2021 : le bal des pleureuses

La France, pleine de pleureuses protégées, ne montrera de volonté de réforme que lorsqu’il n’y aura plus de protection.

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2021 : le bal des pleureuses

Publié le 21 mai 2021
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par h16

C’est la catastrophe en République Populaire Démocratique du Bisounoursland : alors qu’on avait promis à tous des vallées de lait et de miel, les soucis s’accumulent, des petits mentons tremblotent de tristesse et certains ont même du mal à retenir leurs larmes.

Eh oui : tout ne se passe décidément pas comme prévu et le sort semble même faire l’exact contraire de ce qu’on voulait. Ainsi, plus on impose gentiment l’inclusion, la solidarité, le bien commun et l’intérêt général, plus l’exclusion, l’égoïsme et les intérêts personnels semblent s’imposer… Comme c’est étrange ! On dirait vraiment que l’introduction aux forceps de l’État et de la bureaucratie, des règles et du législateur dans la vie de tous, partout et tout le temps ne permet d’augmenter sensiblement le bonheur que de ceux qui établissent les lois à leur profit !

Zut alors ! Voilà qui est gênant et d’autant plus qu’à l’occasion de crises plus fréquentes et plus profondes, les raisons de rouspéter s’accumulent… Ce que s’empressent de faire ceux pour qui les médias ont d’ailleurs toujours eu micro ouvert.

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

Alors que la situation ne semble pas s’améliorer, c’est donc une véritable noria incessante de groupes d’intérêts, de syndicalistes, de représentants officiels ou non, de figures tutélaires et autres délégués qui défilent sur les plateaux télé, radio, dans les tribunes des journaux subventionnés. Tous n’ont qu’un cri : ce qui nous arrive est abominaffreux, le monde – qu’on nous avait promis gentil et duveteux – n’est que méchancetés et aspérités pointues, c’est un scandale.

C’est bien évidemment le cas des personnels soignants qui n’en peuvent plus, sont à bout de force et sont débordés dans des services aux effectifs et aux moyens sous-dimensionnés, et ce alors même que moyens et masse salariale n’ont cessé d’augmenter sur les 30 dernières années dans ce secteur.

La pandémie joue ici un simple rôle de révélateur d’une vérité qu’il ne fait pas bon écrire : l’hôpital public se fout de la rentabilité, de l’optimisation des équipes et des moyens, croule sous la tamponnocratie compulsive et ce n’est absolument pas nouveau. Il suffit de se rappeler les cataractes de témoignages des années précédentes expliquant tous les mêmes choses, sans pandémie pour camoufler :

Ces personnels débordés sont rejoints par les enseignants qui, eux aussi, sont débordés, manquent de moyens et sont même mis en danger au contact d’élèves potentiellement bourrés de miasmes mortels. L’hécatombe observée chez les enseignants en exercice permet d’ailleurs de corroborer leurs peurs et de ne pas prendre les empilements de revendications diverses, les préavis de grèves et leurs manifestations plus ou moins vives pour de l’agitation politique habituelle à leur paroisse.

Et puisqu’on parle enseignants, ce serait dommage d’oublier les enseignants-chercheurs qui, eux, pleurnichent parce que leur ministre les a blessés en les accusant d’être islamo-gauchistes. Finalement, il y a toujours une bonne raison d’aller ouvrir son cœur aux micros mous des radios et des télés !

Pour les policiers, on appréciera leur position un tantinet paradoxale puisqu’ils gémissent tristement sur le peu d’estime qu’ils obtiennent de la part des citoyens ; c’est étonnant de la part de ces derniers de ne pas faire un petit effort quitte à développer un gentil syndrome de Stockholm, alors que l’individu lambda se fait maintenant harceler depuis des mois par le zèle trop souvent débile d’une maréchaussée bien trop heureuse de pruner le père de famille solvable, le conducteur fou à 82 km/h sur route de campagne ou le randonneur inconscient, seul en forêt, plutôt qu’aller remettre un peu d’ordre dans certains quartiers très émotifs de la Non-République Française.

Manifestement, la violence au quotidien est de plus en plus fréquente (et sur ce point, c’est exact) et nos forces de l’ordre préfèreraient ne jamais en rencontrer (on le comprend, mais ce n’est pas exactement le fondement de leur mission, n’est-ce pas).

