Cependant, ce qui est nécessaire, c’est surtout de libéraliser
          la monnaie, permettant à chacun de choisir la monnaie avec laquelle il veut payer ou être payé, l’harmonisation des intérêts divergents poussant à adopter les monnaies les plus fiables.

          «Problème étant que qu’en cas de déficit commerciale ces opérations répétées de vente de monnaie locale contre devise entraînent la dépréciation de la monnaie locale, ce qui est une autre forme d’appauvrissement.»

          Ne confondez pas les ajustements du change avec la valeur de la monnaie. Lors d’importations, la monnaie perd au change par rapport aux monnaies échangées.
          D’ailleurs, c’est un processus de correction de la compétitivité très pratique. Vous importez, votre monnaie diminue au change, vous rendant plus compétitif, favorisant l’exportation. Et inversement.

  4. c’est vraiment assez drôle de se contorsionner ainsi et de nier des évidences économiques; vous expliquiez exactement le contraire il y a 2 ans et maintenant vous changez a 180%.
    Soyons honnête les déficits commerciaux avec la Chine sont intenables a court moyen et long termes

  5. PhilippeMurrayRothbard

    Jacques Rueff conseillé économique de De Gaulle disait assez justement dans une de ses oeuvres (l’ordre social) que , je cite : « Les hymnes à l’exportation ne sont que stupidité et mensonge. Ils supposent de n’avoir pas conscience de l’inanité de toute distinction entre commerce intérieur et international. »

  6. J’essaye de comprendre l’exercice, mais j’avoue ne pas voir dutout le bout d’une réalité.

    Même si l’on retire les transports et assurance, qui, a mon avis, ne sont pas des transporteurs francais, ni des bateaux francais ni des assureurs francais pour une partie, il reste 22 miliards d’euros dans l’exemple. Ces milliards, il faut aussi les financer … donc, c’est deja un peu plus cher.

    La matière première ne nous intéresse pas forcement dans l’étude de la perte sur le travail, car même fabriqué en France, il faudrait importer cette matiere premiere. Donc, retirons a la louche 30% du FAB, soit 6 milliards de moins, il reste 17 milliards environ, uniquement sur le cout du travail.

    Vu le nombre d’heure travaillé , le cout du travail est d’environ 10 a 15 fois moins cher. Dans ce cout, toutes les composantes sont comptés, y compris les chaines de fabrication. ont peut encore retirer l’energie quoique. Laissons en l’état … et prenons une cote mal taillée de 12 fois moins cher.

    Il faut donc calculer la perte, pour une même consommation, en multipliant les 16 milliards restants X 12 , soit un total de 192 milliards.
    Si l’on divise ce total par la population active (30 Millions), cela augmente le salaire de 6 400 euros par personne/an.

    Si l’on reporte ces 192 milliards que nous couterait la fabrication de ces articles en France en divisant par le nombre de chômeur (ben c’est un peu a eux de faire le boulot non?), soit environ 5 millions, cela représente … 38 400 euros/an pour chaque Chômeur …

    ELLE EST PAS BELLE LA VIE DU CHOMEUR ??? sourire

    Pour cela, il suffit juste que l’on importe autant que l’on exporte.

    car l’économie, c’est une boucle et le temps que l’argent met a faire le tour de la boucle. Si il met 2 sec, tout le monde est riche. Si il met dix ans, celui qui dépense va etre pauvre dix ans …

    La révolution actuelle, c’est la vitesse de spéculation et les progrès de l’informatique, ou l’économie devient un jeu virtuel ou l’addiction est pire que les jeux en réseau, car elle touche de vraies vies au final.

