Course spatiale : où sont les entrepreneurs européens ?

Plutôt qu’une attitude méfiante envers les nouvelles technologies, l’Europe devrait libérer les initiatives privées en leur offrant un cadre légal et politique sain.

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Course spatiale : où sont les entrepreneurs européens ?

Publié le 17 février 2021
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Par Alexandre Massaux.
Un article de l’Iref-Europe

Le retard européen en matière d’industrie numérique face aux États-Unis et à la Chine a beaucoup été médiatisé mais ce n’est pas le seul domaine concerné. Dans les prochains jours, trois missions spatiales vont atterrir sur la planète Mars : la Chine, les États-Unis et les Émirats Arabes Unis ont envoyé des sondes et des robots afin d’en explorer les ressources.

On notera l’absence de l’Europe, dépassée par les autres puissances mondiales. Désormais, il est temps que le vieux continent mette sur pied des initiatives. Sans cela, il passera à côté des secteurs économiques d’avenir.

Un domaine offrant des opportunités économiques et politiques majeurs

À l’époque de la guerre froide, les deux grandes puissances, les États-Unis et l’URSS, s’étaient engagées dans la course spatiale. La rivalité actuelle entre les Américains et les Chinois contribue à une relance de ce secteur d’activité. Cependant, elle n’est pas purement politique. L’exploitation des ressources des différents corps célestes, comme les planètes ou les astéroïdes, pourrait fournir une grande quantité de matières premières variées utilisables sur notre planète.

Selon l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson : « Si vous transportez un astéroïde de la taille d’une maison sur Terre, il pourrait contenir plus de platine qu’il n’en a jamais été extrait dans l’histoire du monde. »

Certains corps célestes du système solaire auraient une valeur inestimable de par la richesse des minerais à leurs surfaces : à titre d’exemple, l’astéroïde 16 Psyche serait évalué à 10 000 quadrillions (soit 10^24) de dollars. L’exploitation minière de l’espace permettrait d’enrayer la peur suscitée par l’épuisement des ressources terrestres.

Même phénomène avec l’isotope Helium-3. Considéré comme un composant non radioactif, ne produisant pas de déchets polluants, offrant une fusion plus efficace que celle de l’énergie nucléaire, il se retrouve en quantité limitée sur la Terre. Sa présence lunaire offrirait des perspectives intéressantes dans le domaine des nouvelles technologies.

Les grandes découvertes de la Renaissance avaient permis aux Européens de connaître une nouvelle ère de prospérité et de nouvelles ressources. On peut espérer que la conquête du système solaire ait un effet similaire pour le XXIe siècle et les suivants.

Le secteur privé comme atout américain

L’exploration spatiale a longtemps été entre les mains des gouvernements et des entreprises publiques. Mais aux États-Unis, la situation a évolué, donnant au secteur privé un nouvel avantage.

Au printemps 2020, SpaceX, la société d’Elon Musk, a envoyé en orbite deux astronautes de la NASA. Bien que partiellement occulté médiatiquement par les événements Black Live Matters, cet épisode a illustré le potentiel du secteur privé dans l’exploration spatiale. Les GAFAM participent aussi à cet effort de promotion de l’exploration spatiale : le « Google Lunar X Prize », clos en 2018, a eu pour but de récompenser les entreprises privées réussissant un alunissage.

Jeff Bezos, le fondateur et président d’Amazon, a créé et financé l’entreprise Blue Origin destinée à développer les vols spatiaux sous-orbitaux. Ce phénomène n’est pas inédit. Depuis des décennies des prix sont régulièrement distribués par des fondations philanthropiques afin de promouvoir des initiatives spatiales privées : lors du « Ansari X Prize », la X Prize Foundation, une plateforme californienne, a offert 10 millions de dollars en 2004 à la première organisation non gouvernementale qui a pu lancer dans l’espace un véhicule spatial habité.

Ce système de financement nous rappelle le prix Orteig de 25 000 dollars qui a encouragé Charles Lindbergh à effectuer son vol au-dessus de l’océan Atlantique au début du XXe siècle.

Enfin, le nouveau marché qu’offre le tourisme spatial, prisé par les entreprises américaines comme SpaceX, permet de développer les capacités technologiques de ces dernières.

L’Europe a le potentiel mais ne dispose pas de cadre économique favorable

Nul doute que les Européens ont les capacités intellectuelles pour créer une base industrielle performante. Le problème réside dans le dirigisme étatique obsolète. Vestige de la guerre froide, les gouvernements veulent conserver le contrôle de ce secteur, considéré comme stratégique. Mais l’exemple américain montre qu’un contexte économique faisant place à l’entreprenariat privé favorise l’innovation et la mise en œuvre de projets concrets de grande envergure et moins onéreux que ce que le public savait faire.

Grâce à leurs grandes entreprises, les États-Unis ont financé et donné l’impulsion nécessaire à la conquête spatiale. À l’inverse, le souhait de centralisation des dirigeants européens en limite la croissance. Leur crainte de perdre le contrôle est d’autant plus infondée que les entreprises américaines coopèrent avec les agences gouvernementales telles que la NASA.

Plutôt qu’une attitude méfiante envers les nouvelles technologies et les entreprises qui les développent, l’Europe devrait libérer les initiatives privées en leur offrant un cadre légal et politique sain.