On ne pourra pas non plus s’affranchir de noter que ce gros vague-à-l’âme touche aussi nos militaires : eux aussi, confrontés à la violence, semblent de plus en plus réticents à envisager sereinement leur mission. Dans leur récente tribune (maintenant célèbre), ils pleurnichaient par anticipation d’avoir un jour à agir en cas de guerre civile, c’est-à-dire à faire le travail pour lequel ils sont payés.

De façon moins surprenante, on notera qu’on n’entend guère les cris et les grincements de dents de tous les indépendants, les commerçants, les entrepreneurs divers et variés qui ont dû faire une croix sur au moins six mois d’activités depuis un peu plus d’un an et qui sont souvent au bord de la faillite, du suicide ou ruinés. Les pleurs des uns n’ont pas le même retentissement que les pleurs des autres.

Force est de constater qu’une fois encore en République Populaire Démocratique du Bisounoursland, ce sont finalement toujours les mêmes qui se plaignent amèrement d’une situation douloureuse, en la mettant sur le dos pratique de la société dans le cas le plus flou, ou de la pandémie dans un sursaut de précision, tout en oubliant que le principal facteur, la cause-racine des maux observés n’est autre que l’étatisation de la société pour l’un et la gestion étatique de cette pandémie pour l’autre.

Ont été ainsi créés des bastions, des États dans l’État, des mandarinats, des chasses gardées qu’il est devenu impossible de réformer ; et ce sont ces choix (catastrophiques) de collectivisation complète des soins ou de l’éducation qui aboutissent à ces problèmes, à commencer par l’illusion de gratuité de ces services qui entraîne des dérives de coûts invraisemblables et une lourdeur de plus en plus cadavérique de la bureaucratie attachée pour tenter de contrôler en vain ce qui s’y passait, qui aboutit à son tour à une impossibilité de réforme.

Alors qu’une part croissante de la population, silencieuse ou – pire – sans écoute subit de plein fouet les décisions de plus en plus criminelles de nos gouvernants pour s’enfoncer dans la misère, ces couinements stridents de professions protégées et, au fond, engluées dans leur volonté de ne rien changer, ont un côté de plus en plus gênant : on a si puissamment enfoncé dans le crâne de tous que l’État était devenu indépassable, qu’il était la source de toute chose, de toute action et de toute réaction, la solution à tout problème, que même les professions et ceux qui les exercent et sont censés représenter à la fois l’autonomie et l’indépendance sont devenus les premiers à chouiner pour que cet État leur apporte soutien et réponse à leurs problèmes, alors qu’il en est la cause.

On doit s’étonner de les voir pleurer pour faire le travail pour lequel ils sont payés (avec nos impôts qui ne diminuent pas du reste) : que leurs conditions d’exercice soient effectivement pourries est assez évident mais qu’ils réclament davantage de ce qui a propulsé leur situation dans l’ornière montre un gros problème de logique interne. Ou bien l’ornière n’est pas si inconfortable, ou bien ces pleureuses illustrent bien l’adage selon lequel on ne peut attendre de quelqu’un qu’il comprenne quelque chose alors qu’il est payé pour l’ignorer.

S’ils veulent l’estime de leurs concitoyens, mais qu’ils arrêtent de les emmerder, pardi ! Et tant qu’à choisir parmi ceux à victimiser, qu’ils prennent donc pour cible ceux qui pondent ces lois iniques, et pour lesquelles elles devraient aussi s’appliquer !

S’ils ne veulent pas être mis en danger dans leur travail, qu’ils le quittent à raison et rejoignent le camp pépère des professions exposées au marché et aux lubies de nos gouvernants, pour comparer : ces départs en masse d’adultes conscients qui prennent leurs responsabilités finiront par provoquer un vrai débat. Le reste n’est malheureusement que de la fanfreluche et le levier par lequel, justement, l’inique perdure, les réformes sont repoussées et chacun reste à sa place.

S’ils ne veulent plus s’épuiser à batailler contre la bureaucratie qui les enlise, qu’ils cessent donc de voter pour plus de bureaucratie ! Qu’ils cessent de vouloir régenter la vie des autres car à la fin, c’est évidemment la leur qui se trouve régentée !

De façon générale, ceux qui ne veulent pas se trouver en première ligne lorsque la merde va heurter le ventilateur doivent arrêter de fournir de l’électricité à ce ventilo, ne plus voter pour ceux qui ne sont que des ventilos et arrêter d’adouber ceux qui alimentent la pompe à merde.


