Libéraliser le marché de l’emploi pour lutter contre la précarité

Il y a nécessité de libéraliser le marché de l’emploi pour le rendre plus flexible et permettre à des jeunes de trouver du travail.

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Libéraliser le marché de l’emploi pour lutter contre la précarité

Publié le 27 mars 2021
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Par Adnan Valibhay.

En plus de devoir supporter les cours à distance, en plus de devoir subir les confinements et couvre-feu successifs, les étudiants se retrouvent, pour les plus précaires d’entre eux à devoir faire les poubelles pour se nourrir.

Une réalité alarmante : la précarité de la jeunesse

Quel abominable constat. S’il est certain que la crise actuelle empire la situation des plus démunis, la précarité étudiante constitue une réalité antérieure à la pandémie de covid-19.

En février 2020, le taux de chômage des Français de 18 à 25 ans s’élève à 19,3 %, pour atteindre 22,1 % en novembre 2020 selon les données Eurostat. On peut se féliciter de ne pas avoir dépassé les 40 % comme c’est le cas pour l’Espagne, mais il faut admettre que nous sommes encore à la traîne face à l’Allemagne dont le taux s’élève seulement à 6,1 % postérieurement aux mesures de confinement.

Un cadre général hostile à l’embauche des jeunes

La dévaluation systématique des formations professionnelles peut expliquer en partie cette misère. L’Allemagne favorise ces filières qui insèrent mieux les jeunes diplômés sur le marché du travail. Cela se ressent au niveau macro-économique où celle-ci affiche des résultats insolents tant du point de vue du chômage que du produit intérieur brut.

Le Code du travail et les contraintes inhérentes au souci de protection sociale des travailleurs prétendument défavorisés face à leur employeur doivent également être évoqués. Employer un jeune diplômé représente un risque pour tout chef d’entreprise car il peut tout à fait se révéler incompétent comme il peut se montrer très brillant.

Plutôt que de le laisser faire ses preuves en toute liberté, par son manque criant de flexibilité, la législation fait de lui un poids certain pour son entreprise. Celle-ci devra en effet faire des pieds et des mains pour s’en séparer au cas où il se révèlerait décevant. De telles normes rigidifient considérablement le marché de l’emploi en général et a fortiori celui des jeunes qui constituent un véritable investissement pour les entreprises.

Partant de ce constat, les employeurs tendent à embaucher des travailleurs plus expérimentés, faisant ainsi de toutes ces normes de réels freins à l’embauche et à la flexibilité du marché du travail.

La nécessité de libéraliser le marché de l’emploi

Aux États-Unis, le système est bien plus libéral, le salarié et le chef d’entreprise peuvent tous les deux mettre un terme à leur relation au moment qui leur semble le plus opportun. La flexibilité d’un tel modèle s’est révélée cruciale pour tempérer les conséquences de la crise sanitaire, le taux de chômage des 16-24 ans aux États-Unis étant près de deux fois inférieur au taux français pour la même période, soit 11,6 % en novembre 2020 dans un pays près de cinq fois plus peuplé.

Nombreuses ont pourtant été les tentatives de libéraliser le marché de l’emploi des jeunes avec le Contrat première embauche en 2006 qui fut un échec cuisant, ou encore par la recrudescence des contrats en apprentissage encouragés par le gouvernement par le biais d’un allègement des charges patronales. Les efforts poursuivis demeurent toutefois insuffisants comme en témoignent les précédentes statistiques.

À l’aune de la crise sanitaire, face à l’urgence de la situation des jeunes, face à leur extrême précarité, le marché de l’emploi doit non plus être soutenu par l’État mais purement et simplement libéralisé de sorte qu’embaucher un jeune ne soit plus un risque mais uniquement un investissement dont il est possible de se défaire sans passer par mille et une contraintes.

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  • les mille et une contrainte , ça permet de faire  » travailler » une myriade de fonctionnaires…..électoralement parlant , ça paie mieux pour se faire élire…et en France , le mot  » investissement  » est remplacé par  » distribution gratuite d’argent « ….

    • Les entreprises françaises (et qqs autres) sont enfermées dans des barrières financières établies par un état et un gouvernement qui ne lâcheront jamais leurs prérogatives en particulier d’émoluments et autres avantages (qui sont tirées in fine des entreprises directement ou indirectement). A moins de virer les vieux instruits pour embaucher les jeunes incultes comme Mitterrand l’avait fait avec la retraite à 60 ans (certains cas à partir de 56 ans) . . . . on a vu les catastrophes en série que cela avait produit à l’époque (pertes abyssales de savoir faire) sans oublier les suicides des vieux devenus inutiles.

  • précaire

    1.
    Dont l’avenir, la durée, la stabilité ne sont pas assurés.

    qu’est ce qui n’est pas précaire ici bas?

    ceci étant dit,…

    tant qu’il y a de l’argent des autres…

    la fameuse gratuité de l’enseignement…la gratuité des soins…

  • Les petits boulots pour faire vivre les fonctionnaires obeses, jamais,
    Ce qui compte n’est pas avoir un emploi mais pouvoir vivre de son emploi et cela ne passe pas par des petits boulots mais un état qui n’est pas un maquereau.
    Actuellement, il faut au minimum 2000 euros pour vivre sans aides pour une personne ou deux si on n’a pas pu acheter un logement au delà… C’est loin du smic actuel !

  • L’auteur omet le contrecoup du modèle américain : le recours au crédit. Pas pour rien que les USA sont l’état du crédit. Pas pour rien que la crise de 2007 est d’abord la crise des subprime des USA.

    0 mention sur l’échec de l’Education nationale, qui divise ses jeunes en CFA, BEP, Bac Pro, Bac, IUT, FAC, grandes écoles (aka un système éducatif basé sur l’excellence, qui au lieu d’être un tremplin pour tous, ne l’est que pour certains, et laisse des « portes de sortie » pour ceux qui n’arrive pas à suivre)

    0 mention sur l’inadéquation de certaines filières. On adore envoyer des milliers d’étudiants dans des filières qui n’ont que peu de débouchés.

    0 mention sur d’autres réalités de l’entreprise : les SS2I rafolent de jeunes diplomés pas cher mais vendu comme expert. Ou système hiérarchique pyramidale ou seule une minorité peut espérer évoluer et s’épanouir, les autres devant soit changer d’entreprise, soit stagner.

    0 mention sur le fait que la croissance économique française est grippée (à l’exception de rares secteurs) depuis de nombreuses années. Qui dit économie grippée, dit peu d’argent pour embaucher de nouvelles recrues (attendre des départs à la retraite), pire quand on délocalise.

     » le taux de chômage des 16-24 ans aux États-Unis étant près de deux fois inférieur au taux français pour la même période, soit 11,6 % en novembre 2020 dans un pays près de cinq fois plus peuplé. »
    Et parmi ces jeunes travailleurs, combien travaillent dans leur secteur et non par obligation pour subsister (cf premier commentaire crédit)

    Le jeune s’imagine startupper, cadre dynamique, banquier, inventeur de génie, etc…
    Le marché a besoin de techniciens de surface pour nettoyer les hypermarchés et remplir les rayons, de saisonniers pour les vendanges, de vendeurs dans les boutiques, de personnel dans les restaurants… (oops, quand on en aura fini avec la crise sanitaire)
    Soyons à jour : du personnel dans les entrepôts logistiques pour la vente en ligne. Des livreurs payés quelques euros (cents?) la course, pour que le cadre qui n’a jamais le temps, reçoive son repas.

    Mais oui, tout va bien, faut juste libéraliser le marché du travail…

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