Air Force One nous rappelle le coût d’une présidence impériale

Boeing rapporte que les deux nouvelles navettes présidentielles dépasseront le budget prévu de 2 milliards de dollars.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 2
Air Force One by Gage Skidmore (creative commons CC BY-SA 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Air Force One nous rappelle le coût d’une présidence impériale

Publié le 8 novembre 2022
- A +

Par Christian Britschgi.

Maintenir une présidence impériale dans les airs n’est pas une proposition bon marché. D’une manière ou d’une autre, cela devient de plus en plus cher.

Jeudi, l’avionneur Boeing a annoncé que les deux jets Air Force One de remplacement qu’il construit seront encore retardés et dépasseront le budget. D’après le Wall Street Journal, l’entreprise s’attend à perdre 766 millions de dollars supplémentaires sur les nouvelles navettes présidentielles qui ont également des années de retard. Cela porte les pertes totales de la société sur le projet à deux milliards de dollars.

Boeing a invoqué une multitude de raisons pour expliquer les retards et les dépassements de coûts, notamment la faillite de l’un de ses fournisseurs, les problèmes de chaîne d’approvisionnement causés par le covid et la difficulté à trouver des travailleurs possédant les habilitations de sécurité requises.

Le prix fixe de son contrat Air Force One signifie que les contribuables ne sont pas responsables des dépassements de coûts, mais Boeing a déclaré qu’il pourrait quand même demander plus d’argent. Selon le Wall Street Journal, l’entretien des navettes Air Force One actuelles, vieilles de 30 ans, coûtera toujours plus cher au public.

Les 3,9 milliards de dollars que les contribuables donnent à Boeing pour construire deux avions sont tout de même assez exaspérants en soi. Le coût des nouveaux jets s’explique en partie par les équipements de sécurité et de communication dont ils doivent être équipés et par la taille massive des avions de ligne. Tout cela doit permettre au président de rester en contact permanent et sécurisé avec l’administration au sol, tout en laissant suffisamment de place aux journalistes, aux dirigeants étrangers et aux autres membres de sa suite pour voyager avec lui.

Tout cela prend rapidement des allures monarchiques. En effet, malgré ses meilleurs efforts historiques, l’Amérique s’est retrouvée avec un président impérial, assis au sommet d’un vaste État fédéral qui dépense des milliers de milliards de dollars par an pour diverses interventions et interférences dans la vie des citoyens. Le président est également le commandant de l’une des plus grandes armées de l’histoire mondiale, dont les forces sont constamment impliquées dans des conflits et des opérations militaires à l’étranger.

Pour tous ceux qui préféreraient un État fédéral beaucoup plus petit et moins dépendant des caprices de l’exécutif , le prix énorme d’Air Force One rappelle à quel point nous sommes loin de cette réalité.

Dans l’idéal, le président n’aurait pas besoin de s’occuper 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 des détails des réglementations relatives au lave-vaisselle et des frappes de drones tout en s’envolant vers un autre sommet sur le changement climatique. S’il ne l’était pas, nous serions tous un peu plus libres, un peu plus riches et un peu plus en sécurité aussi. Le président bénéficierait également d’un emploi du temps moins chargé. Avec moins de responsabilités, il pourrait se permettre de mettre son téléphone en mode avion pendant ses déplacements.

Ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons. Une Maison-Blanche volante de 3,9 milliards de dollars est sans doute une nécessité pour un président moderne. Nous serions mieux avec un président qui pourrait faire son travail en voyageant en classe affaires.

 

Sur le web

Voir le commentaire (1)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • Un président « doit » être d’autant pus protégé qu’il interfere avec la vie des gens et ..nuit à certains..en France, prenons les « faucheurs volontaires » quand un citoyen honnête s’aperçoit que l’argent de ses taxes sert en partie à payer ceux qui viennent chez lui dévaster sa propriété sous les yeux de gendarmes qui en fait les protègent et l’empeche de se défendre légitimement..
    La loi est appliquée à la fin du jour au bout du fusil, et ,au contraire de notre pays, les usa ne plaisantent pas avec la loi , ce qui est a priori une bonne chose, mais quand on voit le nombre d’americains qui sont foutus en taule pour des raisons en fait dérisoires, on peut comprendre en partie la violence…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Avec le conflit en Ukraine, les questions de défense européenne sont devenues plus d’actualité que jamais. Dans le même temps, certaines initiatives comme le bouclier antimissile sous initiative allemande posent des questions sur sa réalité.

Pour avoir des réponses, la rédaction s’est entretenue avec Jean-Dominique Merchet, journaliste à L’Opinion et spécialiste des questions de défense nationale et internationale. Entretien réalisé par Alexandre Massaux.

 

Alexandre Massaux : Le développement d’un bouclier antimissi... Poursuivre la lecture

photo de Donald Trump
1
Sauvegarder cet article

Hier, en sa fastueuse résidence de Mar-a-Lago, adossé à une forêt de drapeaux américains, fidèle à sa veste bleue, sa chemise blanche et sa cravate rouge, Donald Trump annonçait sa candidature à la prochaine campagne présidentielle.

Comme on pouvait s’y attendre, son discours long d’une heure a consisté à marteler ses thèmes favoris – immigration, sécurité, prospérité –, avec les formules-choc et le style qui ont fait sa gloire pour les uns, sa honte pour les autres. De toute évidence, Trump Saison 2 sera le sosie politique de Trump Sa... Poursuivre la lecture

C’est officiel, Donald Trump se représentera en 2024 à l’élection pour le poste de président des États-Unis. Depuis la station balnéaire de Mar-a-Lago à Palm Beach, l’ancien président a déclaré : « Nous sommes une nation en déclin », mais qu’heureusement, « le retour de l'Amérique commence dès maintenant ». Ça n’a pas l’air d’être l’avis de tous les conservateurs, qui craignent globalement que l’ancien serial winner, tombeur de la dynastie Clinton, ne soit devenu un boulet insupportable pour la droite.

Politiquement, le produit Donald ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles