Prix du gaz : attention danger

La France étant dépendante à 99 % de ses importations de gaz, l’opérateur Engie s’est vu obligé de répercuter cette flambée des prix du gaz sur la facture des particuliers.

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Prix du gaz : attention danger

Publié le 29 juin 2021
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Par Philippe Charlez.

La Commission de régulation de l’énergie a annoncé vendredi 25 juin que le tarif du gaz allait augmenter de 10 % au premier juillet. Une douche froide pour les consommateurs toujours très irrités quand ils voient leur facture énergétique augmenter.

Est-il nécessaire de rappeler que le mouvement des Gilets jaunes avait comme origine l’augmentation du prix des carburants ?

Cette forte hausse est en grande partie liée à l’augmentation des prix du gaz en Europe faisant suite à l’accroissement du prix du pétrole. Rappelons en effet que contrairement au pétrole, le gaz se transporte mal.

De ce fait, il est préférentiellement consommé localement ou régionalement (70 % des volumes mondiaux). À l’export il est soit transporté onshore par gazoduc (20 % des volumes mondiaux) soit par voie maritime (méthaniers) après avoir été liquéfié sous forme de GNL1 (10 % des volumes mondiaux).

En conséquence, alors que le marché du pétrole est mondial, il existe trois grands marchés internationaux du gaz (États-Unis, Europe et Asie) sur lesquels les prix peuvent différer significativement.

Le prix du gaz américain (aussi appelé Henry Hub) est contrôlé par un marché spot qui évolue quotidiennement suivant la demande : prix plus élevés en hiver quand les demandes électriques et gazières sont hautes et prix plus bas en été quand les demandes se réduisent. En revanche, les États-Unis étant (grâce notamment à leur production de gaz de schiste) autosuffisants en gaz, le Henry Hub est décorrélé des prix du pétrole.

En Europe et en Asie au contraire, les importations de gaz, principalement par gazoduc en provenance de Russie et de Norvège mais aussi sous forme de LNG en provenance d’Algérie, du Nigéria et du Qatar, sont négociées sous forme de contrats long terme (20 ans en moyenne) avec les États producteurs. Ces contrats garantissent au producteur l’accès à un marché sur de longues périodes ; en contrepartie il garantit au consommateur l’approvisionnement sur la même période. Ces contrats étant généralement indexés sur le prix du baril de pétrole, on comprend pourquoi depuis le creux de l’année dernière faisant suite au premier confinement, les prix du gaz se sont mis à flamber comme ceux du pétrole, le baril frôlant les 80 dollars en fin de semaine dernière.

La France étant dépendante à 99 % de ses importations de gaz, l’opérateur Engie s’est donc vu obligé de répercuter cette flambée des prix du gaz sur la facture des particuliers.

Comme le baril de pétrole, les prix du gaz ayant fortement baissé durant la crise depuis début 2020 l’augmentation n’aura finalement été que de 1,1 %.

prix du gazPour les pays européens dont l’électricité est fortement gazière (Italie, Espagne, Royaume-Uni), la punition sera double : parallèlement à l’augmentation du prix du gaz, les consommateurs subiront aussi une augmentation significative du prix du MWh. En France, le gaz ne représentant qu’une très faible fraction de la génération électrique, la répercussion sur le prix du MWh devrait être insignifiante.

Cet épisode doit nous inciter à une très grande prudence quant à l’évolution de la composition du mix électrique.

La volonté idéologique des Verts français mais aussi belges et allemands de sortir du nucléaire pour foncer tête baissée dans les renouvelables intermittents aura comme inévitable conséquence d’accroître de façon importante la part du gaz dans la génération électrique future.

Contrairement au nucléaire pour lequel le coût du combustible (l’uranium) ne joue que marginalement (5 %) sur le prix du MWh, le coût du gaz impacte à hauteur de 70 % le tarif du MWh gazier.

En réduisant le nucléaire au profit du gaz, la France augmenterait non seulement ses émissions de GES (ce qui est contraire au résultat recherché) mais fragiliserait son indépendance énergétique en se plaçant de facto à la merci de marchés gaziers et pétroliers extrêmement fluctuants. Des données factuelles qui devraient faire réfléchir nos hommes politiques à neuf mois de l’élection présidentielle.

  1. Gaz Naturel Liquéfié
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  • nos hommes politiques sont entièrement tourné vers les présidentielles ; peu leur chaud le reste ;

  • il y a un sujet …l’interdiction de prospecter ..
    qu’aurait été une analyse avant le boom du gaz de schiste us sur la production électrique us..??

    rappel….
    de nombreux européens adhèrent à l’idée que nous devons diminuer notre consommation énergétique par vertu climatique .. et ils pensent que l’etat doit gérer l’énergie , essentiellement en taxant et surtout interdisant .. il y en a d’autres qui sont convaincus que l’énergie va devenir rare et que cela justifie que l’etat gère cette pénurie pour des raisons sociétales , le marché et les gens étant trop con ..ou ne marchant pas ( à faire quoi au juste?) ..

    ce que je remarque…un individu en France n’aplus le choix.. il lui est interdit en pratique de spéculer sur l’énergie. car l’etat de toutes façons l’état taxera ceux qui s’opposent aux speculation politiques et subventionnera ceux qui vont dans le sens de l’etat.

  • On aurait pu penser que la mode du « produire et consommer local » allait pousser à faire comme aux USA, exploiter le gaz de schiste.

    Sans surprise, Hollande en a interdit la recherche en France sous la pression des écolos.

    Vous avez dit « cohérence » ?

    • Sous la pression des ecolos ou de l’Allemagne, bientôt notre unique fournisseur de gaz et grande adoratrice d’éoliennes geantes ?

    • comme toujours, les USA inventent, l’Asie copie, l’Europe/France interdit.

      • Les français inventent tous seuls dans leur coin sans intéresser leur administration, les américains développent, les asiatiques copient et vendent, les français interdisent en taxant.

    • l’objectif de l’écolo, c’est que tout le monde crève de faim pour que la gentille nature reprenne ses droits…

      • Et le résultat qu’ils obtiendrons: quand on crèvera de faim, on dezinquera complétement la nature pour survivre quelques années de plus..

  • Faire plaisir aux écolos est devenu un l’objectif de tout homme politique, quel sera celui qui osera dans son programme de 2022, oser aller à l’encontre de ce qui a été élaboré ces dernières années en guise d’énergie renouvelable et autres, pour sûr il prendra des voix.
    Cela éveillera sans doute les consciences car beaucoup commencent à se rendre compte qu’ils ont été dupés par les écolos qui nous mènent à une régression irréversible.

    • Je pense qu’ils s’en rendront compte quand ils pèleront de froid, espérons le l’hiver prochain…

      • Je souhaite ardemment un black out l’hiver prochain un soir sans vent… et même quelques décès. C’est cynique mais ils seront tombés pour en sauver d’autres.

        • Je voudrais bien, mais Bercy gère déjà au moins 80% de mes revenus (Charges patronales, charges salariales, impôts sur le revenu, TVA, diverses taxes sur l’énergie, taxe d’habitation, taxe foncière,… j’en oublie certainement… et dans quelques années droits de succession), il me reste moins de 20% dont je peux décider l’usage… Donc impossible de donner autant…

  • Tout comme nous avions des autorités sanitaires censées gérer et prévenir une possible pandémie (stock de masques, de médicaments essentiels, de respirateur et autres moyens d’urgence) , nous avons de savantes autorités censées gérer et prévenir l’approvisionnement et l’indépendance énergétique de la France. On commence à voir le résultat de ces politiques vigoureuses et volontaristes. Et attendons de voir les taxes sur l’électricité augmenter quand ces guignols vont se rendre compte qu’a force d’interdire pétrole et dérivés, ils n’auront plus de recettes de la taxe sur les carburants, environ 30Mds

    • Interdire, contraindre, taxer. Ils ne savent rien faire d’autre, mais il font avec beaucoup de persévérance !

  • Faire réfléchir nos hommes politiques ? Autant expliquer les principes de la mécanique quantique à une huître…

  • Mais nos politiques sont des vendus, donc nous irons tête baissée vers le gaz . On comprend mieux l expression « avoir la tête dans le gaz »

  • Des données qui devraient faire réfléchir en premier lieu Pompili.
    Mais l’idéologie laisse très peu de place à la réflexion.

  • croyez vous que nos politiques (hommes et femmes) sont capables de réfléchir

  • Pourquoi voulez-vous que nos politiques réfléchissent ? Un autre article sur Contrepoints disait justement que ce sont les plus mauvais qui sont au sommet des états (ce que prévoyait Hayek) alors bon partant de là… il nous reste le vote oui mais pour qui? La démagogie soit-disant verte s’empare de tous les bords politiques.

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