Pourquoi les générations diffèrent dans leur consommation de l’information ? 

Comment les générations perçoivent-elles les informations, comment les cherchent-elles et les consomment différemment ?

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Pourquoi les générations diffèrent dans leur consommation de l’information ? 

Publié le 5 avril 2023
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Est-ce plus dangereux de ne consulter que les réseaux sociaux pour s’informer ou alors de ne regarder qu’une seule chaine d’information en continu ?

Grâce à l’Internet, nous avons accès à plus d’informations que jamais auparavant. Toutefois, celles que nous recevons et cherchons varient fortement en fonction de notre âge. Cet article analyse comment les générations perçoivent les informations, comment elles les cherchent et les consomment différemment et les conséquences de ces différences sur notre vie sociale et politique.

 

Un média pour chaque âge ? 

Vous vous en doutiez sans doute un peu… les plus jeunes générations ont davantage tendance à utiliser les réseaux sociaux pour chercher et partager des informations tandis que les générations précédentes se réfèrent plus souvent aux médias traditionnels.

Comme le rapporte une étude de mars 2023 du Think Tank Fondapol, la génération Z et les millennials (les personnes nées après 1980) préfèrent par exemple utiliser des plateformes en ligne comme YouTube (81 %), Facebook (73 %) et Instagram (64 %) pour chercher et consommer de l’information. Les utilisateurs quotidiens de Twitch, TikTok et Telegram, appartiennent principalement à la classe d’âge la plus jeune.

A contrario, les baby-boomers et les générations précédentes ont tendance à consommer des informations de manière plus traditionnelle, en regardant la télévision ou en lisant les journaux (Print et Digital).

Par exemple, si on compare les magazines d’actualités, l’âge moyen des lecteurs est de : 46 ans pour Le Monde, 52 ans pour L’Express, 55 ans pour Le Point et 59 ans pour Le Figaro Magazine.

 

Toutes générations confondues Facebook reste le premier réseau social 

On observe toutefois que sur le temps long les sources d’informations traditionnelles telles que les journaux, la télévision, la radio sont progressivement remplacées par des sources d’informations en ligne.

Selon le Digital Report 2022 établi par We Are Social et Hootsuite, la France compte ainsi plus de 52,60 millions d’utilisateurs des réseaux sociaux, soit 80,3 % de la population toutes classes d’âge confondues. Parmi tous les réseaux sociaux, Meta (avec Facebook et Instragram) domine l’usage quotidien en ligne de toutes les générations. Si Facebook est le premier réseau social des plus de 35 ans, Instagram est celui des moins de 35 ans.

Les médias sociaux les plus utilisés par âge (source : Fondation pour l’innovation politique – avril 2022) 

Des divergences d’opinions renforcées par chaque média 

Les différences dans la façon de chercher et de consommer des informations peuvent conduire à des divergences d’opinions et d’attitudes en fonction des générations.

Ainsi, 46 % des jeunes Français utiliseraient les réseaux sociaux pour s’informer sur la politique, contre seulement 22 % pour les médias traditionnels. Les jeunes générations sont plus enclines à communiquer avec des personnes de tous horizons, tandis que leurs aînés ont tendance à se lier d’amitié avec des personnes partageant les mêmes idées.

Les réseaux sociaux ont aussi tendance à être accusés de propager des fake news ou des informations biaisées. Attention toutefois aux interprétations trop hâtives ! Les plus jeunes générations auraient également tendance à être davantage méfiantes vis-à-vis des sources d’informations et à vérifier ces dernières avant de les partager, là où les plus de 60 ans auraient plus de difficultés à déterminer ce qui est vrai à travers les médias numériques.

En effet, selon une autre étude publiée dans Science Advances en 2019, réalisée pendant l’élection présidentielle de 2016 aux États-Unis, les utilisateurs âgés de plus de 65 ans partageraient jusqu’à sept fois plus de fausses informations que les jeunes de 18 à 29 ans.

 

Radio et chaînes d’information avantageraient l’extrême droite 

Selon le rapport de Fondapol, « parmi ceux qui se servent des réseaux sociaux pour s’informer, une large majorité (62 %) estime y rencontrer des gens qui partagent leurs avis ».

Les auteurs avancent notamment que les jeunes ont tendance à être davantage polarisés politiquement que les générations plus âgées, en partie en raison de l’exposition aux informations politiques sur les réseaux sociaux.

