Port d’arme obligatoire !

Publié Par h16, le dans Édito

Chaque jour qui passe montre à qui veut le voir que ne pas pouvoir ou ne pas savoir se défendre, ou défendre les siens, peut coûter fort cher. À soi-même, bien sûr, mais aussi au reste de la communauté. Dès lors, il apparaît parfaitement logique que soit rapidement imposée, à tous, l’obligation de porter une arme à feu sur soi.

Il n’est qu’à lire les actualités pour constater qu’un bon gros calibre des familles s’impose de plus en plus dans la poche du quidam. Combien de Laëtitia sauvées si l’obligation légale de porter une arme était enfin votée ? Combien de jeunes passés à tabac évités si le risque était quasi-certain de se prendre une volée de plomb dans l’arrière train ? Combien d’agressions homophobes empêchées grâce à la présence obligatoire d’un ou deux .44 habilement dégainés ? Combien de consternants ahuris débarrasseraient le plancher sous la pluie de plomb largement méritée qui les accompagnerait systématiquement à chacune de leur sortie sur le terrain délicat de la politique pipeautresse ?

Vraiment, il n’y a aucun doute, il faut absolument obliger les gens à porter une arme à feu sur eux.

Mmmhh ?

Hardballer .45

A ce point de mon billet, je pense que certains sont déjà perdus, et vont hurler rapidement, dans les commentaires, ou depuis d’autres blogs ou forum, que je suis un dangereux fasciste réclamant l’obligation du port d’arme et l’ouverture de la chasse au faible à bout touchant.

Certes, ils n’auront pas totalement tort ; depuis que je me suis mis à la cuisine du bébé communiste, une fois par mois dans le cadre des rencontres des Libéraux Cocophages Francophones (il existe une phalange pour chaque langue, dites-donc), j’ai, régulièrement, des pulsions de meurtres sanglants, de préférence avec de gros calibres qui envoient plein de petits bouts de métal chaud afin d’éparpiller les chairs dans les gerbes les plus cinématographiquement esthétiques.

MAIS … Avec deux sous de bon sens, et une dose de libéralisme authentique aussi chevillée au corps que la foi aveugle dans un destin messianique l’est à celui de Ségolène Royal (c’est dire si c’est du solide !), personne ne peut demander – libéralement parlant – l’obligation pour tout un chacun de porter une arme à feu sur soi.

Une telle obligation est en effet parfaitement contraire à la morale. Et elle est surtout très inefficace puisqu’il suffit que certaine proportion d’individus consentants disposent d’un tel droit (et non d’une obligation) pour que les effets bénéfiques se fassent sentir.

Cependant, si j’ai formulé si ridicule proposition, c’est parce qu’elle est, en réalité, en parfaite application de la logique socialiste (même si ces derniers, lisant cela, feront de gros yeux qu’ils lèveront bien vite vers le ciel en disant « mais non pas du tout mais enfin c’est un scandale argh » et autres simagrées auxquelles ils nous ont habitués).

Eh oui : il existe une autre chose que ces derniers nous ont, bel et bien imposés, pour la même raison d’absolue nécessité de se protéger, soi-même et nos proches. Nous sommes tous absolument contraints, quoique nous fassions, à contracter une assurance maladie même si nous n’en voulons pas. Et si on nous l’a imposée, c’est bien pour nous protéger quoi qu’il arrive, même contre notre gré.

C’est d’ailleurs le même raisonnement que cinq juristes du Dakota du Sud tiennent en ce moment même, au point d’avoir déposé un projet de loi pour cet état imposant aux résidents de 21 ans et plus de se munir d’une arme « suffisante à leur auto-défense ordinaire ».

