Vaccination : nouvel échec de l’État-stratège

Après les lits de réa, les masques, les gels, les tests, la politique de vaccination montre à son tour l'inefficacité de la bureaucratie française.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
vaccine BY VCU Capital News Service(CC BY-NC 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Vaccination : nouvel échec de l’État-stratège

Publié le 1 mai 2021
- A +

Par Jonathan Frickert.

Alors que le nombre de contaminations semble être à la baisse, la France a fêté ce mardi ses 20 millions d’injections pratiquées.

Cocorico ? Pas tellement. Selon nos confrères de Ouest-France, à l’heure où nous écrivons ces lignes près de 730 centres de vaccinations auraient des places vacantes pour un total de 280 000 places abandonnées par les Français concernés par la vaccination.

Au point que l’actuelle maire de Paris et potentielle candidate socialiste à l’élection présidentielle appelle le gouvernement à « débrider la question de l’âge ». Un comble pour une édile gouvernant avec un parti au cœur de la polémique depuis plusieurs jours avec une affiche visant explicitement les boomers.

L’affaire prend une tournure politique, puisqu’elle révèle une nouvelle fois les défaillances de l’État-stratège, s’arrogeant le droit d’organiser et de définir les priorités mais qui se montre incapable d’administrer convenablement ses stocks de vaccins.

Vaccination : une population trop jeune ?

Comment expliquer ces désaffections ? Une des premières explications avancées est la situation géographique des vaccinodromes ouverts au début du mois d’avril, situés dans des zones où la population n’est pas concernée par la politique vaccinale.

Cette thèse est notamment étayée par le cas du Stade de France, situé en Seine-Saint-Denis, un des départements les plus jeunes de l’Hexagone où seuls 17 % de la population se situe dans la tranche d’âge concernée par la vaccination, soit 10 points de moins que l’ensemble de la population.

Une psychose bien utile

Mais l’explication la plus plausible tient dans la psychose entourant le vaccin AstraZeneca. Début avril, France Info contait ainsi l’histoire de centres de vaccinations de la région des Hauts-de-France où jusqu’à 900 rendez-vous n’ont pas été honorés lors du week-end pascal.

En cause : la polémique autour des cas de thromboses frappant des patients vaccinés avec le vaccin britannique, et contre lequel les plaintes se multiplient, qu’il s’agisse de particuliers ou directement de la part de Bruxelles, alors que des experts canadiens estiment qu’il serait moins dangereux pour la santé qu’une simple baignade.

Interrogé par France 3 Hauts-de-France, Daniel Camus, infectiologue et épidémiologiste à l’Institut Pasteur de Lille, évoque une mauvaise campagne d’information de la part des autorités. Ces dernières se sont par ailleurs largement engouffrées dans la brèche en cédant à leur tour à la panique.

Une constance mortifère

Malgré les désistements, nombreux sont ceux qui tentent en vain de profiter de ces créneaux libérés.

Lorsque le gouvernement tente de se draper des oripeaux de la constance, il le fait systématiquement dans la direction de l’inefficacité. En témoignent les interventions des différents acteurs de la campagne vaccinale.

Ainsi, à l’issue d’une visite à l’ARS d’Île-de-France à Saint-Denis, le ministre de la Santé Olivier Véran a rappelé attendre que 80 % de la classe d’âge prioritaire soit vaccinée avant d’élargir les critères de vaccination. De son côté, Alain Fischer, le fameux « Monsieur Vaccins » a rappelé la priorité mise sur les personnes vulnérables, tout en assurant que les doses inutilisées ne sont pas gâchées.

Compte tenu du refus de vaccination de certains Français, le gouvernement risque donc d’attendre bien longtemps avant d’enfin daigner assouplir ses conditions de vaccination. Or, si la stratégie de priorisation était audible au moment où les doses étaient limitées, tel n’est plus le cas aujourd’hui, rendant le verrou de l’âge parfaitement obsolète.

Pourtant, selon plusieurs élus qui ont pu échanger avec le président de la République ce mardi, Emmanuel Macron serait parfaitement conscient du problème, mais se limiterait à envisager des vaccinations sans rendez-vous. On retrouve ici une stratégie désormais bien connue du chef de l’État consistant à synchroniser son discours avec l’opinion sans pour autant passer aux actes.

Conséquence funeste : plusieurs centaines de doses sont parfois jetées. Un comble lorsqu’on se souvient des difficultés que connaît la campagne vaccinale depuis maintenant quatre mois.

Vaccination et principe de précaution, l’autre virus

Débutée le 27 décembre dernier, la campagne vaccinale française s’est rapidement pris les pieds dans le tapis.

