États-Unis : Justin Amash, candidat libertarien à la présidentielle

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Representative Justin Amash speaking, Member of the U.S. House of Representatives, from Michigan's 3rd district. By: Mark Taylor - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

États-Unis : Justin Amash, candidat libertarien à la présidentielle

Publié le 30 avril 2020
- A +

Par Matt Welch.
Un article de Reason.com

Plus de trois ans après l’avoir sérieusement envisagé, un an après s’être prononcé en faveur d’une procédure de destitution contre le président Donald Trump, neuf mois après avoir quitté le Parti Républicain, deux mois après avoir marqué une pause dans sa campagne de réélection au Congrès et à peine 22 jours avant que le Parti Libertarien (Libertarian Party – LP) ne choisisse son propre candidat, le député Justin Amash du Michigan, le membre le plus en faveur de la liberté au Congrès, a décidé de former un comité exploratoire sur une candidature à la présidence.

« Les Américains sont prêts pour des approches pratiques basées sur l’humilité et la confiance du peuple », a tweeté le membre du Congrès mardi soir. « Nous sommes prêts pour une présidence qui restaurera le respect de notre Constitution et rassemblera les gens. »

Quadragénaire, ce fils de migrants du Moyen-Orient (sa mère est Syrienne, son père est un réfugié palestinien) cherche à défendre un État restreint face aux candidats Donald Trump et Joe Biden. En tant que représentant du Parti Libertarien, il sera probablement le candidat le plus médiatique des cinquante dernières années. Il est aussi le premier à occuper simultanément une fonction élective. Et avec lui, cela fera la quatrième élection d’affilée où le candidat libertarien est un ancien républicain.

Membre bienfaiteur du parti libertarien

Amash, lecteur de Friedrich Hayek, est devenu membre bienfaiteur du LP au cours des deux dernières semaines, répondant ainsi aux exigences minimales du parti en matière de nomination. Il dispose maintenant de trois semaines pour convaincre les délégués de le choisir. Le délai peut être prolongé si le Comité national du LP décide de reprogrammer la convention nationale. En effet, comme pour les Démocrates, la primaire est perturbée par la pandémie. L’hôtel d’Austin où devait avoir lieu la convention a brusquement annulé l’événement. La décision du Comité est attendue le 2 mai.

Comme l’ancien gouverneur du Nouveau-Mexique Gary Johnson en 2012 et l’ancien membre du Congrès du Texas Ron Paul en 1988, Amash est actuellement le politicien préféré des partisans de la liberté. Il a longtemps été présenté comme l’héritier de Ron Paul au Capitole, s’est décrit comme « le seul membre libertarien du Congrès » et a déclaré à Reason en juillet 2017 qu’il préférait le qualificatif « libertarien » à « républicain à tendance libérale ». Au Congrès, il aura tenté de déconstruire l’État de surveillance, de restaurer la responsabilité de ses membres et de s’opposer à la logorrhée législative.

Mais cela ne lui garantit pas l’investiture.

Des critiques à l’intérieur du mouvement libertarien

Le fondateur de la Future of Freedom Foundation, Jacob Hornberger, un pilier de la lutte contre la guerre et contre la Fed, qui a dominé jusqu’à présent les primaires, s’est fait plus tranchant dans ses critiques depuis que M. Amash a fait connaître son intérêt pour l’investiture du parti.

« À combien de congrès du LP le député Justin Amash a-t-il participé l’année dernière ? Aucun », a écrit Hornberger dans le cinquième volet d’une série qu’il a intitulée « Justin Amash, l’intrus du LP ». « À combien de débats présidentiels du LP Amash a-t-il participé ? Aucun. En fait, la raison évidente pour laquelle Amash n’a pas assisté aux conventions d’État du LP et n’a pas participé aux débats présidentiels du LP est qu’il ne veut pas soumettre ses positions conservatrices à l’examen, à la critique et à la contestation des membres du LP et des autres candidats à la nomination présidentielle du LP ».

Les critiques de Hornberger trouvent un écho même chez les supporters d’Amash. Les sympathisants se lassent de voir défiler des membres du Congrès. Le militant anarchiste Adam Kokesh, pour sa part, mène une campagne énergique depuis début 2018.

Lors de la conférence LibertyCon de janvier 2019 à Washington DC, Amash a déclaré à Reason que le candidat libertarien idéal ne devrait pas être un « républicain mou » comme le controversé Bill Weld, mais « une personne persuasive pour les autres, qui peut faire participer les Républicains et les Démocrates, faire participer une grande partie de l’électorat, parce que vous ne pouvez pas simplement faire appel à des libertariens purs et durs et gagner l’élection ».

