Il faut supprimer le salaire minimum

Il n’existe aucune véritable justification pour l’existence d’un salaire minimum étatique.

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Il faut supprimer le salaire minimum

Publié le 25 avril 2022
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Il a été décidé récemment en France d’augmenter le salaire minimum. Après avoir connu une augmentation de 0,9 % début 2022, le Smic est désormais porté à hauteur de 1603,12 euros brut par mois, contre 1589,47 euros brut en 2021. Ce que l’on appelle un salaire minimum est évidemment le montant minimum de salaire imposé par les gouvernants à toutes les entreprises.

On considère en général cette mesure comme souhaitable car on estime que les entrepreneurs auraient tendance à imposer des salaires trop faibles, ce qui génèrerait évidemment des conditions de vie difficiles pour certains salariés.

Quelle situation sans le salaire minimum ?

Mais pour apprécier cette mesure il est utile d’envisager tout d’abord ce qui pourrait se passer sans salaire minimum obligatoire. On peut ainsi considérer le cas d’un individu pouvant choisir entre, d’une produire et vendre des produits, ou être salarié.

Bien évidemment sa préférence dépendra en grande partie du gain qu’il obtient dans les deux cas (mais aussi des aspects agréables ou désagréables pour lui des deux systèmes). Son choix sera en définitive fonction des propositions des entrepreneurs disposés à l’embaucher éventuellement comme salarié. Il est bien connu que le prix d’un bien dépend des négociations entre un acheteur et un vendeur de ce bien ou plus précisément de tous les vendeurs et acheteurs de ce bien lorsqu’il existe une concurrence.

Bien entendu c’est aussi ce qui se passe au sujet de la détermination d’un salaire.

Celui-ci dépend évidemment des capacités productives du salarié et des caractéristiques de production particulières de l’entrepreneur qui peut l’embaucher. Dans la mesure où il y a concurrence entre les différents salariés potentiels et concurrence entre les entrepreneurs il en résulte probablement – par exemple dans un pays – un salaire minimum (pour certains métiers) et peut-être même aussi un salaire maximum. Mais précisément ce « salaire minimum » est probablement différent selon les caractéristiques productives des salariés et selon les caractéristiques particulières de chaque bien produit. Il n’existe donc pas un salaire minimum national, mais plusieurs « salaires minimums concurrentiels », plus ou moins différents selon les activités productives concernées.

L’existence d’un salaire minimum rendu obligatoire par les gouvernants a évidemment des conséquences sur les choix de ces deux catégories de partenaires éventuels (salariés et entrepreneurs). L’existence de ce salaire minimum résulte probablement d’une hypothèse implicite, à savoir que l’on considère les entrepreneurs comme des personnes risquant d’être malhonnêtes en imposant des salaires plus faibles que ce qui serait supportable pour eux et souhaitable pour les salariés.

Un salaire minimum étatique

Ce salaire minimum étatique est forcément différent de ce que nous avons appelé les salaires minimums concurrentiels et en tant que tel il peut être considéré comme inutile et même nuisible. Il est probablement supérieur à certains d’entre eux et inférieur à d’autres. Il est certain que les étatistes qui décident le montant du salaire minimum ne peuvent pas connaitre ce que seraient les salaires minimums concurrentiels et leurs décisions sont donc nécessairement injustifiées.

Prenons par exemple le cas d’un jeune qui vient de terminer ses études et qui cherche un emploi. En l’absence d’un salaire minimum étatique il acceptera sans doute un emploi avec un faible montant de salaire et il obtiendra peu à peu une augmentation de son salaire, compte tenu de l’amélioration de ses compétences due aux travaux qu’il aura pu faire. S’il existe un salaire minimum étatique un peu supérieur au salaire initial qu’il aurait reçu en l’absence de ce salaire minimum il aura peut-être du mal à trouver un emploi ou, tout au moins, l’emploi qui lui conviendrait le mieux et qui lui permettrait l’amélioration de ses compétences (et donc de son revenu).

Nous venons d’évoquer le rôle du salaire minimum pour un salarié, mais il convient aussi d’envisager le comportement des entrepreneurs. On considère en général qu’un entrepreneur détermine le prix de vente d’un bien qu’il produit en faisant la somme des coûts de production.

