Libéralisme de gauche, libéralisme de droite

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Le libéralisme est un et indivisible puisqu’il s’attache à préserver les droits de l’individu face à l’arbitraire et l’emprise de l’Etat, peu importe les sujets.

Par Eddie Willers.

Le libéralisme est régulièrement associé en France à la droite de l’échiquier politique : il serait le système politique vanté par les patrons pour mieux exploiter les masses de travailleurs. Mais à droite, le libéralisme sert d’épouvantail sur des sujets de société : il serait le système politique des progressistes incapables de préserver un certain ordre social.

De cette espèce d’opposition naîtrait dès lors un libéralisme de gauche et un libéralisme de droite. En tirant le trait, le libéralisme de droite serait associé aux baisses d’impôt et à la flexibilité du marché du travail, le libéralisme de gauche serait lui associé à la PMA, au mariage pour tous et à la légalisation des drogues.

Le libéralisme est un et indivisible

Pourtant, il n’existe pas de libéralisme de gauche ni libéralisme de droite, le libéralisme est un et indivisible puisqu’il s’attache à préserver les droits de l’individu face à l’arbitraire et l’emprise de l’État, peu importe les sujets.

Demander des baisses d’impôts mais considérer que les Hommes ne sont pas suffisamment adultes et qu’il faut donc les protéger d’eux-mêmes montre que vous n’êtes pas prêt à défendre coûte que coûte la liberté de l’individu. Penser qu’un individu est suffisamment responsable pour prendre des drogues par lui-même mais qu’il ne l’est pas assez pour savoir quel est le temps de travail hebdomadaire qui lui convient ne fait pas de vous un grand libéral. Prétendre que chacun doit pouvoir disposer librement de son corps, pour l’IVG notamment, mais interdire la prostitution, idem.

Ces contradictions montrent que le libéralisme n’est pas une simple posture politique mais avant tout une foi absolue dans l’individu. Nous sommes les artisans de nos propres vies et nous savons mieux que quiconque ce qui est bon pour nous. Dès lors la coercition étatique ne saurait s’imposer que dans de rares occasions et de façon parfaitement encadrée.

Rien ne sert dès lors d’opposer deux prétendues visions du libéralisme, la baisse de la prédation fiscale n’est qu’une expression parmi d’autres de l’emprise de l’État, au même titre que les règles d’urbanisme délirantes ou la législation anti-drogues.

Même si cela n’est pas toujours confortable car cela suppose d’accepter des risques, la confiance dans l’individu devrait être la norme et la restriction de la liberté l’exception. Malheureusement, il semble qu’à chaque crise cet équilibre s’inverse sans jamais être corrigé, des attentats en passant par les crises économiques.

Face à un État omnipotent, il convient pourtant de protéger la plus petite des minorités : l’individu.

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