Ivan Mikloš, un ministre réformateur d’Europe centrale

Portrait de Ivan Mikloš, ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances de la République slovaque.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 2

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Ivan Mikloš, un ministre réformateur d’Europe centrale

Publié le 6 juin 2022
- A +

Lors de l’Europan Liberty forum à Varsovie en mai 2022, la rédaction de Contrepoints a pu rencontrer des personnalités importantes du mouvement libéral européen telles que Ivan Mikloš.

Ivan Mikloš a été vice-Premier ministre et ministre des Finances de la République slovaque (2002-2006, 2010-2012), vice-Premier ministre de l’Économie (1998-2002) et ministre de la Privatisation (1991-1992). Il a cofondé et dirigé le groupe de réflexion économique MESA10 (1992-1998). Entre 2006-2010 et 2012-2016, il a été membre du Parlement. En 2014, il a été reconduit dans ses fonctions de président de MESA10 et est devenu membre du conseil consultatif international du Conseil national de réforme de l’Ukraine et de la plateforme VoxUkraine.

Portrait réalisé par Alexandre Massaux, secrétaire de rédaction de Contrepoints.

 

La Slovaquie : un pays en transition né au lendemain de la guerre froide

Pour comprendre le parcours politique de Ivan Mikloš, il faut revenir au contexte qui a entouré le début de la Slovaquie. Lors de l’effondrement du bloc soviétique, la Slovaquie et la République tchèque constituaient la Tchécoslovaquie. Comme le fait remarquer Ivan Mikloš, de grandes réformes ont eu lieu à cette époque :

« Lorsqu’un système s’effondre, il doit créer de nouvelles institutions. Assurer la stabilité de l’économie. »

Des mesures similaires à celles mises en place en Pologne sont effectuées en Tchécoslovaquie visant à transformer les économies socialistes en économies de marché.

La future Slovaquie profite de ces mesures. Néanmoins, le pays devient indépendant en 1993 ce qui amène une période de troubles. Les années 1990 connaissent des difficultés économiques liées à la corruption qui isole le pays. Cette situation amènera une vague de réformes dans les années 2000.

 

L’expérience du réformateur économique et fiscal

En tant que ministre à plusieurs reprises, Ivan Mikloš a dû gérer un certain nombre de réformes, comme la décentralisation ou les réformes fiscales. Selon lui, cette dernière a été le plus importante. Il met en avant le système de flat tax (impôt à taux unique) qu’il a introduit au début des années 2000. De fait, la Slovaquie a été le premier pays d’Europe centrale à introduire un tel système, néanmoins supprimé après ses mandats dans les années 2010.

Selon Ivan Mikloš, « ce système a été critiqué par l’Occident, car selon les pays occidentaux il créait une situation de déséquilibre fiscal ».

En effet, cette taxation plus avantageuse risquait d’attirer des capitaux des pays fiscalement moins intéressants. Il n’en reste pas moins que la Slovaquie a connu une croissance forte pendant cette période.

Le second gouvernement de Dzurinda (2002-2006) a acquis une réputation très réformiste grâce à de sévères mesures d’austérité et à un vaste programme de réformes structurelles (fiscalité, secteur social, retraites, soins de santé, finances publiques, marché du travail) soutenu par Ivan Mikloš. Grâce à ces réformes, la Slovaquie a pu rejoindre la zone euro en 2009. En 2004, il a été désigné « meilleur ministre des Finances de l’année » par Euromoney, et « meilleur réformateur du monde des affaires » par le rapport Doing Business de la Banque mondiale.

 

Comment réformer ?

Ivan Mikloš donne quelques conseils pour bien réformer. Selon lui il y a un défi politique et non technique :

« Les gens ont peur du changement. Or, les réformes, c’est le changement. Pour surmonter cela, les réformateurs doivent faire preuve d’un fort charisme pour surmonter l’impopularité. »

Pour assurer la réussite d’une réforme, « nous devons être profondément convaincus de sa nécessité. »

 

Une volonté de continuer à défendre le libéralisme doit être défendue dans un monde changeant

Plusieurs inquiétudes animent désormais Ivan Mikloš.

La situation du libéralisme dans le monde n’est plus la même qu’il y a quelques années :

« La plupart des gens pensaient il y a 10 ans que la société libre et ouverte serait notre avenir. Désormais ils ont peur de l’avenir avec les crises (économique, covid et guerre en Ukraine). De plus, les médias sociaux créent la peur. Nous assistons à une polarisation entre la gauche et la droite. »

Selon lui, le libéralisme doit être protégé dans un monde en mouvement :

« Nous devons accepter que le monde change, mais de l’autre côté, nous ne devons pas tout changer et protéger certaines valeurs. Il y a le danger de la cancel culture venant de la gauche progressiste, mais aussi les assauts de conservateurs de droite. »

Mais sur plusieurs points Ivan Mikloš montre de l’optimisme : « Le débat public est toujours important dans les pays occidentaux. Et il est important que la concurrence perdure sur le plan politique. »

 

Une forte implication en Ukraine

Fortement impliqué en Ukraine, il y a été conseiller principal du ministre des Finances en 2015-2016, et conseiller du ministre du Développement économique et du Commerce de l’Ukraine. Depuis avril 2016 et jusqu’en août 2019, il a occupé le poste de conseiller économique principal auprès du Premier ministre ukrainien.

Après le changement de gouvernement, de novembre 2019 à mars 2020, il a occupé le poste de conseiller économique auprès du Premier ministre. Dans les années 2016-2020, il a présidé le Groupe consultatif stratégique pour le soutien des réformes ukrainiennes (SAGSUR). Il est également cofondateur du think tank économique ukrainien Centre for Economic Strategy.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don
1
Sauvegarder cet article

Liberty Road Trip est le journal de bord tenu par notre auteur Rainer Zitelman lors de son tour du monde. En vingt mois, l'historien et sociologue allemand a visité trente pays sur quatre continents, et parcouru plus de 160 000 kilomètres. Il présente un mélange passionnant d'impressions personnelles, de recherches historiques, de résultats d'enquêtes internationales et, surtout, de centaines de conversations avec des économistes, des entrepreneurs, des journalistes, des politiciens et des gens ordinaires dans ces pays. Il a décidé de confier... Poursuivre la lecture

Lors d'un récent voyage à Washington, Donald Trump a proposé aux responsables politiques républicains un système de recettes fédérales « reposant entièrement sur les droits de douane » qui « remplacerait l'impôt sur le revenu ».

Article de David Hebert paru dans l'American Institute for Economic Research.

Trouver des sources de revenus supplémentaires est l'un des moyens de réduire la dette nationale actuelle, qui s'élève à 34 000 milliards de dollars (environ 100 000 dollars par personne aux États-Unis). À cela s'ajoutent, com... Poursuivre la lecture

Bien des pays nous envient le système fiscal capable de lever et de collecter avec le meilleur rendement au monde un impôt allant jusqu’à frapper la richesse non encore produite. La récente consécration institutionnelle d’une juridiction de sûreté nucléaire habilitée à censurer le développement de toute capacité de production électrique nationale, voire à décider sans appel de le suspendre à discrétion achèvera sans doute d’inspirer plus d’un dirigisme économique en herbe verte ou en sobre gestation.

 

Vendant aux Français ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles