VGE : c’était comment, déjà, Giscard à la barre ?

Portrait de Valéry Giscard d'Estaing, dit VGE. Quel bilan peut-on faire de sa présidence ?
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VGE : c’était comment, déjà, Giscard à la barre ?

Publié le 2 décembre 2021
- A +

Par Nathalie MP Meyer.

L’ancien Président de la République Valéry Giscard d’Estaing (VGE) est décédé il y a maintenant un an, le 2 décembre 2020 à l’âge de 94 ans après avoir été hospitalisé à plusieurs reprises les derniers mois.

Malgré son âge avancé, il avait été l’objet d’une plainte déposée par une journaliste allemande qui l’accusait de lui avoir touché les fesses avec insistance lors d’une interview réalisée en 2018 et une enquête à ce sujet avait été ouverte en mai dernier.

Selon son directeur de cabinet, il ne se souvenait de rien, mais le fait est que que VGE s’était construit une solide réputation de séducteur à laquelle il tenait manifestement beaucoup. Il a même écrit une petite bluette intitulé La princesse et le président (2009) qui laisse complaisamment planer le doute sur une éventuelle liaison qu’il aurait pu avoir avec lady Di.

Je vous rassure tout de suite : VGE a été élu à l’Académie française en 2003, soit bien avant cette incursion dans le style Harlequin, et l’on peut supposer que ce sont plutôt ses écrits et mémoires politiques, notamment Démocratie française et Le pouvoir et la vie, qui ont motivé cette éminente distinction.

Passons donc à la politique.

Il y a deux « 10 mai » dans la vie de VGE :

  • celui dont on se souvient tous, le 10 mai 1981, lorsque, mortifié, il dut céder sa place présidentielle à François Mitterrand (PS) qui venait de le battre avec plus d’un million de voix d’avance ;
  • et sept ans auparavant, le 10 mai 1974, date du premier débat télévisé d’entre-deux tours organisé en France, débat qui fut décisif dans sa (courte) victoire sur le même Mitterrand au second tour du 19 mai suivant.

C’est en effet lors de ce moment de télévision mémorable que le jeune et fringant VGE rétorque à son opposant qu’il est un « homme du passé » et, surtout, qu’il n’a pas « le monopole du cœur » (vidéo, 01′ 52″) :

VGE a révélé par la suite qu’ayant eu l’occasion de reparler de ce débat avec François Mitterrand, ce dernier lui aurait dit :

Votre phrase ‘Vous n’avez pas le monopole du cœur’ m’a déstabilisé, elle m’a coupé le souffle. Ce soir-là, j’ai perdu 3 000 000 d’électeurs.

Mitterrand a trouvé sa revanche en 1981 en glissant habilement dans le nouveau débat qui les opposait que si lui était l’homme du passé il y a sept ans, Giscard était devenu entre-temps « l’homme du passif ».

Dès sa victoire acquise, ses lieutenants tel Jack Lang s’en sont donné à cœur joie pour expliquer que la France venait de passer « de l’ombre à la lumière ». Il ne restait plus à VGE qu’à se fendre d’un « Au revoir » lugubre aux Français.

S’il est vrai que l’élection de Mitterrand consacrait une rupture radicale avec plus de vingt ans de gaullisme et ses séquelles pompidolienne et giscardienne, l’arrivée de Giscard à l’Élysée en 1974 n’en constituait pas moins une promesse de changement et de modernité, non seulement par l’âge (il avait 48 ans ce qui en faisait à l’époque le plus jeune Président de la Cinquième République) mais également par le style qu’il voulait moins compassé et plus proche des gens.

On se rappelle notamment ses dîners avec les Français et ses causeries mensuelles « au coin du feu », résurgence de ce que faisait déjà Roosevelt dans les années 1930 aux États-Unis, sans oublier son fameux « Bonsoir Madame, bonsoir Mademoiselle, bonsoir Monsieur » proféré sur un petit ton mi-professoral mi-pédant qui a beaucoup inspiré les humoristes de l’époque (vidéo, 15″) :

La com’ et la pipolisation des dirigeants étaient en train de faire leur grande entrée dans la politique française avec toute la démagogie que cela implique. Déjà pendant la campagne, VGE avait pris soin de s’entourer d’une ribambelle de stars du spectacle et du cinéma, dont l’éblouissante Brigitte Bardot qui arborait fièrement le T-Shirt estampillé du fameux slogan gentiment équivoque « Giscard à la barre ».