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  • Il faut rappeler les marchandages sordides résultant de l’Europe des nations, qui ont failli tuer Airbus avant que celui-ci ne parvienne à obtenir une relative indépendance et atteindre le succès. ( Airbus a maintenant plus de 7.000 avions en commande contre un peu plus de 4.000 à Boeing )

    C’est cette même interférence des nations qui a plombé l’A 400, chaque pays acheteur voulant sa part du développement de l’avion, indépendamment des capacités réelles de son industrie aéronautique

    Pour l’espace, malheureusement, la même interventionnite paralysante bloque la réflexion et la souplesse que la concurrence entre sociétés peut créer, à bien moindre coût ( la NASA admet que SpaceX lui coûte un tiers de ce que lui aurait coûté le développement d’un lanceur )

    • airbus est une « réussite. ».

      mais pour le contribuable lambda..pourquoi?

      si demain matin le maire demon village vient me prendre du pognon pour maintenir ouverte une épicerie bio où je ne fous jamais les pieds..et qu’au bout de 20 ans de prélèvements, elle est enfin rentable et que le maire réélu sans arrêt pour son « volontarisme », se gausse ..et vante la pertinence de son intervention.. eh bien je DOIS le voir comme un succès ou je suis un rabat joie…et ensuite bien sur le maire embellit le bourg à grand frais pour « favoriser le commerce »…

      donc sans le programme airbus il se serait passé quoi? si vous ne le savez pas, il est difficile de dire « succès » ou bilan positif..et pour qui???

      centrales nucléaires airbus, ariane.. même tares!!!

      Donc il faut admettre que l’intervention de l’état se justifie car la conquête spatiale est stratégique, les avions aussi, l’énergie est stratégique.. et les télécoms!!!!
      pauvre suisses ! je les plans..

      mais la nourriture aussi le rail quoi de plus stratégique que l’education , sinon la santé..

      Ce ne sont même pas des innovations!!!

      donc pourquoi l’intervention de l’état?

  • « pourrait »..en effet, ça pourrait…mais si tu y crois neil, mets y ton pognon.. tiens et explique moi comment tu vas t ‘y prendre…pour aller exploiter ton astéroïde.. sans énergie fossile , ça va de soi…

    vous vous souvenez des nodules polymétalliques?

    L’espace a un problème..l’argent public.. j’aurais FORT peu apprécié si j’avais été américain de voir le fric dépensé pour aller sur la lune..

    c’est simple grande souscription nationale…ou internationale..et pas de contraintes.

    aussi à chaque fois qu’on essaye de me faire rêver , d’en appeler à mon orgueil ou autre.. méfiance… .

    Prestige national, exploit technologique ..j’entends la pompe à impôts qui se met en marche.. la nasa fut une machine à produire du rêve ..à chaque fois que son budget était voté..
    L’exploitation de l’espace c’est AUSSI un truc économique… investissements privés, là , rien à dire respect..

    ps : Et « évidemment ».. ce qui m’ennuie c’est qu’il serait temps de décarboner l’espace, à quand les fusées électriques..pas nucleaires bien sur, car c’est pas beau..
    oh et la biodiversité lunaire? la pollution? l’impact de l’homme? j’ai pas le droit d’avoir une chaudière cause que gaia? eh bien je peux prétendre vénérer sélènée.. pas polluer l’espace, pas beau.. homme mauvais..

    mais respect pour le mec de tesla ; savoir exploiter la connerie des politiques jusque ce point est magistral, quand le loustic qui me fait chier pour mon diesel en me parlant de bilan carbone et me montrant sa tesla ira faire un tour dans l’espace..on aura atteint au sublime du foutage de gueule.

  • Rêver d’exploiter des étoiles alors que le monde plonge doucement dans l’obscurantisme et l’esclavagisme voir l’élimination d’une partie de l’humanité pour sauver la planète…. Après tout, s’exiler sur mars pourrait être notre salut.

  • Je peux me tromper, mais il me semble que l’Europe est loin d’être absente de Mars. Sans parler d’ExoMars qui est maintenant censée partir en 2022, et qui serait issue d’un programme 100% ESA, il y a Mars Express qui tourne encore au-moins jusqu’en 2022, et un certain nombre d’instruments portés par les autres appareils, notamment américains.

    • « l’europe n’est pas absente de mar »s.. on a refait les cartes de géo?
      non je plaisante … ou pas.. car voila bien le problème on essaie de ma faire payer pour que l’europe??? soit présente sur mars..

  • Le principe de précaution paralyse toute l’Europe occidentale! La bêtise gagne toujours sur l’intelligence!

  • En France, il n’est même pas possible de lancer une petite fusée amateur, c’est à la limite que les fusées à eau sont tolérées.
    Un projet relativement avancé au Danemark est en cours depuis plusieurs années
    https://copenhagensuborbitals.com/
    Ils lancent depuis une plateforme dans les eaux internationales car sinon c’est interdit.

    • Bon cela dit, si vous allez lancer une fusée de type intercontinental aux US, il est probable qu’il y ait quelques démarches à faire auprès des autorités!

  • « à titre d’exemple, l’astéroïde 16 Psyche serait évalué à 10 000 quadrillions (soit 10^24) de dollars. »
    Sauf que ces anticipations « fabuleuses » sur les gains estimés sont basées sur le cours actuel du produit recherché et ne tiennent pas compte du contrecoup inévitable sur les futurs cours de la matière première.
    Mettez à disposition plusieurs millions de tonnes d’un mélange fer-nickel (+autres métaux) presque purs sans autres difficultés de les séparez les uns des autres plutôt qu’avoir à les extraire d’une gangue rocheuse où ils sont souvent présent sous formes oxydée ou en liaisons avec d’autres composés. Vous entraînerez automatiquement une chute des cours qui pourra entamer la rentabilité de l’ensemble de l’opération.

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