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  • Bon, oui, c’est (comme d’habitude avec h16) parfaitement exact et humoristiquement attristant. Mais il faudrait un peu plus défendre les individus qui malgré les projections nauséabondes du ventilateur se battent pour BIEN faire leur boulot, les récompenser en proportion, en faire des héros. Des maîtres sadiques nous en avons, des postulants meneurs de révoltes, nous en avons, mais des héros du quotidien et plus, promus et récompensés pour cet héroïsme, on en manque toujours. Expatriés et vilipendés, sans doute, comme Stéphane Bancel…

  • Je veux bien « ne plus voter .. et arrêter d’adouber ceux qui alimentent la pompe à merde » mais il faut bien aussi prendre toutes les occasions d’exprimer sa colère.

    • Le tout est, comme le dit h16, d’y regarder à deux fois à la manière d’exprimer sa colère. Que voulez-vous derrière? Difficile de sortir des clous en France…

      Mis à part les Gilets Jaunes à leurs débuts, ces expressions de colère, réelles ou jouées, ont toutes la même visée: l’Etat à la table des négociations pour en obtenir un petit quelque chose.

      Il y a belle lurette que le monde politique, médiatique et syndical est rodé à l’exercice. Qui aboutit toujours au même résultat: plus de dépendance à l’Etat, plus d’emprise de l’Etat… bref: plus d’Etat.

      C’est tellement habituel que quand les Gilets Jaunes ont commencé leur mouvement, et même si c’était le bordel, ils ont suscité l’incompréhension dans le monde politique et médiatique. Je pense pour ma part qu’elle était feinte en grande partie. Il n’était pas très compliqué d’additionner 1 et 1 et de comprendre que les GJ exigeaient que l’Etat arrête, se casse et oublie derrière lui les augmentations d’impôts. Et parfois c’était tout à fait explicite.

      Je pense que personne n’avait publiquement envie d’insister sur le fait que cela signifiait que Macron doive tirer un trait sur une partie de ses projets (les GJ, explicitement ou indirectement de par la nature du mouvement, ne laissait pas vraiment le choix).

      Mais c’était à croire que, sans les fameux partenaires sociaux pour encadrer cette énième revendication sociale, les politiques et les médias ne pouvaient pas comprendre le mouvement. « Heureusement », le mouvement est en grande partie revenu dans l’orthodoxie revendicatrice bien de chez nous.

      En bref, il y a belle lurette que cela fait partie du « game » de saisir toutes les occasions de gueuler en France. En soi, ça alimente aussi la pompe à merde. Et si d’aventure on se dit qu’une démarche plus inhabituelle pourrait sortir de ce carcan, et bien les GJ constituent une bonne contre-preuve.

      • Tout à à fait…beaucoup de petites gens vous le disent de façon très simple, en France ,pour obtenir quelque chose, il faut gueuler…pas pour obtenir justice ou réparation…juste pour obtenir plus…

        au début dans le doute les libéraux ont espéré.. mais non,; c’est toujours que l’etat resolve les problèmes qu’il crée…pour moi..au détriment des autres..

        c’est les articles contrepoints…comment rendre la sécu plus juste? ou améliorer les programmes de l’ed nat, comment avoir une politique énergétique meilleure..

      • Tout ce laïus pour dire quoi ? vous vous abstenez, ou vous votez pour Macron/Bertrand ?
        Nos maîtres doivent sentir la chaleur de la marmite en ébullition.

        Sur le sujet de la démocratie (ou plutôt son absence) j’encourage tout le monde à écouter l’interview de F .Boulo par Gave sur l’IDL.

    • exprimer sa colère comment? le vote blanc? le vote RN? précisez …parce qu’il me semble que ça ne sert pas à grand chose le vote, et surtout pas à calmer sa colère.

  • Imprimé, fait, encadré, fait, au mur de mon bureau, fait.
    All hail H16

  • Au lieu d’envoyer des petites culottes à un ministre envoyons des mouchoirs à nos pauvres fonctionnaires ou une prime pour secher leurs larmes.

    • De toute façon, jusqu’à hier il n’était pas possible d’acheter des petites culottes, produit non-essentiel.

      • J’en ai acheter 5, ma vieille maman va être contente de ne plus perdre sa culotte. ☺️

      • Ben oui, ne faut-il pas supprimer tout obstacle au repeuplement de la France ?

