La sécurité selon Macron : un désir de vie paisible…

Ah, si la vie pouvait être aussi paisible qu’un dîner à l’Elysée entouré de gardes du corps !

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La sécurité selon Macron : un désir de vie paisible…

Publié le 21 avril 2021
- A +

par h16

Snif, snif… Mais, sapristi, pas de doute ! On dirait bien des odeurs de campagne ! Ici, je ne parle pas de celle où, au milieu de verts pâturages et sur fond de champs et de vignobles dorés, veaux, vaches, cochons et petits moutons gambadent en faisant des petits bruits rigolos, mais bien de campagne présidentielle : oui, décidément, cela sent la bonne grosse odeur lourde et méphitique d’une campagne présidentielle en approche.

Et les premiers fumets proviennent du Figaro auquel son altesse présidentielle vient d’accorder un long entretien plein d’air chaud, auquel la titraille niaiseuse rend un hommage adapté : voilà, c’est dit, Emmanuel se bat pour nous tous, petits Français, et notre droit imprescriptible à « une vie paisible ».

Si l’on s’en tient au titre, force est de constater que le combat se solde jusqu’à présent par un échec absolument catastrophique : depuis que l’histrion est parvenu au pouvoir, les tensions sociales n’ont cessé de grimper en flèche. Alors que la République se remettait à peine du passage particulièrement violent des Gilets jaunes qui faillirent la faire tomber, elle s’est retrouvée projetée dans une pandémie largement aggravée par sa gestion particulièrement foutraque, pour rester gentil et ne pas trop prêter d’intention criminelles aux clowns incompétents qui hantent les couloirs des hôtels ministériels.

Heureusement pour Manu Les Bons Tuyaux, le long entretien accordé au Figaro lui permet d’éviter une analyse (qui serait douloureuse) d’un passif calamiteux en matière de sécurité, et de s’attarder un peu sur le futur et ce qu’il compte faire pour boucler son quinquennat. Cela tombe bien puisqu’il reste une douzaine de mois à Macron pour maquiller ses résultats, encore que l’ampleur de la tâche imposera d’utiliser Liebherr ou Caterpillar plutôt que Gemey ou L’Oréal.

Et c’est vrai qu’il a de la volonté, le brave petit bonhomme ! Il aimerait tant que la vie de ses concitoyens soit aussi paisible que la sienne ! Las, tout le monde n’a pas une escouade de gardes du corps pour protéger son auguste personne de la volonté de discuter d’une part croissante du peuple qu’il a très calmement jeté en résidence surveillée.

Conscient de ce petit écart, il lance donc quelques palpitantes pistes de réflexion au cours de son échange avec les passe-plats du Figaro. Toute l’idée est ici de ratisser à droite aussi vigoureusement que possible. Le sabotage de la gauche et le torpillage du seul concurrent crédible de la droite de 2017 lui avait permis le tour de force d’être élu sur un profond malentendu, il compte donc procéder sensiblement de la même façon pour 2022.

On attendra donc avec une feinte surprise l’affaire crapoteuse qu’on découvrira sur Marine Le Pen et/ou le pantin que la droite aura dégoté d’ici là, mais en attendant, voilà le Présidentissime qui se lance dans un exposé sécuritaire qu’il veut musclé.

Sans grand étonnement, cela tombe assez vite à plat : le locataire de l’Élysée enfile en effet erreurs d’analyses, de méthodes et de renseignements qui annulent toute crédibilité au propos et renvoie l’ensemble de ses réponses au rang de petite musique politicienne habituelle sans intérêt.

Pour lui, la violence serait ainsi essentiellement la conséquence des trafics de drogue (comme le prouvent de nombreux États où elle est en vente libre comme le Colorado ou le Canada qui ont depuis sombré dans la plus totale anarchie). Il entend donc répondre à cette violence avec un accroissement des moyens et des efforts contre les trafics. La guerre contre la drogue ayant amplement montré son efficacité (en fait, pas du tout), le Président entend donc redoubler d’efforts.

parabole de l'aspirine (c) Maître Du MondeEt d’après notre anti-narco en chef, ça marche : « chaque jour nous fermons un point de deal », ce qu’une recherche dans Google permet de confi… oups d’infirmer assez lourdement. Manifestement, chaque point fermé renaît illico presto un peu plus loin. Les gesticulations d’Emmanuel n’amusent que lui.

Quant aux méthodes qu’il propose, elles sont là encore parfaitement en décalage avec les besoins, les attentes et la réalité du terrain dont il n’a aucune idée. Depuis son idée – si violemment originale – de lancer un « grand débat national » jusqu’à la possibilité de mettre en place une plateforme (à quand le numéro vert ?) pour dénoncer les contrôles au faciès (ou la violence policière), en passant par la multiplication mécanique d’affichage du nombre de policiers, rien ne permet d’affirmer que l’ensemble entre dans un tout cohérent.

Mais réjouissez-vous quand même : d’ici 2022, c’est garanti, les Français verront davantage de bleu sur le terrain. Sur les routes, ils seront attendus avec grand plaisir ! Sur les plages, on les adorera à pruner durement les familles qui osent boire du jus de fruit sur le sable ! Et dans les forêts, quelle joie de les voir verbaliser le randonneur sans masque !

Sérieusement, c’est véritablement du moquage de visage à l’opposé de ce qui est attendu.

Parce qu’en attendant, dans le réel loin des zones sécurisées de Paris ou des villes de province qu’il daigne visiter de temps en temps (la règle des 10 km, c’est pour les autres, hein), la sécurité du quotidien c’est la courageuse dissolution d’un groupe identitaire de Français qui ont agité des drapeaux à la frontière pendant que se multiplient les insolences des Traoré, les violences des indigénistes et autres décoloniaux.

Le concret, c’est le discours de plus en plus agressif et de plus en plus audible des communautaristes de tous crins qui entendent imposer leurs agendas d’hydrocéphales à l’ensemble d’une population abrutie de moraline, de taxes et d’interdictions.

La réalité, celle qui pique, c’est l’existence d’associations lucratives à but séditieux dont certaines sont clairement financées par les pouvoirs publics.

Le réel, contre lequel « on n’a jamais raison », ce sont des quartiers qui n’ont ni police ni justice autre que celle imposée par les petits caïds. Oh, le candidat Macron ne les ignore pas, mais il sait qu’il n’a aucun intérêt électoral à s’y attaquer vraiment.

Alors le réel, dans son coin, loin des ors de la République, offre toutes les semaines des petits morceaux croustillants de vie paisible, avec des fusillades (jusqu’à Montpellier ou Macron faisait son kéké), des petits coups de couteau ça et , des bagarres, des rixes, des incivilités (définition floue, lisez « cambriolage » par exemple), bref, le réel refuse de se cantonner à quelques quartiers et à un simple « manque de bleus » dans les rues.

Et puis le réel, ce sont aussi des tribunaux partis si loin dans l’idéologie, l’excuse et la perte de tous repères qu’on en arrive à devoir relire plusieurs fois certains comptes-rendus pour tenter de comprendre ce qui pousse l’épave judiciaire à pondre ses jugements.

La réalité, c’est qu’au delà de l’avalanche de poncifs, d’erreurs d’analyses et de méthodes, au-delà de tout ce discours qu’on n’aura aucun mal à étiqueter crûment électoraliste et seulement ça, le Président livre sans même s’en rendre compte une clé essentielle de sa façon de gérer la sécurité, dès le début de l’entretien : pour lui, rien n’est de sa faute, la dérive qui pré-existait certes à son arrivée n’a pas été aggravée par son incompétence ou son jmenfoutisme, non. Ce n’est pas un problème de fond régalien avec une justice impotente, une police écouillée et une armée éparpillée en tâches inutiles. Non : c’est un souci de kartchiers délaissés, de réseaux sociaux et d’anonymat (!) et, surtout, voyez-vous, ce sont les mêmes problèmes ailleurs, la France n’est pas spéciale et elle n’est pas plus violente, non, c’est la société mondiale qui est plus agressive, voilà tout m’ame Ginette…

Devant un tel déni, devant une analyse boiteuse, des solutions éculées déjà tentées et déjà foirées, les patchs et cautères assemblés à la va-vite dans la dernière année de quinquennat n’ont aucune chance de servir à quoi que ce soit. Attendez vous à une multiplication des gesticulations.

Et donc à une augmentation de la violence. Celle des racailles sur les Français honnêtes, et celle des forces de l’ordre sur les Français solvables.

Youpi.


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  • Vu que ça devient un thème électoral, la sécurité de la population n’est pas une priorité du gouvernement. Des larbins du pouvoir viennent d’en faire les frais à Viry Chatillon.

  • Le roitelet a tapé fort dès le départ : création d’une école de guerre (oui, c’est vrai, en dehors de l’Elysée, on appelle ça une académie de police, mais c’est moins vendeur) et remplacement de la casquette des policiers. Déjà que les délinquants souffrent d’insomnies depuis l’arrivée de Darmanin, maintenant ils doivent être tétanisés à l’idée que dans quelques années il y aura de nouveaux aspirants policiers avec un costume différent.

