100 000 façons de tuer la liberté au Québec

Des parents n’ont pas apprécié que leur enfant étudie la chanson satirique de Félix Leclerc, obligeant l’enseignante a changer son programme pour éviter toute polémique.

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100 000 façons de tuer la liberté au Québec

Publié le 1 mars 2020
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Par Luc Vallée.
Un article de l’Institut Economique de Montréal

Un parent un peu trop sensible a demandé à une enseignante un peu trop accommodante de ne plus décortiquer la chanson « Les 100 000 façons de tuer un homme » avec des élèves d’une école primaire du Mile-End. Pourtant, la chanson de Félix Leclerc est une fable, pas un manuel d’instruction sur les 100 000 façons d’enlever la vie à son prochain.

Elle nous fait plutôt prendre conscience, en usant d’ironie, qu’il est facile de tuer son âme, de la dépouiller de sa dignité, en restant à ne rien faire – en étant inactif et payé à le demeurer.

Ce n’est pas comme si les enfants de 8 ans n’avaient jamais rien vu. La télévision et l’internet, si ce n’est la vie elle-même, les exposent déjà de façon quotidienne à la cruauté humaine. En plus, l’ironie est une forme d’expression qui mérite d’être enseignée. Quoi, va-t-on attendre qu’ils aient tous atteint l’âge adulte pour leur faire découvrir cette facette de la littérature ?

Enfin, la leçon concernant la dignité et le travail, elle, mérite d’être inculquée à nos enfants le plus rapidement possible dans leur vie de citoyen. Non par peur qu’ils deviennent oisifs lorsqu’ils seront adultes, mais pour qu’ils apprennent tôt qu’on ne règle rien en épargnant à son prochain l’effort requis pour qu’il mérite son sort. Et qu’en agissant ainsi on ne fait que le dérober de l’opportunité de démontrer qu’il peut contribuer et, en définitive, on ne réussit qu’à le priver de sa dignité.

Cet acte de censure de parents hélicoptères1 du Mile-End devrait servir de mise en garde. Il devrait nous rappeler qu’il existe 100 000 façons de tuer la liberté et que l’une d’entre elles est de voler à l’homme libre sa dignité. Même les cœurs sensibles ne devraient pas s’abstenir d’apprendre cette leçon dès le primaire.

Sur le web

  1. Surnom donné aux parents qui interviennent de manière providentielle pour aider leur enfant en toutes circonstances.
Voir les commentaires (18)

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  • On en est arrivé au fait que n’importe quel citoyen peut s’ériger en censeur.
    Que toute contestation entraîne la soumission sans débat.
    Triste époque…

    • C’est le résultat d’un rapport de forces systématiquement en défaveur des enseignants. L’Education nationale accorde trop d’importance aux parents d’élèves et pas assez aux profs.
      D’autres professions, autrefois représentantes d’une certaine notabilité, n’ont pas subi une telle descente.

    • Génération d’inginés permanents + Inquisition 2.0 (merdias sociaux) + socialisme…

      Ce monde est foutu

    • PAS du tout d’accord; c’est leur gamin non? c’est le droit le plus strict des parents. Imaginons donc, si ça avait été une chanson faisant la promotion d’une idéologie apologie de la diversité , du racisme, de écologie ou autre..
      les parents ont le droit de mettre leur gosse dans une boite à coton , ets ce bon pour le gosse? à mon avis non, mais c’est LEUR gamin.

      un enseignant est payé pas les parents non? il fait donc ce qu’attendent les parents..

      en fait je suis plus choqué par le fait que l’etat et les enseignants se substituent aux parents sur ce point ..

  • Ces parents font un acte politique. Peut-être ce sont des étatistes forcenés, des membres d’un parti étatiste quelconque. Ils préfèrent des enfants ignares à qui on ne dit jamais la vérité.

    Ainsi, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

  • Je viens de découvrir cette chanson. Elle est excellente!!
    Mais il est évident qu’elle ne peut que déplaire aux thuriféraires de l’Etat-providence, à certains courants politiques et à tous ceux qui vivent directement ou indirectement de la redistribution de l’argent des autres.
    Il faut donc étouffer une éventuelle contestation future dans l’œuf en évinçant toute proposition qui pourrait éventuellement inciter les jeunes esprits à réfléchir. Cela aurait pu gêner l’implantation future d’autres idées plus progressistes…

    En tout cas, voilà une polémique impensable en France où aucun enseignant n’oserait proposer un tel texte à étudier pour peu qu’il en ait eu connaissance d’ailleurs. Le travail d’uniformisation bien-pensante de l’EdNat et de notre administration a fait son œuvre. Tout au plus pourra -t-on avoir des discussions sur les meilleures méthodes du « développement durable », d’obtenir une meilleure « égalité des chances » ou une société plus « juste »… 🙂

  • Je n’ose pas imaginer le tollé général si un enseignant en France se risquait à utiliser cette gentille chansonnette. Ah! Le salaud de capitaliste à la solde des méchants actionnaires ultralibéraux qui veulent détruire notre beau modèle social français que le monde entier nous envie.

    Heureusement qu’ailleurs, il y a peut être des obscurantistes, mais il y a aussi des gens qui osent.

  • La seule liberté à considérer dans ce cas est celle des parents. Point de censure. L’enseignant fait exclusivement ce que les parents exigent de lui, peu importe que ce soit à tort ou à raison. Il n’est pas là pour décider mais pour obéir. L’instituteur instruit, les parents éduquent. Point barre. S’il n’est pas d’accord, le monde étant vaste, l’enseignant s’en va exercer ses talents ailleurs. Il fait ce qu’il veut avec ses propres enfants mais pas touche aux enfants des autres ! Voilà, tout est simple quand on pose les problèmes dans le bon ordre.

    Internet à 8 ans ? Faire comprendre la satire, le cynisme, le second degré, à des enfants de 8 ans ? Ce sont là des ambitions ridicules, inappropriées. Qu’on se contente de leur apprendre à lire, écrire, compter, l’informatique, la géographie, l’histoire, la beauté dans le monde, la littérature, la musique, la peinture, le sport, leurs racines culturelles. C’est bien suffisant à cet âge et c’est déjà beaucoup quand on voit que cette instruction pourtant élémentaire échoue si souvent. Mais ce n’est pas étonnant si les enseignants encombrent les enfants avec des fadaises inutiles. Ce faisant, ils leur volent une partie de leur vie. Pas touche aux enfants sinon il va t’en cuire !

    Quoi qu’il en soit, la prétendue revendication de liberté ici posée est le contraire de la liberté telle qu’elle se conçoit aisément.

    Note : la question des parents hélicoptères n’a rien à voir avec les enfants de 8 ans. Le concept concerne seulement les grands ados, vers 15/16 ans et au-delà. Quand ils sont plus jeunes, faire l’hélico avec ses enfants est un devoir moral pour tout parent normalement constitué. Les enfants devenus ados puis adultes affronteront la difficulté du monde d’autant plus aisément que leurs parents se seront bien occupés d’eux avant, et qu’ils représentent une base solide, un recours confiant, une référence patiente ensuite.

    • Ce qui serait intéressant c’est de savoir combien de parents se sont élevés contre l’étude de cette chanson. Visiblement, ce n’est qu’une toute petite minorité! Y-a-t-il eu une consultation de l’ensemble des parents? Non visiblement.
      Que les parents aient leur mot dire, Ok! Mais après avis de TOUS les parents. Or dans le cas présent, on se couche devant l’avis d’une minorité agissante… Curieuse conception.
      Si on va dans ce sens, certains textes ou images ne devraient plus être étudiées ni même montrées dès la présence de qq individus aux convictions religieuses ou idéologiques restrictives par exemple…

    • « L’enseignant fait exclusivement ce que les parents exigent de lui »
      Mauvais postulat. Est-ce que je vais exiger de mon garagiste qu’il répare ma voiture selon les méthodes que je pourrais lui imposer ? Non, car je ne suis pas expert.
      La plupart des parents ne sont experts ni des méthodes d’enseignement ni, encore moins, des matières enseignées. Voilà pourquoi l’instruction est déléguée.
      Le prof, le garagiste, le médecin ont au mieux une obligation de résultat. Qu’on arrête de les encombrer avec les élucubrations, atermoiements et autres préconisations stériles de clients passablement incompétents.
      Si le client veut fixer à la fois les objectifs et les moyens, qu’il fasse le boulot lui-même !

    • Non, vous avez tout faux. L’instituteur n’est pas là pour faire plaisir aux parents, mais pour appliquer le programme décidé par le gouvernement. Après, si ce programme ne vous convient pas, votre liberté, c’est d’enlever vos enfants de l’école publique, soit pour les mettre dans une école hors contrat, soit pour leur faire vous même la classe à la maison, si vraiment aucune école ne trouve grâce à vos yeux.

      • « Non, vous avez tout faux »…
        1) l’enseignement est un service comme un autre qui est destiné aux parents. Pour être efficace,-c’est à dire pour être bon et pas cher- il doit, comme tout service, pouvoir être choisi librement dans un environnement concurrentiel et généré un profit (horresco referens) pour son prestataire.
        2) Cela n’est pas le cas dans la plus part des pays, même si, comme en témoigne votre commentaire, il arrive que l’on ait l’illusion du choix. C’est exactement comme si vous souhaitiez acheter une Renault et que le garagiste vous disait qu’il ne peut vous la vendre que si vous achetez préalablement une Citroën! Car vous avez, par vos impôts et donc de manière contrainte, déjà payé pour l’école que vous ne voulez pas, avant d’être autorisé à payer pour l’école que vous désirez! Vous payer donc deux fois!
        Votre liberté de choix est tout simplement cela, illusoire!

        • Oui, on paye deux fois, c’est la seule liberté qui nous reste, du moins quand on a les moyens de payer !

          J’ai deux enfants, ils sont tous les deux allés à l’école privée parce que leur maman et moi avons jugé que le service rendu par l’école publique du coin n’était pas à la hauteur de nos attentes. Ça ne nous a pas dispensés entre temps de payer nos impôts pour financer l’école publique. Et alors ? Vous avez une meilleure solution ? Certains répondront peut être qu’il faudrait abolir l’école publique, mais si on est un peu réaliste, ça n’arrivera pas en France on le sait.

    • Entièrement d’accord avec Cavaignac. La chanson exerce une ironie adulte à laquelle des enfants de 8 ans ne devaient pas être exposés de façon prématurée. L’éducation primaire ne devrait aborder des concepts au fond politiques.

  • C’est une très belle chanson mais elle aborde un sujet, comment tuer quelqu’un, qui n’est pas approprié pour des enfants de la communale. Un peu comme si, pour caricaturer mon propos, on demandait à des gamins de maternelle d’expliquer « Un zeste de citron » de Gainsbourg. Donc les parents gardent la mains sur l’éducation de leurs enfants et c’est très bien. Milton Friedman serait certainement d’accord.

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