Ces juristes savent pertinemment que leur proposition de loi sera rejetée, mais ce n’est pas le but poursuivi par la manoeuvre qu’ils ont employé :

« Do I or the other co-sponsors believe that the state of South Dakota can require citizens to buy firearms? Of course not. But at the same time, we do not believe the federal government can order every citizen to buy health insurance. »

« Est-ce que moi ou les autres co-auteurs pensons que l’Etat du Dakota du Sud peut obliger les citoyens à acheter des armes à feu ? Bien sûr que non. Mais en même temps, nous ne pensons pas plus que le gouvernement fédéral peut imposer à chaque citoyen de contracter une assurance santé. »

Cette démarche s’inscrit en fait dans la fronde qu’organisent actuellement les états qui refusent de plus en plus clairement d’instaurer l’Obamacare sur l’ensemble du territoire américain. Lundi dernier en effet, le juge fédéral de Floride, Roger Vinson, a déclaré la loi Obama inconstitutionnelle. Comme on peut le constater, la situation est bien plus complexe que ce que la presse, de ce côté-ci de l’Atlantique, voulait laisser croire, avec son découpage manichéen et les bons (i.e. les démocrates pro-réforme Obama) d’un côté, et les obscurantistes anti-réforme de l’autre (notamment composée de ces abominables partisans des Tea-Parties dont chacun sait, ici, qu’ils sont tous des fêlés de la gachette).

Et tout comme ces juristes, il va évidemment de soi que je ne veux pas, même de loin, une obligation de port d’arme pour tous les adultes jugés responsables ; il me semble absurde d’obliger les individus à s’armer, et il me semble pareillement absurde de les obliger à s’assurer. Si leur sécurité leur appartient, leur santé aussi.

L’appeau à troll est placé. Combien seront-ils ?
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  1. Pour que la comparaison tienne, il faudrait que la société -nos impôts- refuse clairement de soigner les blessés s’ils n’ont pas d’assurance. On les laisse crever et point barre.
    Le rôle de l’assurance n’est pas seulement pour le plaisir de veiller à notre sécurité, ça découle simplement du refus de laisser crever ceux qui n’ont pas les moyens.

    Et franchement, entre une société qui laisse les cadavres traîner et une qui impose aux gens de se soigner, le choix est vite fait pour la plupart des personnes.

    Quant aux USA, la comparaison est également difficile, vu qu’ils ont leurs propres systèmes de santé existants… Simplement, l’analogie avec les armes n’est pas bonne. Même si c’est de la pure provoc’, faut quand même essayer de faire des trucs qui tiennent la route. ;)

    1. « Pour que la comparaison tienne, il faudrait que la société -nos impôts- refuse clairement de soigner les blessés s’ils n’ont pas d’assurance.  »

      Non.

  2. mmm… loin de moi l’idée de troller, mais il me semble que l’assurance santé obligatoire est liée à une forme de consensus sur le tort que créerait à la collectivité le spectacle (par exemple) d’une femme mourant en couches à la porte d’un hôpital, faute d’assurance santé. Le scandale que chacun en éprouverait, le conflit moral qui en résulterait pour le personnel de l’hôpital en question représenterait un préjudice trop fort pour la collectivité. L’assurance santé n’assure pas notre santé, elle assure le confort moral de nos concitoyens: pour peu qu’on crève, ce ne sera pas leur manque de charité qui sera en cause. Dès lors, l’obligation ne paraît pas si absurde. Si?

  3. Elle devient absurde à partir du moment oú les impératifs de gestion empiètent sur nos libertés et notre capacité à se sustenter par une activité rémunératrice digne, par exemple en imposant la surtaxe des revenus, sans compter les problèmes inhérent à toute collectivisation, déresponsabilisation, parasitisme, massification et fraude entre autres.
    Les inconvénients l’emportent de loin sur les avantages , au point de paralyser l’économie d’un continent tout entier comme l’Europe. La charité ou la solidarité sont là pour pallier au insuffisances de la libre assurance mutuelle, nous n’allons pas réduire au servage une population sous prétexte de lui éviter la vue des misères de l’existence .

    1. Ne fantasmez pas non plus, attribuer à l’assurance (ou aux assurances, l’obligation tout court peut se faire de différentes manières) le pourrissage économique, le tout allié à une dose de démagogie à base se servage. c’est quand même n’importe quoi.

