Donald Trump est le principal argument de vente de Donald Trump

Donald Trump By: Matt Johnson - CC BY 2.0

Le marketing droitier de Trump qui est désormais celui du Parti républicain suffira-t-il à le faire réélire ?

Par Frédéric Mas.

La convention d’investiture du parti républicain s’est ouverte ce lundi pour consacrer Donald Trump comme son champion pour l’élection présidentielle américaine à venir.

Quelques jours auparavant, l’opposition démocrate avait ouvert les hostilités par l’intermédiaire des époux Obama, qui avaient critiqué de manière virulente l’actuel président des États-Unis, et ainsi préparé l’ouverture de la convention d’investiture démocrate qui a vu triompher le ticket Joe BidenKamala Harris.

Où va le Parti républicain ?

Derrière l’optimisme affiché, et limité, des supporters de Donald Trump, demeurent plusieurs interrogations en suspens : où va le Parti républicain ? Quelle est aujourd’hui son identité ? Qu’est-ce qui l’oppose aujourd’hui à ses adversaires démocrates ?

La formation qui autrefois faisait du libre-échange l’une des pierres angulaires de son programme politique a entamé une mue populiste qui brouille les cartes, y compris aux yeux des commentateurs de droite.

Pour The American Spectator, tant que Donald Trump et sa famille demeurent au centre du débat public américain, le Parti républicain subira une crise de leadership. L’absence de base politique du président et sa méconnaissance des mécanismes institutionnels ont poussé Trump à forger sa coalition en agrégeant autour de lui des représentants du capitalisme de connivence, des membres de l’establishment comme des aventuriers ayant attiré son attention.

Le président n’a pas cherché à forger une coalition politique et idéologique pour diriger, mais à concentrer l’attention sur lui, personnalisant à l’extrême ses décisions publiques : il n’y a jamais eu de trumpisme, mais un Donald Trump qui décide au jour le jour des directions parfois contradictoires et dont la succession ne répond à aucune logique prédéterminée.

Pas de programme, juste Donald Trump

L’absence de programme politique du Parti républicain jure avec la préparation du Parti démocrate, comme l’observe la National Review. Trump n’a proposé hier que des idées générales, des orientations assez vagues pour son éventuel second mandat, qui font pâles figures à côté du catalogue de propositions du ticket Biden-Harris. Bien entendu, cela ne dit rien sur la volonté démocrate de les appliquer, mais le niveau de préparation entre les deux candidats ne semble pas le même.

Dans le pragmatisme affiché du président Trump, le meilleur côtoie le pire. Éric Bohm de Reason salue la prise de position forte du Parti républicain en faveur de la liberté scolaire. Ce geste en faveur de la liberté individuelle rappelle certains aspects positifs du mandat de Trump, en particulier dans le domaine de la fiscalité, qui viennent contrebalancer ses prises de position protectionnistes ou en faveur de la guerre commerciale contre la Chine.

D’autres bonnes nouvelles pourraient arriver, mais globalement, le Parti républicain désormais trumpisé est avant tout un générateur de slogans anti-Biden, jouant essentiellement sur la peur suscitée par la victoire possible du Parti démocrate.

Si le programme de Biden promet d’être désastreux, miser sur son échec n’est pas nécessairement la meilleure stratégie, ou la plus optimiste.

Le discours de Kimberly Guilfoyle à la convention en a synthétisé l’esprit, fustigeant le socialisme de Joe Biden, la cancel culture et le cosmopolitisme des progressistes sur le ton des commentateurs de FoxNews. Le marketing droitier de Trump qui est désormais celui du Parti républicain suffira-t-il à le faire réélire ? La réponse dans deux mois.

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