Covid-19 : de plus en plus d’Américains se rebellent contre le confinement

Les Américains ont été patients et disciplinés depuis le début du confinement mais un nombre croissant d’entre eux en ont assez et veulent retourner au travail.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis. 

Il aura suffi de l’adoption de quelques mesures draconiennes de confinement de la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, pour faire déborder le vase. Le 9 avril, elle a interdit aux commerces du Michigan de vendre des meubles, des équipements de jardinage et de la peinture. L’utilisation des bateaux à moteur a aussi été interdite et il est défendu d’employer quelqu’un pour tondre sa pelouse.

Initialement, ces mesures n’ont pas suscité la révolte, mais alors que le printemps est bien amorcé et que plusieurs commerces dépendent des activités estivales pour joindre les deux bouts, il était inévitable que ces mesures draconiennes finissent par indisposer ceux dont c’est le principal gagne-pain.

Interdit de commerce même sans interaction sociale

Plusieurs de ces commerçants précisent que leur travail ne demande aucune interaction sociale car le boulot se fait en l’absence du client pour être ensuite facturé via la poste. Des citoyens excédés et se sentant soumis à des restrictions déraisonnables sont allés signifier leur mécontentement à la gouverneure devant le Capitole de l’État du Michigan.

Des membres des forces de l’ordre du Michigan ont signifié à la population que les nouvelles restrictions ne leur semblaient pas justifiées et qu’ils n’avaient pas l’intention de procéder à des arrestations liées au non respect du confinement.

Marre du confinement

La frustration constatée au Michigan est aussi présente dans plusieurs autres États. Dans une série de Tweets le président Donald Trump a invité les citoyens à libérer la Virginie, le Michigan et le Minnesota.

Son encouragement a rapidement eu de l’écho. Des résidents du Texas, de la Californie, du Maryland, de l’Indiana, de l’Ohio, du Wisconsin et du New Hampshire sont parmi ceux qui n’ont pas manqué l’occasion de faire connaître leur mécontentement du confinement.

La dure réalité, c’est que le taux de chômage avoisine les 20 % aux États-Unis depuis le début de la pandémie. L’aide versée aux grandes et petites entreprises ne parviendra pas à satisfaire tout le monde. Dans plusieurs grandes villes une multitude de citoyens dépendent des banques alimentaires pour survivre.

Peut-être que Donald Trump semble trop hâtif de rouvrir l’économie du pays. Il existe bien sûr un risque. Mais le plus grand c’est peut-être de trop tarder.

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