La conception socialiste de la justice vise à l’égalitarisme

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OPINION : la justice socialiste consiste à imposer une société planifiée au niveau central où tout le monde sera égal.

Par Lucas Nunes1.

Le socialisme se concentre sur le concept de justice sociale, ou dans des termes plus appropriés, la « justice socialiste ». Il ne s’agit pas de construire une société prospère ou de minimiser les conflits entre individus.

Les socialistes veulent prendre le contrôle des moyens de production et créer un État immense qui aura un contrôle absolu sur tous les aspects de la société. À travers cet État, ils veulent promouvoir l’égalité car c’est ce qu’ils croient être juste. Les défenseurs de ce système ne se soucient pas de la prospérité, de l’humanité ou de la qualité de vie. Ils le prétendent dans les démocraties afin de gagner des votes et accéder au pouvoir. Leur seul objectif est de mettre en œuvre leur système de justice socialiste, quelles que soient les conséquences d’un tel système.

L’économie planifiée et la société planifiée du socialisme ne cherchent pas à améliorer la vie des êtres humains. C’est un outil pour mettre en œuvre la justice socialiste dont le noyau est l’égalitarisme.

La faiblesse conceptuelle de l’utilitarisme

La doctrine de l’utilitarisme, qui prescrit d’agir de manière à maximiser le bien-être général est un concept faible car en vérité la valeur est subjective : ce qui est mieux pour vous ne le sera peut-être pas pour quelqu’un d’autre.

Mais considérons la prospérité comme la base de l’utilitarisme, étant donné que la plupart des gens semblent avoir cette idée que plus il y a de prospérité dans une société, meilleure est celle-ci. Dans une perspective utilitariste, le socialisme a échoué dans des dizaines de pays où il a été mis en œuvre : Cambodge, Venezuela,  Russie soviétique, Cuba, Iran, Corée du Nord, Allemagne de l’Est, Chine, Vietnam,  Roumanie, Yougoslavie etc.

Le monde dans lequel nous vivons n’est ni noir ni blanc mais plein de nuances. Nous pouvons également observer que plus un pays commence à adopter des mesures socialistes, c’est-à-dire des interventions gouvernementales dans l’économie au lieu d’une économie de marché, plus il devient pauvre.

Même si le PIB n’est pas une formule parfaite car il prend en compte les dépenses publiques, prenons le PIB (PPA) par habitant à parité du pouvoir d’achat, car il nous permettra de mieux comprendre combien d’argent serait nécessaire pour acheter les mêmes articles dans deux pays différents.

Dans cet exemple, nous analyserons deux pays voisins du continent européen :

 

Source : World Bank https://data.worldbank.org/indicator/NY.GDP.PCAP.PP.CD?contextual=default&end=2019&locations=FR-CH&start=2019&view=bar

 

La France est plus pauvre que sa voisine, la Suisse, quand on observe le PIB (PPA) des deux pays.

Une autre analyse est celle de la liberté économique générale entre la France et la Suisse. La France est un pays beaucoup moins axé sur le marché que la Suisse. Cela signifie que les bureaucrates, législateurs et technocrates ont davantage de pouvoir pour s’immiscer dans la production économique en France qu’en Suisse, rendant la France plus pauvre et moins efficace que la Suisse.

 

Source : Heritage https://www.heritage.org/index/visualize?cnts=france|switzerland&src=ranking

 

Le système socialiste n’a jamais été mis en place dans le but d’une meilleure efficacité, pour accroître la prospérité des individus ou pour réduire les conflits. Il s’agissait toujours de mettre en œuvre ce système de justice sans classes sociales différentes, où les travailleurs ne seront pas opprimés par la bourgeoisie, les propriétaires des moyens de production. Même si pour atteindre ce but, une oppression constante est nécessaire.

Le mythe de l’inégalité

Les socialistes ont créé ce mantra suggérant que l’inégalité est la source de tous les maux de la société. Ils ont toujours ignoré que le monde est devenu un endroit moins misérable et que les gens ont commencé à mieux vivre depuis l’avènement de l’économie de marché. Ils ont toujours considéré l’économie comme un jeu à somme nulle, dans lequel une personne doit perdre pour qu’une autre gagne et que la seule chose juste à faire est de diviser ce gâteau de manière égale.

Grave erreur.

En fait, l’économie n’est pas un gâteau de taille limitée : c’est un gâteau dont la pâte grossit ou rétrécit une fois que nous produisons davantage de pâte ou que nous en détruisons davantage.

Pour que le gâteau grandisse, nous devons produire davantage de biens et de services qui nous sont utiles. L’utilité, comme indiqué ci-dessus, est subjective et non objective car les individus ont des besoins différents et temporels. Une économie de marché est le meilleur moyen de cultiver cette pâte à gâteau. Le gâteau grossit grâce à elle et par conséquent davantage de gens peuvent avoir une plus grosse part de gâteau, même s’il n’est pas divisé également.

