Violences entre jeunes : non à l’angélisme bureaucratique

Petit à petit, la lutte entre bandes est passée de La guerre des boutons à Orange mécanique, laissant les parents à leur désarroi, les citoyens à leur colère et nos dirigeants à leur inefficacité.

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Violences entre jeunes : non à l’angélisme bureaucratique

Publié le 3 mars 2021
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Par Laurent Sailly.

Parce que l’État assure notre sécurité, première des libertés, le citoyen accepte de payer des impôts. Nos dirigeants ont oublié que le régalien est la seule raison d’être de l’État !

Violences : quelques chiffres et exemples

Batailles rangées au couteau et à la batte de base-ball, guet-apens sauvages aux pieds des tours d’immeubles, vidéos de lynchages d’adolescents postés par bravade et pour attiser la haine… Le jeune Yuriy, tabassé mi-janvier par une horde furieuse et laissé pour mort sur la dalle Beaugrenelle à Paris, n’aura hélas été qu’un épisode de violences parmi de nombreux autres dans la guerre des bandes qui flambe à nouveau dans le pays.

Depuis, une jeune fille a été rouée de coups par trois adolescentes à Béziers et un lycée a été attaqué par un groupe d’individus encagoulés et armés à Nancy. Deux adolescents sont morts à 24 heures d’intervalle en Essonne ; un autre a été tué à Bondy.

Petit à petit, la lutte entre bandes est passée de La guerre des boutons à Orange mécanique, laissant les parents à leur désarroi, les citoyens à leur colère et nos dirigeants à leur inefficacité.

On peut regarder la situation d’aujourd’hui de manière naïve et dire que les violences entre jeunes ont toujours existé et qu’il faut que jeunesse se passe. Depuis les apaches, ces groupes de voyous des faubourgs qui faisaient trembler les bourgeois à Paris à l’aube du XXe siècle, les bandes n’ont cessé de se métamorphoser.

Selon le ministère de l’Intérieur, 357 affrontements entre bandes ont été recensés en 2020 en France contre 288 en 2019. Soit un bond de près de 25 % des faits constatés en un an. Ces affrontements entre bandes se sont soldés par un bilan de trois morts et 218 blessés.

Si aucune région n’est épargnée, l’Île-de-France concentre à elle seule 80 % des faits, avec des départements particulièrement touchés comme l’Essonne ou le Val-d’Oise, et 186 affrontements ont été recensés dans la grande couronne francilienne en 2020. Au total, 74 bandes, composées de 10 à 60 membres selon une estimation des services de renseignement, écument donc le pays (quatre en province).

Les bandes de jeunes, définition, analyse et diagnostic

Pendant des années, la notion de bande était floue. Il a fallu attendre un plan de lutte ad hoc, lancé en 2010 quand la cote d’alerte a été dépassée, avec un pic de 391 affrontements, de 196 blessés et 1096 suspects interpellés, pour obtenir une définition :

[Une bande est formée d’]un noyau stable de membres qui se regroupent pour des raisons qui peuvent être sociales, culturelles ou délictuelles et revendiquent un territoire, commettent des incivilités ou/et des actes délictueux et créent une atmosphère de crainte, d’insécurité et d’intimidation.

Le délitement de l’école, de la cellule familiale, de l’autorité publique explique en partie cette explosion. Le développement des réseaux sociaux, sur lesquels on se défie à distance, des regroupements à caractère territorial ou communautaire, installe aussi un climat malsain et agressif. Enfin, au cœur de cette dérive mille fois décrite, le trafic de drogue continue ses ravages dans le contrôle des zones de chalandise.

En amont à une réunion au sommet qui doit se tenir en ce moment [lundi 1er mars 2020 – NDLR], le ministre de l’Intérieur a envoyé jeudi une note à l’ensemble des préfets de France pour leur demander la « réactivation du plan de lutte contre les bandes ». Dans cette note, il leur demande de réaliser avant le 10 mars un « diagnostic départemental », avec un « historique » et une « cartographie » des affrontements, l’âge des jeunes impliqués ou encore leur utilisation ou non d’armes et des réseaux sociaux.