      Votre raisonnement est par ailleurs fallacieux. Vous ne vous basez que sur un principe général qui est que les inconvénients seraient toujours et nécessairement plus forts que les avantages, ce qui exclue toute nuance et toute rationnalité. Par exemple ici vous ignorez complètement la majeure partie du message initial, à savoir les problèmes de choix éthiques.

      L’extrémisme n’est jamais bon, et il est préférable d’analyser une situation rationnellement plutôt que de porter des jugements à l’emporte-pièce basés sur des principes généralisants exagérés. On peut améliorer les systèmes actuels et les rendre plus libres et moins contraignants, mais ce n’est pas en refusant d’analyser la situation qu’on avancera. La rationnalité doit prédominer, surtout lorsque l’on veut changer des concepts aussi importants.

  4. Il me semble que vous ne savez pas lire, ce raisonnement très répandu dans la sphère économique s’appuie sur le constat de paralysie de maint pays d’europe par la taxe sociale, allant jusqu’ àu taux de chomage à 25% en Espagne. Ce que craignent justement les républicains des Etats-Unis, c’est le pourrissement par la sécurité sociale, symptôme avéré par l’école libérale. Ce qui est extrème c’est bien sûr le totalitarisme des frileux et autres pusillanimes

    1. Ce qui est extrême c’est plutôt d’assimiler la moindre notion dite « sociale » à un totalitarisme socialiste aux effets destructeurs, ce que vous ne vous êtes pas privé de faire.

      Un peu de nuances que diantre ! La question de la sécurité sociale n’est pas nécessairement la même que l’ensemble des autres mesures sociales, on pourrait réduire les impôts en la laissant. Et même par-dessus ça, cette question peut être abordée de nombreuses manières et même une obligation d’assurance pourrait être faite très différemment, sans être par exemple incompatible avec la liberté de choix (cf assurances auto).

  5. @Gilles,
    Vous parlez de nuance mais vous ne pratiquez pas ce que vous prêchez en caricaturant le cas de ceux qui n’ont pas d’assurance (« on les laisse crever »).

    Dans l’immense majorité des pays où l’assurance santé n’est pas obligatoire, y compris aux USA, tant que l’Obamacare (qui risque de passer à la trappe, ne vous en déplaise) n’est pas encore imposée, vous croyez sérieusement qu’on « laisse crever » ceux qui n’ont pas d’assurance santé ?

    1. Oui, effectivement. Il suffit de regarder ce qu’il s’y passe, la quantité de gens incapables de se soigner correctement. « laisser crever » est certes un peu fort, d’autant que beaucoup de gens fantasment effectivement sur le système de soins US en imaginant que tout le monde y est dans la merde, mais il reste tout de même un bon nombre de problèmes. Bien aidés par les problèmes légaux, il est vrai (poursuites pénales en cas de problème médical, assurances, etc – d’ailleurs la réforme d’Obama n’est pas entièrement mauvaise puisqu’elle essaie aussi de s’attaquer à ce problème).

      Bref, pour en revenir à nos moutons, le problème reste exactement tel que décrit: l’assurance obligatoire est là par choix éthique avant tout. Ce qui n’empêche pas, comme je l’ai souligné, d’introduire une liberté de choix tout en gardant ladite obligation.

      Au passage, il faut aussi songer à prendre en compte les diversités culturelles. Ne vous/nous en déplaise, les Français sont bien plus habitués à centraliser et jouer la solidarité forcée là où les Américains sont eux, habitués à user d’individualisme tout en entretenant la société (solidarité libre). Le système très socialiste de la France n’est pas là par hasard. Même s’il y a des dérives socialistes, beaucoup d’ignorance, et une diabolisation du libéralisme d’un ridicule absolu, il y a aussi une certaine volonté. Et autant on peut faire évoluer les choses vers une société moins étatique et socialiste, autant il est pragmatiquement utopique d’imaginer qu’un jour les Français réussiront à comprendre la philosophie libérale. Du moins, ni à court ni à moyen terme.
      Tout ça pour dire, donc: l’abandon de la Sécu c’est dans vos rêves. Par contre le passage en douceur à un système laissant de plus en plus de choix, là c’est plus réaliste.

      Hm, ceci dit il se fait tard et je diverge…

  6. Le Colt .45 est allongé. Je le préfère en version originale, finition bleuie, merci. Et puis un de ces petits revolvers 5 coups Ruger à désignateur laser intégré me semble plus adapté à l’autodéfense. Mais la bonne vieille série 1911 a de la gueule…

  7. Billet excessif et contreproductif, il suffit de le montrer en exemple pour démolir tout le boulot d’information faite sur ce site. h16 une taupe socialiste ?

      1. Soit vous êtes convaincu de votre cause et dans ce cas il vaudrait mieux être pédagogique et modéré, soit vous n’en avez cure et cette tribune ne vous sert que de défouloir. En l’occurrence Gilles à raison c’est une question d’éthique qu’on pourrait éventuellement aborder sur la dernière marche. Pour l’instant la France part du 36eme sous-sol coté libéralisme et je gage que ce genre de provocation n’est pas de nature à lui faire monter une quelconque marche libérale.

        Cela dis je conçois que nager au milieu de ce climat politique surréaliste avec vos médias (humoristique?) dopé façon pravda puisse rendre « nerveux » mais un bon hurlement en foret les nuits de pleine lune devrait suffire à vous redonner ce calme libéral qui sied si bien au teint. ;)

        « Troll » Blob

        1. h16h16 Auteur de l’article

          Le libéralisme, malheureusement, n’a que faire des tièdes. On en a connu tant et plus qui n’ont rien amené, ou, pire, ont perdu cette idée à force de compromis.
          L’extrémisme dans la défense de la liberté n’est pas un vice, et pire, la modération dans la poursuite de la justice n’est pas une vertu.

    1. Allons allons, pour une fois qu’on a un article de h16 qui fait de la provoc’ sans être trop violente… Souvent c’est assez nul (la provoc du type « nanananèreuh j’te pointeuh du doigt en rigolant bêtement » n’a pas sa place AMHA sur un site qui se veut informatif et, je suis d’accord, détruit l’énorme potentiel pédagogique que pourrait avoir ce site qui présente parfois des articles frisant l’excellence), mais là ça passe encore. Non ?

  8. @Gilles,
    S’il faut parler de problème, pourquoi vous ne parlez pas des problèmes de la sécu française, d’une médecine à deux vitesses, des hôpitaux engorgés, du personnel en crise de nerf, des accidents multiples aux urgences débordées, du déficit abyssal, des vieux qu’on laisse dans un état de santé déplorable à la campagne faute de médecins… Le système français est en déroute, il suffit de comparer les conditions de soins dans une clinique bien côtée et dans un hôpital universitaire où les plupart des actes ne sont même pas assurées par des infirmières mais par des aide-soignants à l’insu des patients, trop faibles, trop déshumanisés et parfois trop humiliés pour protester. S’il était si bien que ça, comme voudraient le faire croire nos médias franchouillards, il serait copié partout dans le monde, ce qui n’est pas le cas, pourquoi d’après vous ?

    D’autre part, l’effet pervers que vous semblez ignorer, c’est que la solidarité forcée conduit à la déresponsabilisation et à plus d’individualisme et non moins ! Dans l’immense majorité des pays où l’assurance santé n’est pas obligatoire, c’est la solidarité familiale et sociale qui prend le pas à la place d’une machinerie bureaucratique où vous n’êtes qu’un anonyme à numéro. Les gens sont obligés de facto d’aider les autres et de s’intégrer dans un tissu familial et social pour espérer se faire aider. Alors, si on devait passer par l’argument éthique pour justifier l’assurance santé obligatoire comme vous tentez de le faire, rien que ce fait mettrait à mal votre chantage moral. D’autre part, le fait d’imposer une assurance obligatoire (et monolithique dans le cas de la France) a un autre effet pervers bien plus pernicieux : c’est celui de l’empiètement bureaucratique sur les libertés individuelles. Si l’état est chargé de vous soigner, ça veut dire qu’il peut vous obliger à adopter un mode de vie « sain » pour le bien de la collectivité, prétexte dont il ne se gêne pas d’user avec l’inflation de réglementations et « recommandations » sur la cigarette, le taux de sel, le taux de sucre, le type de graisse, le poids idéal…

