Libéraliser le marché de l’emploi pour lutter contre la précarité

Old gears BY BrunoDelzant (CC BY-NC-ND 2.0) — BrunoDelzant , CC-BY

Il y a nécessité de libéraliser le marché de l’emploi pour le rendre plus flexible et permettre à des jeunes de trouver du travail.

Par Adnan Valibhay.

En plus de devoir supporter les cours à distance, en plus de devoir subir les confinements et couvre-feu successifs, les étudiants se retrouvent, pour les plus précaires d’entre eux à devoir faire les poubelles pour se nourrir.

Une réalité alarmante : la précarité de la jeunesse

Quel abominable constat. S’il est certain que la crise actuelle empire la situation des plus démunis, la précarité étudiante constitue une réalité antérieure à la pandémie de covid-19.

En février 2020, le taux de chômage des Français de 18 à 25 ans s’élève à 19,3 %, pour atteindre 22,1 % en novembre 2020 selon les données Eurostat. On peut se féliciter de ne pas avoir dépassé les 40 % comme c’est le cas pour l’Espagne, mais il faut admettre que nous sommes encore à la traîne face à l’Allemagne dont le taux s’élève seulement à 6,1 % postérieurement aux mesures de confinement.

Un cadre général hostile à l’embauche des jeunes

La dévaluation systématique des formations professionnelles peut expliquer en partie cette misère. L’Allemagne favorise ces filières qui insèrent mieux les jeunes diplômés sur le marché du travail. Cela se ressent au niveau macro-économique où celle-ci affiche des résultats insolents tant du point de vue du chômage que du produit intérieur brut.

Le Code du travail et les contraintes inhérentes au souci de protection sociale des travailleurs prétendument défavorisés face à leur employeur doivent également être évoqués. Employer un jeune diplômé représente un risque pour tout chef d’entreprise car il peut tout à fait se révéler incompétent comme il peut se montrer très brillant.

Plutôt que de le laisser faire ses preuves en toute liberté, par son manque criant de flexibilité, la législation fait de lui un poids certain pour son entreprise. Celle-ci devra en effet faire des pieds et des mains pour s’en séparer au cas où il se révèlerait décevant. De telles normes rigidifient considérablement le marché de l’emploi en général et a fortiori celui des jeunes qui constituent un véritable investissement pour les entreprises.

Partant de ce constat, les employeurs tendent à embaucher des travailleurs plus expérimentés, faisant ainsi de toutes ces normes de réels freins à l’embauche et à la flexibilité du marché du travail.

La nécessité de libéraliser le marché de l’emploi

Aux États-Unis, le système est bien plus libéral, le salarié et le chef d’entreprise peuvent tous les deux mettre un terme à leur relation au moment qui leur semble le plus opportun. La flexibilité d’un tel modèle s’est révélée cruciale pour tempérer les conséquences de la crise sanitaire, le taux de chômage des 16-24 ans aux États-Unis étant près de deux fois inférieur au taux français pour la même période, soit 11,6 % en novembre 2020 dans un pays près de cinq fois plus peuplé.

Nombreuses ont pourtant été les tentatives de libéraliser le marché de l’emploi des jeunes avec le Contrat première embauche en 2006 qui fut un échec cuisant, ou encore par la recrudescence des contrats en apprentissage encouragés par le gouvernement par le biais d’un allègement des charges patronales. Les efforts poursuivis demeurent toutefois insuffisants comme en témoignent les précédentes statistiques.

À l’aune de la crise sanitaire, face à l’urgence de la situation des jeunes, face à leur extrême précarité, le marché de l’emploi doit non plus être soutenu par l’État mais purement et simplement libéralisé de sorte qu’embaucher un jeune ne soit plus un risque mais uniquement un investissement dont il est possible de se défaire sans passer par mille et une contraintes.

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