Cette intervention, ainsi que plusieurs autres moments forts dont sa déclaration d’indépendance du Parti républicain du 4 juillet 2019 – qu’il a ponctuée de propos tels que « le système biparti a évolué en une menace existentielle pour les valeurs et les institutions américaines » – ont fait saliver les membres du LP. La perspective d’une longue campagne présidentielle avec l’un des membres du Congrès des plus éloquents et des plus médiatiques n’est jamais venue. Au lieu de cela, depuis 15 mois Hornberger, Kokesh, Vermin Supreme  (un anarchiste satirique) et plus d’une douzaine d’autres candidats se disputent la victoire pour représenter le LP.

1 % des intentions de votes

Dans le seul sondage de 2020 confrontant les Républicains, les Démocrates et les Libertariens, seulement 1 % des intentions de votes sont en faveur d’Amash. Deux sondages en 2019 ont donné Amash à 5,5 %. Son impact potentiel dans l’État du Michigan (swing state) est un sujet que les deux partis suivront avec intérêt. Le climat politique reste malgré tout très polarisé et après une élection présidentielle 2016 très serrée, les électeurs auront tendance à voter pour les Républicains et les Démocrates davantage que pour de petits candidats.

On ne sait pas encore si Amash se retirera de sa propre campagne de réélection au Congrès, ne pouvant pas briguer les deux postes en novembre.

Traduction Contrepoints.

Sur le web

Voir les commentaires (15)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (15)
  • Les personnages atteints du TDS (Trump derengement syndrom) comme Amash voient les symptômes totalement dérégler leur capacités de jugement, il leur devient impossible de définir une politique cohérente, l’important c’est que cette politique soit le contraire de ce que pense ou fait Trump.
    Parfois le TDS est simplement du ‘virtue signaling » une manière de faire le buzz.
    Quand un ancien membre du parti Républicain présente des signes de la maladie il est a parier soit qu’il est plus atteint (une bonne partie de la politique de Trump ne devrait pas désespérer un conservateur) soit qu’il entend prouver sa supériorité morale aux progressistes et « liberals » ce qui est totalement illusoire.

    • Trump est fou et hyper-étatiste, cela devrait vous déranger un minimum. (Il n’a pas fait que des mauvaises choses, loin de là). S’il est réélu, je vous parie qu’il parlera de lever la limite de 2 mandats. Il se croit Elu de Dieu (pas sûr qu’il soit croyant, il est juste opportuniste; il n’est pas à une vérité alternative près).
      Biden a pas de casseroles, une communication nulle, et n’est pas « sexy ». Je suis étonné qu’ils n’aient pas trouvé un autre candidat…
      Et ce candidat libertarien ne serait peut-être pas plus mal qu’un autre… Il lâcherait les brides du gouvernement fédéral, tout retombant sur les gouverneurs, et hop, fin des USA.

      • Hyper-étatiste Trump?
        Après avoir dérèglementé et supprimé pas mal des oukases étatiques d’Obama, vous trouvez que Trump est « hyper-étatique »! Mais alors comment considérez-vous Obama? 🙂
        Faudrait arrêter le lire Le Monde ou Libé…

        • Vous n’avez pas lu son dernier décret sur les producteurs de viande ? Sa volonté continue d’intervenir dans la relocalisation d’entreprises ? Les barrières douanières ?
          Il suffit de lire ses tweets et ses supporters, tout est là, brut et sans filtre. Ne lisant que rarement le Monde, quasi jamais Libé, je ne sais pas trop de quoi vous parlez.

        • Cyde, « America first » c’est de l’étatisme populiste et définitivement pas libéral.

          • @Chat-Bleu et Joe
            « America first »
            En quoi est-ce étatiste? Trump veut privilégier les USA, l’économie et la population US. Cela ne veut pas dire qu’il privilégie l’Etat américain.
            Sa renégociation d’accords déséquilibrés (selon lui) au profit de l’économie US va dans ce sens.

            La menace des barrières douanières ont essentiellement servi à obtenir des accords sur certains échanges économiques. In fine, très peu ont été instaurées car les pays visés ont préféré négocier.

            Le décret sur les producteurs de viande???
            Donc, quand l’Etat ferme arbitrairement la quasi-totalité de l’activité économique (France), c’est bien et ce n’est pas de l’Etatisme.
            Quand Trump, pond un décret obligeant les producteurs de viande à conserver une certaine activité (moyennant aide et compensation) pour éviter la pénurie de viande, c’est un horrible étatisme… En sachant que cela ne sera que temporaire à la différence de la France ou toute mesure devient permanente.
            Je pense qu’entre l’Etatisme à la française et celui de Trump, il y a une différence similaire à la différence d’altitude entre la Montagne Sainte Geneviève et le mont Evrest.