    En cela, je suis d’accord avec vous qu’il faille introduire le choix de l’assurance santé, un peu comme le système suisse et non laisser un monopole défaillant comme la SS, mais n’empêche que vous ne pouvez pas faire comme si les conséquences inattendues de ce genre d’interventionnisme n’existent pas. Quand on raconte une histoire, il faut raconter TOUTE l’histoire, pas juste le chapitre qui nous arrange.

    1. Ah, mais je n’ai pas parlé de tout ça parce que je parlais de la comaparaison et du système US, ça ne veut absolument pas dire que je n’en ai pas conscience !
      Les problèmes d’engorgements, de finances, de déresponsabilisation, etc etc je les connais, ne vous en faites pas. Il y a des choses à modifier dans le régime actuel, c’est certain; je parlais d’ailleurs de modifications en douceur, pour aller tranquillement vers un régime plus sain, car les Français sont et seront extrêmement susceptibles sur le sujet. La Sécu, c’est un peu le service public ultime aux yeux des gens, et ceux-ci auront très peur dès qu’on y touchera; surtout si c’est pour briser un monopole public, alors même que cette notion est assimilée à une baisse de qualité pour la majorité des gens.

      Me concernant, cependant, je vous avouerai ne pas avoir forcément une position personnelle extrêmement claire sur le sujet, au delà des analyses rationnelles. Par exemple j’ai pu voir qu’aux Pays-Bas, le système justement plus libéralisé a réglé des problèmes, mais au détriment de la qualité des soins. Donc les choses ne sont pas évidentes, et pour avoir un avis tranché il faudrait aller bien au delà des positions de principes ou d’analsye basiques, et étudier la chose en profondeur; ce que je n’ai pas vraiment le temps de faire. C’est aussi pour ça que je n’avais pas parlé du système français, quitte à faire les choses de manière trop superficielle, je préfère encore ne rien dire. ^^ »

  9. @ miniTax

    Sauf qu’en Suisse le système privé est faussé par l’Etat, qui oblige les citoyens à contracter une assurance de base. Cela a pour conséquence que cette assurance de base devient toujours plus chère, contrairement aux assurances complémentaires qui sont totalement libres.

  10. Dans la plupart des médias d’information, on a une partie qui se veut plus récréative et caricaturale, histoire de provoquer un peu, mais surtout aussi de rappeler que nous avons la liberté d’expression, et d’encourager les lecteurs à faire preuve de recul et d’esprit critique envers ce qu’ils lisent.

    Je ne pense donc pas que cela nuise à la qualité du site dans son ensemble ou à son côté pédagogique. Ceux que ces articles incommodent sont libres de ne pas les lire ou y répondre, et ceux qui veulent se défouler avec h16 dans un point-de-vue qui pour une fois est pro-libéral, peuvent en profiter…

    1. Récréatif pour qui ? Pour l’auteur je n’en doute pas, mais je ne vois guère l’intérêt de jouer le jeu des médias et politiques en faisant passer les libéraux pour des extrémistes débectants.

      Trouvez moi un seul média d’information qui, pour se divertir, insulte ses lecteurs ?

      Imaginez les personnes non libérales mais convaincables qui viennent ici, voient d’excellents articles comme ceux sur l’origine des crises économiques, puis tombent ensuite sur un article où les libéraux passent pour extrêmistes intolérants, c’est dangereux.
      Si je ne me trompe pas, le Sieur h16 a déjà un site pour ce genre de chose, je ne vois pas l’intérêt de venir déposer ici des articles qui n’ont rien à voir. Et encore une fois ce n’est pas une question d’humour -ça au contraire c’est très bien d’en mettre- mais du mépris qui suinte desdits articles.
      Vu la pédagogie de certains articles, les non-libéraux font manifestement partie de votre cible de marché, et il serait dommage de vous en priver en les méprisant ainsi. Tout le monde n’a pas le recul pour passer outre ce genre de chose en se contentant de se boucher les oreilles quand on l’insulte, quand bien même l’insulteur lui expliquait gentiment des trucs juste avant.

