Salaire des enseignants : ces chiffres favorables que les profs ne citent jamais

Voici une analyse détaillée des raisons pour lesquelles les enseignants français sont les artisans de leur propre malheur.

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Salaire des enseignants : ces chiffres favorables que les profs ne citent jamais

Publié le 6 janvier 2020
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Par Eric Verhaeghe.

Le salaire des enseignants serait trop faible en France. Les syndicats enseignants ne cessent de le répéter. Au vu des comparaisons internationales, le point de vue peut se défendre sous certains aspects.

Mais faut-il en conclure que l’Éducation nationale manque de moyens ?

Bien au contraire. Toute la difficulté tient à l’allocation de ceux-ci, et sur ce point, les enseignants français en sont directement responsables. Voici une analyse détaillée des raisons pour lesquelles les enseignants français sont les artisans de leur propre malheur.

Le salaire des enseignants est un objet de commentaires et de murmures incessants, que ce soit pour les contribuables obligés de financer un corps d’un million de fonctionnaires d’une amabilité souvent douteuse et d’une appétence limitée pour l’intérêt général, ou que ce soit pour les enseignants eux-mêmes dont la bonne volonté individuelle est rapidement minée, durant la carrière, par la violence collective de la machine bureaucratique dont ils sont l’un des rouages.

Disons même que le salaire des enseignants est l’un des révélateurs chimiques les plus purs de ce constat terrifiant pour l’espèce humaine selon lequel une somme d’intelligences individuelles peut produire une immense bêtise collective. Et, rendons-lui hommage, l’Éducation nationale n’est pas dépourvue, loin s’en faut, d’intelligences individuelles brillantes.

Le salaire des enseignants, une approche en parité de pouvoir d’achat par l’OCDE

Par souci de simplicité, nous éliminerons ici des questions pourtant fondamentales, mais qui sont un peu en dehors de notre cible : celle du temps de travail annuel des enseignants, celle de leur engagement dans la vie de leur établissement, et aussi celle, beaucoup plus spécifique, du salaire dans l’enseignement supérieur qui est un problème à part.

Nous nous centrerons sur la question seule du salaire, telle qu’elle est étudiée (avec beaucoup de pertinence, cela dit) par l’OCDE. Et par simplicité, nous ne retiendrons même pas l’originalité du « salaire » selon l’OCDE, qui se cantonne aux rémunérations purement statutaires et n’intègre pas les primes, dont le montant est variable selon les cas.

Grosso modo, on retiendra que l’OCDE, dans l’étude Éducation at a Glance de 2019 à laquelle nous nous référons pour rédiger cet article, minore d’environ 10 % les rémunérations des enseignants français. Mais nous ne retenons pas ce biais dans notre analyse, car d’autres pays industrialisés ont aussi mis en place des primes pour leurs enseignants, qui constituent autant de biais pour ceux-ci.

Enfin, il faut noter que l’OCDE travaille en parité de pouvoir d’achat convertie à partir du dollar. Là aussi la méthode de calcul appelle de nombreuses discussions, mais par commodité (la France n’ayant aucune raison objective de mégoter sur le salaire de ses enseignants), on retiendra le modèle sans le discuter, mais en gardant à l’esprit qu’il présente des biais.

Penser la dépense éducative

Pour bien traiter la question du salaire des enseignants, il est utile de replacer la question de la dépense éducative dans son contexte global. Quand on écoute les syndicats enseignants, et surtout les plus corporatistes et cléricaux d’entre eux comme le SNES-FSU, l’éducation se réduit pour l’essentiel au salaire des enseignants.

Mieux les enseignants seront payés, meilleur sera le niveau éducatif. Le drame de beaucoup de politiques est de s’être laissés piéger par cette imposture syndicale, équivalente à l’idée selon laquelle la motivation de l’employé serait directement corrélée à son niveau de salaire.

Or l’expérience montre que la motivation d’un employé, qu’il soit enseignant ou ouvrier à la chaîne ou cadre supérieur dans une entreprise, dépend d’abord de son niveau d’autonomie et d’implication dans l’organisation, et secondairement de son niveau de rémunération.

Les chiffres de l’OCDE le montrent clairement. Les pays qui décrochent les meilleurs résultats aux termes de l’enquête PISA sont des pays où la part des ressources éducatives consacrées au salaire des enseignants est inférieure à la stratégie éducative française. Ce tableau l’illustre très bien :

Comme on le voit clairement, la France est pratiquement à la moyenne de l’OCDE dans la part des dépenses accordées aux salaires. Celle-ci est supérieure à ce qui se pratique en Finlande ou en Corée, pays reconnus pour leur bon niveau d’éducation. Cela ne signifie pas, bien entendu, que baisser la part des salaires dans la dépense globale soit une garantie d’amélioration du niveau scolaire. En revanche, cela permet de vérifier une fois de plus que le salaire n’est pas tout, loin de là, dans la dépense éducative, et que ce serait une erreur de se laisser entraîner dans cette logique syndicale.

Mais ce qui semble le plus intéressant, dans cette étude, c’est le constat que l’OCDE dresse de façon transparente : dans la masse salariale consacrée à l’éducation, la part des salaires enseignants est faible, plus faible qu’ailleurs. Le personnel non-éducatif en draine une plus forte partie que chez nos voisins industrialisés. Il faut aller aux États-Unis pour trouver un pays qui fasse « moins bien » que la France sur ce point.