            Quant à la « relocalisation » de Trump… Il n’a aucun pouvoir sur cela.
            Cela fait partie de la guérilla économique avec la Chine et cela a été annoncé après le relèvement des tarifs douaniers de la Chine l’année dernière. On est dans l’effet d’annonce et les mouvements de manche. Tout-au-plus peut-il créer un effet d’aubaine en baissant certaines contraintes fiscales et taxatoires, ce qu’il a fait en partie.
            Si diminuer les taxes et la fiscalité vous considérez cela comme de l’étatisme… Trump n’a pris aucune mesure obligeant une entreprise à revenir et l’Etat US ne se mêle pas de dire aux entreprises ce qu’elles doivent produire, comment, avec quel effectif, si elle peuvent ou pas licencier…etc
            Si vous considérez Trump comme un étatiste, c’est quoi la France pour vous? 🙂 🙂

            • Point 9 de Schopenhauer : faire diversion.
              On parle des USA ou de la France ? Des USA. Pas de la France.
              Oh, un tweet de 2019 de Trump : « Nos formidables entreprises américaines ont pour ordre de commencer immédiatement à chercher une alternative à la Chine, y compris en ramenant vos entreprises à la maison et en fabriquant vos produits aux USA », a dit le président sur Twitter. »
              Je n’ai pas envie de passer en modération, alors je ne colle pas un lien du Figaro sur « Donald Trump inspire les souverainistes français ».

            • « Quant à la « relocalisation » de Trump… Il n’a aucun pouvoir sur cela »
              Ici on parle de Trump et non de la constitution américaine.
              Et si il avait tous les pouvoirs qu’en ferait-il ? Vous croyez vraiment qu’il appliquerait une vision libérale ? Chef d’entreprise omnipotent, il est tombé dedans quand il était petit ce n’est pas à 70 ans passé qu’il pourrait changer.

      • Trump est un VRP génialement charismatique, bien né, ignare de toutes sciences comme chacun sait, compensé par un instinct du business de la négociation hors pairs.
        C’est un bagarreur mais pas un tueur au sens physique du terme. Un machos indécrottable, ses paroles pour servir ses ambitions dépassent certainement ses sentiments.
        Ce n’est pas un libéral et est aux antipodes des qualités évoquées par Platon pour diriger une cité.

        • Peut-être. Mais cela marche pour Trump.
          Pour Platon, la direction de la Cité doit être attribuée aux Sachants, aux Philosophes (càd détenteurs du savoir). C’est parfait sur le papier. Sauf qu’en pratique, des sachants, on en a eu à la pelle avec les résultats que l’on sait quand ils sont déconnecté du réel. Ce qui est le cas de la plupart d’entre eux.

          Donc je préfère un pragmatique intelligent bien entouré qu’un sachant sur de son savoir théorique mais ignare du réel, de ses contraintes et de son fonctionnement.

    • Une interview d’Amash vient de sortir sur Reason.

  • Il y a une chose que je ne comprend pas. C’est le même problème qu’en France: croire qu’un parti minoritaire peut gagner une élection présidentielle.

    Pourquoi est ce qu’un libertarien ne choisirait pas plutôt de se concentrer sur un programme liberal au sein d’un grand parti? Pourquoi partir au casse-pipe couru d’avance?

  • Amash a pris au sérieux un procès de mise en accusation monté, instruit, et soutenu essentiellement par les démocrates Californiens. Il a accepté d’accompagné la même présidente des Représentants (Pelosi), qui n’a trouvé rien à dire sur le mensonge d’état des ADM qui ont entraîné la guerre en Irak, et avait justifié de ne déposer aucun demande de démission de W Bush, par l' »humeur du moment ».

    C’est un clown. Entre autres.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le monstre de l’inflation est sorti de son placard dans les pays occidentaux. Et pas sûr qu’il y retourne gentiment.

La dérive des prix a atteint 7 % l’an dernier aux États-Unis, du jamais vu depuis… 39 ans. En zone euro, elle est passé en douze mois de presque zéro à 5 %, un niveau atteint pour la dernière fois il y a trente ans sur le continent. La France est en retrait, à 2,8 %, mais sans doute plus pour longtemps.

Cette flambée est essentiellement la conséquence des restrictions imposées suites au covid. Les confinements, fe... Poursuivre la lecture

Par Jean-Éric Branaa.

Depuis le 6 janvier 2021, se pose la question de la place de Donald Trump dans le débat public, notamment en vue des prochaines échéances électorales. Cette interrogation relance en même temps la question de la survivance de ce que l’on a appelé le « trumpisme ». Après quelques mois de sidération face à une victoire qui n’avait pas été anticipée, en 2016, on a vu se multiplier l’utilisation de ce terme, régulièrement invoqué dans les articles ou les reportages les plus dramatiques sur l’état du pays de Lincoln.Poursuivre la lecture

Malgré de nombreuses et ardues négociations, les démocrates ne pourront pas adopter leur fameux projet Build Back Better (BBB) pour l’instant. L’un des leurs, le sénateur de la Virginie occidentale Joe Manchin, a annoncé qu’il s’opposerait au titanesque projet de loi de trois billions (12 zéros) de dollars.

Évidemment, les réactions négatives ont été presque instantanées. Chez les démocrates, on doute de la loyauté de Manchin envers son parti. Joe Biden a même promis « de lui parler » et ne semble pas regretter ce message agressif. Mai... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles