Laissez-nous manger tranquilles dans les restaurants de notre choix !

J’aimerais juste trouver un pays où on me laissera tranquillement déguster une entrecôte dans mon petit restaurant de quartier joliment décoré et où je serai gentiment accueilli.

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Laissez-nous manger tranquilles dans les restaurants de notre choix !

Publié le 8 juin 2020
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Par Fabrice Hatem.

Je suis consterné par la capacité des bureaucraties publiques à créer des réglementations absurdes qui enferment chaque jour davantage les actes les plus simples de la vie dans un système kafkaïen d’interdictions, de contrôles et de punitions, transformant peu à peu chacun d’entre nous en délinquant potentiel.

Un exemple, pas plus tard qu’hier soir. Voici l’affaire.

Dans l’odieux monde d’avant, j’aimais bien aller de temps en temps manger une entrecôte dans un petit restaurant de quartier joliment décoré et où j’étais gentiment accueilli.

On n’embêtait personne, le patron et ses employés gagnaient leur vie, et moi, je passais un moment agréable grâce à eux.

Arrive la crise du coronavirus, et le restaurant est fermé du jour au lendemain, comme tous les autres.

Moi, ça va encore, je me nourris de conserves Monoprix pendant deux mois sur mon balcon et je fais des économies ; bref, je m’adapte sans trop de casse à la privation de liberté.

Mais pour mon restaurateur comme pour tous ses autres collègues du quartier, par contre, c’est la catastrophe : plus un sou de revenu pendant plus de deux mois !

Il faut d’ailleurs savoir à ce sujet que les aides annoncées à grand fracas par le gouvernement sont en partie illusoires et insuffisantes : par exemple, les loyers commerciaux ne sont pas annulés (ce qui est normal d’ailleurs) mais simplement reportés, ce qui ne fait que décaler le problème ; le chômage partiel des salariés, avancé par l’employeur, tarde à être remboursé par l’État ; le « SMIC-corona » des indépendants, conditionné à plusieurs règles compliquées, n’est qu’une misère par rapport à leurs charges courantes.

Bref, la moitié des restaurateurs de ma rue ne s’en sortira pas. Quand ils s’expriment, on les sent évidemment inquiets, malheureux, aigris, et parfois désespérés.

C’est le cas, par exemple du petit restaurant mexicain qui organisait des concerts de musique latinos si sympathiques où j’adorais aller. Dans un lieu aussi confiné, les concerts dansants latinos, tu pourras juste oublier dans le merveilleux monde d’après ! Heureusement qu’il me restera la télé !

Début juin, comme la moitié des restaurants et cafés de France avaient déjà crevé, le gouvernement, dans sa grande bienveillance, a quand même autorisé à rouvrir ceux qui avaient survécu. Mais attention, à Paris, seulement en terrasse. Faudrait pas quand même qu’ils pensent à utiliser les salles qu’ils louent très cher pour ce à quoi elles sont destinées, c’est-à-dire à accueillir les clients. Non, ce serait trop simple !

Évidemment, les politiciens et leurs sbires écolos se sont rués sur l’occasion pour casser un peu plus les pieds des automobilistes.

Donc, non seulement ils ont autorisé l’extension des terrasses sur les trottoirs, mais en plus, ils ont permis aux restaurateurs de s’installer sur la chaussée, à la place du stationnement automobile.

Tout cela a créé une série de désordres : d’une part les trottoirs deviennent des lieux chaotiques et dangereux pour les piétons, déjà confrontés au comportement anarchique des deux-roues qui y circulent à toute allure au milieu des petites vieilles et des landaus ; d’autre part, ils voient leur espace réduit par les terrasses.

De plus, les tables installées sur la chaussées sont incommodes et dangereuses, à cause des bolides bruyants qui passent à un mètre d’elles.

Bref, c’est le bazar organisé par la bureaucratie là où autrefois régnait un semblant d’ordre : on interdit d’utiliser les choses pour quoi elles sont faites (les salles de restaurants, les places de parking), par contre on autorise les gens à les utiliser dans d’autres buts que ce pourquoi elles ont été créées (les terrasses étendues sur les trottoirs et les chaussées). C’est à mi-chemin entre Kafka et Ubu !

Tout cela est inévitablement source de désagréments de toutes sortes, de dangers, d’accidents et de litiges.

Mais heureusement, la police veille, ou bien les agents de la ville de Paris qui se prennent de plus en plus pour la police.

Donc, malgré toutes ces complications, j’étais en train de savourer, tranquillement installé à une petite table placée sur la chaussée, l’entrecôte que mon héroïque restaurateur était tout de même parvenu à me servir malgré toutes ces complications, quand nous voyons débarquer un véhicule de la mairie de Paris.

Ses occupants, baptisés « médiateurs » (ne sais pas au juste quel est leur statut et leurs prérogatives) étaient chargés de s’assurer du respect par les restaurateurs des règles d’occupation de l’espace urbain totalement débiles que les techno-politiques avaient édictées !