Curieusement, la masse salariale des enseignants dans la dépense éducative totale est la même en France et en Corée, pour une part de dépense salariale non-enseignants très inférieure en Corée.

Démonstration est donc faite qu’un système éducatif peut beaucoup mieux fonctionner qu’en France avec beaucoup moins de technostructure pour l’encadrer…

Quand la sur-administration éducative pompe les ressources du contribuable

Progressivement, se dégage donc une évidence : l’école publique en France est plombée par sa sur-administration, cette armée de fonctionnaires occupée dans d’innombrables cascades de bureaux aux lugubres enfilades de portes.

Ces cascades se comptent par dizaines : il y a celles de la rue de Grenelle et de ses satellites, puis celles des rectorats, puis celles des inspections académiques, sans compter les plus petites enfilades dans les agences comptables et les établissements eux-mêmes. Ils sont près de 30 000 à brasser ainsi de l’air dans une multitude de procédures mystérieuses.

On ajoutera à ce chiffre, sur lequel l’Éducation nationale reste très discrète, environ 250 000 personnels non-enseignants. En tout, ce sont près de 280 000 fonctionnaires qui aident les 870 000 enseignants officiels. Une paille !

Le tableau suivant, toujours tiré de l’étude OCDE, montre les dégâts de cette politique :

L’intérêt du tableau est de permettre de façon resserrée la comparaison entre la dépense salariale qui profite aux enseignants, et celle qui profite aux non-enseignants de la communauté éducative.

Comme on le voit, la France consacre deux points de plus aux salaires que ses voisins dans la dépense éducative. Mais alors que le salaire des enseignants représente 63 % de la dépense éducative dans l’OCDE, il n’en représente que 58 % en France, soit un différentiel de 5 points. En matière de pourcentage de salaire accordé aux non-enseignants, la France est championne mondiale après les États-Unis et l’Estonie.

Ce chiffre devrait interroger fortement. En effet, 22 % de la dépense éducative sont absorbés, pompés pourrait-on dire, par le salaire des non-enseignants. La moyenne de l’OCDE est à 15 %. Autrement dit, la part que la France consacre à salarier ces mystérieuses personnes, qui coûtent tout de même plus de 10 milliards d’euros par an, est supérieure de 50 % à ce que font les autres pays industrialisés.

Au pif, on pourrait se dire qu’il y a là un gisement intéressant d’économies à réaliser. On ne s’étonnera donc que pas la page « chiffre-clés » du site de l’Éducation nationale (réalisée par quelques-uns de ces non-enseignants) en masque scrupuleusement l’existence.

En quoi les enseignants sont-ils responsables de cette situation ?

De ce poids excessif du non-enseignant dans la masse salariale éducative, qui représente bon an mal an une économie possible de 4 milliards qui pourrait apporter, si elle était redéployée sur les enseignants, une augmentation de salaire de 4000 euros brut par an (soit un bon 200 euros net par mois qui feraient passer les enseignants français au-dessus de la moyenne de l’OCDE), on ne s’étonnera pas que les syndicats enseignants ne pipent mot. Ces personnels sont en effet chargés de ce que les enseignants refusent de faire, ou de ce qu’ils souhaitent conserver pour éviter toute bascule dans un système de mesure de la performance.

L’exemple le plus caricatural est celui du « mouvement enseignant », c’est-à-dire de la gestion des mutations d’un poste à un autre, qui occupe des armées d’administratifs au travail totalement inepte. Ce mouvement fonctionne à partir d’un système obsolète de points et confie à la co-gestion syndicale le soin de réaliser la gestion des ressources humaines qui devrait en principe appartenir aux chefs d’établissement. La Cour des comptes pointe d’ailleurs régulièrement les difficultés que l’absence d’autonomie des établissements scolaires pose en termes d’intérêt général. Mais les syndicats enseignants veillent au grain !

L’enjeu, pour ceux-ci, est en effet de conserver la mainmise sur l’organisation de la machine éducative. Ils bénéficient de l’aide complice des enseignants, heureux d’avoir à travailler avec des chefs d’établissement qui n’ont aucun pouvoir pédagogique sur eux, et sont donc incapables de leur demander des comptes sur leur manière d’enseigner. D’où un nombre incalculable de déviances enseignantes devant les élèves ou d’insuffisance qui débouchent de plus en plus souvent sur des conflits ouverts.

Pour préserver cette impunité, les enseignants payent le prix : ils maintiennent une sur-administration chargée de faire vivre des procédures qui les protègent.

L’autonomie des établissements pour augmenter le salaire des enseignants

On le voit, il existe une façon simple et rapide d’augmenter fortement les salaires des enseignants d’au moins 10 % sans augmenter la dépense éducative française : elle consiste à supprimer au moins 90 000 emplois non-enseignants à l’Éducation nationale.

Pour y parvenir, il faut casser la gestion nationale des corps, le mouvement co-géré avec les syndicats, donc donner une autonomie de gestion aux établissements scolaires, comme cela existe dans tous les pays industrialisés.

L’intérêt général s’y retrouvera…

Sur le web

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  • La suradministration des enseignants – 280 000 fonctionnaires non enseigants de l’éducation nationale pour s’occuper des 870 000 enseignants au contact ! – coûte 4000 euros bruts de salaire potentiel/ an aux véritables ensignants.
    Il est probable que l’on retrouve ce genre de gabegie à l’Hopital public qui, comme chacun sait « manque de moyens », mais certainement pas de personnel administratif sous statut.
    Il est aussi possible qu’on trouve chez tous ces administratifs pléthoriques et coûteux de l’éducation et la santé publiques l’essentiel des bataillons syndicalistes..