À partir de ce diagnostic et « en fonction de l’importance du phénomène » le ministre demande aux préfets de mettre en œuvre un « plan départemental de repérage, d’accompagnement, d’information préventive et sensibilisation des publics fragiles » ainsi que des moyens « d’investigation et de lutte » contre les bandes.

Le ministre recommande aussi de recourir « selon le contexte » à des groupes locaux de traitement de la délinquance sur le sujet des bandes, sur le modèle de celui mis en place à Paris, associant police, mairie et services éducatifs sous l’égide du parquet. Selon l’entourage d’Éric Dupond-Moretti, le ministère de la Justice compte, lui, sur le recours aux « interdictions de paraître » comme alternative aux poursuites, actuellement en expérimentation à Bobigny, Montpellier et Senlis. Elles « fonctionnent bien et permettent d’éloigner un jeune d’une bande », assure l’entourage.

Des solutions existent contre ces violences mais le courage politique fait défaut

Il faut aller bien au-delà de déclarations d’intention, des « plus jamais ça », des marches blanches. Maintenant que les politiciens ont laissé dégénérer la situation, il faut changer de modèle.

Il faut se recentrer sur la vraie victime. Aujourd’hui encore, l’auteur des faits est considéré comme la victime de la méchante société fasciste dans laquelle il évolue !

Des peines doivent être prévisibles et connues, par exemple en les enseignant pendant les cours d’instruction civique.

Elles doivent être lourdes et effectives, donc dissuasives et doivent inclure la famille lorsqu’il s’agit d’un mineur.

La valeur prison doit être repensée. Le sursis apparait trop souvent comme une exonération de la responsabilité pénale. Il est, à ce titre, regrettable que l’actuelle réforme de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs ne s’attache qu’à l’accélération des procédures. C’est une modification en profondeur du Code pénal qu’il faut entreprendre en augmentant les capacités d’incarcération, notamment des séjours courts (15 jours) avec cellule individuelle.

L’indemnisation d’une victime de violences par l’assurance scolaire du mineur apparait, pour l’agresseur et sa famille, comme une minoration de la gravité de l’acte. Un montant légal à la charge de la famille du mineur condamné devrait être défini.

Au-delà de ces mesures répressives, il faut ouvrir aux enfants décrocheurs potentiellement violents une autre voie que le collège unique qui est une aberration. La reconquête des jeunes esprits passe aussi par l’éducation.

Enfin, il faut offrir aux forces de l’ordre les moyens d’accomplir leur mission de prévention et leur rôle de dissuasion d’une part par une augmentation des effectifs et du matériel disponible et d’autre part, par une simplification de la procédure pénale.

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  • Certes jadis il y a avait les « apaches » mais:
    – les citoyens avaient le droit et les moyens de se défendre y compris par armes à feu en vente libre à toute personne majeure (21 ans).
    – la justice était tout sauf clémente: être arrêté, même pour une « incivilité » signifiait souvent passer un sale quart d’heure. Les maisons de Corre action pour les jeunes étaient à l’opposé des colonies de vacances, et pour les vrais méchants Cayenne était leur horizon. Enfin la machine à Guillotin empêchait les 10% de récidive homologués par Mr Badinter en 1981.
    La vie en elle même est dangereuse, et cela a toujours été.
    Reste à pouvoir la défendre soi-même puisque le régalien ne fait pas le job…et là on s’en éloigne de plus en plus.

  • Les actes dessous les individus sont, sauf sujets psychiatriques ayant une déformation de leur vision des réalités, toujours le fruit d’une analyse « bénéfice-risque ».
    Même le « petit cambrioleur » fait ce calcul de façon informelle :
    Bénéfice: estimation de la valeur de ce qu’il pourra dérober, capacité à le revendre à bon prix dans son réseau…
    Risque : Défense passive du domicile : qualité des serrures, présence ou non d’une alarme de qualité, capacité de l’occupant à se défendre, présence d’itinéraires de fuites variés, voisinage, proximité d’un commissariat (je doute que cela les gênent actuellement).