  11. Les médias considèreront de toute manière les libéraux (ou comme ils aiment à les appeler « les ultralibéraux ») comme des « extrémistes débectants », des extrêmes-droites, utltra-conservateurs proches de G. W. Bush ou Hitler, qui n’ont que pour but de réduire les pauvres à l’esclavages pour se payer des gros 4×4 polluants et qui sont bien entendu responsables de tous les maux de la Terre.

    Ce genre de propos insultants, on ne les lit que trop souvent dans les médias francophones, et même pas dans les articles caricaturaux, mais dans les « analyses » très sérieuses du spécialiste M. Machin qui dans le civil est fonctionnaire.

    L’humour est souvent une question de second degré. A partir du moment où un article est écrit sous le sceau de l’humour, on peut légitimement espérer que ses attaques ne sont pas du mépris, mais du second degré. Je plaide donc la présomption d’innocence (qui est une valeur libérale, d’ailleurs).

    Enfin, les gens qui sont du genre à juger la crédibilité d’un site sur un seul article ou d’un seul auteur n’ont certainement pas les prédispositions à devenir un jour libéraux, car cette attitude montre bien qu’ils n’accepteront jamais l’idée de l’individualisme.
    Il n’y a donc pas à s’en faire pour eux.

    Par contre, ceux qui sont ouverts, qui cherchent, qui ont des dispositions à se laisser convaincre, ne vont pas se laisser arrêter à cela, peut-être même que certains, en voulant répondre à la provocation, y trouveront leur voie…

  12. « Ce genre de propos insultants, on ne les lit que trop souvent dans les médias francophones »

    Alors quel est l’intérêt d’enfoncer le clou en se comportant exactement de la même manière ? N’en a t-on déjà pas assez des socialistes intolérants pour en plus laisser les libéraux intolérants gâcher le travail des pédagogues ?

    « Enfin, les gens qui sont du genre à juger la crédibilité d’un site sur un seul article ou d’un seul auteur n’ont certainement pas les prédispositions à devenir un jour libéraux »

    Imaginez un peu que vous alliez discuter avec un charmant personnage, qui vous explique gentiment des notions que vous ne maîtrisez pas ou mal. Et que ce personnage, à intervalles réguliers, vous agresse avec un ton méprisant et insultant. Ne pas aimer se faire prendre de haut n’a aucun rapport avec l’individualisme, c’est simplement une notion… « humaine » (si tant est que je puisse utiliser ce terme phagocyté par les socialistes).
    De la même manière, la différenciation entre ceux qui sont prêts à se laisser insulter et ceux qui ne le sont pas n’a rien à voir avec ceux qui sont prêts à accepter tout ou partie des idées libérales (ou simplement comprendre leur nature) et ceux qui ne le sont pas.

    De manière générale, ça revient simplement à la relation entre un mouvement d’idées et ses extrémistes. Les communistes provoquent le rejet des socialistes chez pas mal de personnes; l’extrême-droite provoque le rejet de la Droite également chez un bon nombre de personnes. Et l’anarcho-capitalisme à la sauce « je t’insulte parce que t’es pas comme moi » a le même effet. La différence entre ces 3 cas est que le libéralisme est mal compris et par défaut rapproché de certains extrêmes dans les croyances populaires, ce qui multiplie l’effet de cette relation. On a déjà bien assez à faire pour expliquer que le libéralisme n’a rien à voir avec ce qu’en font l’UMP et consorts pour ne pas avoir en plus avoir à réparer les dégâts similaires produits par les extrêmes qui ne savent pas se tenir.

    Pour ma part, je considère que les extrêmistes nuisent quasi-systématiquement au débat politique. Ceux qui j’ai vu capables de se tenir sans virer « pitbull » se comptent sur les doigts de la main… Tous bords confondus.

