Comment le capitalisme de connivence nuit à l’économie

Le capitalisme de connivence et le corporatisme sont comme des incendies. Le contrôle par l’Etat ne fait qu’alimenter cet incendie.

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Comment le capitalisme de connivence nuit à l’économie

Publié le 4 janvier 2020
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Une vidéo de Learn Liberty.

Traduction :

Lors des mouvements Occupy Wall Street, ils se plaignaient du trop grand pouvoir des sociétés. Ils les accusaient de travailler main dans la main avec l’État fédéral.

Les États-Unis souffriraient d’un corporatisme débridé et d’un capitalisme de connivence. Quelles sont les solutions ? Comment rendre les règles de l’économie plus justes ?

Il serait tentant de penser qu’une solution facile existe, qui serait d’augmenter la capacité de l’État à contrôler et règlementer les entreprises et l’économie. L’idée est que l’État, contrairement aux entreprises, doit rendre des comptes au peuple, mais cette solution pourrait bien être la cause même du problème.

Quand l’État peut choisir les gagnants et les perdants de l’économie, les gagnants seront les riches et les personnes influentes.

Pour deux raisons.

Premièrement, pouvoir réglementer l’économie donne le pouvoir de distribuer des faveurs. Lorsque les organismes d’État ont la faculté de règlementer l’industrie, d’accorder des subventions ou d’avoir une mainmise sur tout autre contrôle des règles du jeu économique, leurs décisions ont un énorme impact financier sur les groupes concernés.

Les entreprises ont alors un grand intérêt à essayer d’influencer la façon dont ce pouvoir sera utilisé. Plus il y a d’enjeu, plus l’entreprise dépensera pour gagner ce contrôle via lobbying, financement de campagnes, nominations politiques et autres.

Prenez n’importe quel secteur : finance, agriculture, santé, industrie automobile et plein d’autres encore. Vous pouvez parier que les réglementations en place ont été influencées, voire même en partie écrites, par une ou plusieurs des entreprises  concernées.

Deuxièmement, les règlementations nuisent aux petites entreprises plus qu’aux grosses. Inévitablement, davantage de réglementations signifie davantage de grosses entreprises. Ce n’est pas juste à cause de leur lobbying. Même en laissant de côté la paperasse, les rapports, l’achat de nouveaux matériels ou la mise aux normes des anciens, le simple fait de lire et comprendre les nouvelles réglementations demande beaucoup de temps et d’argent.

De grosses entreprises bien établies peuvent bien plus facilement engager du personnel dédié à la conformité et payer les mises à jour et autre coûts, alors que les petites entreprises ne peuvent se le permettre, elles devront donc fermer, limiter leur expansion ou ne démarreront jamais.

L’administration des petites entreprises estime que pour se conformer aux réglementations, les sociétés de moins de 20 salariés doivent dépenser pratiquement 40 % de plus que les sociétés de plus de 500 salariés. Donc, davantage de règlementations étatiques, de par leur nature, encouragent le succès des grosses sociétés, nuisent aux petites entreprises existantes et démotivent ceux qui voudraient en démarrer de nouvelles.

Ce ne sont que deux illustrations des nombreuses collusions entre les sociétés et l’État en raison des pouvoirs du gouvernement. Cela peut sembler paradoxal, mais si l’on réduit l’emprise de l’État sur l’économie, alors les sociétés auront moins de facilités de conquête, moins de privilèges, moins de subventions et aucune organisation à amadouer. Il y aura d’avantage de place pour une compétition entre petites et grandes entreprises.

Le capitalisme de connivence et le corporatisme sont comme des incendies. La plupart du temps, contrôler le marché par l’intervention de l’État ajoute de l’essence sur le feu. Si vous voulez l’éteindre, vous devez couper l’arrivée d’essence.

Article initialement publié en mars 2014.


Traduction : Emmanuel Bourgerie / Contrepoints.

Voir les commentaires (7)

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  • en creusant un peu je peux explique que en france nous avons beaucoup de petites et grosses entrepris, mais peu d’ETI.

    Comme dit ici, les grosses boites jouent avec la complexité, en se payant des experts en optimisation formés par nos fantastiques écoles tant appréciées a l’étranger (pour la gestion de produit financiers complexes, et autres emprouilles)…

    Mais les petites ?

    et bien, elle ne respectent rien, ne sont pas surveillées…

    et pour les moyennes, c’est trop cher de respecter la loi, et trop risqué de ne pas la respecter…

    pas le seul soucis, car a coté de ca il y a aussi le fait que l’état et ses potes les gros ceuillent les grosses PME pour les mettre dans leur groupe à vil prix, quitte a complexifier la légistalion (façon VTC) pour faire que seul les grosses entreprises puisse respecter les nouvelles lois…

    Il y a une solution pour échaper au droit de cuissage des grosses boites et de l’état, c’est d’avoir un amis international…
    un truc que ‘a donné un innovateur expérimenté :

    arrivez en tant que PME francaise devant Total, Bull, ou autre et ils vont vois dire (comme à Roland Moreno) : faite comme on vous dit point.

    arrivez avec un pote suédois, italien, américain, chinois, et Total, Bull, font dans leur culotte en vous déroulat un tapis rouge.
    à garder comme idée. passer a l’international avant d’affronter les gros.

  • Le Capitalisme de connivence c’est ce qu’ils appellent à « Gauche » le « Néolibéralisme ». Un pouvoir à deux visages, celui de « l’Etat » et celui des « Grandes Entreprises ».
    Une seule et même élite à la fois politique et économique qui trahit aussi bien les valeurs de la République que celles du Libéralisme.

    • Le capitalisme de connivence est la conséquence des monopoles et oligarchies privées, assez puissantes pour éliminer les outsiders, fausser la concurrence et dicter les règlementations aux pouvoirs publics. C’est pas la faute de l’état, c’est le but d’une entreprise que d’être dans cette position et d’en abuser.

  • Le mal n’est pas nouveau
    « La vérité est qu’une composante financière s’est emparée du gouvernement depuis l’époque d’Andrew Jackson » (Franklin D. Roosevelt, 1933).
    La démocratie est bien fragile…

  • Ce capitalisme de connivence a notamment pour résultat que tous les marchés publics français sont vérolés: la grosse entreprise qui couche avec les ministres obtient toujours le marché, dès qu’il est d’une taille intéressante, soit en faisant mettre des clauses qu’eux seuls peuvent remplir, soit en faisant du chantage ou de la corruption pure (facile quand c’est une entreprise du BTP).

  • La vie sans connivence est elle possible ?
    C’est la base ,on aide les copains d’abord et ils vous renvoient l’ascenseur..social.

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