      • ah « essentiel » …et, en passant, on ferme les écoles…

        utilitarisme..nous sommes bétail..

        • A noter que le bâton de marche pour les personnes âgées, en magasin de sports, était tout aussi inaccessible. Ni culotte, ni bâton. Mais les chaussettes étaient permises, pour y mettre le moral au chaud sans doute…

  • Excellent, comme d’habitude. Merci h16. Non seulement les protégés finissent évidemment par souffrir du système dont ils vivent et qu’ils ont, jusqu’à présent, soutenu, mais le temps n’est plus très loin où l’État ne pourra même plus les payer.

    • @guy « ne pourra même plus les payer. » oui et dans la tête de ces irrécupérables , ce sera la faute du méchant libéralisme, donc l’occasion à l’état de tout nationaliser, de tout réguler, parce que , parce que l’état est amok

  • « qu’ils cessent donc de voter pour plus de bureaucratie  » mais on est d’accord chef , mais où est il ce personnage dans le paysage politique français ? j’ai beau chercher avec une lampe torche et une paire de jumelle je ne vois rien qui y ressemble. Par ailleurs ceux qui ont essayé de tenir ce genre de discours a eu des problèmes … comme quoi , rien de changé depuis les prophètes .

  • « le conducteur fou à 82 km/h sur route de campagne  » : il ne roule plus en doblo ???

    • pas que… L’expression était abominablement trop discriminatoire envers les conducteurs de Kangoo, de Tipee et autres Ford Transit…

  • A mon avis il faudrait un reset sur beaucoup de procédures.
    Une procédure vie et chaque changement, loi, norme lui fait pousser une verrues, de ce fait la procédure, au bout d’un certain temps, devient incompréhensible, inutile, agonisante mais toujours existante.
    Les fonctionnaires doivent l’appliquer, même complétement décomposée, car sinon panpan féfesses , l’avancement recule et nous, pour éviter une amende, on essaie d’y comprendre quelque chose. Pour ma part, j’utilise parfois le hasard pour remplir certains papiers, et ça ne marche pas trop mal !
    En tout cas, il aurait beaucoup de lois à reprendre dans le cadre des fonctions régaliennes de l’état sinon les procédures seront telles que les verrues deviendront des aiguilles type hérisson, aussi malfaisantes.

  • bah… bastiat disait que l’etat est une illusion…acceptée par une vaste majorité de français…

    ce ne sont pas des criminels… mais des opportunistes qui exploitent à fond les absurdités que les gens affirment tenir comme vraies… égalitarisme, réductions des inégalités, défense de l’environnement , oppression raciste et sexiste…

    50,0001 de tyrans ça suffit pour vivre dans une démocratie tyrannique quand celle ci ne reconnait pas les libertés fondamentales des gens..

    vous allez les juger pour quoi ces criminels?

  • Le final de cet article est magistral ! Ne pas se trouver en première ligne lorsque la merde va heurter le ventilo… surtout ne pas visualiser, nooonnn

  • Je vois passer des lanceurs d’alerte et des « enfin ça va bouger » depuis 20 ans et… rien.
    Les sondages donnent les verts en tête pour succéder à Merkel.

    • ah bon? les politique ont la carte « j’ai menti certes mais dan l’intention de servir l’interet général »..

      l’interet général n’existe pas, ce qui fait que le gros de l’action politique repose sur du flan… mais comment éviter le procès d’intention…

      que le but n’etait pas l’interet général?????

  • Un seul commentaire : MAGISTRAL!

  • Plus un groupe social est protégé plus il est solidaire.

    On’n’entend pas les commerçants ? Bah oui, ils ont autre chose à branler que d’aller brailler dans la rue, comme sauver leur outil de travail.

  • Merci H16. Si la situation n’était pas si catastrophique, cet article serait à pleurer de rire !

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La raison d’être des professions protégées est double : établir une barrière à l’entrée contre les nouveaux arrivants et fixer un tarif unique. La profession protégée est un cartel institué par la loi.

Par Drieu Godefridi, depuis Bruxelles, Belgique.

Article publié en collaboration avec l'Institut Turgot.

La plupart des États européens sont confrontés aux mêmes défis d’une dette publique asphyxiante qu’ils ne peuvent maîtriser — a fortiori rembourser — qu’en réduisant leurs dépenses et... Poursuivre la lecture