Avec une livraison de près de 500 000 doses hebdomadaires et 15 % des commandes européennes, la France était destinée à sortir de son habituelle torpeur bureaucratique.

Cependant, des critiques ont été émises seulement quelques heures après le début de la campagne au sujet de l’incroyable lenteur de la stratégie française. Une lenteur justifiée par le gouvernement par une volonté d’éviter tout risque, suivant le sacro-saint principe de précaution. Un principe que le candidat Emmanuel Macron avait pourtant dit vouloir concilier avec l’impératif d’innovation en février 2017. Une autre promesse encore une fois bien vite oubliée…

Cet oubli de la part du chef de l’État ne l’empêche pas d’admettre rapidement que le pays ne va pas assez vite dans sa politique vaccinale selon la stratégie de communication évoquée plus tôt et toujours sans que les actes ne suivent.

Des blocages européens

Si cette lenteur a été accentuée par des difficultés d’approvisionnement, une grande part est imputable à des difficultés réglementaires et bureaucratiques. Ainsi, les livraisons des vaccins produits par Johnson&Johnson et AstraZeneca ont été respectivement impactées par des retards d’homologation et des blocages d’exportations, en plus des difficultés posées par une Union européenne réticente à homologuer les vaccins russes et chinois.

Une situation qui a amené plusieurs pays, du fameux groupe de Visegràd à des démocraties libérales reconnues comme le Danemark et l’Autriche, à faire fi de la procédure mise en place par Bruxelles.

Une absence de vision

Malgré cela, le gouvernement a dès janvier assoupli les règles sans succès et ce plusieurs fois. Une occasion de se rendre compte que la stratégie vaccinale n’en est décidément pas une tant la politique gouvernementale montre une absence totale de vision à long terme.

Enfin, à cette lenteur bureaucratique s’est ajouté un refus totalement idéologique des vaccinodromes, considéré comme un gros mot jusqu’au début du mois d’avril.

La peur, meilleure amie de la bureaucratie

Après les lits de réanimation, après les masques, les gels, après les tests de dépistages, la politique vaccinale montre à son tour la capacité de la bureaucratie française à générer de l’inefficacité et ce malgré l’abondance vaccinale permise au prix de lourds efforts.

Le cas des créneaux de vaccination en est donc une nouvelle illustration. Priorisation désuète, lenteur coupable et réglementation ubuesque, associées à un principe de précaution qui prétend protéger, mais qui en réalité opprime, montrent qu’après avoir échoué à gérer la pénurie, l’État-stratège est aujourd’hui incapable de gérer l’abondance.

Voir les commentaires (27)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (27)
  • Bien organiser ou pas, vacciner tout le monde est d’ une débilité à manger du foin. Surtout les 99,9…;% de la population qui héroïquement survit à la pandémie. On ne fait que dresser des murs contre un ennemi qui s’ adapte à toute vitesse et qui risque un jour de frapper beaucoup plus fort.

  • tout va bien ; la plateforme doctolib prise d’assaut pour se faire vacciner ; les gens n’en sont pas à se battre comme dans un magasin pour accéder à du nuttélla en promotion , mais ça ne va pas tarder…..

  • En Israël, des groupes Whatsapp se formaient spontanément pour signaler les centres de vaccination qui disposaient de doses en surnombre. C’était de l’auto – régulation. Horresco referens ! Pas de ça chez nous ! Que deviendraient nos fonctionnaires ?

  • Laurent Lenormand
    1 mai 2021 at 8 h 58 min

    Les Français ont bien raison de se méfier de ces produits conçus et mis sur le marché à la va-vite, après des tests bâclés. Mais ils ont encore plus raison de se méfier du discours des politiciens et des « experts » qui les poussent à la piquouse matin, midi et soir. Ce sont les mêmes qui ont « géré » la catastrophe depuis un an. Ce sont les mêmes qui en tirent prétexte pour faire gagner des sommes faramineuses aux groupes pharmaceutiques qui les emploient. Ce sont les mêmes qui profitent de cette « pandémie » pour instaurer censure et système de traçage des citoyens. Y a-t-il une seule bonne raison de leur faire confiance et de suivre leurs oukases ?

    • dans le meilleur des cas, ces vaccins sont inutiles (il existe des produits pour soigner, et qui ne craignent pas de variant).

    • Les tests n’ont pas été bâclés comme vous le prétendez, ils ont été raccourcis, le principe de précaution les prolongeant de manière disproportionnée! La pandémie exigeant la mise sur le marché rapide puisque des gens mourraient TOUS les jours!

