L’effort de guerre des entrepreneurs pendant la crise sanitaire

Various toy soldiers BY Thomas Quine (CC BY 2.0) — Thomas Quine, CC-BY

Nos entrepreneurs sont fonceurs, déterminés et ils savent s’adapter à de nouvelles situations. L’agilité dont ils ont fait preuve mérite d’être saluée et reconnue.

Par Krystle Wittevrongel1 et Miguel Ouellette2.

Depuis les tout débuts de la pandémie, les yeux du grand public ont été rivés sur les points de presse gouvernementaux et les mesures visant à aider les travailleurs à joindre les deux bouts.

C’est donc à l’abri des projecteurs que de nombreux entrepreneurs ont mis les bouchées doubles afin de faciliter la vie des Québécois et des Québécoises durant cette période difficile. Il s’agit d’un très bel exemple du potentiel de l’humain et des entreprises de relever les plus grands défis.

En fait, on peut véritablement parler d’un effort de guerre dans la mesure où la production de nos entreprises a été rapidement réaffectée afin de répondre à des besoins très pressants. On constate souvent en temps de crise que les barrières bureaucratiques cèdent le pas et que l’innovation s’accélère. La dernière année l’a démontré, notamment en ce qui concerne l’accès à la télémédecine.

Effort de guerre et production de masques et visières

Faisons un petit retour en arrière : lorsque tout cela a commencé, nous nous inquiétions de l’absence d’équipements de protection et de masques pour le personnel médical de même que pour monsieur et madame Tout-le-Monde. Malgré toute leur bonne volonté, nos gouvernements étaient incapables de faire l’acquisition de ce matériel assez rapidement pour pallier la demande. Que s’est-il donc passé ? Des entrepreneurs ont levé la main et ont répondu présents.

En effet, des entreprises comme Bauer se sont affairées illico à produire des visières de protection. De nombreux Québécois se sont également trouvé un engouement, voire une vocation, pour la confection de masques. En relativement peu de temps, nous avons tous été en mesure de nous procurer le matériel requis, même si cela pouvait sembler impossible quelques semaines auparavant.

Produits désinfectants

De la même façon, des distilleries québécoises ont produit du désinfectant pour les mains en quantité phénoménale. La demande pour le désinfectant avait augmenté de 345 % en avril dernier par rapport à l’année précédente. C’est tout dire du besoin qu’il y avait à combler. Bien entendu, c’est sans compter la production d’alcool en tant que tel. On peut donc dire qu’en plus de nous désinfecter, les distilleries ont contribué à nous garder sains d’esprit !

Ce sont également des entrepreneurs qui ont permis à plusieurs d’entre nous de continuer à travailler et à se réunir virtuellement avec nos proches. Des logiciels comme Zoom ou Microsoft Teams, que nous connaissions à peine l’an dernier à pareille date, sont devenus des compagnons essentiels.

Comment pourrions-nous sinon organiser une réunion de travail ou même un petit cinq à sept entre amis ? Tout cela peut sembler facile, mais il ne faut pas occulter les efforts importants qui ont été consentis par les développeurs de ces plateformes afin de gérer la hausse très importante de l’achalandage.

Les applications nous permettant de nous faire livrer des repas ont également diversifié leur offre, et dans certains cas facilité la vie des restaurants en réduisant leur facture. Il s’agit d’une soupape essentielle tant pour les bonnes fourchettes que pour nos restaurateurs qui sont en manque de débouchés. Et que dire de la livraison d’articles non essentiels par des géants comme Amazon ou encore par de nouvelles entreprises locales qui ont émergé ? Nous n’hésiterions pas à dire qu’ils ont sauvé Noël !

Tous ces exemples convergent vers la même conclusion : nos entrepreneurs sont fonceurs, déterminés et ils savent s’adapter à de nouvelles situations. L’agilité dont ils ont fait preuve mérite d’être saluée et reconnue. Lorsque nous nous désinfecterons les mains pour la huitième fois de la journée, levons notre chapeau à ces gens d’affaires qui ont su se montrer à la hauteur pour répondre à nos besoins.

Sur le web

  1. Analyste en politiques publiques à l’IEDM.
  2. Directeur des opérations et économiste à l’IEDM.
Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.