Mais le rapport permet aussi d’établir que les médias traditionnels représentent également des « bulles d’informations » et qu’ils ont leur degré de responsabilité dans la polarisation de l’opinion.

On peut par exemple noter que les électeurs qui ont suivi le scrutin présidentiel via la radio ont davantage voté pour Marine Le Pen (52 %) que pour Emmanuel Macron (48 %) ou encore que 68 % des personnes proches de Reconquête utilisent les chaînes d’information en continu contre 41 % pour la moyenne de l’échantillon.

 

Des médias traditionnels qui ne s’intéressent plus aux jeunes 

Toujours selon le rapport de Fondapol, une large majorité des répondants (58 %) estime que « la plupart du temps, quand ils regardent l’actualité dans les médias, ils ont l’impression que ceux-ci parlent de sujets qui ne les concernent pas ».

Ce phénomène est exacerbé chez les jeunes. Les médias traditionnels ont en effet tendance à s’adresser à un public plus âgé considéré comme fidèle et plus rentable pour les annonceurs. En conséquence, les contenus médiatiques sont souvent orientés vers les centres d’intérêts et les valeurs de ce public, laissant peu de place pour les préoccupations et les opinions des jeunes.

L’étude montre également que les Français sont de plus en plus méfiants et qu’ils ont tendance à rechercher des informations auprès de sources qui confirment leurs opinions préexistantes. Cette polarisation de l’espace public rend difficile la formation d’un débat public éclairé et conduit à une fragmentation de plus en plus forte de la société.

 

Le succès de la vulgarisation scientifique contre les fakes news

Alors que les fake news peuvent avoir des conséquences graves, notamment en matière de santé publique ou politique, on peut découvrir sur les réseaux sociaux un regain d’intérêt pour les contenus scientifiques absents des grands médias.

Sur Youtube par exemple, en publiant des vidéos accessibles au grand public, les vulgarisateurs scientifiques aident à combattre les fausses informations en offrant des sources vérifiées et crédibles. La vulgarisation scientifique permet également de sensibiliser le public à la méthodologie scientifique, ce qui peut aider à identifier les fake news et à faire des choix éclairés. Enfin, la vulgarisation scientifique peut aider à promouvoir la curiosité et la pensée critique, en encourageant les gens à poser des questions, à chercher des réponses et à évaluer les preuves de manière indépendante.

 

En définitive, on ne peut pas dire qu’il y aurait un meilleur usage des médias selon les âges. En revanche il existe des différences assez notables qui ont des conséquences. Les médias traditionnels comme la TV ou la presse sont-ils plus neutres ou objectifs que les médias sociaux ? Chaque source d’information a ses propres biais et limites.

D’un côté, les réseaux sociaux ont tendance à présenter de l’information en fonction des préférences de l’utilisateur, ce qui peut créer une bulle de filtre et limiter la diversité des sources d’informations même si ces derniers offrent une plus grande variété d’opinions et de perspective.

D’un autre côté, regarder une chaîne d’information en continu peut également présenter des risques. En effet, elle a souvent une ligne éditoriale claire et peut être accusée de partialité. Les téléspectateurs peuvent ainsi être exposés à une version incomplète de l’actualité.

En fin de compte, il est important pour tous les consommateurs d’informations quel que soit leur âge de développer un esprit critique et de chercher des sources d’informations diversifiées et crédibles, qu’il s’agisse de médias traditionnels ou de médias sociaux. Il est également important pour les médias de s’efforcer de maintenir des normes élevées de professionnalisme, d’objectivité et de responsabilité. Nous devons tous comprendre l’impact des médias sur nos croyances et nos choix politiques et rester vigilants quant aux informations que nous recevons.

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  • Analyse très intéressante. Je n’ ai oas la consommation media de mon âge et ce depuis plusieurs années. La presse écrite aussi bien en français qu’ en allemand a toujours des relents de propagande et curieusement beaucoup des thèmes y sont abordés sous le même angle et avec les mêmes mots. Les vrais nouvelles concernent généralement tout ce qui est scentifique et culturel, le reste n’ est intéresant que pour découvrir le but final de la propagande.

  • Les générations anciennes, pour ce qu’il en reste, savent et aiment lire, écrire et compter en utilisant leur cortex cérébro-frontal. Avec la télé puis les futéphones et les réseaux asociaux mais aussi l’évaporation de toute forme d’instruction rationnelle, c’est le cerveau reptilien qui a pris le relais, alimenté et excité par un tsunami de vidéos.
    C’est le progrès.

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