Immobilier : l’augmentation contestable du SMIC

Augmenter le SMIC permettrait-il réellement d’augmenter le pouvoir d’achat immobilier de ceux qui en bénéficient ?

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Immobilier : l’augmentation contestable du SMIC

Publié le 14 mai 2022
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Dans cet article publié par Contrepoints au mois d’avril, j’expliquais pourquoi, à mon avis, il conviendrait de supprimer le salaire minimum qui est imposé à tous les producteurs et dont le montant est décidé par le pouvoir politique.

Or, dans un article publié très récemment, il est indiqué qu’il est souhaitable d’augmenter le montant du salaire minimum pour que les salariés en bénéficiant puissent acheter par crédits un bien immobilier. Certes le salaire minimum a été un peu augmenté au cours des années, mais dans une moindre proportion que les prix des biens immobiliers qui ont aussi augmenté. Par ailleurs, les taux d’intérêt ont eux aussi augmenté récemment, diminuant ainsi la capacité des smicards à emprunter pour leur achat immobilier.

 

Évidemment, bien que je sois favorable à la suppression du salaire minimum, il convient de réfléchir à des décisions le concernant puisqu’il existe actuellement et certainement pour longtemps. Or il me semble contestable de fixer le montant du salaire minimum en fonction des prix immobiliers et du montant des taux d’intérêt.

En effet les salariés percevant le salaire minimum ne sont pas nécessairement acheteurs de biens immobiliers, éventuellement au moyen d’emprunts. Ils peuvent évidemment être locataires.

Par ailleurs, ils achètent beaucoup d’autres biens et l’on peut se demander pourquoi il faudrait imposer le niveau de salaire minimum en fonction de l’évolution des prix des biens immobiliers et pas des prix de tous les autres biens. Ce serait d’ailleurs contestable puisque tous les smicards n’achètent pas tous les mêmes biens dans les mêmes proportions et ils peuvent ne pas acheter de biens immobiliers et rester locataires. Ainsi, déterminer le niveau du salaire minimum en fonction de l’évolution des prix des biens immobiliers est totalement contestable. Par ailleurs cette diversité des achats par les individus constitue un motif pour ne pas imposer l’existence d’un salaire minimum dont le niveau est nécessairement injustifiable. Les désirs personnels d’achats sont évidemment des facteurs explicatifs des négociations salariales. Comme nous l’avons déjà dit, cela n’a aucun sens d’imposer le même salaire minimum à tous les salariés et à tous leurs entrepreneurs.

 

Mais que se passerait-il dans le cas d’une augmentation des prix immobiliers et sans l’existence du salaire minimum ? Il est évident que les ménages aux salaires les plus faibles seraient particulièrement sensibles à cette augmentation des prix immobiliers ou des taux d’intérêt. Certains d’entre eux seraient alors incités à obtenir un salaire plus élevé, soit en essayant de négocier avec leurs employeurs, soit en changeant d’emploi afin d’obtenir un salaire plus élevé. Mais il en est un peu de même s’il existe un salaire minimum. Ceux qui le perçoivent et qui voudraient faire un achat immobilier seraient incités à demander une augmentation au-delà du salaire minimum ou à changer d’emploi.

Bien évidemment, tous les titulaires de salaire minimum ne sont pas des acheteurs de biens immobiliers au même moment et c’est pourquoi il n’est pas justifié d’augmenter le salaire minimum de tous les salariés à cause d’une augmentation des prix des biens immobiliers ou des taux d’intérêt. S’il existe un salaire minimum officiel, cela ne consiste évidemment pas à interdire le paiement de salaires plus élevés que ce salaire minimum, mais à interdire le paiement de salaires inférieurs au salaire minimum. L’augmentation des prix de leurs achats incite certains détenteurs d’un salaire minimum à obtenir une augmentation de leur salaire, mais cela ne concerne pas la totalité des détenteurs de salaire minimum.

Il n’est donc pas justifié d’augmenter le salaire minimum en fonction de l’augmentation de certains prix (par exemple ceux des biens immobiliers ou les taux d’intérêt). Par ailleurs, l’augmentation du salaire minimum diminue évidemment les ressources des employeurs des salariés qui reçoivent un salaire minimum. Il est alors fort possible que la demande de biens immobiliers par ces employeurs diminue, contrairement à ce que l’on prétend être le cas de leurs salariés. Ce qui serait le plus justifié consisterait à supprimer l’existence d’un salaire minimum officiel, déterminé par les gouvernants, nécessairement de manière arbitraire.

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  • Une indexation ne peut marcher que si elle ne viole pas des lois évidentes. Si A demande à ce que son salaire soit égal à 2 fois celui de B et si B demande à ce que le sien soit 2 fois celui de A, on voit bien que l’on est dans une impossibilité qui va déclencher une hausse d’autant plus violente que chacun sera informé rapidement sur le salaire de l’autre.
    En supposant un modèle économique ultra-schématique décrit par n variables, si vous essayez d’imposer (par planification idéologico-bureaucratique) n+1 équations égalitaires de contraintes, il n’y a pas de solution. Par exemple si vous imposez que la somme des consommations est deux fois la somme des productions, c’est la contrainte de trop. Une fois épuisés les possibilités d’emprunts, la catastrophe vient.

  • Il y a quand même, avec un certain retard, une relation entre les niveaux des loyers et le prix de l’immobilier avec fort impact sur les petit salaires. Concernant le SMIC, avec 1200 € on vit correctement dans la Creuse mais on est dans la rue à Paris; alors, ne serait-il pas intéressant de régionaliser la notion de salaire minimum ainsi que les indices de prix ?
    Bernard Biedermann Theoreco.com

    • Encore un petit effort, « régionalisons » le salaire minimum au niveau de l’individu puis on ira fêter ( pas ensemble ) la fin du salaire minimum.
      Je vous en mettrais des « indices des prix » pour savoir combien on doit rémunérer les gens si ça pouvait vous en faire passer l’envie. Avez vous la moindre idée de la façon dont se crée la richesse ? C’est pas en imprimant des billets hein.
      Sérieux !

      -1
    • Si vous régionalisez, vous aurez une usine à gaz avec un effet de bord rigolo : les gens iront vivre dans la Creuse en travaillant au SMIC à Paris pour 3000€/mois.
      Les Parisiens seront dans la rue pour lutter contre le « dumping social » de la Creuse qui vole leurs emplois, les Creusois seront dans la rue pour protester contre la circulation devenue un enfer dans leur coin peu pourvu en gros axes de transport. Les employeurs de la Creuse n’auront plus d’employés et le coût de la vie y augmentera rapidement, les employeurs parisiens auront de grandes difficultés à maintenir les production ‘de biens ou de service) avec le poids de salaires si importants.
      Bureaucratiser plus finement n’est pas la solution, le bon salaire est celui accepté par l’employeur ET par l’employé, par celui imaginé par un type dans un fauteuil qui n’en connait aucun des deux et « veut leur bien » pour être élu.

  • Un argument encore plus direct. L’augmentation du SMIC n’augmentera pas le nombre de logements, donc cela n’augmentera pas en moyenne la disponibilité de logements. Et si cela a un impact positif pour la primo accession des smicards, cela doit donc avoir un impact négatif pour les autres…
    La seule façon de faciliter l’accès à la propriété est de construire plus de logements. Et pour cela c’est tout simple, il suffirait de réduire les réglementations qui interdisent/limitent la construction de logements…

  • Votre obsession de la suppression du SMIC me parait plus que contestable !
    Il existe de nombreuses aides qui incitent les salariés mal payés à arrêter de travailler, c’est par là qu’il faut commencer.
    S’attaquer au salaire minimum c’est s’attaquer à ceux qui ont le courage de se lever le matin pour aller travailler avec leur véhicule qui ne passera bientôt plus le contrôle technique.
    Ces personnes méritent respect et considération, largement autant que les intermittents du spectacle dont le régime scandaleux n’est jamais dénoncé !

  • Question : dans quel monde vivez-vous ? Si apparemment vous ne savez pas comment est valorisé le salaire minimum, il est évidemment difficile d’en parler et d’en voir l’utilité.
    Ceci dit, en tant qu’agent immobilier, je ne peux ni vendre … ni louer … à des personnes ayant des revenus trop bas. Que proposez-vous alors pour permettre à chacun de se loger ???

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