Éric Zemmour candidat à la présidentielle 2022

Alors qu’il était entré en pré-campagne sur les chapeaux de roue, bousculant l’ensemble du débat public en imposant ses thèmes de prédilection, Éric Zemmour commence à voir sa vitalité médiatique s’essouffler.

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Éric Zemmour candidat à la présidentielle 2022

Publié le 30 novembre 2021
- A +

Par Frédéric Mas.

Fin du suspense à la droite de la droite : le polémiste Éric Zemmour a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle aujourd’hui, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Alors qu’il était entré en pré-campagne sur les chapeaux de roue, bousculant l’ensemble du débat public en imposant ses thèmes de prédilection (immigration, identité, souveraineté), Éric Zemmour commence à voir sa vitalité médiatique s’essouffler.

Zemmour personnalité clivante

Un sondage Odoxa, Mascaret pour Public Sénat, LCP et la presse régionale publié le 23 novembre dernier faisait de l’essayiste la personnalité politique la plus rejetée des Français (61 %) devant Jean-Luc Mélenchon (55 %) et Marine Le Pen (49 %). Sa régression auprès de l’électorat populaire sympathisant du RN témoigne de sa difficulté à suivre la « stratégie Buisson » qui vise à allier les classes populaires et la bourgeoisie conservatrice.

En déplacement à Marseille, il n’a pas seulement subi un accueil glacial, mais a cédé aux provocations d’une ultra-gauche venue pour l’insulter. En répondant au doigt d’honneur d’une militante par le même geste accompagné d’un commentaire aussi vulgaire que l’échange, pour beaucoup de commentateurs, le candidat n’a pas été à la hauteur de l’homme d’État qu’il se promet d’être. Il y a sans doute ici un brin d’exagération -on se souvient tous du « casse-toi pauvre c… » de Nicolas Sarkozy – mais l’anecdote s’ajoute à une baisse générale d’enthousiasme en faveur de la petite musique national-populiste zemmourienne.

Éric Zemmour a aussi dû faire face à ses premières défections. Le financier libéral-conservateur Charles Gave, qui avait prêté 300 000 euros à l’association soutenant l’essayiste s’est retiré de sa campagne. Estimant sa comptabilité fragile, M. Gave ne veut plus désormais que son nom soit cité dans le staff du candidat. L’espoir chez certains libéraux de voir Éric Zemmour reprendre certaines de leurs propositions aurait-il été douché par sa prestation assez peu convaincante auprès des entrepreneurs ?

Hier, c’est l’un de ses principaux lieutenants qui jetait l’éponge, accusant dans le journal L’Express sa plateforme politique d’être trop « décliniste ». Incapable de sortir des quelques thèmes qui ont popularisé ses essais, le candidat Zemmour ferait preuve d’un amateurisme qui garantirait son échec.

La leçon de Tocqueville

L’intellectuel médiatique retrouvera-t-il un second souffle après ces premiers coups durs ? Peut-être aurait-il dû méditer la leçon, à la fois libérale et conservatrice, de Tocqueville sur la place des « gens de lettres » dans l’écosystème politique français depuis maintenant plusieurs siècles.

Dans l’Ancien Régime et la Révolution, l’aristocrate normand constatait que la conjonction de l’éloignement des intellectuels des affaires publiques et de leur goût pour la philosophie politique leur donnait une vision abstraite de la vie de la Cité. Trop littéraires et peu informés des questions sociales et économiques, ils tendent à plaquer des solutions simplistes sur des problèmes compliqués, et se condamnent surtout à ne jamais dépasser le stade de la discussion publique. Bien sûr, toute ressemblance avec la situation actuelle ne serait que purement fortuite.

Mise à jour 30/11/21 à 12h30 Eric Zemmour est candidat à l’élection présidentielle de 2022.

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