    Ces jeunes ont une perception du monde basée sur la violence.
    Ils n’ont pas peur de la police qui s’appuie sur une justice laxiste. Au pire, à force d’insister, ils pourront gagner leurs gallons en allant en prison…

    On ne peut pas agir sur la baisse du bénéfice de leurs actes sauf à « juste » leur enlever la « visibilité médiatique »…mais l’échange de vidéos acquisent par les smartphones continueront…
    Faible incitation à arrêter leurs méfaits !

    Il parait donc indispensable d’augmenter les risques !
    Mais là c’est une autre histoire…

  • Démission des parents et lâcheté démagogique des politiques, face à des apprentis extrémistes… Notre société se condamne par sa faiblesse.

    • extrémistes… l’extrémisme n’est pas un crime..c’est une position..

      on a le même problème avec le concept de terrorisme, le terrorisme est un concept politique.. ou bien un terroriste a commis un crime et on peut se contenter de le punir pour cela.. ou bien il n’en a pas commis et que lui reprocher sur le fond?

      c’ets aussi saugrenu que de dire qu’ il existe des motivations qui rendent certains crimes « pires », tu as massacré un coiffeur car tu le hais lui 20 ans parce que tu hais tous les coiffeurs..euh oh pareil….tu l’as massacré car tu hais sa race, c’est « pire » …

      police de la pensée.. pente dangereuse.

  • ça fait belle lurette que le problème aurait dut être pris à bras le corps ; des décennies de laxisme via les couilles molles au pouvoir et voilà le résultat ; si nos très chers zélus étaient eux aussi ou leur proche, victimes de la violence de ces jeunes , peut être comprendraient ils mieux ce que subissent les citoyens ;

  • ce qui m’ennuie dans la recherche de définition d’unebande est le procès d’intention..

    il faut une police qui applique la loi..

    • Une justice qui applique la loi…

      • Mais aussi faut-il créer les lois. Nos gouvernants mettent 24h pour certains décrets, covid attestations pourries et pv etc., par contre les squats depuis x temps rien ne bouge. Tout est ainsi.

      • et une police qui s’occupe des incivilités et autres méfaits qui ne rapportent pas d’argent à l’Etat, c’est aussi leur devoir mais ça ils l’oublient un peu vite.

  • Le phénomène de bande est culturel. C’est une logique tribale qui a disparu chez nous depuis la conquête romaine. Dans cette logique, je n’existe que par et pour la tribu, le groupe, la bande. La bande me donne mon identité, me protège, garantit mon statut. En échange, je dois me soumettre aux coutumes, aux règles et aux lois de la bande, être solidaire et faire bloc contre la tribu adverse qui veut empiéter sur notre territoire ou menacer notre source de revenus. Parfois la bande adverse est habillée en bleu, roule dans des voitures avec des lumières et des bruits. Mais ce sont des lopettes: ils ont des armes mais n’ont pas les c… pour s’en servir. D’ailleurs ils se cassent très vite pour se réfugier dans leur maison. C’est la bande des keufs.
    La culture tribale, la logique de clan est totalement opposée au concept de citoyenneté. Que signifient les mots de Liberté, Égalité et Fraternité pour les membres d’une bande ? Ce sont les valeurs de la République dont ils ne font pas partie.

    • aux usa , pour faire partie d’une bande , il faut tuer ( gratuitement ) au minimum une fois ….un moyen pour prouver son appartenance à  » une bande « ….mais les américains ont le droit de se défendre …eux ….

