Leclerc demande une enquête sur la hausse des prix

Prix Landerneau du polar 2018 by ActuaLitté (Creative Commons CC BY-SA 2.0) — ActuaLitté,

Le directeur des centres Leclerc demande une investigation parlementaire concernant les hausses des coûts de transport… mais il n’y a pas de solution, sauf le temps.

Par Henry Bonner.

Le PDG des centres Leclerc explique qu’il se bat contre la hausse des prix dans les rayons de ses supermarchés… tandis que d’autres font le plein de profits grâce aux pénuries et aux perturbations induites dans le commerce…

Le problème est surtout dans le transport des marchandises qui arrivent souvent de loin, du Brésil, des États-Unis, de Chine ou de Singapour…

Les entreprises qui détiennent ces navires font face à une demande très élevée pour leurs services. Résultat ? Le prix pour la location des navires – ou des conteneurs – grimpe en flèche.

Un appel aux autorités par Leclerc

Michel Édouard Leclerc appelle donc les autorités à regarder la situation de plus près :

Je veux savoir sur quoi reposent ces augmentations qui atteignent 85 %. Ce n’est pas normal que ça arrive à de telles factures. Je pense qu’il faudrait une mission d’enquête parlementaire pour faire le point sur les hausses qu’ils nous proposent et y voir plus clair. Ils sont trois ou quatre géants du transport maritime.

Comme par coïncidence, le président Biden avait aussi lancé une initiative sur ce sujet. En juillet, il a donné l’ordre aux régulateurs de surveiller de plus près le fret maritime, face à la hausse des coûts.

Le coût moyen de location d’un conteneur de fret a explosé depuis 18 mois comme en atteste l’indicateur Drewry. Selon cet indicateur, le transport coûte 5 fois plus cher qu’avant la crise sanitaire.

Une adaptation du marché

La réaction naturelle des armateurs et du secteur devrait donc être d’investir dans les porte-containers, d’accroître la capacité pour répondre à la demande. Mais cela requiert de la dette (ou d’autres formes de capitaux) et des années pour la construction des navires qui risque de prendre du retard si les chantiers sont assaillis de commandes.

Soulager cette crise des coûts de transport prendrait des années et d’ici-là, l’économie ne devrait-elle pas avoir résorbé les perturbations induites par la crise sanitaire ?

Cela ne va-t-il pas laisser les sociétés de transport avec une flotte plus importante et un lourd endettement alors même que la demande commencera à s’essouffler ?

Bref, il n’y a pas de solution facile. Les confinements et restrictions continuent de provoquer des ondes de choc. Aucune directive ou loi ne peut annuler la destruction des 18 derniers mois de l’économie mondiale.

Des coûts plus élevés pour les transports, comme pour le gaz naturel, les automobiles, l’immobilier, les composants électroniques devraient durer encore un bon moment.

Dans l’économie, il n’y a pas d’action sans conséquences. C’est la loi de base de Newton. C’est inévitable. Aucun planificateur n’est capable de prévoir les multiples réactions générées par son interventionnisme.

C’est une étrange idée pour un entrepreneur d’appeler au secours ceux-là même qui ont provoqué les désordres.

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