La marge de manœuvre du président Hollande

Publié Par Michel de Poncins, le dans Politique

Le  futur président disposera d’une marge de manœuvre considérable s’il veut bien s’en servir. Cette marge existe d’abord dans les dépenses publiques qu’il faut détruire, et pas simplement diminuer.

Par Michel de Poncins.

La campagne électorale sera achevée quand ces lignes paraitront et sans que l’on sache le vainqueur à l’heure où elles sont écrites. Elle nous a offert un spectacle irréaliste. Des chiffres faux pour la plupart ont éclaté avec pas mal d’injures : menteries dans le brouillard. La crise fut invoquée car elle empêcherait de faire mieux. Les promesses intenables n’ont pas manqué en particulier sur le plan des économies et parfois sous une forme incantatoire. Ces promesses ne sont pas tenables à cause des candidats eux-mêmes qui, dans leur vie publique, ont montré maintes fois qu’ils étaient drogués à la dépense publique.

En fait, le futur président disposera d’une marge de manœuvre considérable s’il veut bien s’en servir.

Dans le système énarcho-socialiste en vigueur depuis des décennies et, ceci, quelle que soit la couleur apparente des gouvernements il n’y a jamais de marge de manœuvre : l’argent coule de source par des impôts et charges ; les dépenses s’enchainent sans limite. Aujourd’hui les prélèvements publics représentent grosso modo 56 % de la richesse nationale ; ce pourcentage donne la meure de la marge de manœuvre

Cette marge existe d’abord dans les dépenses publiques qu’il faut détruire.

Il s’agit bien de détruire et non pas de simplement diminuer. C’est le moment d’évoquer la suppression d’un fonctionnaire sur deux. En apparence judicieuse cette méthode n’est pas la bonne ; les salaires et avantages des fonctionnaires ne sont qu’une partie du problème.

L’essentiel se situe dans tout l’environnement : bureaux parfois en forme de palais, équipements, statistiques publiques et privées, flots de règlementations meurtrières pour les entreprises, etc. Détruire les dépenses c’est les couper à la racine et empêcher qu’elles reviennent.

Il faut évidemment commencer par les dépenses les plus ridicules, les plus idiotes et elles sont immensément nombreuses.

Des exemples

Voici des exemples :

La mode des observatoires s’est accélérée dans les années 1998. Comme rien ne peut jamais marcher dans les services prétendument publics, il arrive toujours un moment où l’on crée un observatoire en vue de mieux observer la catastrophe et d’enrichir un ou plusieurs camarades inoccupés . Voici une liste nécessairement trop courte et incomplète : l’observatoire de la démocratie, du pacs, des retraites, de la parité, des prisons, des salaires, de l’endettement des ménages, de la laïcité, des drogues, de l’accès aux soins, de l’Anpe, de l’enfance, de la mondialisation. Peut-être, dans ce désordre, existe-t-il un observatoire des observatoires !

Passons aux missions. Christinne Boutin qui était en panne fut chargée d’une mission sur la « mondialisation et ses conséquences sociales ». La mission est totalement inutile. La mondialisation est un fait extrêmement ancien dans l’histoire des hommes et, si elle comporte des aspects nouveaux, la France a une grande quantité de fonctionnaires qui auraient pu l’analyser sans dépenser davantage. Une fuite se produisit sur le montant extravagant de la rémunération attachée. Elle eût l’élégance de renoncer au pactole ; motus, cependant, sur les avantages indirects qui forment toujours des territoires inexplorés. Conservant la mission, elle disposait de trois salariés de très haut niveau ce qui implique une formidable pyramide : collaborateurs subalternes, locaux, dépenses adjacentes comme des voyages sympathiques puisqu’il s’agit de mondialisation, réceptions etc. Aucun calcul n’est possible sur la dépense correspondante. Michel Rocard dispose du train de vie princier d’un ancien premier ministre ; il a trouvé le moyen de se faire nommer « ambassadeur pour les négociations dans les pôles ». Cette luxueuse fonction implique aussi tout un environnement avec une pyramide de personnel. Elle doit gêner énormément les nombreux diplomates en charge de ces problèmes, s’il en existe, et capables de les gérer.

Ce scandale des missions est à rapprocher de celui des « rapports » que produisent les assemblées parlementaires et qui répondent au même objectif d’enrichir les camarades. Sur Internet, l’on peut lire plus de 8000 rapports produits par l’Assemblée nationale et dont personne n’a évidemment aucun besoin réel. Sénat, Conseil Économique, Social et Environnemental, fabriquent aussi leurs rapports. Tous les rapports de toutes ces assemblées sans exception sont des causes de ruine. Ce fut le cas du rapport commandé à Madame Tiberi par le Conseil Général de l’Essonne : « Réflexions sur les orientations du Conseil Général de l’Essonne en matière de coopération décentralisée » : que les intellos comprennent !

L’on pourrait évoquer les subventions innombrables qui atteignent des milliards. Elles servent souvent au bon plaisir des décideurs. Plus grave : beaucoup sont là pour enrichir les camarades qui président aux associations bénéficiaires. N’omettons pas les hauts comités et les hauts conseils ; sauf erreur, il n’y a pas de bas comités ou de bas conseils !

Un cercle vertueux

La suppression des dépenses entraînerait tout de suite le cercle vertueux car elle permettrait la suppression d’un ou plusieurs impôts. Là aussi il ne faut pas évoquer la simple réduction des impôts : si un impôt est seulement réduit, il renaîtra un jour de ses cendres. Inversement, la suppression totale d’un seul impôt aurait des effets multiples, à commencer par la disparition des bureaux s’en occupant, des formalités, des contentieux et de la paperasse. La visibilité étant forte, les conséquences le seraient également. Par ricochet, la richesse augmenterait. Les impôts restants verraient leur rendement s’accroître par un effet induit bien connu et observé dans tous les pays qui ont supprimé des impôts. Cet effet élargirait à nouveau la marge.

Le cercle vertueux n’ en finirait pas de se dilater. Bien sur il faudrait aborder , ensuite, des chapitres plus difficiles que les dépenses les plus inutiles mais le goût de la liberté, du travail et du profit reviendrait. Le chômage régresserait et redonnerait du mou aux ressources.

En attendant et quel que soit le résultat de l’élection la marge de manœuvre est là. Si personne ne la réveille, ce sera une belle endormie. Il n’existe pas de salle de dégrisement prévue pour les drogués de la dépense publique et de ce fait un scénario à la portugaise n’est pas exclu.

P-S : Depuis que ces lignes ont été écrites Hollande a été élu. En relisant, il n’y a rien à changer.

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  1. « Aujourd’hui les prélèvements publics représentent grosso modo 56 % de la richesse nationale ; ce pourcentage donne la meure de la marge de manœuvre »

    En fait, si on considère que les dépenses publiques sont de l’argent comptées une seconde fois, c’est bien 112% des richesses produites dans le pays qui sont dépensées par l’état, et non 56%.

    …ce qui explique pas mal de choses: l’état non seulement empêche l’enrichissement des Français, mais grignote en plus leur capital (à travers le patrimoine) ou l’hypothèque par l’accumulation de dettes, donc réduit leur niveau de vie.