Mais sur le moment, se rappelle Marielle de Sarnez qui participait à la campagne de 1974 avec les Jeunes républicains indépendants :

On avait l’impression de passer « d’une République en noir et blanc à une République en couleurs. »

Et de fait, à de nombreux égards, VGE s’est employé à desserrer le carcan politique et sociétal dans lequel vivait la France afin de répondre aux aspirations de liberté qui s’étaient exprimées en mai 68. Il a ainsi abaissé l’âge de la majorité de 21 à 18 ans, dépénalisé l’avortement (loi Veil), instauré le divorce par consentement mutuel, confié un tout nouveau secrétariat d’État à la condition féminine à la journaliste et co-fondatrice de L’Express Françoise Giroud, éclaté le monopole de l’ORTF sur l’information en plusieurs chaînes publiques (ça reste timide) et élargi la possibilité de saisine du Conseil constitutionnel aux parlementaires.

Sur le plan économique, on a l’habitude de dire que le dernier budget à l’équilibre fut celui de 1974 et c’est parfaitement exact.

Confronté à la flambée des prix du pétrole dès le début de son mandat, VGE adopte rapidement des mesures de relance de l’économie de type keynésien qui font monter les dépenses publiques de 40 à 46 % du PIB et plonger le déficit public jusqu’à 2,9 % du PIB en 1975. Ce dernier sera rapidement réduit par la suite pour se fixer à 0,4 % en 1980, ce qui fait que la dette publique reste assez stable sur le septennat dans une fourchette de 20 à 22 % du PIB.

Il se trouve que VGE était un grand partisan de l’équilibre budgétaire. En 1965, alors qu’il était ministre des Finances du général de Gaulle dans le gouvernement Pompidou, il souhaitait même rendre obligatoire le respect d’une sorte de règle d’or budgétaire qui interdirait les déficits, mais n’obtint pas gain de cause.

On constate cependant que pour sa part, il a ajusté les recettes et les dépenses par augmentation considérable des recettes au sein desquelles les prélèvements obligatoires passent d’environ 33 % à 39 % du PIB au cours de son septennat, touchant aussi bien les particuliers que les entreprises, ainsi qu’on le voit nettement sur le graphique INSEE ci-dessous :

Le top départ de la dépense publique incontrôlée et des prélèvements obligatoires harassants était donné. Pas très libéral, tout ça.

Du côté de l’emploi, l’effet négatif des chocs pétroliers se fait vite ressentir. Peu important au début de 1974 (600 000 personnes), le nombre de chômeurs atteint 1,5 million à la fin du mandat de VGE et constitue l’un des thèmes centraux de la campagne électorale de 1981. Pas question d’arriver à 2 millions, promet Mitterrand (ce qui arrivera néanmoins très rapidement).

L’inflation accompagne cette explosion du chômage et incite Raymond Barre devenu Premier ministre en 1976 à instaurer un contrôle des salaires et des prix. En 1978 cependant, cette politique qui n’a pas produit les résultats escomptés est abandonnée en faveur d’une option plus concurrentielle qui provoque l’indignation des syndicats, du PS et des gaullistes dirigistes.

Pour résumer, disons que les Trente glorieuses au cours desquelles la France se reconstruisait et s’équipait étaient bel et bien terminées. Alors que la croissance se situait chaque année au-dessus de 5 % à partir de 1960 (et encore à 6,3 % en 1973), le PIB se replie de 1 % en 1975 sous l’effet du choc pétrolier et ne repassera jamais au-dessus de 5 %. VGE achève son septennat sur une croissance de 1,1 % en 19811.

Sur le plan politique, VGE a d’abord choisi Jacques Chirac comme Premier ministre. Ce dernier est un ministre de la famille gaulliste, mais à la mort de Pompidou en avril 1974, il considère que Jacques Chaban-Delmas, le candidat déclaré de ce courant, ne fera jamais le poids face à François Mitterrand qui se présente pour l’union de la gauche. Il décide donc de soutenir la candidature de VGE qui représente le courant centriste et européen de la majorité de droite.

Il démissionne cependant avec fracas en 1976, estimant non seulement que les gaullistes ne sont pas assez bien représentés au gouvernement, mais que le président a en fait l’objectif de voir son parti les Républicains indépendants (RI) « giscardiser » le parti gaulliste de l’époque (UDR).

Entre les deux hommes, la guerre est officiellement ouverte. Chirac ayant décidé de se présenter à la présidentielle de 1981, il obtient 18 % des voix au premier tour contre 28,3 % pour VGE et 25,9 % pour Mitterrand. Pour le second tour, suite à un dîner chez la socialiste Édith Cresson, il indique qu’il votera pour le Président sortant mais préconise à chacun de « voter selon sa conscience ». Le message manque de conviction, et pour VGE, Chirac restera à jamais « celui qui l’a fait partir » de l’Élysée.

Face à la gauche et à François Mitterrand qui manœuvre ferme pour s’imposer enfin à la tête du pays, VGE bénéficie en cours de mandat d’une rupture temporaire entre le PS et ses partenaires du PCF qui présentent des listes séparées lors des élections législatives de 1978. Un rabibochage de dernière minute intervient entre les deux tours mais ne permet pas à la gauche d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Les Français ont fait le « bon choix » demandé par Giscard dans son discours resté fameux de Verdun-sur-le-Doubs :

Dernier axe marquant dont j’aimerais parler, celui de l’approfondissement des institutions européennes. Très proche du Chancelier allemand Helmut Schmidt (SPD, social-démocrate) avec lequel il s’entend bien, il participe à la création du Conseil européen (qui consacre le rôle des États dans la construction communautaire) et obtient l’élection du Parlement européen au suffrage universel.

Lorsqu’il quitte l’Élysée en 1981 à l’âge de 55 ans, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel en tant qu’ancien président de la République et il renoue avec la politique locale dans le Puy-de-Dôme et la région Auvergne. De 1989 à 1993, il est élu député européen et en 2001, il se voit confier la tâche de rédiger une constitution pour l’Union européenne connue sous le nom de Traité constitutionnel européen (TCE) par lequel le Parlement européen se trouverait renforcé.

Le résultat est mitigé car si les dispositions du TCE seront finalement intégrées au traité de Lisbonne et adoptées par voie parlementaire en 2007 conformément à ce que Sarkozy avait annoncé lors de sa campagne présidentielle, le référendum organisé en France en 2005 par Jacques Chirac pour ratifier le traité initial se solde par le succès du « non » avec 54,68 % des suffrages exprimés.

Grosse déception pour VGE qui qualifiait son texte de « facilement lisible, limpide et assez joliment écrit », ajoutant « je le dis d’autant plus aisément que c’est moi qui l’ai rédigé » et qui approuvait le choix du référendum « à condition que la réponse soit oui » !

Ce rejet s’ajoutant à la blessure de 1981, peut-être a-t-il trouvé un peu de consolation en notant dans Le pouvoir et la Vie (tome 3, 2006) cette remarque plutôt finement observée à propos des Français et de la politique :

« Je pense en moi-même que les français naissent, travaillent et meurent à droite, mais qu’ils sont instruits et informés à gauche, ce qui explique leurs tendances schizophrènes. »

Dans son livre La grâce de l’État , Jean-François Revel souligne que dès son arrivée au pouvoir, François Mitterrand n’a rien eu de plus pressé que de commander un bilan du septennat de son prédécesseur pour se faire briller aux yeux des Français. Mal lui en prit, car le rapport montra que sur la période 1974-1981, le pays avait tenu une place plus qu’honorable parmi ses pairs du monde développé.

En fait de « passif », la France n’avait encore rien vu. Mais elle n’allait pas tarder à comprendre…

Sur le web

Un article publié initialement le 3 décembre 2020.

  1. Présidence de VGE (1974-1981)  –  Chômage, inflation, croissance et comptes publics


    Sources : Dépenses publiques – Prélèvements obligatoires – Déficits publics – Dette publique – Croissance – Inflation.
    Remarque : Les chômeurs correspondent à la catégorie A de la DARES.

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  • le plus grand président après deux gaulle malgré tout..

  • à partir de 1975 , les dépenses publiques ont fait un sacré bond ( regroupement familial donc distribution à tout va d’argent gratuit ?) ; et à partir de 1981 , n’en parlons pas , c’est la cata ;

  • mais il faut dire que la crise pétrolière n’est pas neutre..tout n’est pas politique.. ce que je veux dire regarder la performance d’unpays comme la France n’aide pas si vous ne montrez pas un pays similaire qui fait mieux..
    si ce n’est pour montrer que vge n’est pas libéral..oui…
    mais celui qui sera préféré sera..PIRE sur ce point…

  • jbb.bichon@gmail.com
    21 septembre 2020 at 9 h 44 min

    Giscard c’est le début du tobogan vers la descente aux enfers.

  • Le plus grand Président après De Gaulle c’est POMPIDOU. GISCARD a décidé le regroupement familial des étrangers. La majorité sont issus d’ Afrique du Nord. Quant aux harkis abandonnés par De Gaulle, il n’a pas fait le nécessaire pour mieux les intégrer. GISCARD était enclin à taxer les entreprises de plus en plus comme par exemple en tentant de mettre en place la « Cerisette ». Il a commis l’erreur de prendre comme premier ministre CHIRAC qui a tout fait après sa démission, pour que MITTERAND soit élu. Mais il est évident que si GISCARD avait été élu en 1981 cela aurait été mieux pour la France. Il était de loin bien meilleur Président que CHIRAC qui a conduit à tirer notre pays vers le bas.

    • Très juste. Mes amis gaullistes m’ont avoué avoir voté Mitterand sur ordre de Chirac. Celui-ci est donc le responsable de la décadence de la France au même titre que la gauche. Pas étonnant puisqu’il fut communiste dans sa jeunesse!

  • Sacré Giscard!
    Reconnaissons tout de même qu’il a marqué durablement l’histoire de France en imposant le réglage semestriel des horloges…
    Quant à cette intervention manuelle malencontreuse qui lui est reprochée, il a peut être voulu éloigner rapidement une journaliste qui avait cessé de lui faire face…

  • Giscard avait lka reputation d etre un grand economiste (il avait ete ministre des finance avant d etre president).
    Au final il n a pas compris que les chocs petroliers nous faisaient changer d ere.
    A ca il faut ajouter le coup de poignard qu il a donné a notre meilleur president (de Gaulle). en 69 (pour ceux pas né a cette epoque, il avait appelle a voter non au referendum qui poussa de gaulle vers la sortie)

    Donc au final, pas un grand president.
    La ou il s en sort mieux, c est que ces successeurs furent encore pire. Mitterrand nous a enfoncé dans la crise et la dette. Chirac ne fit rien pendant 12 ans (le roi faineant). Apres Sarkozy pensait que brasser du vent fait avancer les choses. Pour Hollande, je pense qu il n est pas la peine d en rajouter

  • Grace à BB on était nombreux à avoir la barre…J’ai 67 ans je me rappelle ces années la larme à l’oeil

  • Deux petits points en complément :
    Giscard a baissé la majorité de 21 à 18 ans. Ce qui est cocasse, c’est que c’est une des principales raisons de sa défaite en 81 ; les plus jeunes ayant majoritairement voté Mitterrand ! Cette baisse de la majorité est par ailleurs une ineptie. A 18 ans, on ne connaît vraiment pas grand chose à la vie – je précise que cette phrase m’aurait fait hurler quand j’avais moi-même 18 ans…
    Par ailleurs, Giscard a, pendant sa présidence, souffert du syndrome « d’ouverture » propre à la Droite française. Elle pense qu’il faut donner des gages à la Gauche, faire des réformes sociétales, ouvrir son gouvernement… Mais la Gauche, loin de lui en savoir gré, renforce son hostilité. Et ceux qui participent à l’ouverture sont souvent ingrats ; Françoise Giroud n’a pas soutenu Giscard en 1981. Trente ans plus tard, Nicolas Sarkozy fera la même erreur.