  13. Il y a un temps pour tout, pour la discussion argumentée qui implique de ne pas lancer d’attaques ad hominem à l’encontre de son interlocuteur et un temps pour la critique des options politiques aberrantes dont l’humour est un des modes.

  14. Et les deux méritent-elles d’être mises sur le même point ?

    Concrètement, je vais vous illustrer mon malaise: je passe pas mal de temps à discuter sur internet, à avoir des discussions politiques où je m’efforce de détruire les préjugés et expliquer le libéralisme.
    C’est un exercice difficile vu la pénétration des préjugés habituels, mais je suis aussi aidé par ma position personnelle qui n’est pas 100% libérale (je suis capable de comprendre mes interlocuteurs et tranquillement les aiguiller sans heurt). Contrepoints m’est très utile dans cette tâche, car nombre d’articles sont très pédagogiques.

    Pourtant, je ne donne jamais l’adresse de ce site, ou alors uniquement en dernier recours.
    Pourquoi ? A cause précisément des articles de h16, car je sais que les personnes que j’y enverrais ont des ouvertures grâce aux doutes, elles sont « malléables ». Le bon article aura une influence positive, mais il suffira qu’elles visitent un peu le site, qu’elles tombent sur l’un de ces articles provocateur et méprisant pour qu’elles fuient à tire d’aile.

    Vous comprenez mon sentiment de gâchis ? J’ai une énorme réserve d’arguments à disposition que je ne peux pas utiliser dans sa forme brute… C’est dommage.

    (et encore une fois, l’humour ne pose pas de problème, bien au contraire. C’est le mépris et le ton insultant, qui en posent)

  15. Contrepoints doit avoir des points de vues diversifiés, au sein du libéralisme. Nous avons eu le témoignage exactement inverse : que des gens ne dirigent les non convaincus que vers H16, parce qu’il est drôle (des goûts et des couleurs). Je l’ai fait moi même avec succès. Nous ne convaincrons ni ne dégouterons personne sur un article. Ce qui compte c’est la durée. Notre fréquentation monte de façon tranquille mais robuste, jusqu’ici le mix que nous proposons semble plus attirant que repoussant. Libre à chacun de boycotter tel ou tel auteur et de lire les autres articles. Nous comprenons votre souci, nous apprécions beaucoup le compliment que vous nous faites au passage, et nous continuerons aussi avec une part un peu plus provocante, voire moqueuse. Et puis, on lit bien pire sur la droite, ou supposée telle, sur 99,99% des médias et du web. Au bout du compte, nous sommes très modérés par rapport à tout cela.

  16. Pour épargner aux âmes sensibles le triste spectacle des pauvres qui meurent devant les hôpitaux faute d’assurance santé, il semble utile de rappeler qu’aux USA, la prise en charge santé des plus pauvres (medicaid) et des plus vieux (medicare) est TOTALE et GRATUITE depuis 1965. Est-il également nécessaire de rappeler que ces programmes de santé (obligatoires car financés par l’impôt) représentent déjà 6% du PIB US et le troisième poste de dépense du budget fédéral ? Voir http://www.cms.gov.

    En France, commençons par supprimer les mutuelles dont le coût de fonctionnement est supérieur à celui de la sécu (si, si) alors qu’elles ne couvrent même pas 20% des dépenses de santé ! Tout le monde à 100% !

    Poursuivons en retirant la gestion des IJ à la sécu (hors pathologies lourdes) pour la confier aux assurances privées (un système d’assurance libre avec un bonus/malus calmerait sûrement les professionnels de l’arrêt intempestif). Sans effort, on peut concevoir quelque chose d’équivalent pour les médicaments. IJ + médicaments confiés aux assurances privées librement choisies : voilà qui permettrait d’alléger singulièrement et rapidement le monstre sécu.

  17. Je n’ai pas besoin d’imaginer, j’ai déjà discuté avec des gens dont je n’aimais pas le ton qu’ils employaient. Cela ne m’a pas arrêté pour reconnaître le côté pertinent de leurs propos, et d’adhérer à leurs arguments, parce que je m’intéressais plus au contenu qu’à la forme.