Mais la réalité est un peu différente : du fait de la concurrence un producteur est obligé de déterminer son prix de vente en le rendant proche des prix de vente sur le marché du bien en question et il doit donc déterminer ses coûts en fonction de ce prix de vente. Or les prix de vente sur le marché peuvent très probablement être déterminés par les prix de ce bien dans le monde dans la mesure où il est possible d’importer ce bien.

Si un salaire minimum est imposé à tous les producteurs d’un bien dans un pays ils ne peuvent donc pas augmenter leurs prix de vente et ils peuvent chercher éventuellement à modifier leurs techniques de production; mais il se peut surtout, évidemment, que cela se traduise par une diminution de leurs profits et il peut en résulter une diminution de la production (et donc de l’emploi d’un certain nombre de salariés).

On devrait donc reconnaitre qu’il n’existe aucune véritable justification pour l’existence d’un salaire minimum étatique et il serait donc souhaitable de supprimer ce salaire minimum.

 

Voir les commentaires (20)

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Créer un compte Tous les commentaires (20)
  • Cet article envisage le salaire minimum uniquement du point de vue de ses effets sur les entreprises et l’emploi, ce qui justifie pleinement ses critiques.
    D’un point de vue social et culturel de notre pays, la suppression du salaire minimum n’est envisageable que s’il est mis en place conjointement un véritable revenu minimum, dépendant uniquement de la situation de précarité des bénéficiaires et indépendant de leur situation d’emploi.

    • Avatar
      jacques lemiere
      25 avril 2022 at 7 h 24 min

      mais alors personne ou presque ne voudra faire les boulots peu payés!!!

      non il faut mettre fin à l’illusion…revenir au prix vrai.

      la majeure partite des gens au salaire minimum ne savent plus si ils sont en situation de demander plus ou si en fait ils sont protégés par cette règle. parce que les prix sont faussés à ce niveau.

      • La totalité des gens au salaire minimum ne sont protégés par rien du tout et ils sont potentiellement en situation de demander plus, sinon ils seraient au chômage.
        Notre société accepte déjà difficilement qu’en l’absence de tout autre revenu le salaire minimum ne soit pas suffisant pour assurer la subsistance. Alors d’accord pour revenir au vrai prix du travail, pour que ceux qui trouveront le revenu minimum insuffisant puissent librement par leur travail, rémunéré à son vrai prix, apporter leur part de contribution à la société, tout en améliorant leurs conditions de vie.

        • La rémunération au vrai prix serait celle où celui qui la verse hésite entre payer et se passer du travailleur. Avec l’intervention de l’Etat, ça ne veut plus rien dire.

    • Je ne pense pas qu’un revenu minimum soit une solution, car celui ci deviendrait de facto le salaire minimum, personne ne voulant travailler moins que revenu minimum.
      L’état n’a pas à s’occuper des contrats de travail.

      • Pour que l’état ne s’occupe pas des contrats de travail, alors le salaire doit être en plus du revenu minimum, et non en remplacement.

        • D’ailleurs, si le revenu minimum est versé par des fondations privées vivant de dons et de bénévolat, comme il se devrait, c’est bien ce à quoi on aboutit.

      • @gillib
        Vous avez raison tant qu’on conçoit le « revenu minimum » comme une allocation différentielle (plus tu fais des efforts pour gagner par tes propres moyens, moins je t’en donne).
        Votre objection tombe si le revenu minimum est assuré par une allocation universelle, c’est-à-dire attribuée sans condition de ressource et cumulable avec tout autre revenu.
        Tous les effets pervers des allocations actuelles viennent du fait qu’elles sont attribuées « sous condition de ressource ».

    • Vous prenez le problème à l’envers.
      Il n’y a plus de travail en France, parce qu’il n’y a plus d’entreprises à cause du socialisme.
      Au lieu de demander la fin du tabassage fiscal et législatif vous demandez encore plus de socialisme, « toute vie mérite de dépendre de l’état du travail des autres ».

