Ces technologies qui changent le monde : des robots multitâches partout !

« Soonish : dix nouvelles technologies qui vont tout changer et/ou tout détruire » : demain, la matière programmable.

Par Constance Mas.

Les premier articles de la série peuvent être retrouvés ici et ici.

Et si demain nos meubles et ustensiles étaient aussi multitâches que nos smartphones et ordinateurs ? S’il suffisait d’exprimer notre besoin à une armée de nanorobots à notre service, comme certains se reposent sur Siri pour composer le menu de leur soirée romantique ?

Sous le nom peu explicite de « matière programmable » se cachent plusieurs technologies en cours de développement qui promettent de changer notre vie quotidienne, dont voici quelques exemples sélectionnés par les auteurs de Soonish (chapitre 5).

L’orgami comme source d’inspiration

Des chercheurs explorent la possibilité qu’un objet physique change de forme et se reconfigure en fonction des conditions extérieures, en le couplant si nécessaire à un système de commandes à distance. Le MIT est impliqué dans plusieurs projets de ce type.

Une source d’inspiration de leurs designs est l’art de l’origami japonais : les chercheurs ont conçu de petits robots origami, petites surfaces 2D qui se plient et prennent la forme adéquate pour se déplacer dans l’environnement souhaité (marcher, nager) et effectuer des tâches. Le résultat est impressionnant. Dans la vidéo ci-dessous vous pouvez voir l’une des applications : un mini robot qui peut être avalé pour retirer un corps étranger de l’intestin de quelqu’un.

On imagine sans peine que les applications des robots origami seront nombreuses, dans les domaines de la médecine et de l’industrie, mais aussi du loisir. Une équipe du MIT a poursuivi les recherches dans l’optique de faire de la création de robots un jeu d’enfant à la portée de toutes les intelligences et toutes les bourses, en associant les origamis à l’impression 3D. 

 

Autre domaine moins impressionnant mais qui touche à notre environnement quotidien : les espaces reconfigurables, comme des meubles de bureau pliables et mobiles (Animated Work Environment) ou des pièces qui interagissent avec l’utilisateur pour lui proposer un espace et une ambiance personnalisée (Lit Room, Reconfigurable House). Nous sommes habitués à ce que Google ou Facebook anticipent nos requêtes, y a-t-il lieu de s’étonner que nos meubles puissent faire de même demain ?

Des milliers de robots collaboratifs

Un robot qui s’adapte, c’est bien ; des dizaines ou centaines de robots qui s’adaptent et collaborent pour nous servir, c’est mieux ! 

Afin d’aider les personnes dépendantes, des chercheurs de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne ont développé Roombots, des robots qui se déplacent et se combinent les uns aux autres ainsi qu’avec les meubles environnants.

 

De nombreux autres projets s’attachent à faire collaborer sur une même tâche un nombre bien supérieur de robots, chacun d’entre eux ayant un mouvement et des fonctionnalités élémentaires. Le temps nécessaire à atteindre une configuration et réussir une tâche est encore bien souvent très long, mais les projets se développent vite.

Des robots qui s’organisent les uns par rapport aux autres de façon autonome et intelligente seraient précieux dans des environnements hostiles ou inaccessibles, particulièrement si les chercheurs mettent à contribution la capacité d’auto-apprentissage et d’évolution des robots.

Les plus ambitieux espèrent proposer un jour une sorte de pâte modelable et programmable selon votre envie du moment – pratique pour emporter en voyage, si toutefois les compagnies aériennes vous laissent l’emporter à bord au risque de vous voir configurer une arme de poing en pâte à modeler nanoprogrammable !

Les problèmes à anticiper

 

Kelly and Zach Weinersmith mettent en lumière plusieurs problèmes que pourrait poser la matière programmable malgré ses nombreuses applications, high-tech ou pour la vie quotidienne :

  • la propriété intellectuelle peut être plus difficile à attribuer et respecter
  • il faudra penser à se protéger du piratage, particulièrement dangereux s’il touche ce genre de technologies
  • des outils aussi passe-partout peuvent présenter une menace pour la vie privée et la sécurité
  • par ailleurs, comme on le devine déjà à travers les réflexions sur la voiture autonome, cela promet de beaux casse-tête pour répartir les responsabilités en cas d’accidents
  • il semblerait que les humains ont un peu trop confiance dans les robots, à en croire les expériences décrites dans ce chapitre sur la capacité d’élèves brillants à mettre leur vie en danger pour suivre les instructions d’un robot, même s’ils le savent abîmé.

Gageons que malgré ces quelques détails à régler, vous trouverez tous une raison de placer de grands espoirs en cette technologie pour changer votre vie – dans le cas des auteurs de Soonish, il s’agit de l’espoir d’un meuble ikea qui s’assemble tout seul.

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