On attend toujours le déconfinement fiscal

Les impôts de production vont baisser. Mais cette mise en oeuvre trop timorée et étalée dans le temps qui ne pourra pas provoquer le choc fiscal dont la France a désespérément besoin aujourd’hui.

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On attend toujours le déconfinement fiscal

Publié le 24 août 2020
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Par Cécile Philippe.
Un article de l’Institut Molinari

L’épidémie de Covid-19 a provoqué une baisse violente et rapide de l’activité économique. Pour la contrecarrer efficacement, il faudrait agir fort et rapidement en faisant le pari de Laffer : provoquer un choc fiscal susceptible de relancer la création de richesse et, au final, d’engranger davantage de recettes fiscales.

Le ministre de l’Économie a annoncé une baisse des impôts de production de 20 milliards, qui est en réalité une baisse de 10 milliards seulement.

C’est une bonne nouvelle malgré tout, tant ces impôts nuisent à la compétitivité de la France. Cependant, on apprend en même temps que ces baisses n’interviendront qu’en 2021 et 2022. Or, c’est en 2020 que des baisses ambitieuses sont nécessaires.

Mesures gradualistes

En effet, la France est championne d’Europe des impôts de production. Selon Eurostat, ils représentaient 109 milliards d’euros en 2018. L’essentiel porte sur les entreprises, avec 75 milliards d’euros, représentant 3,2 % du PIB contre 1,6 % dans l’UE.

Si l’on voulait se situer dans la moyenne européenne, il nous faudrait dès aujourd’hui baisser les impôts de production de 40 milliards. C’est à ce prix qu’il sera possible de contrer l’hémorragie au sein de notre tissu de PME et ETI, fortement créatrices d’emplois.

À ce jour, les pouvoirs publics sont toujours prisonniers de mesures gradualistes et n’arrivent pas à inverser la hausse de la fiscalité française. Sur la période 1978-2019, les recettes publiques ont augmenté de 43,4 à 52,6 %, soit une hausse de 9,2 points. Autant dire que la France est caractérisée par une singulière austérité fiscale, cause du chômage et de déficits élevés.

Or, après avoir su imposer un confinement parmi les plus sévères au sein des pays occidentaux, les pouvoirs publics hésitent à appliquer une thérapie de choc en matière fiscale. Comme souvent.

Il aura fallu trois ans au président Macron pour remplir sa promesse de campagne de redonner 500 euros de pouvoir d’achat aux personnes gagnant 2200 euros net.

Cette lenteur s’explique par les effets de bord accompagnant les baisses de charges, avec l’augmentation de la CSG ou la baisse du seuil d’entrée dans la tranche d’imposition à 30 % sur le revenu.

Logiciel idéologique inadapté

De même, la promesse de baisser l’impôt sur les sociétés à 25 % n’est toujours pas remplie. Le taux maximal de l’impôt sur les sociétés est encore au maximum de 28 % auquel s’ajoute une contribution sociale sur les bénéfices (CSB) de 3,3 %. Ce n’est qu’en 2022 que le taux normal de l’impôt sur toutes les sociétés devrait être ramené à 25 %.

Prisonniers de dépenses publiques colossales et d’un logiciel idéologique inadapté, les pouvoirs publics français n’arrivent pas à orchestrer des baisses d’impôts chocs.

Entre deux maux, il faut choisir. Faute d’arriver à enrayer la progression des dépenses publiques, il est fondamental de baisser les impôts pour redynamiser l’activité. S’il a été facile de mettre l’économie à l’arrêt avec le confinement, il nous manque toujours le déconfinement fiscal permettant de la relancer.

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  • S’ ils pouvaient déjà commencer par cesser de prendre des décisions toujours plus consommatrices d’ argent public…

  • Pour baisser les impôts, il faut baisser les dépenses. Ou penser qu’en baissant certains impôts, la recette fiscale sera meilleure.

    • « ou penser… »
      Ou admettre, tout simplement, comme l’a montré Laffer, que les produits fiscaux sont plus faciles à augmenter en baissant les taux et en laissant l’assiette croître généreusement en conséquence. La véritable dépense qu’il reste essentiel de baisser est la rémunération de nos inventeurs de complexités à Bercy…

  • Avec 6 millions de fonctionnaires et la mainmise de la vérole syndicale qui a imposé les seuils (un vrai casse-entreprise) tout ce petit monde d’irresponsables se complaît dans des décisions prises entre « partenaires sociaux » complètement destructrices et qui n’ont rien à voir avec la réalité des PME!

    • En effet, le taux d’imposition est vraiment accessoire. La multitude de droits, accords et déclarations sont beaucoup plus rédhibitoires pour une PME.

  • La corrcition, c’est maintenant, les baisses d’impôt pour plus tard, les économies budgétaires… on va créer une commission pour étudier ce point.

  • « L’épidémie de Covid-19 a provoqué une baisse violente et rapide de l’activité économique. »
    Non, Madame Philippe, ce n’est pas le Covid qui a provoqué, c’est l’impréparation crasse de nos bureaucrates zé élus et leur réaction digne de seigneurs du Moyen-Age.
    Et d’ailleurs, ils continuent dans ce sens alors que le nombre de morts (le seul vraiment important dans une épidémie), ne cesse de baisser.
    Quant aux impôts de production (70 milliards en France contre 10 milliards en Allemagne), il faurait tout simplement les supprimer totalement, ce qui nous donnerait un tout petit avantage face aux allemands qui supportent une ponction fiscale de 10 points de PIB de moins que la France, soit 250 milliards environ.

  • et vous allez attendre longtemps …

  • Le pouvoir d’un élu en France, de droite ou de gauche, est fondé sur la distribution du pognon des autres. Attendre une baisse des impôts est aussi illusoire que de demander à un crocodile de devenir végétarien.

  • Les commentaires sont fermés.

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