Paris 2024 : les Jeux Olympiques bouquet final d’une France en crise

Emmanuel Macron et Anne Hidalgo espèrent se refaire une santé politique avec les JO, mais tous les indicateurs sont au rouge.

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présidentielle2022 hidalgo (credits FMas)

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Paris 2024 : les Jeux Olympiques bouquet final d’une France en crise

Publié le 27 juillet 2022
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Les Jeux Olympiques devaient être une fête, une sorte de Coupe du monde 1998 bis destinée à faire briller la France et ses élites politiques à l’international. En quelques années de crises politique, sanitaire et économique, le projet pharaonique pour Paris s’est transformé en une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête d’Anne Hidalgo et d’Emmanuel Macron.

Anne Hidalgo se consacre aux Jeux Olympiques avec application après sa déconvenue spectaculaire à l’élection présidentielle. Bien que réélue à la mairie de Paris en juin 2020, elle n’a rassemblé sur son nom que 1,7 % des électeurs français et 2,2 % des électeurs parisiens pendant la campagne présidentielle.

 

En attente d’un succès médiatique

Emmanuel Macron de son côté a été mal réélu président de la République face à la candidate repoussoir Marine Le Pen. Affaibli aux législatives, il est, comme Anne Hidalgo, à la recherche de l’opération politique et communicationnelle d’ampleur qui le remettra sur les rails.

Les deux élus espèrent donc des JO un bénéfice politique important : si le succès médiatique est au rendez-vous, ils pourront revenir sur le devant de la scène non pas seulement nationale, mais mondiale. Sans doute ont-ils encore en tête le triomphe de Boris Johnson à la mairie de Londres, porté par les JO organisés en 2012.

Seulement, organiser des jeux olympiques est une opération coûteuse, pour ne pas dire ruineuse, quand elle ne peut pas être épongée grâce à la bonne santé économique du pays d’accueil.

En 1992, pour les Jeux Olympiques d’Hiver d’Albertville, l’État prévoyait environ 3 milliards de francs pour moderniser les infrastructures locales afin d’améliorer les communications entre les communes accueillant les 57 événements olympiques. L’idée, classiquement keynésienne, visait évidemment à booster la demande par des investissements publics.

 

Le précédent Albertville

Après les Jeux, la vie à Albertville a repris son cours et la Cour des comptes estima le déficit de l’opération à 279 millions de francs en 1993. Contrairement à une idée technocratique reçue, qui semble avoir survécu au fiasco d’Albertville, ce ne sont pas les dépenses publiques liées aux JO qui attirent les investisseurs, mais les investisseurs déjà sur place – un signe de bonne santé économique du pays- qui permettent d’absorber ces saignées d’argent public faramineuses, comme à Londres en 2012.

Comme l’a rappelé Henry Hazlitt dans son livre fondamental Economics in one lesson, il faut garder à l’esprit que toute dépense publique est financée par l’impôt, c’est-à-dire par le transfert forcé de ressources des contribuables à certains groupes sociaux. En conséquence, la « création de richesses par la dépense » est précédé par une destruction de la richesse par la coercition étatique, ce qui rend l’exercice économiquement douteux.

La mairie de Paris a multiplié sa dette par 200 % en 20 ans, atteignant plus de 7 milliards en 2021. De son côté, la dette de l’État français a augmenté de 600 milliards sous la présidence d’Emmanuel Macron. Selon un rapport récent, à la veille des JO la mairie est incapable de régler le problème grave d’insécurité qui gangrène la capitale (comme le reste du pays). De son côté, l’État n’a pas vraiment brillé sur le sujet comme on l’a vu avec sa gestion catastrophique des incidents au stade de France.

Avec le conflit en Ukraine, c’est désormais le risque inflationniste qui risque de faire exploser les coûts d’un budget limité pour l’instant à 4 milliards d’euros.

Emmanuel Macron et Anne Hidalgo espèrent se refaire une santé politique avec les JO, mais tous les indicateurs sont au rouge. C’est exactement le contraire qui pourrait se passer : le voile de la communication politico-médiatique pourrait se déchirer pour révéler au monde que la France est le véritable homme malade de l’Europe.

 

 

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  • Si le gouvernement était sérieux, il aurait demandé le report des JO 2024.
    Alors qu’on nous « nudge » avant de nous contraindre pour faire face à la crise énergétique qui nous attend dès l’hiver prochain et qui risque de se prolonger bien au delà, l’Etat réalise des travaux faramineux à des dizaines de km de Paris pour pouvoir rendre la Seine capable d’accueillir une cérémonie d’ouverture « inclusive », n’en doutons pas !
    Les Français feront des efforts car ils n’auront pas le choix. Que l’Etat en fasse autant en avouant qu’il est incapable de faire face à la grave crise économique qui nous attend, au lieu de nous rejouer l’orchestre du Titanic en plein naufrage !

    10
  • Les JO seront peut-être le linceul de la maire Hidalgo et du Président Macron.

    • Que soit l’une ou l’autre ils ont dépensé beaucoup plus que les rentrées fiscales, fussent-elles déjà exorbitantes.
      Le COVID n’explique « que » 180 milliards sur les 600 de dette supplémentaire.
      Le budget de la france 2020, avant COVID donc, était déjà en déficit de 95 milliards.
      Malgré cela les deux ont été réélus…
      10% des prêts de l’état sont à taux variable, indexés sur l’inflation.
      Nous sommes depuis 1974 gouvernés par une « élite » incapable d’équilibrer les comptes.
      Certains d’entre nous ont cru que l’europe aurait, au moins, l’avantage de brider les dépenses : en pratique il n’en a rien été.
      Au total plus d’espoir : CPEF et CEEF.

  • J’espère que les JO ne finiront pas comme la finale Madrid-Liverpool, s’il attendent 1 million de visiteurs susceptibles d’être racketter, voler, violer. Il y a une solution, les jeux totalement diffuser par la télévision risque zéro pour les visiteurs étrangers, n’est se pas Monsieur le préfet

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