Après dix minutes de palabres, ils ont fait preuve d’une immense bienveillance : ils ont prévenu mon restaurateur qu’il devait enlever les tables placées sur la chaussée avant 22 heures, sinon, c’était l’amende.

Donc, comme il était 21 h 45, j’ai dû avaler mon entrecôte en vitesse dans les vapeurs d’essence du bus.

Nous étions juste furieux, le patron et moi ! Ils ne pouvaient pas simplement nous foutre la paix et le laisser me servir mon plat préféré dans sa jolie salle ? Non, il faut qu’ils compliquent tout et nous rendent la vie impossible avec leurs interventions stupides !

Là, j’en ai juste assez, de leurs impôts, de leurs interdictions, de leurs contrôles et de leurs amendes.

J’aimerais juste trouver un pays où on me laissera tranquillement déguster une entrecôte dans mon petit restaurant de quartier joliment décoré et où je serai gentiment accueilli.

Mais c’est peut-être trop demander ?

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Créer un compte Tous les commentaires (24)
  • ah on ne peut pas voter social démocrate et vivre dans un pays libre*.
    Les commerçants votent mal, donc le pouvoir s’en fout

  • remplacer les choix libres des gens par ceux de l’etat… conduit toujours à des usines à gaz.

    au départ l’etat a considéré que des hôpitaux débordés par un nombre de malade était inacceptable notez ce n’est pas l’état qui en pâtirait mais les gens.. puis tout s’enchaîne…

    l’etat risque d’ailleurs d’interdire votre entrecôte..dans votre interet. et la circulation automobile dans votre interet.

    • bon on ne peut pas interdire ça..alors on va « l’organiser » aux petites oignons en accord parfait calculé et millimétré pour respecter l’environnement, l’équité, la justice sociale , la santé publique, la préservation du « patrimoine historique et culturel » etc etc..

      il est bizarre que ça conduise à 22 h 00 un chiffre rond..hasard sans doute, ça ne peut pas être arbitraire..

    • A noter que les hôpitaux étaient surchargés car l’ état avait décidé que les médecins libéraux devaient être écartés des soins de la Covid…

  • C’est une fable n’est ce pas, personne ne se tape deux mois de conserves même à Paris. Personne ne bouffe une entrecôte à 10 h du soir sur un crottoir parisien a moins d’être un viandard désespéré, personne n’a vu bosser un fonctionnaire de la ville de Paris à ces heures là ni d’ailleurs à une autre heure…. Ça. c’est sûrement une fable.

  • Une entrecôte ! Vous vous rendez compte ? Espèce de carniste ! Et la planète, alors ?

  • nous avons pourtant un macron qui veut que les  » forces vives  » de notre pays se remettent au travail ….en leur mettant des battons dans les roues , c’est mal barré ; ça donne même pas envie ;

    • Pour l’instant les forces vives sont dans la rue et bientôt en vacances…. Et sans doute encore dans la rue en septembre pour réclamer du boulot, des taxes sur les riches et des aides sociales pour les pauvres, ils ne seront pas les gilets jaunes mais les masques noirs.

  • Pourquoi devraient ils vous laisser manger tranquille ?

    Ils ne nous laissent même pas crever tranquilles…

  • Si vous voulez un pays où l’on vous fiche la paix, voyons…. pas la Chine, encore plus autoritaire, pas le Brésil, malgré ses churascarias délicieuses car le virus y est encore très présent, pas le Royaume Uni, où les fonctionnaires ont réussi à faire encore pire que leurs collègues français aussi impossible que cela paraisse, pas la Russie, trop froide. Peut-être la Suède ou la Suisse…..
    Bref, le choix se rétrécit de jour en jour.

  • Fable ou pas et quelques soient vos goûts, votre article révèle l’aberration à laquelle nous aboutissons.
    Si nous voulions assassiner notre petit commerce on ne pourrait mieux s’y prendre.
    Mais aux yeux de certains ce petit commerce est l’image de l’horreur, le reflet d’un capitalisme dévastateur, d’une gabegie mortifaire.
    Alors faisons le tomber en douceur en expliquant qu’il est tenu par des maladroits….

  • C’est fait le confinement sera mortel pour le petit commerce,la GMS a tout ramassé faisant fi des mesures de distanciation en laissant les gens en masse dans les magasins et aux files de caisses sans contraintes,un Leclerc « rappelé » à l’ordre par le préfet dans le midi car trop de monde alors que normalement c’était une amende directe,mais on ne touche pas aux seigneurs de la GMS.
    GMS qui a bien du rigoler en voyant Amazon,son pire ennemi ,fermé par la justice rouge.

  • vu ce que l’etat prélève sur le travail et les restaurateurs qui , forcément pour survivre répercutent sur le client ou ne font même plus eux-mêmes les plats proposés au menu, je préfère m’acheter ma propre viande, la préparer moi-même et la déguster avec encore plus de joie dans les papilles.

  • Faire chier pour exister, telle est la devise de ces Jean-foutre.

  • Déjà, l’auteur fait une grave faute… Il mange de la viande… Sooo 2019… 😀

  • Les commentaires sont fermés.

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