Covid 19 : prétexte pour entraver la circulation dans Paris ?

Velib by Campus France (CC BY 2.0) — Campus France, CC-BY

Les pistes cyclables aménagées pendant le confinement ne disparaîtront pas. Mais est-ce vraiment adapté pour les banlieusards ?

Par Pierre Allemand.

C’était prévisible, elle l’a fait : Anne Hidalgo avait, en son temps, proposé de nouvelles pistes cyclables destinées, « en cette période de crise du Covid-19 », à décharger les transports en commun. Aménagées sur le trajet des voitures, elles diminuaient encore un peu plus l’espace qui leur était réservé.

Pistes cyclables temporaires, et pour la bonne cause

Mais, c’était « pour la bonne cause », étant naturellement sous-entendu que l’espace ainsi soustrait aux voitures leur serait restitué lorsque tout danger lié au virus serait écarté :

« Pour éviter la surcharge et la promiscuité des transports en commun en cette période de crise du Covid-19 et réduire la pollution, adopter le vélo pour se déplacer au quotidien peut être une solution.

Dans le cadre de son plan de déconfinement, la Ville de Paris a aménagé 50 kilomètres de pistes cyclables supplémentaires provisoires. Plus d’une centaine de kilomètres de pistes cyclables temporaires ont également été aménagées dans les départements de la petite couronne. »

Pistes cyclables pérennisées

Mais voilà : subrepticement, ces pistes temporaires viennent d’être admises au stade pérenne. Anne Hidalgo a indiqué sur Europe 1 :

« Elles seront pérennisées, on est en train d’y travailler, d’abord car elles ont montré qu’il y a vraiment beaucoup beaucoup d’usagers, que le vélo est devenu à Paris vraiment un moyen de transport domicile-travail, et qu’en plus ça aide à faire baisser la pollution. »

La rage anti-voiture de madame Hidalgo ne faiblit donc pas. Toutes les méthodes sont bonnes, y compris le mensonge, pour pourrir la vie des automobilistes et les forcer à abandonner leur véhicule.

Le procédé est d’autant plus efficace que les Parisiens utilisent peu leur voiture ou même n’en possèdent pas. Ceux qui sont punis sont donc forcément des banlieusards venus à Paris en voiture car ils ne pouvaient pas faire autrement.

Mais, me direz-vous, ils n’ont qu’à prendre les transports en commun ! Le métro de Paris est de plus en plus confortable, et les bus peuvent maintenant circuler dans des couloirs réservés, précisément pris sur l’espace autrefois réservé aux voitures !

Les transports en commun, pour le « bien général »… ou pas

Je vais me permettre, une fois n’est pas coutume, de citer mon cas en exemple car il correspond précisément à deux des situations pour lesquelles la voiture est quasiment indispensable.

J’habite en grande banlieue, et je vais de temps en temps diner chez l’un ou l’autre de mes enfants parisiens. Je rentre donc souvent vers une heure du matin de la capitale. Malheureusement, les lignes de métro qui fonctionnent à cette heure sont plutôt rares, et même carrément inexistantes, tout comme les trains de banlieue.

J’ai terminé ma carrière professionnelle en voiture contre une pile de pont. Miraculé, j’en ai conservé une colonne vertébrale fracturée et une démarche hésitante. Les escaliers du métro sont malheureusement pour moi une épreuve cruelle et une prouesse. Alors, la voiture représente pour moi la seule solution viable.

Madame Hidalgo se présente, dans les deux situations que je viens d’évoquer, comme la fringante représentante d’un intérêt (pas tout à fait) général contre des invisibles comme moi qui se débrouillent comme ils le peuvent, en face d’obstacles qu’elle met intentionnellement sur leur route avec l’objectif non dissimulé de les dissuader d’utiliser leur véhicule.

Ce qui revient, pour moi, à ne plus pouvoir aller diner chez mon fils ou ma fille. Est-ce le résultat de l’insouciance, de la sottise, ou simplement celui d’un calcul électoral somme toute assez mesquin ?

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