Hollande veut tous vous taxer, pas seulement les « riches »

Publié Par Juan Ramon Rallo, le dans Fiscalité, Politique

Hollande n’a pas pour objectif de taxer davantage les riches. Tout n’est que campagne marketing en vue de renforcer les impôts des classes moyennes et inférieures.

Par Juan Ramón Rallo, depuis l’Espagne.

Lysander Spooner déclarait que l’État est pire qu’un bandit de grand chemin, car ce dernier au moins n’essaye pas de prêcher ou encore de vous convaincre qu’il vous vole « pour votre bien » : le voleur arrache votre portefeuille, après quoi il passe son chemin, alors que l’État s’installe à vos côtés pour faire de vous non seulement un esclave économique, mais surtout un esclave moral.

L’État français n’est pas seulement une institution qui reçoit chaque année plus de la moitié de tous les revenus de ses citoyens ; il tente aussi de les persuader qu’ils payent toujours trop peu et qu’il est de leur propre intérêt de soumettre leurs avoirs personnels au Trésor de la République. Il n’y a pas non plus beaucoup d’alternative : une bande organisée qui ose piller des quantités astronomiques sur le dos d’un groupe de personnes peut nécessairement faire l’objet d’une rébellion potentielle qu’elle essayera d’apaiser et de contrôler par l’endoctrinement continu et le bombardement propagandiste.

C’est à cette fin que se met en place la célèbre offensive fiscale d’Hollande pour que les revenus de plus d’un million d’euros puissent être soumis à un taux marginal d’imposition de 75%. L’objectif, contrairement à ce que certains veulent faire croire, n’est pas d’augmenter les revenus de l’État français, puisque le résultat de la collecte de cet impôt est somme toute assez modeste, mais de tempérer les esprits des classes moyennes qui sont, elles, soumises à un régime fiscal aussi envahissant qu’étouffant. En d’autres termes, l’objectif de l’offensive fiscale d’Hollande est de rendre plus digeste à la majorité des Français aux revenus modestes la rapine fiscale auquel il les soumet – ceux qui représentent le véritable puits qui alimente le ministère des finances. Et cela en leur jetant en offrande sacrificielle la dépouille de quelques riches. Fondamentalement, il ne s’agit pas d’une taxe sur les riches, mais d’une campagne de marketing visant à renforcer les prélèvements fiscaux des classes moyennes et inférieures.

C’est pourquoi la réaction de Gérard Depardieu est plutôt bienvenue. Non pas parce qu’Obélix, l’irréductible Gaulois, se bat contre César François pour le bien du village, mais parce qu’en essayant de protéger ses biens dans son propre intérêt, il rappelle non seulement que tous les Français sont soumis à un authentique racket fiscal (tout ceux qui ne peuvent pas se défendre par eux-mêmes – autrement dit la plupart des classes moyennes – qui n’ont ni les ressources, ni les conseillers pour se protéger des canines du gouvernement), et souligne surtout la question réelle de fond : la fiscalité confiscatoire d’un État omnipotent.

Ainsi, Hollande n’a pas d’autres choix que d’entrer dans l’arène pour tenter de rediriger la colère sociale contre les exilés fiscaux comme Depardieu au lieu du vrai coupable : le vorace ministère des finances. Hollande insiste pour que les contribuables se rappellent au devoir de servir la France, c’est-à-dire l’État français, autrement dit Hollande lui-même. C’est le complexe revisité du Roi-Soleil. En fait, le plus grand service que les contribuables français peuvent faire à leur pays et à leurs compatriotes consiste à ne pas baisser la tête et à ne pas s’agenouiller devant les requêtes du percepteur. Ainsi, parmi les réponses possibles, ils peuvent voter très démocratiquement avec leurs pieds et en masse, en traversant la frontière, accélérant ainsi la décomposition de ce régime fiscal réactionnaire, paupérisant et oppressif. Ce que Hollande revendique n’est pas un service public, mais une servitude à l’État. Mais c’est seulement en réduisant la seconde option à la première, qu’il sera possible de canaliser la haine sociale contre l’exil fiscal traître en minimisant les cas similaires futurs, de désamorcer ceux qui croient qu’ils paient beaucoup d’impôts parce que les riches y contribuent peu et, finalement, de parvenir à contrôler un peu le pillage institutionnalisé flagrant dont bénéficie les politiciens, bureaucrates, lobbyistes et autres rentiers de toutes sortes. Il n’y a rien d’autre de plus à faire pour que se dégonfle toute cette rhétorique pompeuse de nos dirigeants d’États.


Article publié originellement sur Libre Mercado.
Traduit par JATW pour Contrepoints.

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  1. j’aimerais bien partir, mais la résidence que j’occupe est la propriété de mes enfants (sympas) je voulais qu’ils la vendeNT pour me loger dans un appartement, plus petit, les impôts locaux augmentant beaucoup chaque année, mais avec la taxe sur les résidences secondaires,plus 14% pour mon fils qui travaille aux USA je donne la moitié à FH . Et… résultat ils ne peuvent plus me reloger que faire ?? 10 ans, que je l’occupe.

  2. J’adore Juan Ramón Rallo que l’on a la chance de pouvoir lire, écouter à la radio et voir à la télé en Espagne. Une chose impensable en France.
    Autre motif pour partir de France : l’oxygène intellectuel que peut représenter la vrai liberté d’expression dans d’autres pays.

    Un exilé français en Espagne (et optimiste pour l’avenir de l’Espagne vs celui de la France )

  3. Nous élus de la République avons été trompé. On nous avait promis que l’argent des autres était une réserve inépuisable, et maintenant on nous demande de rembourser!! Etant élu depuis mes 16 ans, dans la JOC, puis les jeunesses socialistes, puis assistant parlementaire, puis maire adjoint-conseiller général-conseiller régional- trésorier régional. C’est ainsi pour le bien des citoyens que je n’ai jamais eut le temps d’apprendre à faire ce truc des fourmis que je dois diriger, le trat-vaille (est-ce ainsi qu’il convient de l’orthographier?). Et maintenant on me refuse un impôt sur les portes et fenêtres, et on me dit que mes obligations en emprunt grec ne valent plus rien, alors que je dois financer le 11ème jumelage de notre commune avec la ville péruvienne de Dinero del cielo… C’est un scandale de plus à porter au crédit de ces immondes vampires libérales, qui arriveront à nous empêcher d’avoir notre 34ème gymnase, pour une ville comptant tout de même plus de 3 000 électeurs. Morts aux banques, aux financiers requins, aux patrons et à tous ces voleurs du privé, rendez nous l’argent que nous vous devons!

  4. Oui, très fine analyse, encore une fois.
    Puisque les experts du billard a trois bandes de l’état français ont conçu les « 75% » pour exactement cela !!
    Malheureusement pour eux je pense que tout ce qu’ils vont réaliser c’est une accélération de la « décroissance » vers l’échec et mat final !!