    Je pense a ma fille de 6 ans, déjà endetté de 26 000 euros comme tous les Français, je pense a tous les enfants du monde qui vont subir des vies enchainées aux boulets de nos excès.

    je crois que seul les économistes peuvent nous protéger, plus que les politiques, car la course globale va épuiser la planète, la saturer, dans tous les domaines, dans une anarchie sans nom et sans visage.

    je crois qu’il est de leur devoir d’inventer une finance qui spécule sur les équilibres, je suis sur qu’il a de quoi faire, de quoi jouer, perdre et gagner, compliquer et affiner ces nouveaux jeux pour que ce soit passionnant, mais fixer un idéal comme but du jeu, un équilibre social, écologique, pour que nos enfants et vos enfants (ou futurs enfants) vivent sur une planète ou la perfection est un but. Pas une destruction.

    Economistes, affutez vos matières grises, et je suis sur que certains trouveront ces nouveaux concepts et produits financiers.

    En attendant, je veux bien assumer personnellement 10 euros de déficit avec la Chine, mais me battre contre les 16, 22 ou 29 milliards actuels, car ca vaut le coup pour nous !

    http://jesaispasquivoter.blogspot.fr/2012/04/reponse-de-bayrou-favorable-liee.html

    1. Je complete juste pour la bonne compréhension des calculs.

      192 milliards, ca sort de notre poche, contre les 22 milliards avant. il faudrait donc financer 192-22=170 milliards … mais …
      Ces 170 milliards resteraient en France et donc dans notre PIB, et nous n’aurions aucun chômage dans ce cas .

      il est plus profitable de payer de la productivité que du chômage, car cela engendre aussi une augmentation des services et accompagnants, donc accroit une richesse.

    2. Trop d’erreurs typiquement mercantilistes et holistes dans votre analyse :

      -Vous voyez la société comme si on était dans un système d’état-nation-usine – ce qui est en soi une erreur totale de conceptualisation de la réalité – vous poussant à considérer des agrégats macroéconomiques – qui n’ont qu’une valeur d’indicateur abstrait – comme un compte d’entreprise.
      -Vous la voyez comme un corps collectif où chaque individu ne serait que la somme des individus divisée par leur nombre, agissant pour ce collectif, ce qui est aberrant. Un individu vient dans la société civile par hasard, mis au monde par ses parents, agit avant tout pour lui, car il ne doit de comptes à personne. Il a ses propres intérêts, et la société est composée d’individus aux intérêts très divers et divergents, par exemple les intérêts du producteur et du consommateur. Cependant, ceux-ci sont harmonieux et trouvent un équilibre, qui se manifeste par le prix. Cela rend très difficile la conceptualisation de ce qu’on appelle l’intérêt général. Favoriser les intérêts des uns défavorisera les intérêts des autres.
      -Vous tendez à voir la richesse comme étant le numéraire alors que le numéraire n’est qu’un intermédiaire entre 2 offres.
      -Vous comparez la compétitivité par rapport au salaire alors qu’il faut regarder le coût par rapport à la productivité, le transport, la corruption, le risque,…

      De plus, ce n’est pas vraiment une question de compétitivité, qui est un terme qui, je trouve, a une logique mercantiliste, mais d’équilibre. La question n’est pas d’être plus cher ou moins cher qu’un peuple étranger, mais de pouvoir satisfaire ses besoins économiques.
      Mes prix, je ne les fais pas en cherchant à être spécialement meilleur marché que mes concurrents, mais en cherchant avant tout ce qui me convient le mieux, me permet de gagner le plus ; et là, je sais que j’atteins l’équilibre.
      Le système fiscal et réglementaire français fait qu’il est très difficile de trouver cet équilibre, notamment dans les salaires, trop faibles pour les employés, trop élevés pour les employeurs, trop de bâtons dans les roues. L’offre ne rencontrant pas la demande sur le marché de l’emploi, cela ne peut qu’aboutir à une situation de sous-emploi. Ce n’est pas une question de Chinois, qui permettent de bénéficier de rééquilibrer le système.

      Avant d’accuser les Chinois, il faudrait commencer à balayer devant notre porte.