    • Si les mêmes actes médicaux coûtent 1/3 de moins en clinique qu’à l’hôpital, ce n’est évidemment pas du fait d’une surcharge de missions spécifiques mais bien à cause de la structure du personnel, du ratio soignants vs administratifs. A cela s’ajoute le fait que la clinique doit dégager une activité bénéficiaire, sinon elle fait faillite, alors que l’hôpital peut fonctionner à perte en s’endettant sans limite. Les cris de douleur des cotisants et des contribuables gravement désolvabilisés par le système collectiviste sont inaudibles, sinon méprisés voire sévèrement réprimés s’ils parviennent quand même aux oreilles de la technostructure hors sol.

      Les écoles comme les hôpitaux ne manquent pas de moyens. En réalité, ils souffrent précisément du mal inverse, à savoir d’un excès de moyens, excès qui autorise une gabegie de chaque instant dont les effets délétères sont clairement visibles sur les résultats obtenus, passablement mauvais.

      Le modèle social français : le pire système que le monde entier ne nous envie pas.

      • Je confirme pour les hôpitaux public/privé : quand il y a un cadre administratif dans un établissement privé il y en a 3,5 dans le public.

  • On ne manquera pas de lire à la suite de cet article, les remarquables rapports de la Cour des Comptes de 2013 et 2017 (https://www.ccomptes.fr/fr/publications/gerer-les-enseignants-autrement-une-reforme-qui-reste-faire) confirmant en tous points les constats ici rapportés et l’organisation défaillante de l’EN à l’origine de ses mauvaises performances tout comme du malaise des enseignants eux-mêmes.

  • bon evacuer le temps de travail devant les élèves , n’est pas très fair play.. 1600 heures de travail..
    mais que veut dire moins payés en début de carrière? ou en milieu de carrière?
    si on veut faire une comparaison équitable avec les autres enseignants de l’OCDE , il faudrait faire une analyse sur toute la carrière y compris la retraite..
    et là on serait autrement étonnés..

    reste le niveau d’etude (as t on besoin d’un bac +5)
    pour enseigner l’histoire ? ou la gymnastique? ( i l y a mme des agrégés en gymnastique)
    Bref L’enseignement en france c’est une organisation obsolete , un resultat pas brillant , un coût énorme pour le contribuable.. hop au lance flamme

    • 1600 heures de travail ? C’est idiot ! C’est comme si vous vous offusquiez d’un acteur qui ne travaillerait que 2 heures chaque soir, le temps de la représentation. Ou d’un footballeur qui joue 2 matchs par semaine. Ça lui ferait donc 3 heures de travail dans la semaine ? Ou d’un chroniqueur radio qui touche xxx pour une chronique de 3 minutes ?
      Et si vous cessiez de parler de ce que vous ne connaissez pas ?

      • vous essayez de me vendre le travail a la maison? ..
        j’ai des enseignants autour de moi .. je me marre..
        quand les enseignants feront 35h dans l’etablissement et qu’ils factureront leurs heures supplémentaires a partir de la 36 eme heure ils auront alors rejoint la vie de tous les autres français qui les payent..
        je rappelle que les enseignants sont a la base de
        70% des heures supplémentaires défiscalisées..
        et si vous sortiez un peu de votre eglise pour voir comment çà se passe ailleurs?

        • quand aux cas que vous citez , acteur , footballeuse, ou chroniqueurs radio (là faut voir)
          1) ces gens sont payés par les spectateurs ou auditeurs (plus de public , plus de cachet)
          2) aucun de ces profils ( a part a radio france la Mecque gauchisante) n’a de contrat a vie garanti..
          alors ..

      • Les enseignants qui apportent du travail à la maison ou doivent préparer leur cours, eh bien ça fait partie du job.
        Vous croyez que vous êtes la seule profession à la faire, mais beaucoup d’autres sont aussi tenus d’être au courant des textes et nouvelles procédures, une fois les études finies on se repose pas sur ses lauriers en se disant , j’en sais assez jusqu’à la retraite.
        Dans mon cas il faut que je me tienne au courant des dernières techniques et innovations, et la préparation des cas cliniques se fait en plus des heures effectives de travail ou à la maison.

        • Votre réponse est hors sujet. On parle d’apporter une somme d’argent en échange d’un travail : où qu’il soit fait ne fait aucune différence. Le com auquel vous répondez ne signalait qu’une chose qui est que ces 1600 heures ne veulent rien dire. Les enseignants n’ont pas de bureau, ils travaillent en dehors des cours chez eux. Ils ne s’en plaignent pas, au contraire, mais souhaitent qu’on arrête de les réduire à ses heures de cours qui ne veulent rien dire. Enfin pour votre cas, comparez votre salaire au leur et on aura la vision complète.

