Faut-il sortir de l’Union européenne ?

Le débat sur le maintien ou non de la France dans l’Union européenne est d’autant plus légitime que les compétences d’appartenance à l’UE se sont considérablement élargies.

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Faut-il sortir de l’Union européenne ?

Publié le 22 septembre 2022
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La gestion de la crise énergétique actuelle, la planification écologique, ou encore les récentes manifestations d’agriculteurs aux Pays-Bas posent de plus en plus la question du bien-fondé des politiques européennes. Si cela est particulièrement notable depuis la guerre en Ukraine, la plupart des pays européens subissent aujourd’hui les conséquences d’un système énergétique européen fragilisé depuis plusieurs années par des politiques expérimentales et des investissements dans des sources d’énergies peu fiables et résilientes.

L’engouement dans des erreurs politiques successives est tel que cet été des agriculteurs néérlandais ont bloqué un pays entier pour se soustraire aux exigences démesurées de l’UE (ici, un plan de réduction drastique des émissions d’azote). Notons qu’en parallèle de ces événements, le Parlement européen adoptait une réglementation coûteuse pour les citoyens les moins favorisés : l’interdiction à la vente de voitures à moteur thermique dès 2035.

 

Une trahison du projet européen originel

Centralisation bureaucratique, technocratie politiquement irresponsable devant les citoyens, transfert de la souveraineté des États vers des institutions non élues… Nous assistons à une véritable dérive communautaire. Dans le passé, l’éloignement progressif du projet européen originel a été de nombreuses fois relevé par des représentants politiques – à l’instar de Margaret Thatcher, ancienne Première ministre britannique, ou Vàclav Klaus, ancien président tchèque.

Avec le recul, leurs avertissements se sont malheureusement avérés. De fait, l’UE s’est considérablement éloignée de son objectif principal, à savoir lever les barrières à la liberté humaine et à la prospérité – et non d’en imposer de nouvelles à force de contraintes, restrictions et objectifs hors sol. Ainsi, c’est par référendum que le Royaume-Uni est devenu le premier pays à quitter l’Union européenne le 23 juin 2016 ; sortie rendue effective le 31 janvier 2020 après de longues et complexes négociations.

 

L’Union européenne ou le chaos ?

Malgré des inquiétudes légitimes, le Brexit (Britain Exit) n’a pas représenté d’obstacle à la poursuite de relations commerciales pacifiées, ni la constitution de traités de libre-échange avec l’Europe et le reste du monde. En clair, l’accord obtenu le 24 décembre 2020 permet de conserver les bénéfices du modèle européen sans les inconvénients, et le Royaume-Uni n’a pas sombré dans l’enfer raciste et protectionniste qu’on lui promettait – contrairement à ce que dépeignent les caricatures persistantes du New York Times. Dans tous les cas, la marge de manœuvre temporelle est bien trop étroite pour juger des bienfaits ou non du Brexit.

Malheureusement en France, le débat est monopolisé par les franges nationalistes et protectionnistes : entre le RN, l’UPR et la NUPES, la question du Frexit est systématiquement traitée sous un angle hostile au commerce international, à la concurrence, voire à la libre circulation des personnes pour des motifs trop souvent fallacieux.

Il existe pourtant une autre vision : celle opposée à l’arrogance technocratique, centralisatrice et planificatrice de l’UE, soucieuse du respect des libertés individuelles et du maintien de la paix sociale.

 

De la nécessité d’une actualisation démocratique dans l’Union européenne

Le débat sur le maintien ou non de la France dans l’Union européenne est d’autant plus légitime que, depuis son adhésion en 1992, les compétences d’appartenance à l’UE se sont considérablement élargies : transfert de compétences migratoires, renforcement du contrôle économique et social, hausse de la contribution française au budget de l’UE… Dans ce contexte, une actualisation démocratique de l’adhésion à l’UE va de soi. Ainsi, un sondage IFOP d’avril 2022 révèle que 63 % des Français seraient favorables à l’organisation d’un référendum sur la question.

Mais encore faudrait-il que l’issue démocratique soit prise en compte. Rappelons que le dernier référendum sur l’adoption d’une Constitution européenne a été rejeté par les Français et les Néerlandais, pour être tout de même intégrée dans le traité Lisbonne en 2008. Si un tel déni de démocratie ne renforce pas la confiance de la population à l’égard des institutions européennes, il est certain que leur image se détériore à petit feu.

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  • Le frexit est le préalable indispensable à toute politique, quelle qu’elle soit, indépendante. Nous sommes soumis à une dictature bureaucratique new look par l’intermédiaire de notre adhesion à l’UE. Et il faut retrouver notre souveraineté monétaire en abandonnant l’€. Et enfin, sortir de l’OTAN.

  • Si les gouvernants étaient certain du désir des Européens à rester dans l’union le référendum serait proposé depuis bien longtemps . Pour la France elle s’était déjà exprimée avant de savoir réellement comment cela allait se passer . Maintenant nous savons, et c’est en connaissance de cause que le référendum serait la décision réfléchie du peuple

  • L’UE s’est rêvée en états unis d’Europe mais il n’existe pas de nation européenne.
    Nous avons certes une histoire commune mais l’existence des nations européenne est ancienne et leur histoire propre est bien plus importante que leur histoire commune.
    En outre, il existe un obstacle de taille à cette utopie : nous ne parlons pas la même langue.
    Les mensonges qu’on nous ressasse sans arrêt sur la paix en Europe, qui aurait été assurée par la construction européenne, ne trompent plus grand monde.
    La gouvernance européenne est marquée par une incroyable opacité voire par la corruption.
    Les mois qui viennent risquent d’ébranler un peu plus l’édifice et les votes dits populistes deviendront la règle.

  • Vous parlez d’un débat sur le maintien ou non de la France dans l’Union européenne. Le problème est que ce débat n’existe pas car il est volontairement exclus du débat public. Il suffit de se remémorer la dernière campagne présidentielle ou ce débat a été soigneusement évité par l’ensemble des acteurs politiques et des médias « mainstream » comme on dit, c’est à dire ceux qui font l’opinion.

  • Avec sa magnifique dette, si la France quitte l’UE, elle devient un pays du tiers-monde. La France ne tient encore que parce que l’euro est sa monnaie. Sa monnaie s’effondrerait immédiatement.
    Beaucoup de pays qui ont une dette supérieure à leur PIB ont au moins des richesses naturelles. La seule richesse naturelle de la France est sa gauche caviar et son droit à la paresse des fonctionnaires et autres allocataires du RSA. Désolé, mais ça ne s’exporte pas.
    Il faut arrêter de rêver…

    • Mais au moins cela permettrait de payer les fonctionnaires français en franc français et non plus avec des euros empruntés sur le dos des générations futures. Et quand la France aura récupéré sa souveraineté monétaire elle pourra gérer elle-même sa compétitivité internationale et reconstruire un tissu industriel sur la base de cette autonomie.

  • Comme le dit Charles Gave, il faut faire un Bruxit, à savoir sortir Bruxelles de l’UE et revenir à une Europe des Nations, basée sur la subsidiarité.

    • Comme la subsidiarité n’a fait que reculer au sein de chacune des nations européennes, on la voit mal prendre le timon de l’Europe. A moins que, comme pour beaucoup, subsidiarité ne signifie multiplication des subsides tombés de l’hélicoptère…

  • L’ue…. Est malheureusement anti démocratique, seule l’Allemagne commande et l’Allemagne est inféodé aux usa depuis très longtemps… Et tout ce fatra est en voie de suicide économique… Sortir n’a plus aucun sens, nous serions tous ruinés… En fait, c’est déjà le cas, l’euro va sans doute donner le coup de grâce à cette stupidité d’union européenne… Pensée par les usa, toujours dans les mauvais coups avec leurs potes anglais.

  • La France sort de l’Union européenne : parfait. Pour mener quelle autre politique ? Mener une politique monétaire encore plus laxiste, c’est-à- dire une dévaluation encore plus accélérée de la monnaie. Dépenser encore plus.Augmenter le nombre de normes juridiques. Être plus protectionniste.
    Poursuivre une politique plus écologique…
    Si oui, vous êtes dans la folie. Sinon, vous êtes aussi tout autant dans la folie de ne pas voir le paysage politique réel de la France.

    -1
  • Notre pays ne peut pas s’offrir un Frexit, nous sommes trop endettés. On pourrait peut-être en reparler un jour, à condition que nous (re ?)devenions compétitifs. Ce n’est pas demain la veille.
    Nous sommes allés beaucoup trop avec cette Europe ou plutôt avec l’Allemagne . D’abord avec Mitterrand et Delors puis tout politique de quelque bord qu’il soit. Les anti-UE ont progressivement abandonné leurs (éventuelles) convictions.

    • On rembourse nos dettes en francs en vertu de la lex monetae. On a bien remboursé nos dettes d’avant 1999 libellées en francs avec des euros !

  • Cette histoire d’Europe me fait penser à l’histoire politique des USA, fédération souvent prise en exemple par les zélateurs de Zéropaland, et notamment à la tension entre l’État fédéral et les États fédérés qui a fait naitre un marqueur anarchisant chez beaucoup d’américains : le rejet de Washington et sa politique centralisatrice et/ou socialisante. Nous pourrions être à peu de chose près au même point pour Zéropaland par contre nous avons ni l’organisation politique des USA, ni leur solide Constitution et encore moins leur volonté historique et farouche de se défendre contre un potentiel oppresseur.

  • En sortir, non, mais menacer d’en sortir en union avec d’autres membres, oui. Pour mettre à mal la commission et le fonctionnement actuel et obliger aux réformes, à savoir en finir avec les délires actuels qui plombent l’UE et revenir au projet européen d’origine.
    Mais peut-être qu’Ursula droite dans ses convictions « personnelles » préfèrera rester quasiment seule en virant tous les pays contestataires!

  • La réponse est évidemment oui, mais la vraie question est : peut-on réellement sortir de l’UE sans faire s’effondrer la France ?… Et là c’est autre chose, car nous ne sommes pas dans la même situation que le Royaume Unis… 😉

  • L’Europe de Maastricht (Masse trique comme diraient certains) nous a été vendue par un certain Mitterrand
    Ce devait être un ensemble paradisiaque : démocratique, prospère et pacifique
    A l’arrivée: un enfer avec totalitarisme d’une petite clique non élue, pénuries et pauvreté, et la guerre (Balkans, Ukraine)
    Le Frexit est le préalable absolu à toute politique qui voudrait sortir de ce cauchemar
    Il faut ensuite tout rebâtir de zéro, i.e. une Europe des nations avec une coopération sur les grands sujets mais sans institutions

    • Il existe : Espace Schengen en quelque sorte. Du coup, pas besoin de « tout casser », seulement supprimer la commission européenne et la constitution européenne. Et du coup, les états prennent les décisions pour leur territoire seul (pour faire simple). 🙂

  • Quelle est la procédure démocratique que le parlement européen peut lancer pour changer ou déposer les membres de la commission européenne?

  • Le Parlement européen peut se débarrasser facilement de la Commission en votant une motion de défiance comme dans tout régime parlementaire

  • NON il ne faut pas sortir de lUE , il faut conquérir le pouvoir de ‘l’intérieur c’est ce qu’on compris les fascistes ,post fascistes, extreme droate , les mauvais, les nocifs , les anti écolos , bref tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le Fédéralisme vert pastèque actuel , en résumé , les sujets du Diable

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