    • Je suis d’accord sur le majorité. A 18 ans, Dieu sait que j’étais politiquement ignare et inapte à donner mon suffrage en citoyen responsable. Ce n’est que vers l’âge de 22 ans, lorsque j’ai commencé à entreprendre, que j’ai commencé à en apprendre d’avantage sur les finances personnelles, la fiscalité, le marché et le fonctionnement de l’économie, et qu’en conséquence, mon jugement et mes opinions politiques ont gagnés en maturité. J’ai 25 ans aujourd’hui, et je pense, sans vouloir être arrogant, que je suis un électeur plus mûr et responsable que beaucoup de jeunes gens de mon âge. J’en connais tellement qui sont de pure produit gauchiste, qui pensent que le rôle de l’Etat est de materner la population à grand coup de subvention publique et de régulations en tout genre ! Audience idéale pour les idées de la social-démocratie ou du marxisme…

      Et dire que Mélenchon voudrait abaisser le droit de vote à 16 ans…

      • qui doit voter?? qu’est ce qui doit donner le droit de décider ….ça dépend de la nature des décisions aussi…on a eu un vote conditionné au fait de payer des impôts…

      • Ne soyez pas modeste. Je reste persuadé qu’à 18 ans, vous pensiez déjà être un cador, puisque c’est ce que vous pensez de vous aujourd’hui…
        ?

      • A 21 ans, j’étais propriétaire en nom d’un appartement acheté avec les prêts étudiants de mes copains et de moi-même, mais les copains n’ayant que 20 ans contre moi 21, et les faits datant de 1974… C’est marrant qu’on ramène la majorité au droit de vote, alors que ça n’est qu’un aspect secondaire par rapport à être majeur et responsable.

    • C’était une autre époque, les jeunes travaillaient à 17 ans, étaient autonomes, et ne pouvaient pas signer de contrat sans l’accord du père. Il y avait aussi le service militaire.
      Actuellement la plupart des ‘jeunes’ sont des adolescents jusqu’à 25 ans,

      • C’est vrai. Suffit de voir les lycéens et bacheliers sur les vidéos de l’ina pour s’en rendre compte. La jeunesse d’il y a 30 ans était bien plus mature que celle d’aujourd’hui !

    • Pour ce qui est du vote à 18 ans il y a un argument quand même: A 18 ans en cas d’invasion, on part à la guerre. Enfin quand c’était le cas… Quand on était mobilisable pour se faire trouer la peau je pense qu’il était normal d’avoir le droit de vote.

      • Au sujet de se faire trouer la peau ,il faut rappeler qu’il a été engagé volontaire dans la 1ère armée de De Lattre et a combattu pendant que son futur successeur se pavanait déjà sous les ors du pouvoir était décoré de la francisque et nouait des amitiés douteuses révélées bien plus tard et qui ont fait pousser des cris d’orfraie à toute la gauche.

        • Tout à fait…Le grand fossoyeur de la cinquième et du potentiel français reste avant tout cette « crapule » de Mitterrand..D’une inutilité absolue…VGE a quand même fait bouger la société française..

      • Bien vu !

      • De même quand on commence à payer des impôts…

      • Les derniers appelés du contingent qui ont participé à un conflit armé, sont ceux de la guerre d’Algérie. ils sont partis à l’âge de 19 ans en moyenne, la majorité était à 21 ans à l’époque.
        l’Etat ne s’embarrasse pas de ce genre de détails pour envoyer des gamins à la boucherie.

  • Sans les chocs pétroliers le bilan aurait été positif.. Barre avait commencé a tout remettre en ordre. Après, cela a été le délire des deux premières années de Mitterrand… Nous ne nous en sommes jamais remis. Une France de fonctionnaires tatillons, de collectivités locales dépensières, de 35 h, de retraite à 60 ans, etc.
    Dommage…
    PS je n’étais pas fan de VGE, Pompidou avait une autre stature. Mais Mitterrand ne voulait le pouvoir que pour le pouvoir… Et Chirac gérait à la petite semaine. Heureusement, la France « est riche », elle supporte cette mauvaise gestion…

    • et vous oubliez les nationalisations, qui ont couté une fortune : d’abord pour indemniser, ensuite tous ces « nationalisés » se sont mis à se la couler douce, car certains de ne jamais être au chomage, les copains incompétents et bouffis d’orgueil à la tête, et faillites ou revers en série (UAP je crois, Crédit Lyonnais…)

    • Deux trucs ont plombé Giscard et fait gagner Mitterrand :
      1. Le Larzac
      2. La vignette moto
      Rien que ce deuxième point a fait gagner pas loin d’un million de voix à Mitterrand.
      Nos politiciens n’ont jamais compris l »attachement viscéral du Français à son véhicule. On l’a vu encore récemment avec la révolte des automobilistes qui a donné le mouvement des Gilets jaunes.

      • Sans parler de la soi-disant affaire des diamants de Bokassa complaisamment rappelée par France Inter(minable) ce matin : FI qui a tu le fait que ces diamants étaient en fait un échantillon de diamants industriels (application : les foreuses, trépan et outils de coupe) que Bokassa avait remis à Giscard pour développer un partenariat économique avec la France. Bel exemple de manipulation médiatique coutumière de la gauche.

    • en relâchant un peu la politique budgétaire R. Barre aurait facilité grandement la réélection de Giscard. Cela nous aurait coûté moins cher que les années Miterrand

  • Il a reconnu les frontières de l’empire soviétique et pleuré la mort de Mao, phare de l’humanité.

    Comme de Gaulle, il a bien servi la soupe aux communistes.

  • C’était le premier de la longue liste des présidents de la Vème décidés à nous contraindre de descendre la pente économique, sociale, et bien entendu politique. Vive l’UERSS…

  • Giscard fut aussi un chantre du mondialisme, un Macron avant l’heure, en rupture avec la politique d’indépendance défendue par De Gaulle
    Dès 1974, il annonçait les grandes lignes de sa vision géopolitique: «Nous passons d’une civilisation de groupe à une civilisation mondialiste. La politique étrangère c’est d’essayer de trouver des solutions qui permettent réellement de traiter les problèmes de l’espèce, la paix, la pollution, le développement…
    Ce qui fait que nécessairement, la politique étrangère de la France sera une politique mondialiste et de conciliation. […] La vocation de la France, c’est d’aider à l’apparition d’un certain mondialisme des problèmes».
    On voit ce qu’il en est aujourd’hui…
    Ce mondialisme est un anti-libéralisme: les solutions descendent d’en haut au lieu d’être trouvées au plus près du terrain en respectant au maximum les libertés.

  • Heureusement qu’il n’y a pas 2020 (et les suivantes) sur le graphique, ça évite de trop déprimer.

    Sinon, on observe clairement la poussée fiscale de Sarkozy + Hollande à la suite de la crise de 2008. Sans surprise, on aura la même en pire après 2022, puisque Macron agit « quoi qu’il en coûte ». Quoi qu’il en coûte, c’est pour nous.

    Tous aux abris (anti-fiscaux) !

  • L’homme qui a fait basculer la France dans le socialisme, en lui faisant franchir la barre des 40% de prélèvements sur le PNB. L’homme qui a créé la dictature du contrôle fiscal, aussi. C’était l’essor de la puissance bureaucratique, qui n’a fait que s’amplifier ensuite.

  • c’est surtout le début du règne énarchique…
    j’ai lu tout récemment qu’il devait son admission à l’ENA à un tour de passe passe dû à son papa…

    • d’ailleurs dans ses réformes sociétales, il s’est bien gardé de demander l’avis au peuple par référendum, inaugurant cette façon de procéder par des majorité de circonstance à l’assemblée.

    • [3 déc. 2020]
      Il me semble que dès l’origine l’ENA admettait sur titre un ou deux X par an bien placés au classement de sortie.
      Apparemment, rares sont les « bénéficiaires » qui ont trouvé cette école d’application intellectuellement ou moralement stimulante mais l’accès à la voie royale du pouvoir exige quelques sacrifices.

      • Exactement. De ce que j’en sais, il y avait une, puis deux places à l’ENA, pour chaque promo, en fonction du classement de sortie au cas où il y aurait eu plus que 2 demandes, et aucun favoritisme dans leur attribution. Avant VGE, personne n’y aurait vu une voie d’accès à la présidence, et il n’était nul besoin d’un classement de sortie prestigieux pour les obtenir. c’était plutôt pour ceux qui bien entrés, avaient couru le guilledou plutôt que travaillé à un classement qui leur offre les Mines ou les Ponts, et n’avaient pas non plus envie de pantoufler dans le privé… Le fait que le classement de sortie de VGE ne soit mentionné nulle part plaide en ce sens. Et s’il avait renoncé aux Mines ou aux Ponts pour l’ENA, ne vous inquiétez pas, ça serait dans toutes ses bios.

  • Giscard le commencement du début de la fin , face à la crise du pétrole la relance keynésienne ,le refus de serrer les boulons , l’indemnisation du chômage, l’erreur suprême toujours d’actualité courir après la Gauche en lui « volant » quelques Rastignac en vue ,Dire après une election je suis le President de tous les français ce qui signifie , mon programme électif , s’inscrit dans la lutte des classes mais n’ayez pas peur je ne l’ appliquerais pas… et enfin le rapprochement familial cause de nos problèmes migratoires devenus existentielles

  • commentaire toujours en ‘attente de modération?

  • Le tableau à la fin de l’article est clair : si on veut plus de croissance et moins de chômage, il nous faut beaucoup plus d’inflation.

    • on voit que vous n’avez pas vécu l’inflation à 2 chiffres.. remarquez qu aujourd ‘ qui qui on a pas d’inflation on a juste la bourse au plus haut et immobilier aussi

    • Tiens, il y a encore une personne qui croit à la courbe de Philips ?

      • La courbe de Phillips décrit une observation empirique. On peut y croire sans croire aussi qu’avec de l’interventionnisme plus ou moins irraisonné, on continuerait à s’y conformer.

        • Si nous étions encore dans les années 60, j’aurais pu être d’accord, mais avec la stagflation des années 70, la courbe de Philips a été totalement invalidée.

          Et si on est autrichien en Economie, on n’y a jamais cru à cette courbe idiote …

    • Ce n’est pas l’inflation qui fait la croissance…

    • @Philippe Lacoude
      Bonsoir,
      Le Vénézuéla avec son hyper inflation à 4 chiffres a résolu tous ses problèmes, a une croissance du tonnerre et un chômage nul. Ah non.
      Il paraît que ce n’était pas bien mieux en Allemagne dans les années 1920.

  • Giscard : des hausses d’impôt, une relance keynésienne, des réformes « sociétales » => Giscard, premier président socialiste de la France, et le déclin commence avec lui…

    que du très normal en somme …

    • 1974 : un choc pétrolier qui fausse toute analyse.

      • un choc pétrolier qui n’affecte que les états socialistes et pas les états bien gérés, qu’est-ce qui fausse l’analyse ????

        • Le choc pétrolier a affecté tout le monde. C’est à la fin du mandat de VGE que le virage aurait pu être pris, en théorie, mais en pratique il aurait juste conforté la prise de pouvoir par Mitterrand. Il ne faut pas exagérer, le tournant vers le socialisme, c’est 81 et pas vraiment le mandat de Giscard.

          • Le Japon et l’Allemagne beaucoup moins que nous, mais c’est vrai qu’ils ont des puits de pétrole …

            Quand à VGE, premier président socialiste de la France, c’est lui-même qui l’a dit !!!

            En effet, au début des années 70, il déclarait que les dépenses de l’état qui dépassaient 40 % du PIB faisait de cet état un état socialiste. Elles étaient alors à 35 % en France.

            C’est grâce à lui qu’elles ont dépassé les 40 % …

            Et qu’on ne me dise pas que ce n’est pas sa faute car il y a eu la crise, je n’ai jamais vu qu’on arrive à résoudre une crise économique par la hausse des dépenses publiques (les travaux d’Alesina l’ont démontré en 2010).

  • en fait, un naufrage…

  • Le premier à avoir fait passer la politique euromondialiste, plus tard qualifiée de « progressiste », avant les intérêts à long terme de la société française.

  • C’est bien. Quoi qu’il ait réussi ou raté, pas encore enterré, je constate qu’il ait très bien habillé pour sa dernière cérémonie officielle…

  • Comme tous les présidents depuis, il aura eu quelques coups de génie, et quelques mauvais coups, à caractère psycho-rigide forcené, qui lui auront coûté sa place.
    Parmi les premiers : la très célèbre loi sur l’avortement. Pour les seconds, la militarisarion du Larzac ou la vignette moto, qu’il a choisi de soutenir contre vents et marées.
    Pour cet aveuglement à ne comprendre ni son époque ni ce qui peut le faire chuter, il restera pour moi un président très moyen.

    • ce qui est déjà bien car après ce fût de mal en pis…

    • En fait, vous lui reprochez d’avoir pris les mesures qu’il croyait bonnes malgré le risque qu’elles lui coûtent sa place. C’est exactement et surtout ça qui, pour moi, en fait un président bien au dessus de la moyenne !

      • Quand je dis qu’il a choisi de les soutenir contre vents et marées, je me suis sans doute mal exprimé.
        Ce sont des décisions qui ont été livrées « clé en main » par la technocratie de l’époque (comme récemment le 80 km/h ou la taxe carbone), pour lesquelles il s’est engagé sans bien appréhender le risque politique, et sur lesquelles il n’a pas voulu revenir une fois celui-ci découvert.
        Rares sont les dirigeants capables d’anticiper les risques politiques ; il faut de la hauteur et du recul. Encore plus rares sont ceux capables de reconnaître une erreur. Pour moi, c’est ce critère qui fait les grands. Les petits s’entêtent et s’enferrent, souvent sans même comprendre où ils ont m.erdé…
        Les deux décisions dont je parle – et c’est ce qui rend cet entêtement encore plus stupide – étaient mauvaises : ni l’une ni l’autre n’étaient nécessaires ou même simplement utiles, par rapport à l’objectif poursuivi. Elles sont restées pour moi le symbole absolu de la mauvaise décision politique. Égalées seulement par l’instauration du 80 km/h, qui a mis le feu au pays, pour un gain nul en termes de sécurité routière…

        • J’entends bien. Pour la vignette moto, je suis d’accord, VGE a cédé à ses mauvais penchants taxateurs. Pour le Larzac, j’ai souvenir d’avoir porté un jour un chapeau en papier « Gardarem lou Larzac » par pur humour provocateur parce que j’étais à Millau ce jour-là, mais l’extension n’avait pas à être rapportée pour obtenir des voix.

    • Un chef si n’ose pas déplaire, c’est une larve.

      • Un président qui déplaît, par une ou deux décisions stupides, à des millions d’électeurs est un c.n… Et accessoirement n’est pas un démocrate.

        • Et « en même temps », si les électeurs en question votent quand même pour lui, ça n’est pas important…

        • Un président qui déplaît, par une ou deux décisions courageuses et intelligentes, à des millions d’électeurs est un visionnaire… Et accessoirement n’est pas un médiocrate.

      • le président est il un « chef »? et doit il l’être?

  • VGE était plus mal aimé par les politiques que par les électeurs d’où les crasses que Chirac lui a faites!
    Mais il n’a pas démérité, sauf peut-être dans son respect mal venu des décisions des juges.

    • [3 déc. 2021]
      « son respect mal venu des décisions des juges »

      En principe le gardien de la Constitution respecte la séparation des pouvoirs …

  • Les commentaires sont fermés.

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