    Je ne crois pas que h16 soit la cause principale de l’incompréhension du libéralisme dans le monde, ses articles ne me dérangent donc pas plus que cela. Et quand je veux diriger quelqu’un vers un site libéral, je donne plutôt celui de bastiat.org qui a mon sens expose de manière bien plus pédagogique le libéralisme classique, que les articles de ce site qui ont plutôt une fonction de présenter l’actualité sous un autre angle et de soulever l’intérêt ou le débat.

  18. @Gilles,
    Si, comme vous le reconnaissez vous-même, vous n’avez pas étudié la chose en profondeur, comme pouvez-vous affirmer aussi catégoriquement que les Français « auront peur qu’on touche à leur sécu » ?

    L’argument que c’est le service public ultime, donc prétendument intouchable est celui systématiquement avancé par les étatistes mais il ne repose sur rien de crédible. Il y a plein d’autres « services publics ultimes », comme la Poste, les télécoms ou l’EDF & GDF, voire la SNCF, défendus farouchement à chaque fois par les corporations mais qui ont été privatisés sans problème. De plus, la sécu n’a rien d’un service public ultime vu qu’en amont, il y a déjà une grande inégalité par les cotisations facultatives aux mutuelles et en aval, la majorité des soins est assurée par le système hospitalier… privé (de mémoire plus de 60% !).

    La réalité est que ce n’est pas les Français qui veulent garder la sécu mais l’état français, qui par manque de volonté politique et par corporatisme fait tout pour désinformer et pour étouffer toute vélléité de liberté de choix de l’assuré afin de maintenir le monopole de la sécu (pour des raisons trop longues et hors sujet pour être exposées ici), cf les détails par ex. sur le blog de Laure Allibert.

    Les Français savent parfaitement estimer le niveau de service et le rapport bénéfice/coût qu’un prestataire peut leur offrir dans quel que domaine que ce soit, que ce soit l’assurance automobile (pleins de gens préfèrent une assurance au tiers et non du tout-risque), les assurances-vies ou les mutuelles volontaires. Il n’y a aucune raison que ce soit différent avec l’assurance santé donc c’est absurde d’affirmer qu’ils préfèrent le monopole à la liberté de choisir. Si vraiment ils préfèrent garder la SS, ce qui pour l’instant relève de la croyance, ce serait parce que la désinformation et la méconnaissance du sujet est totale, la preuve avec vous.

  19. « Si, comme vous le reconnaissez vous-même, vous n’avez pas étudié la chose en profondeur, comme pouvez-vous affirmer aussi catégoriquement que les Français « auront peur qu’on touche à leur sécu » ? »

    Vous avez déjà discuté avec les gens autres qui libéraux ?
    La sécu est avec l’Education le symbole des services publics. A côté, feu-la Poste, c’est négligeable. Il suffit de suivre l’actu pour voir que si le gouvernement veut y toucher, ça bataillera très très ferme.

    Pour l’instant,côté services publics, c’est plutôt l’Etat qui privatise, et les Français qui râlent (comme d’hab). Il y a une culture du service public forte et indéniable, en France, par rapport aux voisins.

    1. h16h16 Auteur de l’article

      Croyez-moi : quand il va falloir payer pour tous les trous, quand il va falloir se saigner pour que tout le système continue de fonctionner avec son service rendu tout pourri, à un moment ou un autre, les gens diront stop. Ca s’est *toujours* terminé ainsi.

  20. Le plus beau, c’est qu’il n’y aurait aucun coup de feu sans raison valable.
    C’est ça la dissuasion.
    Et il est tout à fait clair qu’un grand nombre d’emmerdeurs changeraient très vite de mentalité. Et là, je pense aussi bien aux petits voyous des trottoirs, mais également aux autres voyous, les voyous légaux qui se disent habituellement « assermentés ». (La grosse majorité des fonctionnaires, et les très grosse majorité des fonctionnaires armés) Ceux-là oublieraient très vite les impolitesses, insultes, menaces, enfin les outrages permanents dont ils sont coutumiers.