Cela signifie que dans une économie de marché, il y aura des pauvres et des riches, mais les pauvres auront davantage de gâteau et les riches aussi. Dans un modèle économique plus socialiste, avec moins de liberté économique, la quantité de pâte diminuera, le gâteau sera divisé en parts égales mais tout le monde finira par avoir moins de de gâteau, les gens seront plus pauvres.

Pour mieux visualiser cette idée, observons le graphique suivant avec deux sociétés hypothétiques :

Nous pouvons observer qu’il existe deux types de sociétés : une société égalitaire où les salaires sont plus égaux et une société orientée vers le marché où les inégalités salariales sont plus élevées.

Nous pouvons également observer dans ce graphique que les personnes les plus pauvres de la société orientée vers le marché sont en fait plus riches que les personnes les plus riches de la société égalitaire en moyenne, ce qui signifie que la société orientée vers le marché est plus efficace pour créer de la richesse et que l’inégalité n’est pas réellement un problème.

Dans les paragraphes suivants, nous verrons d’autres exemples avec des données réelles.

L’inégalité des revenus n’est pas liée à la pauvreté et cela peut être prouvé en observant l’indice de Gini, la mesure utilisée pour les inégalités économiques. Plus le coefficient de Gini est bas, plus l’égalité des revenus des citoyens d’un pays est grande. L’indice de Gini mesure jusqu’à quel point la distribution des revenus entre les individus ou les ménages au sein d’une économie diffère d’une distribution parfaitement égale. Un indice de Gini de 0 représente une égalité parfaite et un indice de Gini de 100 représente une inégalité parfaite.

Selon les données de 2016 de la Banque mondiale, l’Ukraine (25) était le pays le plus égalitaire d’Europe, mais c’était aussi l’un des pays les plus pauvres d’Europe. Les États-Unis (41,1) sont presque aussi égaux que l’Iran (40) et la Turquie (41,9), mais les citoyens américains sont beaucoup plus riches que le Turc ou l’Iranien moyen. Le Libéria (35,3), un des pays les plus pauvres du monde, est presque aussi égal que le Royaume-Uni (34,8).

 

Source : World Bank

https://data.worldbank.org/indicator/si.pov.gini?end=2016&most_recent_year_desc=false&start=2016&type=shaded&view=map&year=2016

 

Source : World Bank https://data.worldbank.org/indicator/NY.GDP.PCAP.PP.CD?contextual=default&end=2016&locations=LR-UA-GB-US-IR-TR&start=2016&view=bar

 

En analysant ces données, nous pouvons observer que la prospérité est liée à la quantité de richesse produite dans un pays et non par une répartition égale de la richesse ou un salaire égal, ce que les socialistes ignorent. Dans la mentalité socialiste, il est plus important d’atteindre l’idéal de justice socialiste que de lutter contre la pauvreté pour améliorer la qualité de vie des individus.

Le côté obscur de la justice socialiste

La justice socialiste consiste à imposer une société planifiée au niveau central où tout le monde sera égal et quand bien même cela n’est même pas possible, quels que soient les résultats ou les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif.

Historiquement, nous avons vu que même les génocides sont justifiés pour imposer ce système totalitaire. Karl Marx pensait qu’un conflit de classe était nécessaire pour mettre en œuvre un tel système. Lénine, Pol Pot, Staline, Fidel Castro, Mao, ne craignaient pas d’exterminer des millions de personnes pour essayer d’atteindre l’idéal de justice socialiste.

Pour en revenir au sujet de l’efficacité de ces sociétés sous ces régimes socialistes, nous pouvons voir qu’elles ont affamé leurs populations, abaissé leurs niveaux de vie comparés aux États non socialistes, les ont enfermé à l’intérieur des pays où elles ont vécu dans la peur et la surveillance constante. Pensons au mur de Berlin et à tous ceux qui tentaient de fuir l’Allemagne de l’Est.

En Russie soviétique, comme c’est le cas aujourd’hui au Venezuela et à Cuba, les étagères vides dans les supermarchés et les produits rares font partie de la réalité, tandis que la classe dirigeante vit dans le luxe. Comment oublier les Rolex de Fidel Castro, les voitures de sport des chefs suprêmes nord-coréens ou les privilèges dont jouissent Nicolas Maduro et sa famille ? L’égalité pour toi, mais pas pour moi.

Nos sociétés actuelles ne sont pas l’idéal du libre marché, mais elles sont toujours orientées vers le marché. Nous sommes relativement libres d’échanger et de produire ce que nous voulons. Les choix de production ne sont pas établis par des politiciens, des bureaucrates ou des technocrates – même s’ils interfèrent beaucoup plus aujourd’hui qu’ils ne le faisaient il y a cent ans dans de nombreux pays occidentaux.

Plus nos sociétés sont orientées vers le marché et donc vers nous-mêmes, plus nous sommes libres d’échanger les uns avec les autres les biens que nous produisons ou les services que nous rendons.

  1. Lucas Nunes est le fondateur du site Libertarian Europe.
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