      • Laurent Lenormand
        1 mai 2021 at 12 h 08 min

        Libre à vous de nommer « précaution inutile » l’évaluation des conséquences à moyen et long terme d’une technologie radicalement nouvelle, encore jamais utilisée à grande échelle. Pour ma part, sans être un forcené du principe de précaution, il me semble raisonnable de faire attention.
        Et moins de gens seraient morts si on avait permis aux médecins d’utiliser tous les médicaments disponibles. Or on a mis tous les obstacles imaginables, en ne reculant devant aucun moyen – il ne fallait pas tuer la poule aux œufs d’or qu’est le Covid pour l’industrie.

      • les gens mourraient tous les jours parce qu’ils n’étaient pas soignés !

        des pays comme Israël ont vacciné massivement et ils ont le même taux de mortalité !!! Aucun changement…

        • Arrêter de dire des .onneries et de répandre des informations fausses, sans doute volontairement car il n’est pas difficile de vérifier les données.
          Mortalité
          France : 1598
          israël : 692
          Nombre de décédés ces 4 derniers jours
          France : 1258
          Israël : 9

          • La méthodologie de comptage n’est pas la même non plus. En France, les hopitaux ont un intérêt financier direct à déclarer plus de cas qu’ils n’en ont réellement, ce qui n’est pas le cas en Israël.

      • avant le covid les gens mourraient tous les jours aussi hein..

    • Les QAnons devraient rester chez eux en silence, aussi peu scientifiques qu’une huitre malade.
      Je suppose que parmi eux, certains vaccinés ont vu pousser des cornes !

  • Pourquoi l’Etat veut-il gérer la santé? Cela concerne les personnes et leurs médecins.

    • Vous oubliez l’arrivée des vaccins au compte-gouttes les premiers temps, il aurait été impossible de livrer tous les généralistes. Aussi les conditions de conservation des fioles, impossibles à respecter par ces mêmes. Enfin, le fait que les fioles contiennent plusieurs doses, doivent être utilisées rapidement après ouverture, ce qui implique un nombre suffisant de patients dans un laps de temps restreint, et leur respect des RDV sous peine de gaspillage.

    • La protection lors ‘une pandémie fait partie des devoirs régaliens d’un gouvernement. Il devrait aussi être rajouté la régulation des abrutis.

  • Alors je vous annonce que, après avoir eu le nombre de morts, le nombres d’entrées en réanimation, le nombre de cas positifs détectés, le R0, le prochain indicateur pour « retrouver la vie d’avant » sera le nombre de vaccinés et ce indépendamment d’une évolution très favorable de l’épidémie (par contre si jamais ça « repart », confinements et couvres-feu seront de sorties c’est le cas de le dire). Tout ceci bien sûr en gardant nos masques, nos restrictions sanitaires, le passeport vert (comme c’est bizarre ce nom de passeport vert d’ailleurs on voit tout de suite la continuité de son utilisation…) si jamais on atteint le nombre de vaccinés fixé (au doigt mouillé) par nos brillants énarques. Sauf que les seuils fixés par le gouvernement ne seront pas atteints sans la contrainte comme le montre l’article (objectif de 80% de la classe d’âge autorisée à se faire vaccinée) car des gens ont l’outrecuidance de décider pour eux-mêmes de ce qui est bon pour eux. Donc le gouvernement procédera au chantage à la liberté, et sans aucune garantie bien entendu qu’il nous la rende à la fin.

  • En 4 mois, 20 millions de piqûres, 5 millions de vaccinés 2 doses, dans 2 ou 3 mois il en faudra une troisième pour les variants, tout baigne, de toute façon, la vaccination n’a pas de mot fin donc qui va piano va sano, après tout ce n’est intéressant que pour 60 000 personnes par an et si les médecins soignent, bcp moins.

    • En Angleterre, si ce n’est pas un fake, 3500 morts du covid sur 150 000 déclarés…

      • Pour remonter à environ 150000 cas déclarés, il faut remonter au 15 mars 2021. Le nombre de décès est alors de 2001.

  • « Quasi ineffectif », selon Le Roy(telet) de la République Démocratique de France (29 Janvier 2021)

    CQFD: l’idéologie ou la plutôt la religion de la bureaucratie prime sur la vie des administrés.

