Coronavirus : la confiance dans le gouvernement continue de s’éroder

Selon une étude Ifop pour le Journal du dimanche, seulement 39% des personnes interrogées estimaient fin avril que le gouvernement faisait sérieusement face au coronavirus.

Par la rédaction de Contrepoints.

Dans une étude Ifop pour le Journal du dimanche réalisée en avril 2020, les sondages indiquent que les Français sont sceptiques quant à la capacité de nos gouvernants à gérer la crise sanitaire correctement.

Seulement 39% des personnes interrogées estimaient fin avril que le gouvernement faisait sérieusement face au coronavirus. Depuis le début de la crise sanitaire, la chute de popularité de l’action gouvernementale est régulière. Mi-mars, 57% des Français faisaient encore confiance en la politique d’Emmanuel Macron, ce score a plongé début avril et demeure depuis relativement stable.

L’étude a également demandé aux personnes interrogées si, face à la crise sanitaire, d’autres personnes politiques feraient mieux qu’Emmanuel Macron. Le résultat permet d’affirmer que les difficultés rencontrées par l’actuel locataire de l’Elysée ne profite pas mécaniquement à ses concurrents, en particulier Marine Le Pen ou encore Jean-Luc Mélenchon.

Question sondage Ifop : pour chacune des personnalités suivantes, diriez-vous qu’elle ferait mieux, moins bien ou ni mieux ni moins bien qu’Emmanuel Macron si elle était aujourd’hui au pouvoir ? Evolution du ‘ferait mieux’

En effet, si l’action gouvernementale suscite la grogne, les figures de l’opposition peine à incarner des hommes d’Etat compétents capables de gérer la crise. Il n’y a que 20% des sondés qui estiment que Marine Le Pen s’en tirerait mieux qu’Emmanuel Macron, et que 15% qui voit dans le leader de la France Insoumise une alternative politique plus crédible en matière de gestion de crise. Dans les deux cas la déflagration provoquée par le coronavirus à écorner leur crédit.

Confiance limitée dans l’action publique

La gestion chaotique de la crise par le gouvernement, que ça soit dans la gestion des masques et des tests, ou sur les atermoiements du déconfinement, continue de créer la défiance et de mettre en cause le bien-fondé de l’action publique, et cela de manière bien plus grave que la crise des Gilets jaunes ou la réforme des retraites. La république en marche qui s’était soigneusement construit une image de parti de la compétence dépassant les clivages traditionnels, ne pourra plus s’appuyer sur cet aspect pour les prochaines élections, qu’elles soient municipales ou présidentielle.

Cela ne veut pas dire que l’alternative populiste proposée par l’extrême-droite ou l’extrême-gauche apparaisse plus réaliste aux électeurs. Le test demeurera cependant l’après-confinement, et l’expérience concrète de la pire récession de ces dernières décennies. La manière dont le gouvernement cherchera à en sortir sera décisive pour sa survie comme celle du pays.

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