  • impasse…

    pas de marché, pas de sens au prix…

    la vérité est que dans un tel système les salaires des profs sont augmentés du fait de leur capacité de nuisance lors des grèves… du fait de la difficulté de l’etat quand ils essaient de recruter. et parfois du fait du volontarisme de certains politiques qui pensent que augmenter le salaire des profs est le moyen magique d’augmenter la qualité de l’enseignement..

    un type pourrait vous dire que parce que le score pisa de la france est bas les profs sont TROP payés..ou pas assez payés!!! selon ses convictions…

    maintenant..tu es prof..tu pensent que tu n’es pas assez payé…démissionne…et cherche un autre travail. je dis ça à mes collègue aussi…
    compte tenu que le salaire d’un prof n’est pas négociable…la démission est le seul moyen..

    il faudrait aussi parler des condition de retraites et niveau de pension..du mécanisme de cotisation..

    c’est une impasse…

    c’est le comité central qui fixe le prix de lait…

    • tu pense;..démissionnes,c herches conditions.. oh et zut

    • Au sujet des retraites: les enseignants conventionnés du privé ont les mêmes carrières, les mêmes salaires et les mêmes contraintes, (mais un peu plus de motivations) que ceux du public mais , compte tenu du mode de calcul, 300 € de retraite en moins, Personne, et surtout pas les syndicats, n’en parle, à l’exception d’Agnès Molinié sur L.C.I.

      • jaja64
        Ils ont même plus de contraintes dans le privé, car des comptes à rendre au directeur.
        Et en effet, cette « inégalité » devant la retraite, personne n’en parle.

      • ils sont moins « méritants » car ils éduquent des privilégiés…

        • Cliché indigne, les enseignants du privé sous contrat n’ont pas que des privilégiés en face d’eux, en Bretagne par exemple c’est pratiquement du 50/50 donc ne me faites pas croire qu’il y a 50% de privilégiés dans cette région que je connais bien. A Paris il est sûrement vrai que ce ratio n’est pas le même et là on peut parler de sélection par l’argent. Pour les retraites Jaja64 est dans le vrai et cela ne choque personne. Les contractuels du privé sous contrat sont aussi bien moins rémunérés que ceux du public, environ 25% de différence à horaire égal. J’ajoute que les enseignants du privé ont le même niveau (Master), passent les mêmes concours et ont une formation pédagogique identique. Leur seul avantage est qu’ils restent dans leur académie sauf demande personnelle.

  • Mais non « les enseignants » ne sont pas responsables de cela. Nos gouvernants sont les seuls responsables. Qui a permis ce système ? Qui a reculé devant chaque tentative de réforme ? De quel domaine de responsabilité dépend l’Ed Nat ? Mais voilà il fallait être populaire pour être réélu alors ils ont cédé . ex : réforme Devaquet. L’état a le pouvoir , beaucoup de pouvoir mais il refuse de l’exercer sur ses troupes : pas de flash balls , par de main ni d’oeil arrachés lors de leurs manifs comme pour les GJ , pas de panier à salade pour les jeunes comme à la LMPT …

  • En fait il est probable que ce système de suradministration existe dans tout les domaines sur lequel l’état à la main… Et cela explique bien des choses.

  • Bah , ces salariés inconnus sont sans doute des profs reclassés pour burn out.,on ne licencie pas a l’EN on recase dans les nombreux placards disponibles.

    • @réac pas que le burn out. Le métier est devenu insupportable par incurie et manque total de management du bazar par l’état, alors les profs préfèrent se recycler dans autre chose que le métier de base. C’est la même chose dans d’autres secteurs : la police par exemple. Le pire étant que beaucoup de jeunes profs, flics étaient hyper motivés au départ , quel gâchis

      • Dans tous les métiers on est super motivé au départ ,c’est en cours de route que la motivation disparaît..quelque soit le métier..d’où la nécessité de changer souvent prof de math 40 ans , ce n’est pas possible y a de quoi peter un cable , simple flic doit être l’horreur absolue !

  • Mon épouse, directrice d’école primaire de 250 élèves, n’avait AUCUN support de la part de l' »administration » .
    Depuis l’informatisation, elle était submergé au quotidien de documents divers, tous envoyés par mail… Bien entendu, il lui fallait archiver, imprimer et distribuer à ses adjointes.
    Et le coût des impression s’imputait sur son (maigre) budget école….
    80 euros par élève et par an.
    Une armée d’inutiles qui empêchent de rémunérer correctement les enseignants !!!

    • imprimer des mails? pourquoi ne pas les rediriger?
      on croit rever

      • Certains ont besoin d’être recasés, d’autre recadré. L’usage de la particule ne garantit pas la supériorité en quelque matière que ce soit. Pourquoi pas de redistribution? Parce que pour le primaire, les mairies ne se foulent pas trop pour assurer les ressources en matériel et en connexion, ou maintenance, fiables.
        Au passage mes collègues et moi faisons bien autour de 38 à 40 h par semaine de présence effective dans l’établissement. Et il en reste pour le dimanche… Continuez de rêver et de médire sur des charges horaires fanstasmées.

      • Les rediriger où?
        Encore un qui croit qu’un instit est peinard derrière son bureau à regarder des écrans pour occuper son temps libre permanent. Y a même pas un ordinateur dans chaque classe, et quand c’est le cas, il n’y a pas de connexion.

