Retraites : cette insurrection qui vient

Entre les coupures d’électricité sauvages et les slogans de plus en plus frontalement violents à l’endroit du président de la République, Emmanuel Macron doit-il redouter une insurrection ?

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manifestation janvier 2015 contre la loi sur la transition énergétique by nathaly drp(CC BY-NC-ND 2.0)

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Retraites : cette insurrection qui vient

Publié le 27 janvier 2020
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Par Eric Verhaeghe.

Une insurrection se prépare-t-elle en France ? Plusieurs signaux de moins en moins faibles sont désormais perceptibles sur l’état de profonde dégradation qui affecte l’ambiance politique du pays, chauffée à blanc par le mutisme et la rigidité du pouvoir exécutif dans le dossier des retraites. Alors que le gouvernement n’envoie aucun geste de bonne volonté aux opposants laminés par plus d’un mois de grève, des actions de plus en plus radicales secouent l’actualité. Et la spirale semble désormais infernale.

Nous y voyons, comme nous l’annoncions dès le 5 décembre, la poursuite d’une implosion sociale irréversible.

Macron et son gouvernement de plus en plus brocardés

Faut-il vraiment énumérer les situations de plus en plus « limites » qui défrayent l’actualité ? Entre le chahut dont le Président fut victime un soir dans un théâtre parisien, et qui aurait pu très mal tourner, et les autres chahuts qui affectent le gouvernement et ses membres, comme ce fut récemment le cas pour Marlène Schiappa, on peut affirmer que la violence politique n’a jamais atteint un tel stade en France depuis très longtemps, et probablement depuis la Libération. Les opposants à la retraite par points peuvent même se targuer de ringardiser Mai 68.

Cette situation en soi devrait inquiéter fortement le président de la République. On se souvient que François Hollande fut rapidement obligé de se retrancher à l’Élysée dès lors que le projet de légalisation du mariage homosexuel fut déposé. Dans le cas d’Emmanuel Macron, la situation est pire et plus dangereuse. Pire parce que François Hollande n’a jamais été menacé physiquement de façon aussi directe, et plus dangereuse car le mariage gay était, au fond, un mauvais moment à passer.

La réforme des retraites devrait, pour sa part, au moins durer jusqu’en 2027… sans une puissante lance à incendie, le champ politique français devrait prochainement se situer entre la Californie, la forêt amazonienne et l’Australie en feu.

Les grèves sont fortement radicalisées désormais

Alors que vendredi devait à nouveau être une journée noire dans les transports parisiens, l’action syndicale mue et prend une tournure là aussi jamais vue depuis les grandes grèves de 1947. La CGT Énergie, en particulier, décide de coupures d’électricité sauvages qui risquent d’introduire une rupture destructrice dans le climat social.

Le dernier projet en date consisterait à étouffer la capitale sous les ordures en empêchant leur incinération. Après les menaces physiques au siège de la CFDT, on comprend que Philippe Martinez ne contrôle plus sa base et qu’il est fortement débordé sur sa gauche. Le signal est inquiétant.

Des slogans violents qui sentent l’insurrection

La marche aux flambeaux parisiennes de ce jeudi soir a marqué une nouvelle étape dans ce courant ascendant vers la violence. Les manifestants ont en effet ouvertement appelé à la décapitation du Président, ce qui constitue une étape supplémentaire sur un chemin qui semble de moins en moins maîtrisable.

« Louis XVI, Louis XVI, on l’a décapité. Macron, Macron, on peut recommencer. »

Ces appels à la violence ont été couverts et confortés par la France Insoumise. D’un point de vue strictement objectif, cette escalade rarissime dans la contestation politique est un signal fort dont le Président aurait tout intérêt à tenir compte. Sans quoi, toutes les aventures pourraient arriver, et beaucoup plus vite qu’on ne l’imagine.

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  • boff , a gauche radicale combien de divisions?
    L’opinion n’est pas pour, 250 000 personnes ne font pas le poids ..
    pour moi c’est terminé, on aura deci delà des réactions , mais le pays ne marche pas dans le délire marxiste

    • 250 000 personnes qui font des sabotages, ca peut faire de sacre degats. Imaginez que certains decident de faire sauter la centrale nucleaire ou la refinerie ou ils travaillent …

    • Le pays ne marché pas dans le délire larxiste.
      Mais le pays est profondément en colère – du moins une majorité – contre Macron, sa politique, ses méthodes, ses attitudes méprisantes et sa com’.
      Dans ce genre de situation, il peut y avoir une minorité violente et la majorité qui ne disant plus rien, consent tacitement à cette violence. C’eet un schéma assez classique des révolutions.

      • non ceux qui font la revolution n’ont rien a perde , ce qui n’est pas le cas de nos « chers » fonctionnaires et assimilés

        • c’est pas faux !!!!

        • « ceux qui font la révolution n’ont rien a perdre ». Exact et la révolution n’est pas près d’arriver car la France est « encore » un pays très riche. L’oligarchie en place peut continuer à piller comme elle le fait depuis 50 ans et même significativement augmenter le % d’impôts taxes etc.

    • La résistance française sous l’occupation comptait moins de 200000 maquisards et elle a participé activement à la libération du pays !!! Ne sous estimons pas une minorité agissante et très décidée !!!!

      • Oui mais avec un ennemi extérieur (quoique celui de l’intérieur actuel n’est pas mal non plus…),et résistance aussi avec de l’aide extérieure,l’URSS n’existe plus pour soudoyer la CGT!

      • oui surtout apres l’arrivée de americains

      • À cette différence près, qu’en 1940 ils se battaient pour la liberation de leur pays. Aujourd’hui, on a droit de voir ça pour faire perdurer un système de vol généralisé qui court à sa perte.

        Vous parlez d’une bande de perdants…

  • Il est grand temps de mettre un terme à la scandaleuse impunité dont bénéficient les auteurs de ces actes illégaux (coupures de courant, violences contre des hommes politiques, dégradations de biens publics et privés, appels irresponsables à la violence, voire au meurtre, fût-il symbolique, etc.) qui ont parfois des conséquences dangereuses. À quand des poursuites judiciaires contre ces personnes physiques et morales, allant jusqu’à leur terme, sanctions comprises (amendes, dommages-intérêts, voire prison) ? Pour le moment, ces voyous et leurs soutiens, comme M. Mélanchon, agissent impunément comme les SA et les autres milices armées pendant la fin de la République de Weimar. Quand on voit que ces gens sont en pratique toujours au-dessus des lois, il y a de quoi douter de notre État de droit, qui est pourtant une base essentielle de la démocratie.
    Mélanchon au cabanon (carcéral ou psychiatrique, c’est la seule question) !

    • le probleme c’est que la justice est rendue par des fonctionnaires syndiqués

    • @ liger , quand on n’est pas capable d’endiguer une certaine délinquance qui devient un fléau dans notre pays , il n’y a pas de raisons qu’il n’en sois pas de même avec les auteurs d’actes malveillants dont vous parlez ; macron et son gouvernement ne sont pas aimés mais surtout ne sont pas respectés ;et quand il n’y a plus le respect ……

    • il récolte ce qu’il sème..à toujours vouloir passer en force sans concertation réelle des parties concernées (je ne parle pas des syndicats) voilà ou ça mène…et puis bon, les politiques véreux ne sont pas jugés ni inquiétés, pourquoi la justice s’appliquerait seulement au peuple ?

    • La notion de « justice » n’est que le faux nez d’une caste de privilégiés Étatiques qui s’appelle la « magistrature ».
      Une notion de « Justice » qui est de fait à géométrie variable, est interprétée par des magistrats inamovibles, n’étant soumis à aucun contrôle externe et qui peuvent, en toute « indépendance », tantôt faire preuve de mansuétude – voir d’une certaine bienveillance – et, tantôt, répandre l’avanie d’une façon abusive et en toute impunité.
      A n’en pas douter, l’implication de la magistrature est et sera déterminante dans la vie politique de la France.

    • Ces saboteurs iront en prison le jour où l’on découvrira que certains sont encartés au Rassemblement National. Pour le moment, ils n’ont strictement rien à craindre.

  • Ces actes répréhensibles pénalement ne sont pas poursuivis. Pourquoi cesseraient-ils?
    Par ex, sur le sujet des retraites, comment respecter un gouvernement incapable de présenter une copie tellement mal fichue qu’elle est irrecevable en l’état par le conseil d’Etat?
    Laxisme (lâcheté,) plus incompétence n’inspirent pas le respect!

  • Notre président a bien assimilé Machiavel, mais néglige la phrase de Kennedy: « A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes.»
    Après moi le dèluge? Ce pourrait bien être lui qui le prenne, le déluge!

  • Ne pas confondre une minorité violente avec une rébellion.
    Avec 10 000 permanents syndiqués la SNCF peut faire une grève longue, mais cela ne fait pas une insurrection.

  • En 1871 la Commune a fait 26.000 morts et on a déporté 1800 réfractaires au Régime en Nlle-Calédonie. Alors Paris actuellement c’est du « Pipi de Chat ».!!!

  • L’insurrection est déjà là, à bas bruit, tous les samedis !
    Macron devrait la craindre autant que son risque d’échec en 2022.
    Depuis 40 ans, aucun parti sortant n’a jamais été réélu. Macron avait de l’or dans les mains, il l’a transformé en plomb. Il n’y a plus rien à attendre de LREM, sinon la défaite.

  • Les opposants insoumis ou autres devraient réfléchir avant de mettre toujours plus d huile sur le feu. Un jour ils seront peut être au pouvoir…. Mais peut être alors serons nous sous une dictature Mélenchoniste… ?

  • Lamentable. Je n’ai pas d’autres mots.

    Je n’aime pas Macron, mais ces minables font toucher le fond à la France.

    Les menaces de mort sont des délits punis par la loi. Il n’en sera probablement rien.

    Quand je pense que certains se sont fait éborgnés pour bien moins que ça.

  • A force d’avoir des dirigeants qui ne connaissent que leur avis et qui méprisent les autres…

  • Les commentaires sont fermés.

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Par Patrick Aulnas.

Il est décidément impossible de revenir à la raison au sujet des retraites.

Que l’on écoute les responsables syndicaux, les leaders de gauche, certains intellectuels signataires d’un soutien au mouvement de grève ou simplement les interviews micro-trottoir, on reste confondu par le niveau de la manipulation politique. Tout ce beau monde semble penser qu’il suffit d’une volonté politique pour faire le bonheur du peuple.

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