Sécurité et justice : les Français réclament l’État régalien

Gérald Darmanin-2 By: Jacques Paquier - CC BY 2.0

La confiance des Français envers la capacité du gouvernement à améliorer ses performances en matière de sécurité et de justice s’érode.

Par la rédaction de Contrepoints.

Une nouvelle étude Ifop réalisée pour Avostart revient aujourd’hui sur la question sécuritaire en France. On se souvient que la semaine dernière, un débat sémantique un peu surréaliste a opposé durant quelques jours le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur l’utilisation du terme  ensauvagement pour désigner l’explosion de violences qui a secoué le pays cet été.

S’en est suivie une polémique propre à la chambre d’écho journalistique visant à déterminer si employer le terme ensauvagement revenait à parler la langue de l’extrême droite pour décrire les explosions de violences diverses et variées que les pouvoirs publics peinent à contenir partout sur le territoire.

Comme le disait Nathalie MP la semaine dernière, :

« sous prétexte que l’extrême droite s’engouffre systématiquement dans toutes les failles sécuritaires du pays, sous prétexte qu’avec l’immigration de masse elle en a fait son principal cheval de bataille dans sa conquête de l’opinion, il faudrait faire comme si cette situation délétère n’existait pas et comme si la moindre velléité de faire acte de fermeté face à la délinquance relevait uniquement d’une vision fasciste de la politique. »

Sans surprise, 70 % des Français jugent appropriée l’expression ensauvagement. Quand on leur demande s’ils estiment l’expression trop dure, 42 % la pensent juste et 30 % trop douce.

Quand on s’intéresse aux affiliations politiques des personnes interrogées, on constate une nette majorité à droite, de LREM au RN pour approuver le terme. À gauche, les avis sont moins tranchés, mais tout de même 61 % des sympathisants EELV et 59 % de ceux PS trouvent justifié le terme ensauvagement.

La face cachée de l’iceberg

Ces querelles de mots ne sont toutefois que la face visible de l’iceberg.
Plus inquiétant, la confiance des Français envers la capacité du gouvernement à améliorer ses performances en matière de sécurité et de justice s’érode. 71 % du panel interrogé estiment que le bilan d’Emmanuel Macron est négatif dans le domaine de la justice, tandis que 73 % portent un jugement négatif sur le bilan du gouvernement dans celui de la sécurité.

Source : étude IFOP/avostart
Source : étude IFOP/Avostart

Le nombre de citoyens réclamant un durcissement des peines ne cesse d’augmenter également ces dernières décennies. Depuis 2011, le nombre de Français qui estime que les juges ne sont pas assez sévères est passé de 51 à 73 %.

Pour Alain Laurent, il faut en finir avec le mythe visant à opposer liberté et sécurité, la première nécessitant l’existence d’une justice pénale forte pour exister :

« … la régulation des sociétés ouvertes veut que plus heureusement on libéralise en tout, et plus s’impose une tolérance zéro envers toute violation des droits individuels en sanctionnant durement la moindre violence infligée aux personnes et en renforçant le simple respect des « règles de juste conduite » chères à Hayek. »

En grossissant l’État néglige ses fonctions régaliennes. C’est parce qu’il doit se reconcentrer sur celles-ci qu’il doit cesser de s’occuper de tout.

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