    • la recherche de la definition de bande est une connerie..

      ce sont des individus qui commettent des crimes pas des « bandes » sauf au sens groupe de complice..

      c’est assez similaire à vouloir donner une definition aux sectes.. une secte qui ne viole la liberté de personne pour moi ne pose aucun problème…

      • complices..

        il y une volonté de remplacer le maintien de l’ordre par la recherche des intentions criminelles..et leur condamnation..

        Antifa ou génération identitaire…pourquoi les « dissoudre » et d’ailleurs ça sert à quoi?

      • culture de l’excuse : c’est la bande !

  • Le « premier flic de France » est toujours sous le coup d’une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance (sa défense a changé en janvier, désormais il se dit victime d’une vengeance politique). Il apporte publiquement son soutien à un ancien président venant d’être reconnu coupable et condamné à de la prison ferme pour corruption.

    Comment voulez-vous régler un quelconque problème de délinquance avec ça ? Leurs bouches chuchotent des paroles justes, mais leurs mains giflent la justice.

    Sans oublier que dans l’équation, il y a aussi Dupont-Moretti qui préférerait se faire épiler la raie du Q à la cire de Babybel plutôt que d’envoyer un délinquant en prison.

  • Il faut…. Il faut….. Il faut…. À qui adressez-vous vos conseils ? Ceux qui ont le pouvoir de faire bouger les choses ont renoncé depuis 40 ans à s’occuper des délinquants et criminels. La répression a été exceptionnellement brutale à l’encontre des gilets jaunes, elle est inexistante vis-à-vis des voyous, ceux-ci peuvent délinquer tranquillement. On est dans la situation où la population ne plus compter que sur elle-même pour se protéger, et de plus c’est illégal, on est coincés entre les voyous d’une part, et la loi d’autre part, qui criminaliser l’auto-défense

  • Pourquoi tout ces suédois et norvégiens se battent-ils en France ?

  • Somation, tire a balle réel a cas de refus d’obtempérer. Quoi de plus simple !?

  • Parfois, j’aime bien les Yakas…
    Yaka envoyer nos gendarmes, juges et policiers (je respecte l’ordre alphabétique) faire un stage long dans la Fédération de Russie.
    Yaka faire goûter à nos chers (dans les deux sens du terme) voyous le charme d’un stage long dans une prison de haute sécurité aux Etats-Unis.
    Et pour ceux qui n’auraient pas compris, dans nos doux quartiers, un stage long dans une prison djiboutienne ou yéménite, voire syrienne,…
    Mais, comme dirait Véra, je ne perçois aucun bipède politique ayant assez de cou.lles pour mettre en place ces joyeux stages de formation.

    • C’est comme beaucoup de problème.
      Pris à la source ce sont de petites mesures correctrices itératives, moins choquantes et efficaces. On attend pas qu’un enfant mette le feu à sa maison pour le recadrer !
      Pour des raisons idéologiques elles n’ont pas été prises depuis environ 45 à 50 ans. Le socialisme et l’esprit Taubira en est le principal responsable (acmé).
      En alternance: des corrections insuffisantes, maladroites de la droite molle, comme vous dites, « sans c..illes…  »
      En fait les lois sont votées (déjà laxistes) et sont maltraitées, interprétées systématiquement jusqu’à parfois être totalement dénaturées, par des juges formés par l’école nationale de la magistrature elle-même très socialiste et laxiste…
      On rajoute un manque récurrent de places en prison non construites par un état mal géré et ruiné qui est incapable d’équilibrer ses comptes depuis Raymond Barre !

      Les parents ne font plus leur job et ne sont pas sanctionnés en cas de dérive de leurs enfants. L’éducation nationale endoctrine les enfants (à défaut de les instruire ou de les éduquer) et pour les profs encore consciencieux, subit le pouvoir des parents !
      Déjà en son seing les sanctions sont inconsistantes…la discipline a vécu.
      Une véritable décadence…
      Alors oui les « yakas » deviennent énormes et apparaissent comme impossibles. Mais pour autant faut-il baisser les bras ?

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