L’incroyable histoire de l’île de la Rose : un petit conte libéral sur Netflix

Basé sur une histoire vraie, « L’incroyable histoire de l’Île de la Rose » nous fait découvrir un aventurier audacieux, Giorgio Rosa, et son île artificielle. Une sorte de John Galt moderne.

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L’incroyable histoire de l’île de la Rose : un petit conte libéral sur Netflix

Publié le 9 juin 2021
- A +

Par Nicolas Jutzet.
Un article de Liber-thé

Aujourd’hui encore, selon certains, La Grève, le roman culte d’Ayn Rand fait partie des livres qui ont le plus d’influence aux États-Unis. Son impact a largement dépassé les frontières américaines et fait office de véritable soft-power en faveur de la liberté, en mettant en valeur les entrepreneurs dans leur rôle de force motrice des économies libérales.

En expliquant parfaitement la dynamique négative qui s’installe dans une société qui se collectivise, Ayn Rand a sans doute fait beaucoup plus pour la liberté que la plupart des politiciens se disant libéraux. On lui doit une sorte de pop culture libérale.

Il manque des héros de la liberté

Depuis, d’autres histoires et valeurs ont remplacé John Galt – le héros du roman – dans l’imaginaire collectif et la liberté semble parfois souffrir d’un déficit d’image. Il manque des héros de la liberté qui parviennent à convaincre le grand public par l’exemple de ses bienfaits.

Publiée en octobre 2020 sur Netflix, L’incroyable histoire de l’Île de la Rose semble avoir le potentiel pour combler au moins partiellement cette lacune. Basé sur une histoire vraie, le film nous fait découvrir un aventurier audacieux, Giorgio Rosa et son île artificielle. Une sorte de John Galt moderne.

Dans les années soixante, lassé par la bureaucratie italienne qui étouffe sa créativité, il est face à un dilemme : quitter son pays et trouver refuge dans un pays plus libre, ou mettre en place son utopie. Il finira par créer une île artificielle au large de Rimini, dans les eaux internationales.

En se plaçant en dehors des eaux territoriales, il sait que la juridiction de l’Italie n’est pas applicable. L’Île de la Rose – qu’il imagine comme un territoire libre et indépendant – est née, et devient rapidement une attraction touristique, avec son bureau de poste, ses timbres, son drapeau et même une langue, l’espéranto, la langue « internationale ».

Les États détestent la concurrence

Cette petite sensation ne durera pas. Les États ne supportent que très mal les alternatives qui émergent et la mise en concurrence. Pour le gouvernement italien, l’île de la Rose devient un problème politique qu’il faut mater.

Pour mieux comprendre cette réaction épidermique, il faut inscrire l’aventure de Giorgio Rosa dans son époque, celle de Mai 68 et de l’évolution des mœurs. Cette île libre incarne tout ce qui énerve l’élite politique d’alors. À peine 55 jours après la déclaration de son indépendance, la marine italienne met un terme brutal au projet, en prenant possession de l’île. Giorgio Rosa et ses compagnons d’aventure dénoncent un coup d’État. Rien n’y fera, c’est terminé.

Des plongeurs de la marine italienne finiront par faire exploser la plateforme, petit havre de liberté au milieu de l’eau. L’île de la Rose disparaîtra presque aussi vite qu’elle est apparue… Elle est tombée dans l’oubli et plus de 50 ans plus tard c’est Netflix qui fait revivre avec son film l’épopée de Giorgio Rosa, le John Galt italien.

Face à des institutions moralement disqualifiées, quoi de plus libéral que de prendre ses responsabilités et de créer sa propre aventure, avec ses propres règles ? Une série – Passeport pour la liberté – s’intéresse à ces différentes alternatives aux États modernes qui existent.

Dans le roman d’Ayn Rand, les personnes créatives finissent par se retirer de la société et se regroupent dans un endroit secret, quasiment inaccessible, pour y créer une nouvelle communauté, qui correspond à leur idéal. Le temps de passer aux actes ?

Ce mois-ci, Liber-thé fait gagner le livre « La petite Bédéthèque des Savoirs. Le Libéralisme, enquête sur une galaxie floue ». Pour participer au concours : cliquez-ici.

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  • Ce n’ est pas parce que des institutions sont  » disqualifiées », ce qui ne signifie pas qu’ elles sont mauvaises mais plutôt malmenées, qu’ il faut faire la part belle à l’ anarchie.

  • Une démocratie incontrôlée est un leurre

  • Oui, enfin quand on voit la tête de l’île, elle est tout sauf auto suffisante, et plus une place de débauche qu’autre chose… Si cela avait continué, elle se serait transformée en grosse boîte de nuit…

  • Les commentaires sont fermés.

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