  • « Un système éducatif peut beaucoup mieux fonctionner qu’en France avec beaucoup moins de technostructure pour l’encadrer… »
    Un système de santé peut beaucoup mieux fonctionner qu’en France avec beaucoup moins de technostructure pour l’encadrer…
    Un système social peut beaucoup mieux fonctionner qu’en France avec beaucoup moins de technostructure pour l’encadrer…
    Je vous laisse continuer la liste…

  • Ben voila ! Les enseignants sont mal payés, mais c’est leur faute, ils n’ont qu’à …. Ils n’ont qu’à quoi ?
    Moins d’un quart d’entre eux sont syndiqués. Comme vous le relevez, ils sont dirigés par un mammouth anonyme et écrasant. Quand ils ont un problème, il n’y a pas de chef au dessus capable de les écouter, mais une grosse administration impersonnelle. Comment s’étonner alors qu’ils cherchent de l’aide ? L’enseignant dans sa petite école, seul face à sa classe pratiquement toute l’année, qui se débat seul avec les problèmes éducatifs d’enfants d’une société qui ne sait plus où sont ses valeurs, a bien besoin de cette aide des syndicats. Il n’a pas de discussion autour de la machine à café (pas le temps… allez voir comment ça se passe dans les école, c’est la course toute la journée) pour s’informer de ses droits, pour organiser une revendication collective avec ses collègues si nécessaire… Alors il demande à ceux qui ont le temps : les syndicats.

    Quant à ce personnel invisible et nombreux de l’EN, il est effectivement invisible aussi pour eux. Pas d’aide, pas de soutien quelconque dans le travail éducatif, mais des demandes diverses et régulières de la part de l’administration, qui lui pourrissent ses soirées. Le summum étant atteint par les directeurs d’écoles qui centralisent toutes ces demandes, et à qui ont a retiré les maigres « emplois aidés » qui leur tenaient la tête hors de l’eau…

    « Diviser pour mieux régner ».. Seriez-vous tombé dans le panneau ? Le gouvernement n’attend que cela !

    • C’est pourquoi il est de plus en plus difficile de recruter et de recruter avec un « niveau ». Quand à la hiérarchie …

    • Ce que vous êtes en train de dire, c’est que le système actuel, qui, je cite l’article, « confie à la co-gestion syndicale le soin de réaliser la gestion des ressources humaines qui devrait en principe appartenir aux chefs d’établissement »
      et qui confie à des personnels administratifs des tâches « que les enseignants refusent de faire, ou de ce qu’ils souhaitent conserver pour éviter toute bascule dans un système de mesure de la performance »
      ce système ne serait pas voulu par les enseignants eux-mêmes, qui sont peu syndiqués, mais par les syndicats.
      Vous pointez donc la non-représentativité des syndicats, et les accusez implicitement d’imposer à l’EN sa politique très gauchisante (refus de la sélection, etc.) qui aboutit à la baisse continue du niveau des élèves et de la valeur des diplômes, et à l’abêtissement progressif de la population française.
      Lesquels syndicats enseignants sont – comme les autres – largement subventionnés par l’État.
      En clair, vous nous dites que là comme ailleurs dans la fonction publique, les gauchistes ont pris le pouvoir, par le biais en particulier des syndicats. Et que les politiques n’y peuvent – ou veulent – rien.

      N’est-ce pas finalement le principe même de la fonction publique non régalienne qui est à mettre en cause ? Le privé ne fonctionne(rait)-il pas beaucoup mieux pour ce qui est de l’enseignement ?

    • « s’informer de ses droits, organiser une revendication collective »

      Sans effort insurmontable, vous pouvez vous informer de vos droits depuis 231 ans. Ils sont simples et il n’y en a pas d’autres : liberté individuelle, propriété privée, sécurité, résistance à l’oppression.

      Pensez à les enseigner à vos élèves car c’est la base de l’instruction des citoyens libres. Pour le reste, vous n’avez rien à revendiquer, individuellement ou collectivement, puisqu’il vous suffit d’agir, la liberté consistant à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

      • eh puis quand c’est insupportable on démissionne et voila tout, celui qui pleurniche et ne démissionne meme pas n’est plus crédible

  • Ensemble de discussion complètement stupide : il faut faire une différence entre la grosse machine qu’est l’éducation nationale, qui impose tout sans la moindre concertation avec les acteurs qui sont sur le terrain ! Les profs en sont réduits à être de simples exécutants et n’ont pas leur mot à dire devant l’acharnement à la fois de l’administration et de la calomnie permanente venant des usagers … c’est pitoyable ! Le commentaire de Gaston79 n’a aucun sens ! Comment 1/3 de non enseignants pourraient-ils coûter 4000 euros brut de salaire potentiel à 870 000 enseignants ? Si c’est le cas, ce n’est pas de la base que vient le problème mais de ceux qui compliquent sans arrêt ce système et sa gestion. Assez bien payé ? NON, clairement NON !!! Nous avons un statut de cadre A … et nous n’aurons même pas les moyens d’aller dans un EPHAD s’il le faut ! Cet article est un tissu de « conneries » … si un bac+5 a été imposé pour la sélection, cela ne vient pas des futurs profs et la rémunération qui va avec n’est pas à la hauteur des difficultés de ce métier. Un simple prof de collège qui dépasse régulièrement les 45 h de boulot par semaine pour à peine plus de 2000 euros nets par mois = le rêve, quoi 🙂 !

    • alors vous avez raison..sur le fait que la discussion sur le salaire des profs est une impasse…

      mais pas besoin je justifier..car il n’y pas moyen de justifier.

