Marine Le Pen, arbitre du second tour ?

Publié Par Vladimir Vodarevski, le dans Politique

Avec son score élevé obtenu au premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen va mettre le candidat de droite en difficulté, et favoriser ainsi la gauche, qui elle va s’allier avec l’extrême gauche.

Par Vladimir Vodarevski.

Les résultats du premier tour des présidentielles 2012 ont donné une belle victoire à Marine Le Pen, qui réussit la succession de son père de main de maître. L’importance de la participation renforce ce score. Elle a fait mentir les sondages, mais n’oublions pas que ces derniers ne sont que des calculs statistiques basés sur le passé. Il était difficile pour eux d’évaluer de nouveaux entrants comme Marine Le Pen ou Mélenchon.

L’électorat de Marine Le Pen est jeune, comme le montre par exemple ce sondage dans le Figaro.fr. Que cette tranche d’âge vote pour elle est un exemple de plus de l’absence de perspective qu’offre les politiciens au pays, et confirme ce qui a été écrit dans un article précédent, L’impasse.

En 2007, Sarkozy a gagné en donnant l’espoir d’un changement, remportant l’adhésion d’une partie des électeurs de Jean-Marie Le Pen. Il a déçu cet espoir.

L’entre-deux tours va montrer si les politiciens tirent des enseignements de ce vote. Mais il y a peu d’espoir. La gauche a pour habitude de ne tenir compte du vote FN que dans la mesure où il affaiblit la droite, et compte dessus pour les législatives. En imposant des triangulaires, Marine Le Pen va en effet mettre les candidats de droite en difficulté, et favoriser ainsi la gauche, qui elle va s’allier avec l’extrême gauche. Quant à la droite, il faudrait qu’elle fasse un mea culpa. Mais il aurait peut-être fallu présenter quelqu’un d’autre que Sarkozy pour, de manière crédible, incarner à nouveau l’espoir. Elle peut reprendre le discours de 2007, mais l’effet n’est pas garanti. Elle va peut-être durcir ce discours.

Si la tendance se confirme, Hollande président, victoire de la gauche aux législatives, la France sera à nouveau un pays de droite gouverné par la gauche.

Soulignons cependant la constance des français. En 2002, ils ont infligé un formidable camouflet à la classe dirigeante, et aux médias par ricochet. En 2007, ils ont choisi le candidat dont ils pouvaient espérer un changement. En 2012, ils réclamaient à nouveau un changement. Peut-être les français ne sont-ils pas si rétifs aux réformes finalement. Il faudrait peu de chose pour que quelqu’un de nouveau, avec un discours différent du discours politique actuel, prenne le pouvoir. Une telle personne pourra-t-elle émerger ?

—-
Sur le web

Laisser un commentaire

  1. « Peut-être les français ne sont-ils pas si rétifs aux réformes finalement. »
    Je le crois. Ce sont tous les rentiers du système qui y sont totalement hostiles. Élus, syndicalistes, hauts-fonctionnaires, planqués et subventionnés divers (artistes, journalistes, associatifs, copains). Tout ce petit monde n’a pas du tout intérêt à ce que le pays se réforme.