Peut-on régler le déficit en piquant dans la poche des « riches »?

Publié Par Contrepoints, le dans Fiscalité

Taxer les “riches” peut sembler une solution séduisante, mais elle ne tient pas la route lorsqu’on regarde les faits. Une note économique éditée hier par l’Institut économique de Montréal le démontre.

Article publié en collaboration avec l’IEDM

La plupart des pays industrialisés sont aux prises avec d’importants déficits budgétaires depuis le début de la crise financière en 2008. Parmi les solutions souvent proposées figure celle d’alourdir le fardeau fiscal des « riches ». Aux États-Unis, à la suite d’une intervention du milliardaire Warren Buffett, le président Barack Obama a suggéré au Congrès d’imposer davantage les plus riches. C’est également le cas en France qui vient d’adopter une surtaxe « temporaire » de 3% sur les revenus dépassant 250.000 euros et de 4% sur ceux qui dépassent 500.000 euros. Là aussi, des citoyens fortunés ont suggéré cette piste, dont l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt. Ailleurs en Europe, le Royaume-Uni, le Portugal et l’Italie ont tous augmenté leur taux d’imposition des tranches de revenu les plus élevées.

Des voix s’élèvent aussi ici au Québec pour réclamer une hausse des impôts des « riches » afin d’endiguer l’endettement massif du gouvernement. Dans une Note économique publiée hier par l’Institut économique de Montréal (IEDM), on apprend que pour éliminer le déficit de 3,8 milliards de dollars du gouvernement québécois cette année, il faudrait que le taux d’imposition des contribuables gagnant 250.000$ et plus dépasse les 100%. « Il est peu probable que des gens soient motivés à travailler, à épargner ou à investir si le fisc leur soutire la totalité de leur rémunération au-delà d’un certain plafond », ironise Michel Kelly-Gagnon, président-directeur général de l’IEDM et auteur de la publication.

D’ailleurs, le ministère des Finances du Québec estime qu’une hausse de 1,00$ de l’impôt sur le revenu des particuliers réduit le PIB de 0,76$. À terme, une augmentation de l’impôt sur le revenu de 3,8 milliards de dollars entraînerait donc une diminution du PIB de 2,9 milliards de dollars, ce qui engendrerait… un nouveau déficit.

Taxer les “riches” peut sembler une solution séduisante, mais elle ne tient pas la route lorsqu’on regarde les faits. Ceux qui affirment vouloir équilibrer le budget grâce à la fiscalité devront avoir l’honnêteté de reconnaître qu’il faudra alourdir le fardeau fiscal de tous les travailleurs, pas uniquement des contribuables considérés comme aisés, affirme M. Kelly-Gagnon.

À la lumière de ces chiffres, il devient clair que l’atteinte de l’équilibre budgétaire, ici comme ailleurs, devra passer avant tout par une réduction des dépenses publiques. Simplement en revenant au seuil de dépenses de 2009-2010, il y a à peine deux ans, le gouvernement du Québec dépenserait 6 milliards de dollars de moins et se retrouverait avec un surplus budgétaire de 2,2 milliards.

Ralentir le rythme d’augmentation des dépenses du gouvernement, soit l’objectif actuel, n’est pas suffisant. De manière réaliste, il est possible de les réduire de façon absolue. Au Québec par exemple, réduire les subventions aux entreprises pour qu’elles équivalent à celles de l’Ontario sur une base par habitant ferait économiser 2,5 milliards de dollars annuellement, propose l’auteur de la Note.

La Note économique intitulée « Peut-on régler le déficit en pigeant davantage dans la poche des « riches »? », préparée par Michel Kelly-Gagnon, président-directeur général de l’IEDM, en collaboration avec Youri Chassin, économiste à l’IEDM, peut être téléchargée sans frais sur le site de l’Institut économique de Montréal.

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  1. L’augmentation des impôts revient à un transfert de richesses : des gens qui ont travaillé et gagné honnêtement leur argent se voient dépouillés au profit d’autres qui n’ont rien fait pour le mériter (le nivellement par le bas). Cette politique, menée trop largement, conduit à la faillite!

      1. L’argent pris aux riches ne va pas dans la poche des pauvres. Sinon, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de pauvres.

        Il reste entre les mains de ceux qui vivent du système étatiste : 600 000 élus et leurs affidés, des milliers de cachetonneurs dans les comités théodules, des milliersde profiteurs de tout bord, du syndicaliste au haut fonctionnaire devenu patron d’entreprise semi-publique, et à toutes les professions protégées, comme les artistes ou les journalistes.

  2. Pourquoi dépenser des sommes folles à poursuivre les riches quand, avec un speech de cinq minutes à la téloche, les masses sont convaincues de contribuer au bonheur universel en se faisant tondre par le fisc ?

  3. D’après l’Institut économique de Montréal, il serait donc «complètement irréaliste» d’éliminer le déficit en augmentant les impôts des plus riches à 67,2% pour les revenus au-delà de 128 800 $.

    Je vous invite à lire l’article intitulé «À combien étaient imposés les plus riches lorsque l’économie allait bien?» À sa lecture, vous constaterez que ces taux d’imposition n’ont rien d’irréalistes. Au contraire! Durant la longue période de prospérité des années 1945 à 1980, les taux d’imposition des plus riches étaient plus élevés que le taux jugé «complètement irréaliste» par l’Institut économique de Montréal.

    http://socioeconomie.wordpress.com/2011/12/11/iedm-propose-de-reduire-les-subventions-aux-garderies-plutot-que-de-hausser-les-impots-des-plus-riches/