  • Dany le retour
    1 mai 2021 at 17 h 07 min

    Il ne faut surtout plus voter pour ces incapables bureaucrates qui n’auraient rien réussi dans la vraie vie économique. Ce sont des sangsues qui nous sucent le résultat de notre travail

  • « En cause : la polémique autour des cas de thromboses frappant des patients vaccinés avec le vaccin britannique, et contre lequel les plaintes se multiplient, qu’il s’agisse de particuliers ou directement de la part de Bruxelles, alors que des experts canadiens estiment qu’il serait moins dangereux pour la santé qu’une simple baignade. »
    J’aimerais apporter ma modeste contribution à la supposée psychose par rapport au vaccin Astrazeneca, je veux bien croire votre expert canadien qui affirme qu’il n’est pas plus dangereux qu’une baignade, mais cette comparaison me parait complètement stupide.
    Si je suis gravement malade et que mon médecin me propose un nouveau traitement, je veux bien en accepter les effets indésirables.
    Par contre, si je suis une personne en excellente santé, dont la dernière poussée de fièvre remonte à plusieurs décennies, je ne vois pas pourquoi j’accepterais de me faire vacciner avec un produit qui est déconseillé par de nombreux médecins.
    Pour ce qui me concerne, le rapport bénéfice/risque est vite fait et ma santé, dont je prends soin, me regarde et les prosélytes de la vaccination n’ont aucune influence sur moi.
    Après cette année très spéciale, j’attache encore plus d’importance à ma liberté individuelle.

    • Hélas Jean-Paul, les gens comme vous (et moi) doivent être remis dans le rang. Vous avez le droit de ne pas vous faire vacciner, mais alors, ne comptez pas assister au mariage de vos enfants, ne comptez pas assister à un événement culturel, etc sans vous faire tripatouiller le fond du nez. Et comme ceci ne vous dérange pas (le mariage de vos enfant est passé ou n’est pas pour tout de suite) on vous fera rentrer dans le rang en multipliant les utilisations de ce passeport sanitaire (aussi inutile au stupide) par exemple, bientôt, pour aller au restaurant…

      • Je me permettrais de rappeller que les droit de l’Homme sont inscrits en préambule de notre constitution. Ceci suppose que les droits de l’Homme pré-existent à la création de l’Etat. L’Etat ne peut donc pas aliéner vos droits fondamentaux.

        Par ailleurs, je me permet également de rappeller que le deuxième mot écrit sur le fronton de nos mairies est « égalité ». Introduire ce type de restriction crée une rupture flagrante d’égalité. Quid des personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner, puisque le « vaccin » est fortement déconseillé aux personnes souffrant de fortes allergies (dont je fait partie).

        Accessoirement, il existe un précédent. Suite à l’extension de la durée de validité de la carte d’identité, nombre de nos concitoyens se sont vu refuser par l’administration le remplacement de leur CNI dont la date indiquait qu’elles étaient périmées, alors qu’elles étaient toujours valides suite à l’évolution des textes. Ceci qui a provoqué de nombreux problèmes à ceux qui ont voulu prendre des vacances hors du territoire national (les autorités locales refusant l’entrée aux personnes ne disposant pas d’un titre d’identité indiquant qu’il était encore en cours de validité).

      • Les commerçants pourront sélectionner les clients sur des critères biologiques. Ça ne vous rappelle rien ?

        J’espere que bcp feront faillite.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Dans son dernier essai intitulé Adieu la liberté, l'essayiste Mathieu Slama observe que si l’État n’avait pas contraint les citoyens aux mesures sanitaires les plus liberticides, ce sont les citoyens eux-mêmes qui s’en seraient chargés, tant la panique qui s’est emparée des esprits était générale. Les confinements, couvre-feux, attestations dérogatoires, masques obligatoires et autres restrictions n’ont fait l’objet d’aucune vraie protestation en France. Nos voisins ne firent guère mieux. Une étude portant sur une dizaine de pays citée par l’... Poursuivre la lecture

Après la peste et toutes les pires pandémies qu’a pu connaître notre humanité, le monde a fini par revenir à la normale et continuer d’avancer. Les technologies sont passées par là, avec ce qu’elles représentent en termes de poids économique. Nul ne me contestera que de nombreux acteurs du secteur ont pu saisir dans cette pandémie une réelle opportunité de croissance… solutions pour le télétravail, solutions de surveillances de salariés, mise en place du click and collect, solutions sanitaire… solution de télétravail alternative : Netflix et ... Poursuivre la lecture

Une conférence de l’Institut Libéral, depuis la Suisse

Une conférence en ligne est organisée avec Mathieu Slama, qui est essayiste et enseigne la communication politique. Son nouveau livre Adieu la liberté a été publié le 20 janvier 2022, aux Presses de la Cité. La conférence en ligne aura lieu mardi 15 février, à 20 heures.

Pour Mathieu Slama, la crise de la Covid-19 a révélé un nouveau totalitarisme soft soucieux du safe. En cause, une gestion de crise cherchant non pas le bien commun, mais le bien-être de chaque ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles