La nouvelle gauche radicale : raciste sans le savoir

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Le manichéisme de la gauche est toujours de mise : il faut trouver des dominés à défendre et des dominants à haïr, avec la haine comme moteur de la motivation.

Par Patrick Aulnas.

La nouvelle extrême gauche n’y va pas par quatre chemins.

90 % du monde occidental est peuplé de racistes, de colonialistes et de sexistes. Vous faites certainement partie des heureux élus. Moi, à coup sûr, j’en suis. Parce que la liberté est le cadet des soucis de ces gens-là et que j’y tiens beaucoup.

Les gauchistes de 2020 ont l’esprit particulièrement embué. Beaucoup de vocabulaire, très peu d’idées. Pour une raison simple : ils n’ont pas de penseur d’une certaine envergure, comme Marx, Engels, Trotski, grandes références des anciens marxistes.

Mais cela importe peu pour le militant de base qui cherche surtout à simplifier le réel et à croire. Et dans cet ordre d’idées, le manichéisme est toujours de mise : il faut trouver des dominés à défendre et des dominants à haïr, des bons et des méchants. La haine constitue l’élément le plus important, le moteur de la motivation.

Domination coloniale occidentale

Le nouveau radicalisme de gauche se développe surtout dans les universités et les milieux de la culture. L’art contemporain international tangente cette extrême gauche. Les universités américaines sont en pointe. Ce sont surtout les spécialistes en sciences sociales qui s’imaginent avoir inventé quelque chose de nouveau, avoir une pensée.

Les physiciens, les professeurs de médecine, par exemple, sont peu représentés. Ils pensent petitement, dans leur domaine seulement et pour essayer de le faire progresser.

Nos sociologues gauchistes, eux, voient grand. Le monde, figurez-vous, est resté sous domination coloniale occidentale sans le savoir. Les colonies africaines ou asiatiques d’antan ont disparu mais elles restent dans les esprits. Nous pensons comme des colonialistes. Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ; nous produisons de la domination sans le savoir.

Ainsi, nos musées reflètent essentiellement l’art occidental. Les arts africain, asiatique, océanien n’y sont que peu représentés. Vous pensez qu’il n’y a rien de plus normal puisque nos musées ont pour mission de conserver nos créations depuis des siècles. Nous n’empêchons personne de faire de même.

Vous êtes vraiment un Occidental dominateur. Le capitalisme occidental exploitant le monde entier, les capacités financières d’un pays riche sont infiniment supérieures à celle de tel ou tel petit pays pauvre. Les États occidentaux doivent mettre leurs finances publiques au service des autres cultures. Bref, vous devez payer puisque vous faites partie des riches.

Les racisés et les blancs

Le mot racisme signifiait auparavant que certaines races étaient perçues comme intrinsèquement inférieures à d’autres. La perception raciste était courante jusqu’au XIXe siècle et pas seulement en Occident. L’esclavage des Noirs d’Afrique par les Occidentaux ou les Arabes est le résultat le plus connu de cette vision archaïque de l’humanité.

Nos grands penseurs d’extrême gauche ont renouvelé l’approche. Il existe désormais deux catégories : les racisés (dominés) et les Blancs (dominants). En France, par exemple, les racisés (personnes paraissant, par leur type physique, avoir une origine africaine, asiatique, etc.) ne sont pas traités de la même façon que les Blancs (personnes paraissant, par leur type physique, avoir une origine occidentale) pour l’accès au travail, au logement, etc.

Nos gauchistes ont fait une découverte majeure : il existe encore des discriminations latentes liées à l’apparence. Immense bouleversement de la pensée, que l’on pourrait généraliser : les beaux et les belles sont mieux traités que les moches, les obèses moins bien traités que les sveltes, etc.

En creusant la question, nos sociologues radicaux pourraient parvenir à l’embryon d’une nouvelle idéologie.

Évidemment, le plus triste réside dans la résurgence sociologique de la notion archaïque de race pour des raisons apparemment idéologiques. Mais on cherche en vain une pensée cohérente derrière tout ce galimatias. En vérité, on n’y trouve que la haine de l’homme occidental, la haine du Blanc. La gauche radicale est raciste.

Cette approche étriquée et haineuse de notre société se répand dans le milieu de la culture. La comédienne Adèle Haenel déclarait récemment au New York Times : « Où sont les gens racisés dans le cinéma? Les réalisateurs racisés ? » S’agit-il pour elle de se mettre au diapason de l’extrême gauche américaine par intérêt ? Ou pense-t-elle vraiment aussi sottement ?

Sexisme et intersectionnalité

Le type même du dominant est le mâle blanc occidental. Un salaud en puissance. Non seulement, il colporte des relents de colonialisme, d’islamophobie et de racisme, mais également de sexisme. Il se considère spontanément comme supérieur aux femmes.

La réalité est infiniment plus complexe.

Les hommes ont certes beaucoup de torts et leur comportement avec les femmes reste parfois inapproprié. Mais on ne change pas en quelques décennies des millénaires de domination masculine. Nous avons un peu progressé malgré tout. Par rapport aux hommes des autres civilisations (arabo-musulmane, sino-japonaise, etc.) il est clair que l’évolution de l’affreux mâle blanc aux cours des dernières décennies a été significative.

En interconnectant le capitalisme, le colonialisme latent, le racisme des Blancs et leur sexisme, vous obtenez une petite merveille : l’intersectionnalité.

Comme ils n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent dans le domaine conceptuel, les sociologues d’extrême gauche raffolent de l’intersectionnalité. C’est tout simple : les dominations sont interdépendantes. Le capitalisme, le colonialisme, le racisme et le sexisme font système, se confortent l’un l’autre, entretiennent mille liaisons qu’il appartient au chercheur d’élucider.

Un programme passionnant pour enfin comprendre pourquoi, nous Occidentaux, sommes si méchants.

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