L’intelligence artificielle, ça veut dire quoi ?

Si l’idée est aujourd’hui largement diffusée dans le grand public, l’expérience montre qu’en fait, on ne sait pas très bien ce que ça veut dire.

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Artificial Intelligence & AI & Machine Learning By: Mike MacKenzie - CC BY 2.0

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L’intelligence artificielle, ça veut dire quoi ?

Publié le 28 septembre 2022
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La présentation du livre 101 mots de l’intelligence artificielle1 sur le vocabulaire français de cette discipline me donne l’occasion de revenir sur la signification du terme intelligence artificielle.

Prenons successivement chacun des deux mots le composant : intelligence et artificielle.

 

L’intelligence

C’est un mot encore plus courant, mais depuis que l’écriture existe, on ne sait pas comment la définir. Je vais me borner à trois caractéristiques de l’intelligence : l’analyse, la synthèse et la rapidité de compréhension.

Une illustration de l’ignorance de ce qu’est vraiment l’intelligence est l’échec de simulation informatique du cerveau. Cet organe est trop compliqué pour être remplacé par un programme informatique, du moins pour l’instant.

De manière un peu sommaire, je dirais que l’intelligence artificielle ne sait pas analyser ni synthétiser, mais par contre qu’elle peut proposer très rapidement une solution dans des cas hors de portée des acteurs humains du fait d’une énorme masse de données. Ce n’est pas pour autant qu’elle les comprend. C’est donc le résultat des progrès en matière de collecte des données et de la rapidité de leur tri par l’informatique.

Dans un domaine que je connais un peu, celui du rassemblement des textes à l’époque de l’origine de l’Islam, la méthode traditionnelle consistait à ce qu’un chercheur passe sa vie à étudier une ou plusieurs langues du Moyen-Orient, à collationner des textes extrêmement dispersés géographiquement (y compris les graffitis), publie une thèse à ce sujet, laissant à d’autres chercheurs le soin d’essayer de tirer une synthèse du travail des dizaines d’autres ayant pris le problème par un autre bout. On imagine la cacophonie !

Maintenant, les recherches mondiales sont (paraît-il) toutes accessibles informatiquement, et chaque spécialiste peut en tirer ses propres conclusions.

Voir à ce propos mon article : « Les nouvelles technologies bousculent l’histoire de l’Islam. »

Je vais prendre des exemples beaucoup plus répandus dans le grand public : la dictée à un ordinateur, la traduction automatique et « la rédaction intelligente » où l’on suggère de terminer une phrase… voire de rédiger une thèse (il existe des programmes spécialisés pour cela).

En général le travail est bien fait, mais quelques exceptions le ridiculisent et ruinent la prétention à l’intelligence. Par exemple une vague ressemblance phonétique fait que l’ordinateur choisit un terme obscène au lieu du terme prononcé. Si on envoie un courriel, il faut donc relire attentivement le texte dicté auparavant…

 

Artificielle ?

Ce terme n’a également pas grand sens. Il évoque l’usage d’un ordinateur, donc d’une machine, mais en fait c’est humain d’un bout à l’autre, de la conception des machines à celle des programmes.

Les responsables sont tellement conscients de la difficulté du problème qu’ils poussent les gouvernements à développer des recherches en neurosciences, discipline on ne peut plus humaine (et animale pour commencer), notamment pour approcher à très long terme d’une imitation informatique du cerveau.

Les Américains auraient lancé des expériences pouvant un jour lointain aider à la liaison entre neurosciences et intelligence artificielle.

 

En conclusion

Finalement « l’intelligence artificielle » ne mérite pas son nom, ce qui ne l’empêche pas de fournir de plus en plus de services à toujours davantage d’activités humaines, y compris artistiques.

Bref, l’intelligence artificielle est un outil. Comme un outil agricole plus performant, elle permet de démultiplier l’action d’un individu. Il est possible de maîtriser ce nouvel outil et d’avoir accès à des fonctionnalités nouvelles, comme un agriculteur avec un nouveau tracteur.

Le rêve des années soixante, de produire des machines « vraiment » intelligentes, comme dans les films de science-fiction, n’est plus d’actualité. Une infime portion des chercheurs travaille encore dessus, et les scientifiques se concentrent aujourd’hui sur la production d’outils performants et faciles à utiliser.

Un mot de l’économiste que je suis : l’intelligence artificielle remplacera beaucoup d’activités humaines et certains craignent un chômage massif à cause d’elle. Je suis d’un avis opposé en constatant que tous les progrès techniques ont dégagé des économies qui ont permis l’apparition de nouveaux métiers dans des domaines imprévus.

Prenons l’exemple de l’agriculture : 97 % des paysans ont disparu dans les pays développés (en pourcentage de la population active), mais on est plutôt mieux nourri (du moins en quantité) et les économies ainsi générées dans chaque foyer ont permis de payer des médecins, des enseignants, et tous les autres métiers que personne n’aurait imaginés jadis : il serait difficile d’expliquer à un paysan français de l’année 1800 que son descendant sera animateur au Club Méditerranée !

 

Le livre est en accès libre et vous pouvez le parcourir ci-dessous :

  1. Paris, le 22 septembre 2022 : Présentation du livre 101 mots de l’intelligence artificielle sur le vocabulaire français de cette discipline par Gérard Pelletier, président de Datafranca qui y a largement participé
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Créer un compte Tous les commentaires (10)
  • Abus de langage, on en reparlera quand du code générera du code….. C’est l’accès à des données ultra volumineuses en un temps très court, avec des critères de tri et une mémorisation conséquente, qui permet les prouesses actuellement appelées « intelligence artificielle ». C’est toujours l’homme qui analyse et programme.

    • Un logiciel qui écrit du code,… mais cela existe ! Cela s’appelle un compilateur !
      Autrefois, le travail de codage en langage machine se faisait par un programmeur au service d’un analyste, lequel donnait ses « spécifs » dans un langage synthétique.
      Aujourd’hui, ce métier de programmeur a disparu. L’analyste écrit directement ses programmes dans un langage synthétique, et le donne à un compilateur. Le programme machine produit par le compilateur est de bien meilleure qualité que ce que pouvait faire le programmeur de base.
      Cela veut-il dire que le programmeur ne faisait pas un travail intelligent ?

  • Intelligence artificielle est une mauvaise traduction de l’anglais artificial intelligence, où intelligence signifie ce qu’on appelle en bon français le renseignement et son utilisation, comme le rappelle la dénomination Intelligence Service des services de renseignement britanniques.

  • L’intelligence artificielle est en général des systèmes experts, comme les logiciels de jeux d’échec qui sont très performant.
    Donc, c’est un algorithme pour traiter un problème bien précis. L’intelligence est généraliste.

    • « c’est un algorithme pour traiter un problème bien précis »
      Oui et c’est d’ailleurs assez rigolo de les embrouiller ( les algorithmes) quand on sort du cadre prévu par le programmeur.
      Si il y avait de l’intelligence là dedans, il comprendrait vite que l’on se f**t de lui et corrigerait le tir! Mais ça, je ne l’ai jamais constaté, sauf à tourner en rond ( et accessoirement en bourrique pour le malheureux internaute!) En général, c’est le plus c*n des deux qui gagne!

    • Il faudra s’inquiéter le jour où une IA passera avec succès le test de Turing.
      Pour l’instant, ça va, elle est même pas capable de conduire une bagnole aussi bien qu’un mauvais conducteur.

  • l’analyse est pertinente.
    néanmoins aujourd’hui la problématique n’est plus de savoir si un algorithme peut avoir une forme humaine d’intelligence.
    Elle est de s’interroger sur le fait que le « politiquement correct » nous contraint, nous humain, rendre la notre artificielle.
    non ?

  • Les performances souvent étonnantes des « algorithmes » IA sont essentiellement des capacités de mises en évidence de corrélations dans des volumes énormes de données.
    Sans supports théoriques ni pour ce qui concerne les données (il s’agit de pures observations) ni d’ailleurs non plus sur les méthodes utilisées (les réseaux de neurones fonctionnent sans que l’on n’en connaisse vraiment les raisons mathématiques profondes) les résultats pourraient apparaitre à certains comme des oracles indiscutables.
    Les systèmes humains de décision qui feraient trop confiance à de tels systèmes pourraient alors devenir des bureaucraties dictatoriales irrationnelles. La menace est donc celle de la bêtise artificielle, en fait.

    • Oui, vous avez raison. On fait trop confiance aux modélisations pour le climat et pour l’épidémiologie, avec les dérives que l’on constate.
      L’IA devient un outil pour asservir la population comme on l’a vu pour le Covid.

  • Désolé, mais tout ça, ce sont des discours des années 90 au mieux 2000.
    Entre 1980 et 2005 l’évolution due aux systèmes-experts ou informatiques est foudroyante, les gains dans tous les domaines astronomiques. Entre 2005 et maintenant, quasi rien, tout était déjà en place, depuis le e-commerce, à la science en ligne en passant par les communications et les vidéos de chats.
    Du 4K, de la 5G, Tiktok et une cafetière qui dit bonjour ce ne sont pas des révolutions, mais des améliorations à la marge.
    .
    La censure, le monopartisme, la décroissance énergétique, la fausse science climatique, les confinements, les pseudos vaccins qui nous arrivent depuis 2010 sont bien des révolutions, mais pas dans le bon sens.

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