    • Les profs, dans leur ensemble, ne votent-ils pas pour des politiciens favorisant le système décrit par l’auteur ?
      cf http://www.cevipof.com/rtefiles/File/AtlasEl3/NoteFOURQUETKRAUS.pdf : 61.5% de votes pour la gauche en 2012 (1er tour présidentielle)

      L’auteur de l’article ne dit pas autre chose, dans le fond : les profs veulent une politique de gauche. Or les politiques de gauche ne peuvent mener qu’aux aberrations, aux systèmes ubuesques, que vous dénoncez vous-même.

      Oui, vous les profs, pris dans votre ensemble, êtes « les artisans de [votre] propre malheur ». Il serait temps d’ouvrir les yeux et de cesser de chouiner sur des problèmes que vous créez vous-mêmes.

    • Allez, encore en modération…

  • L’école laïque, gratuite et obligatoire est en fait socialiste, payante et imposée. Et moi qui n’ai pas d’enfant je dois financer ce machin aux résultats catastrophiques.

    • Bah j’ai un enfant en école non conventionnée, et je paie aussi…. je paie donc 2 fois.

    • Je n’ai pas d’enfants en crèche, je paie pourtant pour le fonctionnement de celles-ci…Ah j’oubliais, chacun ne devrait payer que ce qu’il utilise. On devrait essayer, ce serait divertissant !

  • Personnellement, j’ai bêtement pensé qu’être enseignante serait un job sympas et qui me laisserait du temps. Je travaillais avec mon diplôme d’ingénieur comme responsable qualité et environnement dans une entreprise avec des chantiers à visiter et audits a faire et souvent des déplacements plus gestion d’équipe dans un monde d’hommes. Le déplacements, portable et mobile le tout payé par l’entreprise des semaines de 50h mais avec les congés payés et RTT j’arrivais a 10sem de congés. Par contre je partais tôt et rentrais tard ( 7h-19h ou 20h mais j’avais mes week-ends) Je me suis dit tant pis passe le concours c’est un bac +5 perte sèche de salaire 500€ mais plein de temps libre moins de stress, moins de responsabilités plein de temps pour voir grandir mes enfants.
    Et bien en fait pas du tout je travaille tout simplement plus surtout en terme de charge cognitive sans déconnection mes semaines sont pareil 7:15 arrivée 19h retour à la maison et 21-23/ minuit prep du lundi au vendredi avec un bémol le mercredi j’essaie de récupérer mes enfants à 17h donc je ne fait que 7h-16:30. Résultat mon conjoint doit encore plus m’aider pour les enfants et nous avons perdu un bon tiers de mon salaire. Les vacances c’est pareil je dois mettre mes enfants en garderie au minimum la moitié pour préparer et aller travailler dans ma classe donc je me retrouve avec moins de congés au final et en plus comme elles sont au prix fort c’est très casse pied pour partir prix et trop de monde. Sans compter le travail le week-end retour à l’école au moins le samedi j’essaie de garder le dimanche. Il y a aussi le stress et les enfants violents, en très grandes difficultés, porteurs de handicap avec de gros effectifs pas de moyens et classes surchargés. Je ne voudrais pas mettre mes enfants dans mon école qui n’est évidemment pas dans un coin très avenant ( les privilèges des débutants enfin ça fait 5ans déjà )mais qui reflète bien tout le problème de la société . Je me suis dis attend d’avoir un poste définitif merci le système de mutation assez litigieux, attend d’avoir le même niveau plusieurs années , attend de bouger de quartier ( la c’est 10ans minimum pour avoir une école avec élèves disons fonctionnels…). Mais à force d’attendre soyons clair 5 ans après je me remets sur le marché du travail ce qui est compliqué car la France n’aime pas les gens qui changent ou ont change de voie et pense que les profs ne pourront pas tenir le rythme. Mais je dois dire que je suis assez étonnée que l’apparence des vacances nombreuses ou congés quand la plupart des cadres ont de toute façon 10sem provoque assez de jalousie pour rendre peu objectif sur la véracité de la condition. Je dois dire que j’ai donc mis mes enfants dans le privé école Montessori peu d’élèves beaucoup d’adultes car dans le publique les cadences sont telles qu’aucune personne ne peut tenir la distance et rester efficace.
    Je souhaite bon courage à ceux qui restent et leur tire mon chapeau.

    • voila… démission…c’est la mesure INDIVIDUELLE qu’une personne fait de sa profession…

      • Si chaque personne mécontente des conditions de travail à l’Education Nationale démissionnait, comme vous le préconisez, il resterait qui pour enseigner ?

  • Mêmes causes,mêmes effets à l’hôpital le poids excessif du non médical ou du non soignant…

    • Je ne sais pas pour la santé, mais pour l’EN, ce qui est ahurissant c’est plus vous êtes qualifié, moins vous voyez les élèves, moins vous devenez indispensables et plus vous êtes payés.

  • En tant que professeur, je confirme tout ce qui est dit dans l’article. Quelques points
    -L’enseignant a un supérieur, l’inspecteur. Qui n’a pas fait cours depuis 20 ans et qui est une roue de transmission des ordres ineptes de la hiérarchie. Le seul point positif, c’est qu’il n’est jamais là…
    -La technostructure. L’objectif n°1 d’un enseignant, ce de ne pas y avoir affaire. Donc pas de vague, et ce à tous les étages.
    -Les syndicats ont en pratique une utilité: ils informent les enseignants sur les procédures. Elles sont extrêmement compliquées, changent tous les ans, et souvent non annoncées officiellement. Le truc, c’est qu’ils sont aussi la cause de cette extrême complexité…
    Quant à faire diminuer la technostructure, sachez que ce sont les éléments les plus virulents et les plus idéologisés. Ca va être extrêmement dur.
    Quant à la responsabilité des enseignants (des décennies passées), je ne m’avancerai pas. Ce que je peux dire par contre, c’est ne luttez pas contre la technostructure c’est peine perdue, soyez discrets, soyez furtifs.
    Le système s’effondrera par la base quand il n’y aura plus assez d’enseignant pour faire le travail. Et c’est en cours.

    • « […] la technostructure, sachez que ce sont les éléments les plus virulents et les plus idéologisés. »

      Cette technostructure de l’EdNat, idéologisée (à gauche toute, il va sans dire), n’est-elle pas l’illustration – une fois de plus – du noyautage des secteurs clés de la société (Enseignement, médias, édition, Justice notamment) par la gauche idéologique ?
      Ainsi que le décrit par exemple Yuri Bezmenov, ex-agent du KGB, dans une interview de 1985… on sait aussi que les trotskystes avaient (ont) fait de « l’entrisme » dans les partis politiques une de leurs stratégies majeures – voir par exemple le cas de Lionel Jospin.

      Ce noyautage des administrations est à l’évidence beaucoup plus facile quand ces administrations sont pléthoriques et « mammouthesques ». Noyautage et corruption sont les deux mamelles du socialisme étatique. Pour l’enseignement comme pour le reste, une seule solution : privatiser.

    • Si l’inspecteur n’est pas là c’est qu’en fait il ne sert à rien de ce à quoi on le destinait initialement. Ses prérogatives de surveillance et de formation ne mènent nulle part, trop diluées. Inutile, comme les conseillers pédagogiques et toutes les officines de formation (DAFIP DANE…) et d’encadrement de projets fumeux, et autres inspecteurs généraux. Tous sont à l’oeuvre mais rien de ce qu’ils font n’a d’impact réel sur les apprentissages des élèves. Supprimez les pendant deux ans pour voir si le système s’affaiblit.
      D’ailleurs vous pouvez taper dessus, ils peuvent aussi se mettre en grève et personne n’y verra goutte : les élèves iront à l’école comme dab.

  • Je vous rejoins sur le constat de la sur-adminstration, que l’on retrouve dans beaucoup de structures françaises (grands groupes privés compris). Par contre, je trouve votre amalgame sur « les enseignants » « qui sont trop heureux bla bla bla » ridicule. On ne peut mettre 800k+ personnes dans une case, pas même celle des syndicats supposés les représenter. Il y a de tout dans le corps enseignant comme dans tout groupe de cette taille. Ils ne sont pas tous heureux d’avoir un proviseur qui n’a pas de pouvoir sur eux etc.

    Sur le reste :

    Perso je travaille dans une entreprise privée.
    J’ai un directeur de site qui n’a aucun pouvoir sur moi.
    J’ai un chef de projet qui a, comme un proviseur, peu de pouvoir sur moi, si ce n’est d’influer un peu sur mon augmentation.
    J’ai un chef de service qui est mon hiérarchique et a donc du pouvoir sur moi, mais n’étant pas dans les projets, n’a aucune réelle connaissance de mon travail et de mes performances.

    Tout cela ressemble totalement à l’éducation nationale, en dehors des proportions évidemment. Je ne vois pas trop de différence pour être honnête : j’ai l’impression que l’EN a inventé l’organisation matricielle avant l’heure, et nous démontre qu’aux extrêmes elle ne fonctionne pas. Ce que beaucoup de cadres du privé peuvent tout à fait constater.

    Ma femme est prof. Je suis BAC +5, 20 d’expé, dans un grand groupe. Elle est BAC+4, 17 ans d’expérience, dans un très grand groupe, donc. Nos situations me paraissent intéressantes à comparer.

    Moi : 40h/semaine, 8.5 semaines de CP+RTT, ~4000€/mois net (hors IR) + 13ème mois, je ne travaille jamais les vacances, ni les week ends, ni le soir (il m’arrive de ramener du travail dans les coups de bourre mais c’est rare). Quand je suis fatigué ou mal luné, je me mets derrière mon PC, fais du mail en sirotant un café, déplace des réunions. Quand je rentre chez moi, la plupart du temps j’éteins le cerveau professionnel. Je suis fatigué par le travail intellectuel et la complexité des projets modernes, car les journées sont chargées et l’organisation est kafkaïènne, mais globalement je dirais que le salaire versus le job à faire est OK (pas mirobolant non plus et il y a nettement mieux mais ça le fait). Retraite décente pour peu qu’on arrête de s’amuser à la raboter à droite à gauche (suivez mon regard).

    Ma femme : 18 semaines de congés, ~2000€/mois (hors IR), travaille à la maison en dehors des heures de cours, travaille tous les week ends, souvent les soirs, plus de la moitié des vacances (ce qui réduit ses vacances à moins de 9 semaines), se lève avant 6h du mat, se retrouve tous les matins 8h devant des classes comportant moult zombies démotivés occupés à jouer au smartphone, sort de ses journées laminée, se prend chaque année une réforme débile dans les dents avec nouvelles évaluations à corriger/comprendre/voire créer et une grosse partie de ses cours à refaire, donc. Continuellement des rapports à faire pour mauvais comportement et des conseils de discipline à mener. En limite de burn-out 2 semaines après une rentrée. Promesse d’une retraite à 1200€/mois. Enchaîne parfois 4h de cours avec une pause de 20 minutes toutes les 2h, les réunions entre midi et deux avec à peine le temps d’aller aux toilettes. Se coltine un public parental diversement agréable, parfois grossier et stupide, qui sait tout sur tout mais qui à l’évidence n’est pas capable de s’occuper de ses enfants correctement et de leur apprendre le respect. J’avoue que de mon point de vue c’est loin de me faire rêver.

    Après on s’étonnera sûrement qu’on ne trouve plus de profs à recruter, ou que le niveau de ceux-ci baisse, qu’ils fassent des fautes d’orthographes ou qu’on doive prendre des contractuels… En lisant les deux paragraphes précédents, réfléchissons à qui est privilégié par rapport à qui. Et évitons la facilité de comparer ça à un cadre d’une PME qui bosse 70h/semaines (je l’ai fait aussi et je sais naturellement que ces 70h ne sont pas comparables à des heures de cours et qu’il y a des moments un peu mous), sauf à vouloir briser l’essentiel des grands groupes, qui au passage se gavent d’argent public aussi, mais qui, nous dit-on, sont des modèles, des champions nationaux et tout le toutim. On pourra aussi s’amuser à mesurer l’impact que nous avons l’un et l’autre sur la société (que se passe-t-il vraiment si je ne suis pas là une journée?) et à chercher une vaine corrélation avec les conditions de rétribution de nos deux emplois.

    Personnellement je conseille à ma femme de venir travailler dans le privé car elle y trouvera des conditions décentes et une meilleure santé mentale, tout en travaillant nettement moins et en ayant l’opportunité de prendre des cafés quand elle veut et d’aller se reposer en réunion. C’est dommage car c’est une très bonne prof, tout le monde le lui dit, mais dira-t-on, c’est la loi de l’offre et la demande : elle peut aller chercher du boulot ailleurs.

    Surtout, elle n’a pas envie de devenir folle, qui plus est conspuée par les arguments ras des paquerettes que l’on peut entendre sur « les enseignants ». Et malheureusement votre billet en véhicule quelques uns.

    • Les enseignants ne sont pas critiquable sur le boulot qu’ils fournissent, il ya des bons et mauvais profs..

      ils sont parc contre souvent critiquable car ils ne se rendent pas compte dans quoi ils travaillent…

      le fait est qu’l ne travaillent pas pour les parents d’élèves ni pour les élèves mais pour l’etat…in fine c’est l’etat qu’ils doivent satisfaire…

    • Vous n’aimez pas les amalgames, et pourtant nous passons tous notre temps à en faire. Quand par exemple vous parlez « du privé » et le comparez « au public », vous faites de l’amalgame.

      Le fait est que, globalement, les profs votent à gauche pour beaucoup d’entre eux. Qu’ils souhaitent (sinon, pourquoi y travaillent-ils ?) un enseignement PUBLIC, et qui dit public, pour une organisation de cette taille, dit administration et même sur-administration, avec tout ce que cela recouvre d’ubuesque, d’inhumain. C’est pareil à l’hôpital public, par exemple.
      Donc 1. les profs – pris globalement – sont au moins indirectement responsables du monstre de technostructure qu’est l’EN.

      2. Bien des profs trouvent leur avantage à disposer de personnels non-enseignants qui comme le signale l’auteur « sont en effet chargés de ce que les enseignants refusent de faire, ou de ce qu’ils souhaitent conserver pour éviter toute bascule dans un système de mesure de la performance. »

      ou encore à « L’exemple le plus caricatural est celui du « mouvement enseignant », c’est-à-dire de la gestion des mutations d’un poste à un autre, qui occupe des armées d’administratifs au travail totalement inepte. Ce mouvement fonctionne à partir d’un système obsolète de points et confie à la co-gestion syndicale le soin de réaliser la gestion des ressources humaines qui devrait en principe appartenir aux chefs d’établissement. […]

      L’enjeu, pour ceux-ci, est en effet de conserver la mainmise sur l’organisation de la machine éducative. Ils bénéficient de l’aide complice des enseignants, heureux d’avoir à travailler avec des chefs d’établissement qui n’ont aucun pouvoir pédagogique sur eux, et sont donc incapables de leur demander des comptes sur leur manière d’enseigner. D’où un nombre incalculable de déviances enseignantes devant les élèves ou d’insuffisance qui débouchent de plus en plus souvent sur des conflits ouverts.

      Pour préserver cette impunité, les enseignants payent le prix : ils maintiennent une sur-administration chargée de faire vivre des procédures qui les protègent. »

      C’est ça, le fond du problème : cette incohérence de beaucoup de profs, qui réclament certains avantages (cf ci-dessus) puis se plaignent de ce que le système mis en place pour leur assurer ces avantages ne les respecte pas…

  • Merci de rappeler le cas de Lionel Jospin qui a été le cas le plus flagrant du noyautage de l’Etat et d’entrisme par tous ces agents dormants trotskystes réveillés à bon escient sans que cela n’émeuve grand monde.Quand on a été trotskyste (quelque soit le courant ,lambertiste pour Jospin),ce n’est pas par hasard ni une posture de jeune intello qui se cherche…il en reste toujours quelque chose!
    Un autre exemple c’est Moscovici!

  • je voulais dire du noyautage de l’Etat au plus haut niveau

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