    Quand à la justice, elle continuera à briller comme un phare sous le niveau de la mer. Rien qu’hier, on apprend que le petit manifestant écolo qui avait décroché un portrait de Macron pour attirer l’attention a été relaxé…. mais que le parquet d’Amiens allait faire appel. Quand on voit ce qu’il s’est passé récemment à Beauvais ou Tourcoing, on aurait pu penser que les juges allaient avoir enfin de vrais délinquants pour se défouler, mais non.

    Mais pas grave, les bars vont rouvrir, les carassins dorés vont fièrement arborer leur passeport vaccinal pour profiter d’une semi-liberté qu’on leur fera passer pour un retour à la normale, les képis vont continuer à persécut… euh protéger les citoyens honnêtes, et les zones de non-droit continueront à bourgeonner un peu partout (sauf bien sûr dans nos formidables médias indépendants et objectifs).

    Quand ils sont au bord du gouffre, ils font un grand pas en avant. Quand ils touchent le fond, ils creusent encore plus fort. Aller droit dans le mur, c’est bien, mais y aller avec panache et arrogance, c’est mieux non ?

  • Ayant eu quelques responsabilités dans mon existence, même lorsque je n’aime pas quelqu’un ou que je suis en profond désaccord, je m’efforce de comprendre ses motivations, les raisons pour lesquelles il prend telle ou telle décision, sa logique d’ensemble, éventuellement reconnaitre de l’intelligence dans une stratégie ou une tactique. Je dois avouer qu’avec Macron, je ne trouve rien. J’en suis arrivé à la conclusion que, soit je suis totalement idiot, ce qui est possible, soit c’est lui. Comme il est parvenu à se faire élire Président et pas moi, je vais me rassurer en me disant que c’est moi.

    • Pas idiot, non. Paranoïaque, égocentrique, narcissique, atteint d’un profond complexe de supériorité vis-à-vis de tout le monde, persuadé que tout le monde l’aime, convaincu qu’il est le sauveur du monde. A mon avis, il ne se voit comme le président élu, mais tout bonnement comme l’Elu.

      Et à ce stade, pour le comprendre, il ne sert à rien d’avoir des connaissances en politique ou en management, il n’y a qu’un psychiatre ou un fou qui pourraient encore trouver du sens à son action. N’essayez pas de trouver du rationnel chez un malade mental, car cela pourrait vous…. rendre fou. 🙂

  • caractéristiques de l’énarque fonctionnaire : « ce n’est pas ma faute ».

    on dirait Jim Taggart…

  • Parfaitement juste, h16. Personnellement, je n’ai même pas eu le courage de lire l’article du Figaro jusqu’au bout tant la mauvaise foi et l’auto-satisfaction de ce potentiel candidat à sa réélection me donnaient la nausée.

  • Bien, attendons juste qu’à Tourcoing, cité du sinistre de l’Intérieur (en même temps maire et ministre, ça jette), le bordel continue avec quelques blessés supplémentaires pour invalider la totalité des propos de Macron. Ou à Grigny, Montpellier, Aubenas… Et dire que le ramadan qui nous les casse n’a que 8 jours de passés.

  • La conclusion résume bien notre futur proche…

  • Il va passer malheureusement, car soit il va éliminer la concurrence sérieuse avant le premier tour, soit il mettra la peur du « chaos » comme en 2017 et ça passera tout seul…

  • Allez faire aimer nos valeureuses troupes de police et gendarmerie, avec cette photo , qui démontre bien qu’ils s’en donnent à coeur joie de prûner le paisible conducteur pour un dépassement de 2km/h. En plus c’est illégal l’endroit où il se cache et j’aurai rêvé qu’un 35 tonnes ce prenne l’indicateur vert. merci encore à l’auteur pour sa verve et surtout sa justesse n’analyse.

  • Déconstruction de notre histoire, c’est son slogan pour 2022 annoncé en anglais par macron sur CBS. Dans la foulée il a expliqué que les français sont racistes et c’est pour cela que le terroriste musulman se sent mal aimé en FRANCE !

  • Oui notre président fait campagne, se déplaçant chaque semaine « en région » – a-t-il une autorisation de sortie au-delà des 10 Kms ? Cette campagne se fait avec les deniers des Français !
    Bravo à H16 c’est du nectar !

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