      -1
    • L’idée de départ du Smig (salaire minimum garanti) était d’assurer un revenu minimum à tous les travailleurs. Son montant était calculé en fonction des dépenses indispensables pour vivre.
      La solution de facilité a été de confondre « salaire » et « revenu », et de mettre cette avancée sociale (du revenu minimum garanti) sur le dos des entreprises.
      Une solution plus élégante et plus égalitaire serait de verser chaque mois, à toute personne actuellement assujettie à l’IRPP, une allocation universelle (égale pour tous, et cumulable avec tout autre revenu), qui serait financée par un impôt universel (un IRPP rénové, qui serait payé par tous, sur tous les revenus, dès le premier euro, et qui serait calculé au même taux pour tous).

  • Avatar
    jacques lemiere
    25 avril 2022 at 7 h 21 min

    il faut aussi alors baisser les maxima sociaux..

  • Sur un plan purement théorique, je suis plutôt d’accord avec vous. Malheureusement, nous ne vivons pas dans la théorie, mais dans la réalité. La réalité est que l’écrasante majorité des habitants de ce pays trouvent parfaitement normal de laisser le gouvernement gérer à peu près tous les aspects de leur vie. Ces habitants attendent notamment que le gouvernement les protège contre ces « sa****s de patrons ». Donc votre proposition, qui aurait sans doute des effets positifs à long terme, ne passera jamais la barrière des obstacles à court terme: élections, manifestations, grèves, etc. J’en viens à penser qu’il vaut mieux un programme politique qui libéralise un tout petit peu le pays par rapport à la situation actuelle, qu’un programme libéral pur jus qui n’a strictement aucune chance de passer.

    • Je suis d’accord avec vous, mais il faut aussi un lieu (Contrepoints) où expose le libéralisme tel qu’il est défini dans les droits de l’homme; un état respectueux des libertés individuelles, un respect de la propriété privé, une égalité en droit etc..

  • Nous sommes là (je parle des commentaires) en plein dans le débat entre les constructivistes et les naturalistes (les partisans du droit naturel). Les premiers considèrent qu’il faut organiser leur vie et celle des autres, éventuellement par la force, vers ce qu’ils souhaitent personnellement. Les autres que chacun est libre d’organiser sa vie comme il l’entend, mais pas celle des autres, l’État étant là pour veiller à cette organisation dans les deux cas.

    • @Pierre-Ernest
      Si nous voulons faire société, il faut qu’il y ait une solidarité.
      Le retour au « chacun pour soi » nous conduirait à la misère.

  • Le probleme du salaire minimum est qu’il favorise la creation de barriere a l’acquisition d’education et de formation pour des populations avec peu d’experience et de qualification. D’un point de vue
    liberal l’argument le plus solide est de Thomas Sowell [en anglais: https://www.aei.org/economics/thomas-sowell-on-the-cruelty-of-minimum-wage-laws/%5D

  • Au vu de la tournure des événements on pourrait tout aussi bien discuter du sexe des anges.

  • Pourquoi y a t il un salaire minimum même aux Etats Unis?
    Au Bresil un salarié agricole logé et nourri par son employeur, travaillant un mois plein, peut avoir une dette du mois envers ce dernier, supérieure à son salaire à la fin du mois.
    Environ 20% des gens sont incapables de se défendre devant leur patron et de comprendre leur contrat de travail. Peut-être que l’esclavage pour ces gens-là c’est mieux?
    Mon avis est que le revenu minimum est le seuil à partir duquel un travailleur peut nourrir, soigner et loger sa famille, ainsi que envoyer ses enfants à l’école. Quel est le budget pour 5 personnes? En dessous c’est de l’exploitation.

  • Aberrant ! Ce n’est pas en paupérisant le populo qu’on va « soigner » l’économie française. Le populo ne vas pas pouvoir tenir le coup entre deux périodes de chômage et ne va alors plus rien rapporter. Le seul moyen d’en sortir pour le populo sera d’immigrer en Algérie pour espérer un niveau de vie décent. Mais, que ne faut-il lire !

    • Et j’ajoute, que ne faut-il pas lire ! Et après on s’étonne du vote « populiste » ! Article dépassant la démesure

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